Bill Cooper et son amie Annie me retrouvèrent le 29 mars 1989, à 19:00, sur le paquebot Queen Mary qui est ancré à Long Beach et fait maintenant fonction d'hôtel. Notre premier contact fut cordial et franc. Bill est un type bien charpenté avec un visage aux traits accusés, portant une cicatrice sur le côté droit du front et une autre le long du nez. Nous sommes allés dîner au Chelsea, un restaurant de fruits de mer, à bord du navire. Nous avons commandé un apéritif et sommes entrés tout de suite dans le vif du sujet : les extraterrestres. Comme notre conversation n'a pas été enregistrée, ce qui suit ne représente bien sûr que ce dont je me souviens et non une transcription mot à mot. Il est possible qu'il y ait quelques différences avec ce dont Cooper peut se souvenir. Si c'est le cas, je le prie de m'en excuser.

— J'ai lu votre récente interview (dans le journal du MUFON) où vous dites que vous ne croyez pas au MJ-12 et je me demande pourquoi vous avez voulu me rencontrer, commença-t-il.

— L'interview en question avait été enregistrée avant que je rencontre John Lear, mais je dois vous avouer que ma position n'a pas beaucoup changé. Je crois qu'il y a un phénomène ovni qui est matériel dans le sens habituel du mot, et qu'il manipule l'espace et le temps d'une manière que je ne comprends pas ; peut-être y a-t-il des gens qui le comprennent...

— Il y en a, dit-il avec assurance, mais continuez, je vous en prie.

— Je pense aussi, tout comme vous, que le gouvernement américain doit avoir étudié le phénomène depuis de longues années. Mais cela ne veut pas dire que le MJ-12 existe réellement. Nous voyons tout dans des miroirs déformants dès que les agences de renseignements interviennent et c'est le cas ici. J'ai donc parlé à Linda Howe et à Fred Beckman qui, tous deux, m'ont recommandé ce que John Lear avait à dire. C'est un homme impressionnant. Il m'a conseillé à son tour de vous parler, et me voici.

La serveuse apporta nos boissons. Cooper et sa compagne allumèrent une cigarette et il entreprit de raconter son histoire.

— J'ai commencé à m'intéresser à l'ufologie quand j'étais attaché au service de renseignements de la Marine. Au cours des années 1971 et 1972, je reçus l'ordre d'informer plusieurs officiers de haut rang de la teneur de certains documents qui m'avaient été fournis. Les renseignements contenus dans ces documents se rapportaient au fait qu'un certain nombre d'ovnis avaient été capturés par les militaires et que leurs occupants travaillent maintenant avec nos scientifiques. Nous avions conclu avec eux un traité...

Je l'interrompit pour être sûr que j'avais compris l'essentiel de ses propos.

— Vous allez un peu trop vite pour moi. D'abord, quelle était votre position dans la marine ?

— J'étais sous le commandement de l'amiral Clarey et je faisais partie de l'équipe d'information des services de renseignements.

— Les documents en question étaient-ils secrets et à quel niveau ?

— Ils étaient classés TOP SECRET / S. I..

— Leur avait-on donné un nom de code ?

— MAJIC avec un J était le nom de code. Je suis sûr qu'il a changé depuis.

— Quelle était la durée de la réunion d'information, et où a-t-elle eu lieu ?

— Il y en a eu plusieurs, qui se sont toutes tenues au quartier général des Opérations du Pacifique, sur l'île d'Hawaii. Le bâtiment domine Pearl Harbor. La première réunion, qui dura deux heures et demie, fut consacrée à une présentation générale du sujet. Elle fut suivie de revues périodiques, au fur et à mesure que des renseignements nouveaux nous étaient communiqués.

Il cita l'amiral Clarey, l'amiral Weisner et l'amiral John McCain comme trois des officiers supérieurs à qui il avait fait un rapport verbal complet.

— Pourquoi ces hommes devaient-ils être tenus informés ?

