Townsend Brown en
Townsend Brown en 1958

Physicien américain, né à Zanesville (Ohio) le . Brown fut l'un des premiers à développer des théories reliant l'électromagnétisme et les champs gravitationnels de Albert Einstein. Il passa de la théorie à la pratique avec le développement de dispositifs concrets en forme de disques dont on avance qu'ils auraient créé et utilisé temporairement des champs gravitationnels locaux.

Les travaux de Brown ont été très controversés en raison de leur similarité avec ce qui est supposé être le moyen de propulsion de certains ovnis observés. Son nom est aussi souvent associé à l'Expérience de Philadelphie, comme un candidat possible aux côtés de Nikola Tesla, A. L. Kitselman et Einstein.

Townsend Brown au laboratoire de l'Ohio de Zanesville, vers
Townsend Brown au laboratoire de l'Ohio de Zanesville, vers 1921

Au début de sa vie, Townsend Brown démontre de nouvelles méthodes de propulsion électrocinétique ou basée sur l'énergie de l'espace, et beaucoup pensent que cela peut déboucher sur une nouvelle forme de génération de puissance. Townsend Brown, avait fait la démonstration, au début du 20ème siècle, qu'il existait un lien entre l'électricité et la gravitation.

De à , il étudie à l'Institut de Technologie de Californie à Pasadena. Il réfléchit au concept de la gravitation et obtient en un brevet pour un appareil faisant monter les objets en l'air sans utiliser de moteur (un mécanisme demeurera largement ignoré par la communauté scientifique).

De à , il étudie à la faculté de Kenyon.

De à , il travaille à l'Université Denison à Granville (Ohio), où il est assistant du laboratoire de recherche électronique du département de physique. De à , il est membre de l'équipe de recherche en astrophysique à l'Observatoire de Swazey, toujours à Granville.

Le , il épouse Josephine Alberta Beale. Cette année-là à Zanesville (Ohio), il continue de mener des expériences sur la force agissant sur les conducteurs chargés dans son Laboratoire de Physique Expérimentale privé. Le dispositif prend 2 formes, comme décrit dans un manuscrit du intitulé Tapping Cosmic Energy daté de ce jour, qui est à l'époque soumis pour publication au magazine Physical Review, mais refusé.

En 1928, il découvre l'effet de capacitance électrogravitique.

La Navy

Ayant toujours été passionné par les navires et la marine, Brown s'engage le dans la Navy (matricule 2830363 AS US NAVY) à Cleveland (Ohio). Au terme de ses 9 semaines d'entraînement à la station navale de Great Lakes (Illinois), il est recompensé de son enthousiame en étant nommé "recrue d'honneur" parmi les 103 hommes de la Companie 7. De plus, il obtient facilement son affectation à l'Ecole de Radio Navale à San Diego (Californie), où va passer de très bon moments.

Là, alors qu'il doit être affecté affecté à un navire comme cela se fait habituellement, une discussion avec l'aumonier de la base va changer le cours de sa vie. Il raconte à ce dernier comment il a abandonné son laboratoire privé de l'Ohio, où il a mené des recherches durant des années, pour rejoindre la Navy. L'aumonier, très impressionné, en touche mot et peu de temps après, Brown reçoit l'ordre par le capitaine Sinclair Gannon, commandant de la base de San Diego, de rejoindre le Laboratoire de Recherche Navale (Naval Research Laboratory, ou NRL) à Washington (D.C.).

Le NRL

Ravi de son affectation qui combine les 2 passions de sa vie — science et marine — il est accueilli chaleureusement par le commandant du laboratoire, le capitaine Almy, heureux de voir la Navy représentée dans son laboratoire presque exclusivement composé de civils. Brown est tout de suite traité comme un physicien junior, et non comme un jeune matelot, au milieu d'une armée de doctorats.

Son intérêt pour les radiations cosmiques lui fait choisir de travailler dans le cadre de sa formation à la Division Radiation et Spectroscopie. Il y vit confortablement, y mène diverses expériences, et en profite pour continuer celles qu'il avait entreprises dans son laboratoire de Zanesville il y a des années de cela. Parmi ces expériences, certaines visent à prouver le concept de la gravitation, qu'il avait imaginé à Cal Tech dès 1923. Il se heurte cependant aux controverses de spécialistes du même laboratoire tels que le docteur Hulbert, également specialiste des radiations cosmiques, et de son assistant, le docteur Ross Gunn.

L'année suivante en , le laboratoire est visité par le docteur Vening F. Meinesz, scientifique reputé des Pays-Bas, interessé par la gravitation. Celui-ci voudrait mener, avec le concours du département de géologie de l'Université de Princeton, une expédition de recherche sur la gravité dans le Pacifique Sud, dans le cadre de recherches géologiques et de théories de formation de la Terre. Meinesz recheche un assistant et, personne ne se présentant, le commandant Almy nomme Brown volontaire. Afin de mesurer la gravité à l'aide de pendules stables et précises, il vont en effet devoir aller sous le niveau de la mer, et l'amiral Ghardi leur affecte le sous-marin de sauvetage U.S.S. Chewink et un équipage aguerri (parmi lequel figure le futur amiral Hyman Rickover de l'époque nucléaire). Là, au cours de plongées trop profondes pour le Chewink, ils risquent plusieurs fois leur vie. Leur travail sur la "compensation isostatique" est publié le Bureau Hydrographique de la Navy. A la fin de l'expédition en 1933, Brown est nommé Lieutenant-Commandant de la Réserve de la Navy (USNR).

