Fournet
Fournet

Après que le Génie militaire américain eût déclaré qu'un de ses savants avait reproduit une soucoupe volante en laboratoire, Fournet mène une enquête. Le savant concerné y gagne une certaine publicité, mais son prestige en subit une forte atteinte, ses confrères jugeant sévèrement son attitude.

Fournet travaille presque 4 ans dans l'US Army durant la 2nde guerre mondiale, dont les 3 dernières années dans le renseignement pour l'AAF.

Lorsque cette dernière devient l'USAF indépendante après la guerre, la commission de réserve de Fournet est transférée de l'Armée à l'USAF. En , il est rapellé au service actif et envoyé à l'Ecole de Commandement et Personnel de l'Air, jusqu'en . Il est ensuite rapidement affecté au service de renseignements du Pentagone.

Là-bas il remplace un lieutenant-colonel incapable en tant qu'officier de liaison du projet Blue Book entre l'ATIC de la base de l'USAF de Wright-Patterson et l'état-major de l'USAF, installé au Pentagone. Il est supposé y travailler à mi-temps, mais pendant des mois il y passe tout son temps. Il a accès aux rapports de l'USAF, dont l'estimation de la situation rédigée par les experts du projet Sign.

Il devient particulièrement convaincu de la réalité et de l'étrangeté du phénomène Keyhoe Ruppelt :

En fait j'étais sceptique à propos des ovnis lorsque je fus affecté au programme. A un moment au fil des quelques premiers mois de mon affectation — probablement vers le début de 1952 — je devins convaincu que le sujet méritait une attention sérieuse.

Ce changement intervint suite à ma découverte des dossiers du projet et de l'étude du volume résolument croissant des rapports d'observation. Je ne devint pas un "croyant" dans le sens commun du terme ; je changeais simplement ma position d'un dédain complet par rapport au sujet à la conviction qu'une étude sérieuse était nécessaire Robert Barrow 1976, UFO Magazine, 1977-02.

Pour Fournet, l'USAF doit apprendre autant que possible du phénomène ovni, ne serait-ce que pour être capable de distinguer une attaque soviétique potentielle du fond "statique" créé par le déluge de rapports d'OVNI en 1952.

Fournet montre à Albert Chop les films d'observations dans le Montana et Utah. Comme Chop, il les trouve très étranges. Après les examens en laboratoire et les interview des témoins du film de l'Utah, Fournet va participer à la classification du film dans les cas "inexpliqués".

Fournet est présent lors de la "vague d'ovnis" (UFO flap) de 1952-07 au-dessus de Washington, avec son collègue Albert M. Chop de Blue Book :

Mon implication dans les incidents de Washington occasionna des jours et des nuits survoltés, bien que ces observations ne représentèrent seulement qu'une petite partie d'une incroyable période survoltée de 8 ou 9 mois en 1952.

L'avantage de ces observations nationales est cependant que Fournet n'a pour une fois pas eu à dépendre des récits de témoins visuels. Il était sur les lieux, observant les ovnis sur le radar :

Mon attention à ce qui se passait, cependant, était loin d'être totale — appels longue distance à prendre, requêtes à faire au chasseur intercepteur, les journalistes dehors à satisfaire, etc.

(...) En fait, je n'était même pas présent lorsqu'un pilote de chasseur signala qu'il était entouré par des ovnis. (...) Cela arriva alors que j'étais au téléphone, parlant à Bob Ginna de 'Life' [magazine].

(...) Al devint le récipiendaire privilégié d'informations considérables car j'avais convaincu mes supérieurs en 1952 que toute information non sensible sur les ovnis devait être rendue disponible au public. Pour cette raison, j'essayai de garder Al informé de tous les développements qui je pensais provoqueraient des demandes de la presse et du public. Ce fut la seule période "ouverte" à ma connaissance dans l'entière existence du projet sur les ovnis [Blue Book].

A la demande spécifique de ses chefs de branche et de division, il rédige un rapport sur les ovnis, et prend le parti d'y défendre l'intérêt de leur étude afin de lutter contre les a-prioris rêgnant chez certains responsables.

Juste après, en , le panel Robertson procède à ses premières consultations, et Fournet fait partie des personnes interrogées. Il est présent lors d'une partie des délibérations, mais ne pourra voir le rapport final, ayant été auditionné la semaine de son départ du service actif. Il se souviendra de cette période comme le début d'une attitude négative sur les ovnis :

Personnellement, je regrette le fait que le gouvernement ne soit plus associé à ce sujet, bien que je n'ai aucun remord quant à l'enterrement du projet de l'USAF, parce que le chemin pris à partir de 1953 était globalement très négatif. Le capitaine Ruppelt me confia qu'il put voir le négativisme développé suite au rapport de la Commission Scientifique de la CIA début 1953, et ce fut la raison principale à sa demande d'être réaffecté hors du projet.

(...) Lorsque la Commission Scientifique de la CIA conclut en 1953 qu'il n'y avait pas de menace évidente, la philosophie de l'Air Force semble avoir subit une modification drastique avec des variations mineures jusqu'à ce que le projet soit démantelé par l'infâme rapport Condon.

Au bout d'un total de 5 ans 1/2 d'activité militaire, Fournet quitte donc le projet et retourne dans le civil, où il va travailler comme ingénieur aéronautique pour la Ethyl Corporation à Baton Rouge (Louisiane).

En 1957, toujours civil, Fournet intègre le Comité des Gouverneurs du NICAP.

(...) Il n'y a que peu d'organisations vraiment sérieuses. Trop sont tombées en marge, pour promouvoir des philosophies et/ou des "solutions" préconçues, ou pour des gains financiers. Alors, les quelques organisations se faisant entendre représentent une fragmentation de ressources et des efforts redondants, dont la conséquence est que personne n'est capable de tirer parti de tout le talent disponible dans une attaque coordonnée du problème.

Fournet en 1976
Fournet en 1976

Lorsque l'on demande à Fournet, qui a travaillé au sein du projet Blue Book, si beaucoup d'information importante sur les ovnis a été ou est toujours censurée par certaines agences gouvernementales, il répond :

Autant que je sache, il n'y a jamais eu de censure en tant que telle, à l'exception de la suppression de noms de témoins et de toute données liées au radar ou aux procédures d'interception.

D'un autre côté, il est vrai que le public a fréquemment été alimenté de statistiques et d'exemples de cas trompeurs qui étaient atypiques, et dont le seul but était de faire apparaître le sujet comme entièrement stupide Robert Barrow 1976, UFO Magazine, Février 1977.

En 1958-05, Fournet confirme aux responsables du NICAP l'existence de l'"Estimate of Situation" de 1948 ainsi que d'un rapport qu'il rédigea lui-même pour défendre l'intérêt de l'étude des ovnis avant départ du service actif Fournet, D. J.: Lettre de Fournet aux responsables du NICAP, NICAP, 4 mai 1958.