— Parce que leurs fonctions exigaient qu'ils soient au courant. D'une part, on pouvait leur demander un jour de récupérer des disques accidentés. D'autre part, il était concevable que nous prenions les ovnis pour des engins offensifs soviétiques et que nous ouvrions le feu par erreur. C'est pourquoi ils devaient être informés de leur existence.

— Y a-t-il eu des cas où les ovnis ont représenté une menace réelle ?

— Pendant la guerre du Viêt-nam, un ovni abattit un B-52. Il y eut plusieurs cas où nos troupes furent attaquées par ce qu'elles avaient pris au premier abord pour des hélicoptères. A l'époque, certaines rumeurs donnaient à entendre que les Russes étaient entrés en guerre aux côtés des Nord-Vietnamiens. La situation était donc sérieuse.

— La marine a-t-elle récupéré un disque par la suite ?

— Oui, un engin fut effectivement récupéré. Il a été classé plus tard comme un simple sous-marin russe. Je me trouvais au centre de commandement quand c'est arrivé et je peux vous assurer que c'était un véritable ovni.

— Avez-vous personnellement vu un extraterrestre ?

C'est la question que je pose maintenant à toutes les personnes que je rencontre dans ces millieux.

— Non, répondit franchement Cooper.

— Avez-vous déjà vu des débris d'une épave ?

— Non, mais je connais 2 hommes qui avaient été chargés de monter la garde auprès de disques accidentés et qui m'en ont parlé.

— Avez-vous déjà vu un ovni ?

— Une seule fois, vers la fin de l'été 1966. J'étais de garde à bord d'un sous-marin, le USS Tiru, SS-416, qui faisait route vers Seattle. Trois d'entre nous ont vu un disque aussi grand qu'un porte-avion s'élevant de la mer à environ quatre kilomètres à babord. Il monta et se perdit dans les nuages, puis il redescendit.

— A-t-il créé une perturbation à la surface de l'océan ?

— Non, pas vraiment. L'eau glissait tout autour, comme si elle était attirée par un champ magnétique.

- Y a-t-il eu des réunions d'information pour vos supérieurs avant 1971 ?

- Il a dû y en avoir, étant donné les renseignements contenus dans les documents. Les textes indiquaient que le premier projet secret avait été réalisé sur l'ordre d'Eisenhower dès 1953. Ike avait demandé à Rockfeller de l'aider à mettre sur pied une organisation chargée de faire une étude, sans que les agences gouvernementales et le Congrès en soient informés. Rockfeller utilisa la couverture du JASONS, un groupe intellectuel d'élite. Ce groupe de travail, composé de 12 hommes parmi lequels se trouvaient Kissinger, Dulles, Brzezinski, George Bush et 8 autres, fut connu sous le nom de MJ-12, dans le cadre de l'opération Majority.

- Où se rencontraient-ils ?

- Dans un endroit qu'ils appelaient le Country Club. De cette façon, ils pouvaient en parler ouvertement sans que personne sache de quoi il s'agissait. C'était une propriété située dans le Maryland, que Nelson Rockfeller avait réservée à l'usage du JASONS. Elle n'était accessible que par avion ou hélicoptère.

- Et les renseignements tenus secrets se rapportant exclusivement aux ovnis ?

- Aux ovnis et aux extraterrestres. Il y a 4 types d'extraterrestres...

La conversation s'arrêta net, car la serveuse venait prendre la commande. Je n'avais pas très faim et je voulais être sûr de ne perdre aucun détail des affirmations de Bill, bien qu'une partie m'eût déjà semblé fort douteuse.

- Il y a 4 types d'extraterrestres, reprit-il, quand la serveuse eut tourné ses talons. Il y a deux sortes de "Gris", dont une race qu'on ne voit pas souvent et qui a un grand nez. Et puis il y a le type nordique, les grands Aryens blonds et enfin les "Oranges".

- D'où viennent-ils ?

- Je me souviens d'avoir vu plusieurs lieux d'origine : Orion, les Pléiades, Bételgeuse, l'étoile de Barnard et Dzéta Réticuli.

- Vous avez parlé d'un traité que nous aurions conclu avec eux ?

- Depuis 1964.

