William T. Powers

Powers

"Bill" Powers reçoit un B. S. en Physique et fait des études de Psychologie à la Northwestern University, où il travaille au Département d'Astronomie, assistant de Hynek, et est consultant pour le Center for the Teaching Profession. Il développe ainsi diverses compétences en astronomie, conception de systèmes informatiques, et théoricien de théories du comportement (depuis la physique d'une cellule jusqu'à une communauté) et enfin inventeur (il détient les brevets de nombre d'inventions, depuis des instruments électroniques jusqu'à un jeu de stratégie).

Ingénieur des Systèmes de l'Observatoire de Dearborn, Powers accepte pour Hynek d'aller enquêter sur divers cas comme celui de Socorro en 1964, ou interrogeant la famille Simpson le 26 mars 1966 dans le cadre du cas de Normal (Illinois), celui des frères Jaroslaw ou celui du collège de South Hampton (Long Island, NY) ou du 4 avril dans le Michigan la même année. Enfin cette année-là il enquête sur le cas de Ravenna dans le comté de Portage. Dans un premier temps, sans avoir eut de contact direct avec les témoins, il pense à Vénus pour expliquer la 2nde partie de l'observation (ce que Quintanilla prendre comme argent compta pour sa conclusion du cas pour Blue Book), mais se ravisera après avoir eu plus informations. Egalement l'interview de Joseph Valamous et de son ami, menée par Hynek, lui et Beckman dans le cadre du cas de Wheaton (Illinois) le 3 janvier 1969.

Janvier 1969 est aussi la date de parution du rapport Condon, qui ne manque pas de faire l'objet d'une critique de Powers :

Condon a employé comme illustrations exclusivement les cas ridicules, facilement explicables ou insuffisamment décrits. Il ne fait pas une seule fois allusion dans son résumé au fait que ses collègues présentent dans le même Rapport des cas qui ont résisté aux plus minutieuses tentatives d'explication, et n'étaient donc ni ridicules, ni facilement explicables, ni insuffisamment décrits.

Condon consacre un paragraphe aux "observations radar" d'ovnis sans mentionner les cas pour lesquels sa propre équipe n'a rien trouvé qui accrédite une "anomalie de propagation", et le termine ainsi : "Considérant l'importance du radar pour la sécurité et le fonctionnement des avions, il est essentiel de poursuivre la recherche... Cependant, l'on pense que cela peut être accompli en s'attaquant directement au problème... plutôt que... par l'investigation d'affaires d'ovnis."

En bref, Condon n'admet pas que les notifications radar d'ovnis puissent nous dire quoi que ce soit sur les ovnis - puisqu'elles ne peuvent apparemment résulter que d'une anomalie de propagation. La possibilité du repérage d'un ovni au moyen d'un radar fonctionnement correctement et dans des conditions atmosphériques normales n'en même pas évoquée. Et cependant, parmi les rapports présentés plus loin dans le texte, il s'en trouve 3 de ce type, et qui ont été soigneusement étudiés.

Il est édifiant de voir quels sont les cas individuels choisis par Condon pour illustrer les différents points de son résumé. Afin de ne pas imposer mes propres conclusions, je vasi les énumérer en donnant pour chacun un bref commentaire, afin de ne pas pécher moi-même par omission ou discrimination... [manque cette énumération dans sa totalité] Le 1er exemple est un cas de lumières-observées de nuit (ballons-sondes) et le 2nd pareillement (Saturne). Aucun de ces 2 cas, soumis à un véritable expert, n'aurait été retenu comme un ovni... Un autre exemple concerne un homme dont les ancêtres venaient d'une autre galaxie... un autre encore la planète Clarion, aimable invention dont s'enchantent certains groupes marginaux, semi-inconditionnels des ovnis et semi-illuminés. Celle-ci à droit à une page entière !

Puis nous en venant aux photographies. Une page est consacrée à une photographie dont il avait déjà été déterminé qu'elle résultait d'une erreur ou d'une supercherie. D'un cas que l'expert en photographie a par contre pris très au sérieux, Condon se contente simplement de dire que "les images d'ovnis se sont révélées trop floues pour permettre une analyse photogrammétrique valable". Et cependant on trouve plus loin dans le cours du Rapport : "Ceci est l'un des quelques notifications d'ovni où tous les facteurs étudiés, géométriques, psychologiques et physiques semblent concorder avec l'assertion qu'un objet volant extraordinaire, argenté, métallique, discoïdal, d'un diamètre de plusieurs dizaines de mètres, et évidemment artificiel, a été vu dans les airs par 2 témoins." La description de l'analayse photogrammétrique occupe les pages 399 à 407 du Rapport. Condon termine cette partie de son résumé par une brève mention de la photo d'un halo et d'un reflet d'objectif (sur la couverture de l'édition Bantam du rapport Condon se trouve une jolie photo couleur d'un reflet d'objectif, document qu'aucun enquêteur compétent n'aurait pu prendre au sérieux). Condon ne mentionne pas du tout l'analyse exhaustive daite sur les films de Great Falls (Montana), par le Dr R. M. L. Baker, laquelle avait pourtant été communiquée à la Commission.

