Nous en arrivons maintenant au domaine le plus étrange, le plus incroyable de tout le phénomène ovni.
Disons tout de suite que s'il était possible, sans manquer à l'honnêteté scientifique, de le passer sous silence, je
le ferais bien volontiers Hynek, Josef Allen
: The UFO Experience, a
Scientific Inquiry, p. 166
Les abductions (terme anglais, du latin abductus), également qualifiés de "Rencontres Rapprochées du 4ème type", désignent des cas d'enlèvements de témoins à bord des vaisseaux de visiteurs (extraterrestres ou autres).
Par leur aspect directif (on ne demande pas son avis au témoin), voire violent (les témoins relatant avoir été le sujet d'expériences douloureuses sur le plan physique ou psychique, avec parfois des séquelles alléguées comme des implants), les récits d'enlèvements laissent supposer un plan des visiteurs à plus ou moins long terme. L'enlevé(e), suite à son expérience, à également souvent tendance à délivrer un message (sur invitation des visiteurs ou de sa propre initiative), en faisant ainsi un contacté.
A côté de quelques témoignages d'enlèvements concients (comme celui de Villa-Boas dès ), l'écrasante majorité des cas d'enlèvements consiste en des souvenirs remémorés (à commencer par le cas des Hill en qui marquera le début des témoignages d'enlèvements), la plupart du temps sous hypnose, et non remarqués auparavant (l'événement étant révélé comme ayant eu lieu lors de leur sommeil typiquement) ou seulement par un temps manquant.
Certaines personnes vont se spécialiser dans les cas d'enlèvements, comme Budd Hopkins
(qui motivera l'intérêt de John E. Mack
) ou Raymond E. Fowler
.
Jean-François Boëdec, qui a étudié les cas d'ovnis en Bretagne, dit avoir mis en évidence
une phase de "construction" chez les enlevés, quelques semaines avant leur "enlèvement" effectif. Cette phase pour les
futurs enlevés consisterait à rompre avec les schémas habituels de vie et être l'objet d'événements étranges. Le
témoin serait incité à s'isoler, rendant ainsi la tâche plus facile pour les kidnappeurs. Il est difficile de dire si
cette suggestion, si elle est exacte, signifie que le témoin est affecté par une force extraterrestre pendant quelques
semaines ou constitue en fait le point culminant d'un état de conscience altéré chez le témoin .
En à lieu une conférence sur le sujet au MIT. Hopkins écrit The Ropper Poll avec David Jacobs
et Ronald M. Westrum
, un rapport sur des expériences inhabituelles avec des
enlèvements ovnis, basé sur l'étude de l'organisation Roper de 5947 américains adultes.
Parce qu'une majorité de témoignages d'enlèvements situent le récit dans la chambre à coucher où sont endormis les témoins, certains chercheurs proposent d'expliquer la plupart des récits d'enlèvements par le phénomène de paralysie du sommeil, pour lequel a été répertorié les symptômes de peur (sentiment de danger), immobilité, sensation d'une "présence", hallucinations, sensation de flottement, voire interaction sexuelle. A noter qu'il existe de tels récits de visites nocturnes (bedroom visitors) antérieurs à l'ère moderne des ovnis .
En , Giulio Perrotta rapporte une étude clinique menée de à auprès de 112 Italiens disant présenter des symptômes d'enlèvement extraterrestre : les tests de personnalité qu'il a lui-même conçus y font surtout ressortir des troubles délirants, dissociatifs et narcissiques, et il en conclut à une origine psychopathologique du phénomène, relevant d'une prise en charge psychothérapeutique .
En , le psychologue Jorge Conesa-Sevilla, qui a étudié pendant des années la paralysie du sommeil isolée, note que ni fantômes ni « extraterrestres » n'apparaissent lorsque cette paralysie et le sentiment de présence qui l'accompagne sont déclenchés en laboratoire, et il invoque les faux souvenirs, l'inflation par l'imagination et l'effet Dunning-Kruger pour expliquer l'assurance des enlevés et de ceux qui les accompagnent, l'hypnose étant selon lui une méthode inadaptée pour examiner ces récits .
La même année, le psychiatre David V. Forrest revient sur l'hypothèse qu'il avait avancée en : les récits d'enlèvement pourraient remanier des souvenirs, conscients ou non, d'opérations subies sous anesthésie (conscience peropératoire), dont ils reprennent les éléments (état de conscience modifié, silhouettes vêtues de vert dont on ne voit que les yeux au-dessus des masques, lampe ronde et lumineuse du bloc, corps nu entravé et sondé, intention bienveillante). Il propose de le tester en recueillant les antécédents chirurgicaux et anesthésiques des enlevés et en comparant leurs réactions physiologiques au rappel d'une opération et à celui de leur enlèvement .
Dans le même ouvrage, l'historienne Luise White, qui a surtout travaillé sur l'Afrique, aborde les récits d'enlèvement avec les méthodes de l'histoire orale, sans se prononcer sur leur réalité. Elle relève que les enlevés racontent presque tous la même histoire avec les mêmes mots (gris aux grands yeux dépourvus d'organes génitaux, temps manquant, prélèvement d'ovules, salles de fœtus hybrides), y voit un vocabulaire partagé pour dire une expérience autrement indescriptible, et rapproche l'intérêt des extraterrestres pour la reproduction humaine des interrogations des colonisateurs européens sur la reproduction entre « races » comme des débats actuels sur l'avortement et la procréation .