- Pourquoi s'embarrasseraient-ils d'un traité, alors que leurs connaissances technologiques sont beaucoup plus poussées que les nôtres ? John Lear parle d'un million d'années d'avance.

- Ils avaient besoin du soutien de notre gouvernement pour garder leur présence secrète. Souvenez-vous que nous avions un des extraterrestres sous notre garde. Nos radars avaient perturbé leur système de navigation et déséquilibré leur engin.

Je me suis bien gardé de dire à Bill que j'avais passé l'après-midi dans une société d'électronique spécialisée dans les "contre-mesures", où l'on m'avait présenté des appareils utilisant une technologie avancée basée sur les micro-ondes. Cette société, basée à Los Angeles, construit en particulier des simulateurs de radars. L'idée que les radars primitifs que nous avions en 1949 étaient en mesure d'empêcher des véhicules extraterrestres de pénétrer dans notre espace aérien était parfaitement grotesque. Nos propres avions transportent un petit appareil baptisé DERFUM (Digital radio-frequency modulator). Pas plus gros qu'une boîte à chaussures, cet instrument diabolique est capable de déterminer instantanément les caractéristiques des sources électromagnétiques qui se trouvent dans les environs et de leur répondre en fournissant en quelques secondes de fausses informations sur la taille et la position de l'appareil où il se trouve. Il est donc difficile de croire qu'un appareil envoyé par une civilisation ayant un million d'année d'avance sur la nôtre ne serait pas équipé d'instruments équivalents ou plus perfectionnés.

- Comment les véhicules sont-ils propulsés ? demandai-je à Cooper.

- Par un petit réacteur nucléaire de la taille d'un ballon de rugby [NDT: football américain]. Ils ont la maîtrise de l'espace et du temps... Je ne suis pas physicien et je ne comprends pas tout cela. Apparemment, ils ont la possibilité de se cacher, de devenir invisibles.

- Quel genre de métal utilisent-ils ?

- Au départ, ils utilisaient du magnésium pur. A cette époque, nous ne pouvions pas en fabriquer. Maintenant on peut en fabriquer dans l'espace, ce qui explique l'intérêt croissant pour la production de cristaux en orbite. Ils utilisent des alliages que l'on peut fabriquer sur terre, mais avec une structure moins flexible.

Puis Cooper changea brusquement de sujet.

- Connaissez-vous certains astronautes ?

Je citai les noms de plusieurs astronautes que j'avais rencontrés.

- Parlez de la lune à n'importe quel astronaute ayant participé au projet Apollo. Demandez-lui ce qu'il a vu là-haut. Il y a une base d'extraterrestres sur le côté obscur de la Lune.

Comme je ne voulais pas qu'il continue à s'écarter du sujet, je m'abstins de lui faire remarquer que la Lune n'avait pas de côté obscur Elle n'effectivement pas de côté obscur, mais possède bien une "face cachée" que l'on ne voit jamais de la Terre - NDLR.

- Qu'est-il arrivé à l'extraterrestre qui avait été capturé ? poursuivis-je.

- Il est mort en 1952, après avoir été malade pendant un an. Le gouvernement à tenté de le sauver en envoyant des messages dans l'espace, pour demander à son peuple de lui venir en aide. Le résultat fut l'atterrissage d'Holloman, le 25 avril 1964, quand un autre extraterrestre vint travailler avec nos scientifiques. Il avait énormément de choses à nous apprendre. Les siens tenaient absolument à garder secrète leur présence sur terre. Nous avons accepté en échange de révélations technologiques. On leur permit de procéder à des enlèvements dont ils prétendaient avoir besoin pour des raisons médicales. Ils devaient fournir au MJ-12 la liste des humains qu'ils enlevaient mais, peu à peu, nous nous sommes rendu compte qu'ils nous mentaient.

- Où sont tous ces extraterrestres à présent ?

- Dans la Zone 51. Tout le monde croit que cet endroit dépend de l'armée de l'air, parce que Nellis est une base aérienne. En réalité, la Zone 51 est sous le contrôle de la marine. Il en est de même de la Zone 2, qui fut construite pour servir d'entrepôt souterrain pour l'AEC.

