Prologue au projet

Edward U. Condon

L'intérêt officiel pour les ovnis, ou "soucoupes volantes" telles qu'on les appelle, remonte au départ à Juin 1947. Le 24 Juin, Kenneth Arnold, un homme d'affaire de Boise (Idaho) pilotait un avion privé près du Mont Rainier (Washington). Il signala avoir vu un groupe d'objets voler along in a line qui dit-il avait l'air de plats à tarte sautant sur l'eau. Les rapports de journaux appelèrent les choses vues des "soucoupes volantes" et elles ont été appellées comme telles depuis, bien que tous les ovnis ne soient pas décrits comme ayant cette forme.

Rapidement les signalements de soucoupes volantes arrivaient de diverses parties du pays. Nombre d'entre eux reçurent un couverture proéminente de la presse Bloecher, 1967. Des ovnis furent également signalés dans d'autres pays ; en fait, plus d'un millier de tels signalements furent faits en Suède en 1946.

Les détails des signalements varient tellement qu'il est impossible de les relier tous à une seule explication. La large gamme de choses rapportées est pour une bonne partie la même dans les différents pays. Cela signifie qu'une explication particulière pour un des pays est a exclure, puisqu'il est tout à fait improbable qu'un appareil militaire secret d'un des pays entreprendne des vols d'essais dans différents pays. De la même manière il est plutôt improbable que des forces militaires de pays différents testent des développement similaires dans l'ensemble du monde au même moment en secret l'un de l'autre.

Les autorités de Défense ont du compter avec la possibilité que les ovnis puissent représenter des vols d'un nouvel appareil militaire de quelque puissance étrangère. Des citoyens privés spéculèrent que les ovnis étaient eds vols d'essais d'appareils américains secrets. La connaissance du problème ovni fut naturellement assumée par le Département de la Force Aérienne au sein du Département de la Défense alors fraîchement établi. De premières enquêtes furent menées en secret par l'Air Force, ainsi que par les gouvernements d'autres nations.

De telles études dans la période de 1947 à 1952 convainquirent les autorités responsables de l'Air Force que les ovnis, tels qu'observés jusqu'à cette époque, ne constituaient pas une menace pour la sécurité nationale. En conséquence, à partir de ce moment, seule une attention limitée leur fut accordée.

L'année 1952 apporta un nombre inhabituellement grand de signalements d'ovnis, dont beaucoup au voisinage de l'Aéroport National de Washington, sur une période de plusieurs jours en juillet. Une telle concentration de signalements dans une région réduite en un temps réduit est appelée "vague". La vague de Washington de 1952 fut l'objet d'une grande attention à l'époque (Section 3, Chapitre 5).

A certains moments en 1952, les signalements d'ovnis par le grand public arrivaient à l'Air Force en un si grand nombre qu'ils généraient un embouiteillage des canaux de communication militaires. On pensa qu'un ennemi planifiant une attaque sneak pourrait délibérément stimuler une grande vague de rapports d'ovnis dans le but précis d'encombrer les dispositifs de communication. Cette considération fut à l'avant plan d'une étude qui fut réalisée en Janvier 1953 par un panel de scientifiques sous la présidence de feu H. P. Robertson, professeur de physiques mathématiques à l'Institut de Technologie de Californie (Section 5, Chapitre 2). Ce panel recommanda que des efforts soient faits pour ôter l'aura de mystère entourant le sujet et conduire une campagne d'éducation publique pour produire une meilleur compréhension de la situation. Ce groupe conclut également qu'il n'y avait aucune preuve dans les données disponibles d'une quelconque menace pour la sécurité nationale.

Depuis 1953 les résultats de l'étude sur les ovnis ont été déclassifiés, except where tangential reasons exist for withholding details, as, for example, where sightings are related to launchings of classified missiles, or to the use of classified radar systems.

