Objets Volants Non Identifiés

Kervandal, Guillaume: Armées d'Aujourd'hui

Je crois que l'attitude d'esprit que l'on doit adopter vis-à-vis de ces phénomènes est une attitude d'esprit tout à fait ouverte, c'est-à-dire qui ne consiste pas à nier à priori comme d'ailleurs nos ancêtres des siècles précédents ont dû nier des choses qui nous paraissent aujourd'hui parfaitement élémentaires aInterview de M. Robert Galley, ministre des armées, 21 février 1974

Une date dont monsieur V...., pisciculteur se souviendra longtemps, c'est celle du novembre 1972. Il a, sans doute, eu ce jour-là, une des plus belles peurs de sa vie.

Le novembre 1972, à 10 h, il a relaté aux gendarmes de Clairvaux-les-Lacs, son étrange aventure.

Le jeudi novembre 1972, dans l'après-midi, je me trouvais dans ma pisciculture. A 16:20 à ma montre, j'étais occupé à transporter des agglomérés avec ma brouette, près de l'entrée.

J'ai soudain aperçu, à la verticale ouest de mes bassins, des volutes de fumée très blanche, par ronds distants de 50 m. Il y en avait peut-être une quinzaine qui descendaient verticalement ; c'est alors que j'ai vu, légèrement décalé, entre le dessys de mon chalet et mes bassins et à environ une dizaine de mètres du sol, un engin d'une vingtaine de mètres de diamètre comportant une coupole. Cet appareil était de couleur aluminium. Sa coupole, d'une dizaine de mètres de diamètres, était plus brillante sans être translucide. Il ne portait ni inscriptions, ni raccord, ni ouverture. Il est resté stabilisé de 16:20 à 16:25.

Ma première réaction a été de prendre mon fusil de chasse se trouvant dans ma voiture et d'y mettre des cartouches. Je me suis ensuite abrité derrière un pilier en ciment et j'ai observé l'appareil.

A 16:25, l'engin s'est incliné, la coupole vers moi. J'ai alors pu constater qu'elle était de forme ronde. Puis il est parti, d'abord lentement. Sa vitesse s'est alors accélérée ; en 3 s, je ne voyais plus qu'une boule de la grosseur d'un petit ballon. L'engin s'est immobilisé à nouveau pendant 3 mn et a ensuite disparu à l'ouest, presque à la verticale.

Toutes ces manoeuvres se sont déroulées sans bruit ni lueur. Le départ s'est effectué sans formation de fumée. Je précise que cet engin était entièrement lisse et ne comportait aucune antenne.

Après un rapide survol des années 1973 et 1974, durant lesquelles la gendarmerie a enquêté sur 18 cas d'atterrissages d'ovni, arrêtons-nous au mars à 16:25 février 1975 à mars à 10:30 : les gendarmes C. et C. de la brigade de Petite-Île (département de la Réunion), viennent de pénétrer dans la case où demeure Antoine S., unique témoin des faits survenus la veille. Le témoin est là prostré, allongé sur sa couche, les yeux grands ouverts fixant l'inconnu. Il a à peine tressailli lorsque sa mère lui a annoncé la visite des enquêteurs. Pourtant, peu à peu, son visage s'est animé, il a, à nouveau essayé de parler, mais en vain. Et pourtant, il faut qu'il dise, il faut qu'ils le croient. Ses mains s'agitent, il va décrire ce qu'il a vu : la grosse boule ronde et allongée en forme de chapeau de la police montée, les 4 bonshommes "Michelin" hauts de 1 m à peine et vêtus de blanc, blanc comme des draps. Les 3 personnages étaient au sol, groupés près de l'échelle menant à l'intérieur de l'objet, lorsqu'ils l'ont vu, et lorsque les 2 courtes antennes de l'un d'entre eux se sont mises à bouger. Il a voulu se protéger les oreilles, le front, le yeux, quand le petit être a projeté vers lui un éclair qui l'a envoyé au sol. Et l'engin s'est élevé avec un très fort sifflement...

Se replongeant dans sa hantise, Antoise S. ne réalise déjà plus que les gendarmes sont là.