- Et Groom Lake ?

- Groom Lake est aussi à Nellis, dans le Nevada. C'est la même chose. Il y a un groupe technique extraterrestre à Nellis et un autre à Dulce, au Nouveau-Mexique, sur une réserve indienne.

- Comment peut-on déterminer quelle part de vérité il y a dans tout cela ?

- C'est ce que les documents indiquaient. Il existe une importante anomalie magnétique à l'endroit où se trouve la base. Certains types de radars capables de sonder le sol pourraient peut-être montrer ce qu'il y a à l'intérieur, un dédale de galeries, à ce qu'il paraît. Le document explique comment y pénétrer, il indique où sont les entrées.

- L'installation est-elle gardée ?

- Non, elle n'est pas gardée. Cela ne servirait qu'à attirer l'attention, il faudrait expliquer ce que c'est. Quand vous y entrez, vous ne pouvez plus en sortir. Je peux vous y emmener, si vous voulez.

Les plats étaient arrivés. Bill attaqua ses clams à la vapeur avec délectation tandis que je continuais à poser mes questions.

- Quels étaient les 2 documents que vous utilisiez pour vos réunions d'information ? Pouvez-vous me les décrire ?

- Le plus gros était un livre d'environ 2 cm d'épaisseur intitulé Grudge / Blue Book, rapport numéro 13. On croit souvent que le projet Blue Book était sous l'égide de l'armée de l'air, mais ce n'est pas vrai. Blue Book était sous le contrôle de Grudge qui dépendait de l'armée de l'air. Ce document traitait des enlèvements et des implants.

- Et l'autre ?

- C'étaient les grandes lignes de l'opération Majority qui englobait Blue Book.

- Est-ce que quelqu'un d'autre a vu ces documents ?

- Il y a un homme qui s'appelle Bill English... il se cache près d'Albuquerque. Il a vu les mêmes choses que moi et craint pour sa vie. Ils ont déjà essayé de le tuer deux fois. Ils ont fait sauter une fourgonnette dans laquelle il se trouvait avec deux autres gars. Ils sont morts et Bill a eu de la chance de s'en sortir. La seule raison pour laquelle il ne m'arrive rien, c'est que je parle à beaucoup de gens, je divulgue tout ce que je sais. Il faut que vous compreniez que, pendant longtemps, j'ai tout gardé pour moi, car je pensais que c'était dans l'intérêt de ma patrie... J'avais un sens élevé du devoir. Mais je l'ai perdu. Tout cela est trop dangereux et a causé la mort de trop de gens. C'est totalement illégal et nous avons été trahis par les extraterrestres. Une terrible menace pèse aujourd'hui sur nous.

- Comment cet autre témoin, ce Bill English, a-t-il eu l'occasion de voir les documents ?

- Il était capitaine dans les Forces spéciales de l'armée américaine. Il a été nommé dans une base britannique comme analyste. Le document est arrivé sur son bureau par le courrier régulier, mais il n'aurait pas dû le voir. C'était une erreur. On l'a chassé de l'armée et on a attenté à sa vie. On l'a calomnié et on est allé jusqu'à prétendre qu'il prenait du LSD !

- Qu'avez-vous pensé du documentaire Cover-Up, réalisé par Seligman pour la télévision ?

Cooper fit un geste de dégoût.

- Cela faisait partie de "leur" plan, une tentative délibérée de la part du gouvernement pour jeter la confusion dans l'esprit du public. Je ne devrais peut-être pas le dire, mais certains des participants étaient des informateurs à la solde du gouvernement.

- Alors, quel était le but de ce documentaire ?

- Il a été réalisé pour détourner le public de la vérité. Tous les documents sur le Majestic 12 que Moore à présentés étaient manifestement des faux. Ils avaient été faits pour discréditer les gens qui sont associés à cette recherche. Le documentaire peut être considéré comme un chapitre supplémentaire de son livre sur l'accident de Roswell ; il n'apporte rien de nouveau. Les images des extraterrestres étaient inexactes et le Majestic 12 n'a pas été créé par Truman, comme il le laisse entendre.