Au cours de la période de mars 1952 à aujourd'hui, la structure de prise en charge des signalements d'ovnis à l'Air Force s'est appelée Projet Blue Book. Comme il a déjà été mentionné le travail du projet Blue Book fut examiné au début de 1966 par le comité présidé par le Dr. Brian O'Brien. Cet examen aboutit à la réaffirmation qu'aucune menace pour la sécurité n'est posée par l'existence de quelques signalements d'ovnis non expliqués, mais le comité suggéra une étude de la possibilité que quelque chose d'intérêt scientifique puisse déboucher d'une étude plus détaillée de certains des rapports que ce ne fut considéré d'un point de vue strictement militaire. Cette recommandation aboutit à la mise en place du projet Colorado.

L'histoire de l'intérêt de l'Air Force, présentée en Section 5, Chapitre 2, montre que depuis le début la possibilité que certains ovnis puissent être des véhicules pilotés venant de l'espace fut considérée, mais naturally aucune publicité ne fut faite de cette idée en raison de l'absence totale de preuve à son égard.

En parallèle de l'intérêt officiel du gouvernement, bourgeonna un intérêt amateur stimulé par les rapports de journaux et magazines. Vers 1950 des livres populaires sur le sujet commençèrent à apparaître dans les kiosques. En janvier 1950 l'idée que les ovnis étaient des véhicules extraterrestres fut avancée comme une réalité dans un article intitulé Les soucoupes volantes sont réelles dans le magazine True écrit par Donald E. Keyhoe, un major retiré du Corps des Marines. Par la suite un flux continu d'écrits à sensation sur les ovnis éveilla une quantité d'intérêt considérable chez les profanes pour étudier le sujet.

Des nombreuses organisations d'amateurs existent, certaines d'entre elles de manière plutôt transitoire, et il est donc difficile d'en compiler une liste précise. 2 de ces organisations aux Etats-Unis ont une structure nationale. Il s'agit de l'Organisation de Recherche sur les Phénomènes Aériens (APRO), avec un siège à Tucson (Arizona), déclarant près de 8000 membres ; et le Comité d'Enquêtes National sur les Phénomènes Aériens (NICAP) avec un siège à Washington (D. C.) et déclarant quelques 12 000 membres. James et Coral Lorenzen dirigent l'APRO, tandis que Keyhoe est le directeur du NICAP qui, malgré le nom et l'adresse à Washington n'est pas une agence gouvernementale. De nombreux autres groupes plus petits existent, dont le Saucers and Unexplained Celestial Events Research Society (SAUCERS) opéré par James Moseley.

De ces organisations, le NICAP consacre une part considérable de son attention à attaquer l'Air Force et essayer d'influencer les membres du Congrès pour tenir des auditions et par d'autres moyens de rejoindre ces attaques. Il maintint une relation amicale avec le projet du Colorado durant la 1ère année environ, bien qu'avertissant ses membres d'être sur leur garde de peur que le projet ne se révèle avoir été engagé pour blanchir l'Air Force. Au cours de cette période le NICAP fit plusieurs efforts pour influencer le cours de notre étude. Lorsqu'il devint clair qu'il n'y arriveraient pas, le NICAP attaqua le projet du Colorado comme étant biaisé et par conséquent sans mérite.

Les organisations mentionnées épousent une approche scientifique dans l'étude du sujet. Il en existe également un certain nombre d'autres ayant une orentation principalement religieuse.

De 1947 à 1966 presque aucune attention ne fut apportée au problème des ovnis par des scientifiques bien qualifiés. Certaines raisons à cette absence d'intérêt ont été clairement indiquées par le professeur Gerard P. Kuiper de l'Université de l'Arizona (Annexe C). Concernant la difficulté à établir que certains ovnis puissent venir de l'espace, il fait l'observation incontestable suivante : Le problème est plus difficile que de trouver une aiguille dans une botte de foin ; c'est de trouver un morceau de paille dans une botte de foin extraterrestre, souvent sur la base de rapports de croyants en de la paille extraterrestre.