Passons maintenant à l'extinction de l'allumage et des phares de voitures. Condon indique faussement que son groupe n'a eu à examiner qu'un seul cas... Il ne mentionne pas l'autre exemple [cas 12] [non plus que la centaine de cas semblables dont il aurait pu avoir connaissance s'il avait pris la peine de consulter ce qui a été publié. C'est une pratique courante de la méthode scientifique que de passer en revue tout ce qui a été publié sur un sujet avant d'entreprendre une recherche, afin d'être informé de ce qui a déjà été tenté dans ce domaine et de réduire les risques de double emploi d'un travail] dont le témoin était décrit comme doué de sens pratique, compétent, instruit et habitué à garder son sang-froid dans les situations inattendues.

Condon mentionne bien les observations de l'astronaute mais se limite à en dire qu'il "n'a rien vu qui puisse être interprété comme une soucoupe volante" ou comme un véhicule habité venant d'outre-espace, tout en reconnaissant que le Dr. Roach, l'astronome qui avait étudié attentivement ce témoignage, avait dit de ces observations qu'elles "défiaient l'analyse". Condon ne tenait pas à relever le défi, bien que le Dr Roach ait indiqué : "Particulièrement étonnante est la 1ère de la liste, l'observation diurne d'un objet montrant des détails tels que des bras saillant d'un corps ayant une extension angulaire notable. Si la liste fournie par le NORAD des objets se trouvant dans le voisinage... au moment de l'observation est complète, comme on peut le présumer, il nous faudra alors trouver une explication rationnelle ou, sinon, la ranger parmi les non-identifiés." L'alternative en question laissa, semble-t-il, Condon parfaitement indifférent.

(...) Ces derniers exemples édifient sur la rigidité du facteur de sélection qui préside au résumé de Condon - pas un seul d'entre eux n'aurait été retenu par un expert en tant qu'observation d'ovnis. Il apparaît à l'évidence que Condon a évité systématiquement de faire ressortir dans son Rapport les cas les plus déconcertants et qu'il a non moins systématiquement traversti ceux qu'il a mentionnés, atténuant ici, ou ignorant, la carte de l'explication possible même lorsque l'analyse détaillée l'écartait formellement.

Si Condon voulait véritablement considérer toute l'affaire à la lumière de la physique, pourquoi n'a-t-il pas entrepris de rechercher si une catégorie bien définie de rapports d'ovnis pouvait ou non avoir pour origine un phénomène physique ? Pourquoi a-t-il gaspillé son temps et notre argent à traquer des rapports de lumières dans le ciel et observations de Vénus et, particulièrement, pourquoi avoir choisi cette hypothèse-prétextedes intelligences extraterrestres ? Aussi longtemps que l'on n'a pas prouvé l'existence d'un phénomène, comment peut-on oser étudier n'importe quelle supposition hasardeuse à propos de ses causes ?

En fait, Condon ne se préoccupait nullement de l'opinion de ses collègues du monde scientifique, pour qui la recherche sur les ovnis pouvait avoir une valeur ; son action visait les "contacts", les excès des inconditionnels ignorants, les questions naïves des mal-informés. Il n'a pas choisi de reprendre l'enquête au niveau où d'autres, aussi compétents que lui, l'avaient amenée, mais de s'attaquer aux idées de ceux qu'il est facile d'attaquer... Le rapport de Conon et particulièremen son propre commentaire... sont un affront à ses pairs. Il est au demeurant parfaitement clair que le résumé qu'il a rédigé est de parti pris, et que l'Académie Nationale des Sciences s'est fourvoyée [A critique of the Condon Report, Texte refusé par Science < Hynek 1972, p. 245-247].

Ses travaux dans la physique médicale posent les fondements de son investigation à long terme sur la théorie du contrôle. Powers continue sa participation active et sa direction du CSG, un forum international pour divers groupes d'universitaires, cliniciens et professionnels de plusieurs disciplines. Des conférences annuelles se tiennent depuis 1985. Le CSG publie des livres, un bulletin et Closed Loop, une compilation trimestrielle de discussions sur ce qui est aujourd'hui appelée la Perceptual Control Theory (PCT).

Auteur de :