- Vous pensez que c'est si facile que cela de duper le public ?

- La vérité est si incroyable... Regardez ce magnifique navire. Imaginez le Queen Mary passant au large d'une île où la population vivrait encore à l'âge de pierre... Que diraient-ils en le voyant ? C'est à peu près notre situation par rapport à un vaisseau extraterrestre.

- Pas exactement. Le Queen Mary ne se préoccupe pas de négocier un traité avec le roi de chacune de ces petites îles. Je ne comprends toujours pas pourquoi les extraterrestres auraient besoin de conclure un traité avec nous, si leur civilisation est tellement avancée. Il me semble qu'ils n'ont pas à s'occuper de nous.

- Ils avaient besoin de s'assurer que notre gouvernement garderait le secret sur leur existence.

Encore une contradiction évidente. Il y a eu des centaines de milliers d'observations d'ovnis, en plein jour, devant de nombreux témoins. Des gens comme moi ont écrit des livres, essayant de choisir les meilleurs cas et de mettre l'information à la disposition de tous. S'ils ne veulent pas que le public soit au courant de leur existence, nos prétendus visiteurs font l'inverse de ce qu'ils devraient faire. Sans insister, je changeai de sujet pour éclaircir un point qui me tracassait depuis ma recontre avec Lear.

- J'ai entendu dire par John, et aussi par Linda Howe, que le nom d'Allen Hynek était mentionné dans le rapport 13.

- Mentionné ? Il était l'un des coauteurs du fichu document ! Hynek s'est totalement engagé dans l'étude des enlèvements et des implants. Il a même déclaré qu'une personne sur quarante avait été enlevée et avait reçu un implant. Bien sûr, le plus grand nombre a simplement été enlevé. Le plus effrayant c'est que l'on peut se demander si des membres du gouvernement ont déjà reçu un implant.

- Et moi, ce que je peux vous dire, c'est que je connaissais très bien Hynek, et tout ce que vous dites sur lui n'a aucun sens pour quelqu'un qui connaissait son caractère.

- La seule chose que je peux vous dire, de mon côté, c'est ce qu'il y avait dans ce document. Le nom d'Hynek figurait sur la couverture et à l'intérieur il y avait des photos de l'atterrissage de Holloman, des photos d'extraterrestres, des tables d'autopsie et des détails sur le projet Redlight, au cours duquel on avait essayé de piloter leurs engins, ainsi que sur le projet Snowbird qui était une couverture pour Redlight et utilisait des technologies conventionnelles, et ainsi de suite. A propos, leurs engins ne s'écrasent pas en cas d'avarie, ils se stabilisent dans le cratère d'impact, où la terre a été écartée.

- Il y a là une autre contradiction, Blue Book, d'après ce que j'en ai vu, était principalement un projet de relations publiques, il n'y avait pas d'étude approfondie des cas et Hynek ne cessait de s'en plaindre.

- Il n'y avait pas d'étude subséquente pour la bonne raison qu'ils savaient déjà de quoi il s'agissait ! Mais il fallait bien donner des explications au public. Un des documents disait expressément que les cas qui ne pouvaient être expliqués devaient être soumis à Philip Klass, qui travaille la main dans la main avec les services de renseignement. Vous savez, de nos jours, les choses ne sont jamais ce qu'elles semblent être.

- A quoi servent les implants, à votre avis ?

- Personne ne le sait. Quand on essaie de les retirer, la personne meurt.

— Mais si cela dure depuis 1953, un grand nombre de ceux qui en ont reçu ont dû mourir de causes parfaitement naturelles. Quoi de plus simple que de retirer l'implant au cours d'une autopsie et de l'étudier ? Ne pensez-vous pas qu'un pathologiste le remarquerait et serait suffisamment intrigué pour le retirer ?

Pour la première fois, Bill Cooper ne semblait pas avoir de réponse toute prête. Il écarta simplement la question en répétant que personne ne savait à quoi servaient les implants.

Je me renversais dans mon siège.