Le avril à 10:30 février 1975 à 15:00 : les gendarmes sont revenus. Bribes par bribes, ils tentent de reconstituer la trame de l'invraisemblable aventure survenue à Antoise S. ; patiemment, ils reposent les mêmes questions. Mais l'état du témoin ne n'est pas amélioré. S'il peut, aujourd'hui, faire quelques pas, sa vue par contre, s'est considérablement affaiblie depuis la veille. Néanmoins, ses efforts pour convaincre son auditoire sont toujours aussi soutenus.

Le mai à 10:30 février 1975 à 08:00 : Antoine S., très agité, toujours dépourvu de parole et de vue, veut conduire les gendarmes sur les lieux de l'apparition. Ceux-ci jugeront plus prudent, pour la santé du témoin, de différer le transport sur les lieux.

Le juin à 10:30 février 1975 à 09:30 : Mis en présence du lieutenant-colonel commandant le groupement de gendarmerie de la Réunion et du directeur de la protection civile, Antoine S. refera les mêmes gestes pour expliquer son histoire. L'examen du témoin et de ses vêtements à l'aide du compteur Geiger sera négatif.

Le juillet à 10:30 février 1975 à 22:30, les gendarmes de Petite-Île sont avisés que S. a recouvré l'usage de la parole et qu'il veut à tout prix leur parler immédiatement. A juillet à 23:30, après 4 j d'enquête, ils vont apprendre de la bouche du témoin son ahurissante aventure.

Cela a commencé par un rêve au cours de la nuit du novembre à 23:30 au décembre à 23:30 février. Mais était-ce bien un rêve ? Antoine S., jeune chauffeur-commis de 21 ans a entendu ou cru entendre un "bip-bip" persistant, tantôt proche, tantôt éloigné. Ce bruit, qui lui cassait les oreilles, a continué jusqu'au février à 23:30 à février à 12:05. Après avoir acheté des "grattons", il rentrait chez lui. Sans raison, il s'est mis à courir ; soudain, retenu par une force surnaturelle, il s'est arrêté. Ses tympans lui faisaient mal. Il a pivoté sur lui-même pour sortir du chemin et s'est avancé dans le champ de maïs. Il a, alors, ressenti une chaleur étrange accompagnée d'un souffle brûlant. Paralysé par cette force qu'il ne pouvait vaincre, il a vu l'objet, couleur d'aluminium, stabilisé à environ 1,50 m du sol, émettant toujours ses "bip-bip" lancinants. Une échelle à 3 marches est apparue sous l'objet, s'inclinant à 45°. Un petit bonhomme, aux vêtements brillants, est sorti de l'objet. Il tenait à la main une sorte de bâton. Un 2ème personnage, tenant un sachet, puis un 3ème ont rejoint le premier alors qu'il grattait le sol. Ils portaient des antennes sur les côtés de la tête. Un 4ème personnage, resté dans l'engin, se voyait à travers la coupole translucide de la soucoupe. Le 3ème bonhomme s'est soudain aperçu de la présence du jeune Antoine. Un puissant éclair a jailli de l'objet et projeté le jeune homme au sol. Celui-ci a cependant pu voir les nains remonter rapidement dans l'engin. L'échelle s'est escamotée et l'ovni s'est élevé avec un très fort sifflement.

Combien de temps Antoine est-il resté à terre ? Il ne peut le dire. Ce dont il se souvient, c'est que lorsqu'il a pu se relever, il a récupéré ses grattons, retroussé le bas de son pantalon, et vite, est rentré chez ses parents.

L'aventure d'Antoine, jeune Réunionnais, pourrait s'arrêter ici. Elle contient déjà suffisamment d'éléments de réflexion.

Durant les jours qui suivent, il va vouloir retourner sur les lieux, y mener les gendarmes. Chaque fois qu'il pénétrera dans le champ de maïs, une force étrange le projettera au sol et le privera à nouveau de conscience. De la même manière le juillet à 12:05 février lorsqu'il parlera aux gendarmes, il ne se souviendra pas être resté 5 jours dans un semi-coma.

L'atterrissage présumé de Petite-Île a peut-être laissé des traces dans le champ de maïs. Celles qui ont été découvertes par les enquêteurs ne peuvent être considérées comme probantes, le champ étant rapidement devenu un but de promenade pour les habitants de la région.

