Parfois comparé au projet américain Grudge, également officiel, qui se déroule à la même époque, le projet canadien Magnet a une orientation plus scientifique, focalisé sur la détection et soutenu par la théorie d'un moyen de propulsion exploitant le magnétisme terrestre.

Après avoir reçu le mémo de Wilbert Brooker Smith le , le Département du Transport canadien ne tarde pas à suivre la recommandation de Smith : le , le commandant C. P. Edwards, alors Délégué du Ministre des Transport aux Services de l'Air, met en place le projet Magnet. Smith est nommé ingénieur en charge du projet, avec 2 autres ingénieurs et 2 autres techniciens y travaillant à temps partiel. La section diffusion et mesure de la Division des Télécommunications reçoit l'ordre de mener à bien le projet avec toute l'assistance nécessaire de sources telles que le DRB (le docteur Omond M. Solandt, président du DRB offre sa pleine coopération) et le NRC canadien.

Le gouvernement canadien tente de minimiser les travaux de Wilbert Smith et du projet Magnet. En 1964 par exemple, le Département du Transport informera un demandeur :

...nous devrions resignifier qu'à aucun moment ce Département n'a mené de recherche dans le domaine des objets volants non-identifiés. Comme l'a indiqué M. Depuis à Handard le 4 Décembre 1963, un programme réduit d'enquête dans le domaine de la géomagnétique fut mené par le Division Télécommunications de ce département entre 1950 et 1954. Cette investigation mineure avait pour objectif l'étude du phénomène magnétique, en particulier lorsque ce phénomène résultait de conditions réunies inhabituelles dans la théorie électromagnétique de base... Ce projet personnel ne provoqua aucune dépense pour le département, et ne bénéficia d'aucun soutien Départemental non plus.

Les mensonges du gouvernement canadien furent révélés avec la diffusion des documents officiels du projet Magnet, obtenu par Arthur Reid Bray. Parmi ceux-ci on trouve le Résumé des Observations Rapportées au et Analysées par le Département du Transport Durant 1952, contenant 25 rapports d'ovnis, parmis lesquels celui de Halifax (Nova Scotia) le et celui de l'aéroport MacDonald du .

Dans un rapport préliminaire du projet daté du , Wilbert Smith indique :

Si, comme il semble évident, les Soucoupes Volantes sont les émissaires d'une quelque autre civilisation, et opèrent en fait sur les principes magnétiques, nous avons avant nous le Fait que nous avons manqué quelque chose dans la théorie magnétique mais avons une bonne indication de la direction où regarder pour les aspects manquants. Il est donc fortement recommandé que le travail du Projet Magnet soient poursuivis et étendus pour inclure des experts de chacun des divers domaines impliqués dans ces études.

Le , Smith produit un autre rapport sur le projet Magnet, contenant les conclusions suivantes :

Il apparaît alors, que nous sommes face avec une probabilité substantielle à l'existence réelle de véhicules extraterrestres, indépendamment de leur accord avec notre vision des choses. De tels véhicules doivent nécessairement utiliser une technologie d'une avance considérable par rapport à la nôtre. Il est donc demandé que la prochaine étape dans cette étude soit un effort substantiel vers l'acquisition autant que possible de cette technologie, qui pourrait sans nul doute être d'une grande valeur pour nous.

Le gouvernement canadien nie que les conclusions de Smith soient en quoi que ce soit représentatives d'un avis officiel et Smith lui-même dément le status officiel de ce rapport, insistant sur le fait qu'il représente sa vision personnelle et celle de son petit groupe de recherche. Cette vision n'est ni adoptée, ni rejetée par le gouvernement, bien que les accréditations et l'intégrité de Smith ne soient pas contestées, et que des années après il continue à représenter son département avant le Comité de Diffusion de la Chambre de Communes.

Station de détection d'ovnis à Shirley Bay près d'Ottawa,
Station de détection d'ovnis à Shirley Bay près d'Ottawa

En décembre Smith met en place une station de détection d'ovnis à Shirley Bay, en dehors d'Ottawa, avec des appareils d'enregistrement parmi lesquels un compteur de rayons gamma, un magnétomètre, un récepteur radio, et un gravimètre enregistreur. Mais les scientifiques du gouvernement veulent tellement éviter d'être associés à un projet aussi controversé que même le jour où la station entre en opération le docteur Solandt déclare que les rapports concernant son installation sont totalement faux. En fait, le bâtiment hébergeant l'équipement de détection est loué à Smith par le DRB, présidé par le docteur Solandt.

Une perturbation réellement anormale est enregistrée le mais le brouillard épais empêche Smith et ses associés de voir quoi que ce soit dans le ciel. 2 jours plus tard, le Département du Transport annonce qu'il ferme la station, bien que la décision ait été prise en juin de cette année. Smith explique que la raison pour ne pas poursuivre le projet Magnet est qu'il est devenu pour le gouvernement un embarras en raison de la trop grande publicité.

Second Story

En un autre comité secret du gouvernement, distinct du projet Magnet, mais impliquant également Wilbert Smith, est mis en place par Solandt, directeur du DRB. Avec le nom de code de projet Second Story (2ème histoire), le comité comprend les membres suivants :

  • docteur Peter Millman (président) de l'observatoire de Dominion
  • lieutenant de vol V. L. Bradley du DRB
  • capitaine de groupe D. M. Edwards, du Directoire du Renseignement de l'Air (Directorate of Air Intelligence)
  • H. C. Oatway (secrétaire) du DRB
  • commandant J. C. Pratt, du Directoire du Renseignement Naval (Directorate of Naval Intelligence)
  • Wilbert B. Smith, du Département du Transport.

Good 1987 Majestic Ross, John C.: "Canada Hunts for Saucers", Numéro "Special Saucer" de Fate, 1954-05