— Bill, si l'on peut prouver ce que vous me dites, il nous faudra reconsidérer tout ce que nous savons sur ce problème. Je ne doute pas de votre sincérité et, si vous m'assurez que vous avez vu le Rapport 13, je suis disposé à vous croire. Cependant, le fait que le nom d'Hynek y soit associé me donne à penser qu'il s'agit d'une mystification.

Il répondit qu'il avait bel et bien vu le rapport et que le nom d'Hynek figurait effectivement sur la couverture.

— Que pensez-vous qu'il faudrait faire maintenant ?

— Ces renseignements devraient être communiqués au public, aussi largement que possible.

— Pensez-vous que le président soit au courant ?

— Oui, Bush doit savoir, puisqu'il a fait partie du MJ-12. Ses prédécesseurs n'ont su que ce que le du MJ-12 a bien voulu leur révéler. Ne comprenez-vous donc pas ? Si l'information était rendue publique, ce serait un coup très dur pour les services de renseignements. Plus personne n'aurait jamais confiance en eux. Comme vous le savez, Reagan tendit un voile sur tout ce qui se rapportait aux ovnis. Ceux qui travaillent pour le gouvernement n'ont pas le droit d'aborder le sujet, même s'il ne font rien de confidentiel.

Je réagis assez vivement à cette affirmation absurde.

— Vous ne pouvez pas dire une chose pareille ! D'abord, ce serait une violation du premier amendement qui garantit la liberté d'expression ! Ensuite, personne n'obéirait à un ordre de ce genre ! Le gouvernement n'a même pas défini ce qu'est un ovni ! C'est comme si vous me demandiez de garder le secret sur ce que nous avons mangé ce soir ou sur ce que nous nous sommes dit. Vous ne pourriez jamais me forcer à garder le silence, car je ne me suis pas engagé à le faire. Et puis, il y a d'autres gens qui savent ce que nous avons mangé et je ne pourrais pas garder le secret, même si je le voulais !

Il secoua la tête et répéta avec entêtement que Reagan avait donné cet ordre formel : tous ceux qui travaillaient pour le gouvernement ne devaient en aucun cas parler des ovnis. Cette affirmation me semblait d'une absurdité évidente et je me sentis mal à l'aise en entendant Bill Cooper insister si lourdement.

Il me parut préférable de changer de sujet.

— Revenons aux extraterrestres. Pour commencer, pourquoi viennent-ils ici ?

- Il existe un document sur le projet Aquarius qui traite de l'histoire des extraterrestres et de leurs rapports avec l'humanité depuis ving-cinq mille ans. Ces rapports atteignirent leur apogée avec la culture basque et les Assyriens. Mais le projet Aquarius est terminé.

J'avais maintenant le sentiment d'écouter une très mauvaise histoire de science-fiction, à la différence que l'homme qui me faisait face semblait y croire. Mais c'était comme s'il me racontait un vieux film que j'aurais vu des centaines de fois.

— Leur planète s'est transformée en désert à la suite d'une guerre avec une autre race. Leur planète a été ravagée, leur civilisation est tombée en décadence, leur système digestif est atrophié. Ils viennent ici à la recherche de nouveau matériel génétique.

— Cela n'a aucun sens.

— Le gouvernement y crois.

— Quelle est la durée de vie des extraterrestres ?

— Ils nous ont dit qu'ils vivaient 450 ans. L'extraterrestre vivant qui est resté sur la terre après Holloman s'appelait Krill. Il a fourni une grande quantité d'informations, des données scientifiques dont certaines furent publiées dans les revues scientifiques sous le nom de O. H. Krill après avoir été expurgées. Des textes très pointus. Et Krill est toujours en vie.

Je dis à Cooper que j'avais beaucoup de mal à accepter le fait que des extraterrestres venant d'une étoile lointaine nous ressemblent, aient les mêmes organes que nous, ou du moins une anatomie très voisine, et que leur culture soit si proche de la nôtre.

Il ne semblait pas trouver cela très étonnant.