Ainsi, une fois de plus, les petits êtres de l'espace se sont manifestés.

Qui sont-ils ? D'où viennent-ils ? Que font-ils ? Que veulent-ils ? Existent-ils seulement ?

Le but de notre propos n'est pas de donner ici une réponse au problème. A notre connaissance, nul ne peut, d'ailleurs, prétendre la connaître.

Durant ces derniers mois, de nombreuses émissions radiophoniques, sans parler d'une abondante littérature, ont familiarisé le public avec les objets volants non identifiés (OVNI). Nous ne reviendrons donc pas sur les différentes hypothèses formulées par les chercheurs. Certaines, à l'instar de la série américaine Les envahisseurs, sont à la limite du fantastique.

Ce que nous savons, par contre, c'est que depuis l'automne 1973, nous assistons à une nouvelle vague d'observations d'ovnis. Devant cette recrudescence de témoignages et en raison de l'impact qu'elle a eu sur l'opinion publique, la direction de la gendarmerie et de la justice militaire a donné des directives pour que chaque observation fasse l'objet d'une enquête approfondie.

Chaque jour ou presque des observations en vol ou des cas d'atterrissages sont signalés à la gendarmerie nationale. Chaque jour, des enquêtes sont effectuées par les brigades de la métropole ou de l'outre-mer.

Les constatations faites sur les lieux ainsi que l'audition des témoins permettent de dire que le phénomène :

Dans les cas d'atterrissages avec présence d'humanoïdes, ceux-ci :

Les enquêtes effectuées par la gendarmerie auprès des témoins et sur les lieux des observations permettent, parfois, de donner au phénomèe observé une explication rationnelle, satisfaisante pour l'esprit.

Il a ainsi été déterminé que des courts-circuits sur lignes à haute-tension, des rayons lumineux de phares à iodes se réfléchissant sur les nuages, la conjonction Vénus-Jupiter, les retombées dans l'atmosphère de satellites et lanceurs de fusées pouvaient provoquer des effets semblables au phénomène ovni.

Mais il faut bien admettre que la majorité des cas signalés reste sans explication.

Le phénomène touche toutes les couches de la population : milieux ruraux ou urbains, travailleurs de la terre, professeurs, ingénieurs, policiers, ouvriers, pilotes de ligne ou militaires. Les gendarmes eux-mêmes ne sont pas à l'abri de telles observations. Ces témoins, qui ne s'intéressent pas particulièrement aux "soucoupes volantes", sont fréquemment des personnes que les gendarmes peuvent qualifier de "dignes de foi".

Et pourtant la commission "Condon" a conclu le novembre à 12:05 janvie 1969 que le phénomène UFO n'existait pas. Un groupe de chercheurs de l'université du Colorado, sous la directeur du docteur Edward U. Condon, était parvenu à cette conclusion après avoir étudié une centaine de cas soumis à sa perspicacité sur les quelques 10 000 répertoriés par l'US Air Force.

A la fin de la même année, l'US Air Force, elle-même, qui depuis 22 ans avait accaparé le problème UFO et le monopolisait, suivait les conclusions du rapport Condon et clôturaut son programme "Projet Blue Book".

La mission de "Blue Book" était remplie. Tout semblait avoir été dit : Les soucoupes volantes n'existent pas. Les UFO ne représentaient aucune menace pour la sécurité des Etats-Unis.

Les soucoupes volantes n'existent pas, et cependant le phénomène existe. Il ne paraît plus possible de le nier.

Les objets volants non identifiés semblent devoir être pris au sérieux ; même si certains comptes-rendus par la presse, citant des observations fleurant bon le soufre ou le canular ou, tout simplement, relevant de la psychiatrie, pourraient laisser penser aux personnes non averties que tout est de la même veine.

Il faut souligner, en passant, que les mystifications sont généralement détectées dès le début des enquêtes, par les gendarmes.

Le problème est, avant tout, d'origine scientifique. Depuis une vingtaine d'années, de nombreux chercheurs tenent de cerner l'intelligence qui se cache derrière ces manifestations et pensent qu'une exploitaton systématique de notre planète est en train de se produire.