— Nous les connaissons bien sur le plan biologique. Ce sont des êtres qui respirent de l'air comme nous, bien que leur coeur soit relié à leurs poumons pour constituer un organe unique. Leur système digestif est atrophié. Ils ont besoin de chlorophylle, comme les plantes, si vous voulez. Ils absorbent leur nourriture par la peau et, chose exceptionnelle, ils excrètent aussi par la peau.

Ce dernier fait n'a rien d'extraordinaire. Vous pouvez ouvrir n'importe quel livre de physiologie humaine et vous trouverez le mot peau sous la rubrique Organes d'excrétion, puisque la transpiration élimine les déchets.

— Et leur cerveau ?

— Ils ont deux cerveaux, séparés par une cloison osseuse mais reliés à la même moelle épinière.

— Connaissez-vous un médecin qui aurait soigné des extraterrestres ou fait une autopsie ?

— Cherchez le docteur Guillermo Mendoza. C'est lui qui a soigné l'extraterrestre qui est mort. C'est un biologiste, pas un médecin. A propos, on donnait vraiment à cet être de la glace, qu'il pouvait manger en petites quantités à travers une membrane de la bouche, et c'est vrai qu'il aimait le parfum de la fraise. Il avait aussi un faible pour la musique tibétaine. Cette portion du documentaire de Seligman était exacte.

— Comment communiquent-ils ?

- Entre eux, par télépathie. Avec nous, ils utilisent un appareil à traduire. Au début, quand ils sont arrivés, ils sont entrés en contact avec nos scientifiques en se servant d'un code binaire.

Jusqu'à ce moment, notre discussion était restée factuelle, avec quelques considérations théoriques. J'avais évité de mettre en évidence une multitude de contradictions. Maintenant qu'il avait répondu à toutes les questions et pendant que la serveuse nous apportait notre café, Cooper prit un ton plus confidentiel.

— Vous savez, je ne suis pas croyant, mais si vous vous reportez à la Bible... les anges pourraient être le type nordique et les "Petits Gris" pourraient très bien être les créatures démoniaques. N'oublions pas que la Bible parle d'un pacte avec le Démon dans les derniers jours, après la restauration d'Israël.

— Qu'est-ce que les extraterrestres disent de tout cela ?

— Ce qu'ils nous ont appris n'était pas seulement de nature scientifique. Ils nous ont fourni beaucoup de données sur les aspects occultes. Ils ont affirmé avoir joué un rôle important dans notre religion et ont parlé de leur influence sur la sorcellerie et les cultes de notre planète.

— Que comptez-vous faire à ce sujet ?

— Je vais propager tout ce que je sais. J'ai donné ma démission. Pour commencer, j'organise un symposium à Anaheim. Les bénéfices seront utilisés pour créer un fonds destiné à récompenser ceux qui accepterons de révéler ce qu'ils savent. Ce même symposium se tiendra ensuite dans toutes les grandes villes.

Bill me proposa de m'emmener à Dulce et de me faire pénétrer dans la cachette souterraine des extraterrestres. Je lui répliquais qu'il ne fallait pas compter sur moi et Cooper se mit à ricaner.

— Voilà bien le problème avec vous autres, les scientifiques ! Vous voulez tout savoir, mais quand on vous donne l'occasion de vérifier par vous-mêmes, il n'y a plus personne !

— Je ne suis peut-être qu'un scientifique stupide, mais si vous me disiez de sauter du haut de l'Empire State Building sans aucune crainte parce que vous allez envoyer une soucoupe volante pour me sauver la vie au dernier moment avec un rayon antigravitationnel, je ne le ferais pas non plus. Qui sait ce qui se trouve à Dulce ? Il n'y a peut-être qu'un dépôt de déchets radioactifs abandonné, où je serais irradié en 5 mn.

Nous nous dirigeâmes vers les ascenseurs. Je dis à Cooper que leur conversation avait été importante pour lui, parce que, une fois de plus, il repartait de zéro pour essayer de comprendre le phénomène ovni. Mais il me quitta déçu et méfiant, car je n'avais pas montré l'enthousiasme absolu, inconditionnel, qu'il espérait manifestement.