Phénomène naturel ou d'origine extraterrestre, il mérite d'être étudié avec la plus grande rigueur.

Tant qu'aucune preuve palpable de l'existence des ovnis n'aura été présentée aux gouvernants et scientifiques du monde, cette existence ne pourra être que controversée. Tant qu'une soucoupe volante made in Magonia 1Magonia : planète imaginée par Jacques Vallée dans Chronique des apparitions extra-terrestres (Passport to Magonia) ou un petit être de l'espace, nanti d'un message officiel pour les habitants de la planète Terre, ne pourra être présenté au grand public, il n'y aura que scepticisme.

Tant que toutes les observations n'auront pas été "expliquées" il y aura doute, et les "ufologues" continueront à s'intéresser aux ovnis.

En attendant, l'approche de la solution ne peut se faire que par une étude statistique appuyée par le calcul des probabilités. Mais cette approche ne peut se réaliser que si les chercheurs ont à leur disposition toujours plus d'informations, de faits observés et surtout, de faits aussitôt étudiés, selon des méthodes rigoureuses nettement codifiées, par des enquêteurs fiables obéissant à des règles précises quel que soit le temps ou le lieu, et quelles que soient les circonstances.

En effet, même les observations apparemment causées par des phénomènes naturels, même les observation expliquées, ne doivent pas être pour autant négligées ou éliminées. Tout n'est pas encore connu sur les causes et conséquences de certaines manifestations atmosphériques. Un phénomène naturel peut très bien être pris pour une manifestation ovni, une observation ovni peut se présenter sous l'apparence d'une trombe, d'une mini-tornade.

Il faut donc que l'enquêteur fasse preuve d'ouverture d'esprit, que toutes les observations, même les plus insolites, fassent l'objet d'enquêtes systématiques. Ceci suppose que les témoins trouvent auprès des enquêteurs une confiance entièrement dénuée d'esprit de moquerie. Il faut également que les témoins soient persuadés que leur témoignage servira à quelque chose même si ce quelque chose n'a rien à voir avec les soucoupes volantes et les "petits bonhommes verts".

Par crainte du ridicule, les témoins évitent parfois de se confier, même à leurs proches. Il est nécessaire qu'ils sachent qu'ils seront toujours écoutés et pris au sérieux, et que, s'ils le désirent, leur anonymat sera préservé.

L'enquête étant ouverte, il est souhaitable qu'elle puisse se poursuivre dans de bonnes conditions et aboutir. Elle doit, dès le départ, avoir des chances sérieuse d'être menée dans des conditions optimales et non pas arrêtée faute de moyens. Ces moyens quels sont-ils ?

Ils doivent être :

L'enquête une fois terminée, les renseignements recueillis doivent servir à quelque chose. Il doivent, d'abord, servir de base à une étude statistique du phénomène, ensuite, dans certains cas bien précis, pouvoir être utilisés par l'organisme officiel habilité pour mener à son terme l'étude scientifique.

Même si la commission américaine "Condon" a conclu que les ovnis n'existent pas, la gendarmerie ne peut se désintéresser du phénomène qui, lui, est réel. Fidèle aux missions qui lui ont été confiées par le décret du 20 mai 1903, le gendarme ne peut rester passif lorsqu'un automobiliste, en proie à la plus vive émotion, vient sonner à sa porte pour lui signaler qu'un engin, en forme de soucoupe ou de ballon de rugby, ne faisant aucun bruit, vient de le survoler à très faible altitude.

Le problème des ovnis n'est ni une énigme judiciaire, ni une simple affaire d'ordre administratif, la gendarmerie se sent pourtant concernée. Elle doti renseigner les autorités administratives de ce qui se passe sur le territoire national, mais elle peut, en outre, apporter sa contribution dans le domaine des investigations en apportant, à l'organisme qui pourrait être désigné pour conduire l'étude scientifique du problème, les informations qu'il ne pourrait obtenir autrement.

Les objets volants non identifiés constituent, peut-être, l'une des plus grandes énigmes de tous les temps. Il s'agit de ne pas manquer l'enquête.