Cette expérience de Brown pour les hauts fonds va lui valoir d'être sélectionné pour une autre expédition financée par le Smithsonian Institute pour répertorier les formes de vies marines (crustacés) non recensées des West Indies. Brown est recruté parmi les 65 hommes du yatch Caroline par Eldridge Reeves Johnson (fondateur de la compagnie Victor Talking Machine), en tant que physicien spécialiste des grands fonds. Ce travail dure une bonne partie de l'année , et est publié dans les Annales du Smithsonian.

En il est ingénieur spécialisé dans l'érosion des matériaux à la Federal Emergency Relief Administration à Columbus (Ohio) et assistant administrateur du relief de l'Ohio, Director Federal Student Aid, Director Selection CCC (Ohio) jusqu'en 1935.

Townsend Brown et sa famille en 1937
Townsend Brown et sa famille en 1937

De à il crée la Fondation Townsend Brown pour la recherche des radiations cosmiques à Zanesville (Ohio) et Laguna Beach (California) et de à il est ingénieur et matériaux et processus à la compagnie Glenn L. Martin à Baltimore (MD). De à il est officier chargé de la recherche et développement des dragueurs de mines magnétiques et accoustiques au Bureau des Vaisseaux de la Navy, à Washington.

Townsend Brown en à Washington
Townsend Brown en Novembre 1942 à Washington

Par la suite en , il entre au Baldwin College. C'est durant cette période où il reste à la Navy jusqu'en 1943 que certains le voient participer à l'expérience de Philadelphie et au projet Phénix.

De à il est consultant dans la section de Conception Avancée des Radars chez Lockheed Aircraft à Burbank (Californie).

De à il effectue des recherches sur la biophysique à la plantation de l'île Kauai (Hawaii).

En il est physicien consultant au Pearl Harbor Navy Yard (Honolulu).

L'ONR s'intéresse aux travaux de Townsend. Pour preuve, un rapport de W. M. Cady, transmis à l'USAF le puis déclassifié le suivant, intitulé An Investigation Relative to Thomas Townsend Brown ONR, Pasadena (Californie). Ce rapport indique :

Il est affirmé que la force excercée sur un corps chargé négativement par un corps chargé positivement est supérieure à la force exercée par le dernier sur le premier ; que la différence de force est proportionelle à la masse du diélectrique inséré entre les corps; et que le phénomène est la preuve d'un nouvel effet "électrogravitique".

A Zanesville, Ohio en , M. Brown a mené des expériences dans ce qui est désormais son Laboratoire de Physique Expérimentale sur la force agissant sur les conducteurs chargés. Le dispositif prend deux formes, comme décrit dans un manuscrit intitulé "Capter l'Energie Cosmique" daté du 1927-10-28, qui fut à l'époque soumis pour publication à Physical Review magazine, mais refusé. Aucune expérience sommaire n'a apparemment été mené depuis 1928.

Un dispositif est décrit en p. 10 de ce rapport de l'ONR où 2 séries de disques d'aluminium de 1 pied de diamètre sont suspendus de l'extrêmité d'un tube d'aluminium horizontal de 6 pieds. Chaque série de disques contient à son sommet et sa base un disque d'aluminium séparé par 18 pouces de Plexiglas, où des dentelures ont été découpées sur les côtés avant et arrière du disque et des fils protubérants insérés. Ces fils sont appliqués sur les deux faces du disque, et reliés au potentiel en volts opposé. Les données de test rapportées indiquent que lorsque les fils sont chargés à 26,2 kiloVolts, le dispositif tourne dans le sens des fils positifs en aboutissant à une force de 8,0 ± 0,5 grammes. Le rédacteur du rapport conclut que l'effet observé trouve son origine dans le phénomène bien connu de vent électrique.

Un succès classifié

Plus tard en , Brown obtient de bien meilleurs résultats en utilisant des ailettes en forme de disque de 2 pieds espacées de 20 pieds. Lorsqu'elles sont chargées à 50000 VDC avec une entrée continue de 50 Watts, les disques tournent dans l'air à une vitesse observable de 17 pieds/s, soit 11,5 miles/h. Un test suivant utilise des disques de 3 pieds de diamètre sur une course de 50 pieds de diamètre, et les résultants sont tellement probants qu'ils sont immédiatement classifiés.

En il est consultant pour la compagnie Clevite-Brush Electronics à Cleveland (Ohio).

Succès en France

Un financement de ses recherches par les Etats-Unis n'arrivant pas, Brown part en 1955 chercher des financements en Europe. Il le trouvera à Paris (France), où il sera physicien consultant pour la Société Nationale de Construction Aeronautique. Là, il réussit à faire voler des disques dans le vide, et à prouver que le phénomène fonctionne mieux dans un tel vide. Des estimations peuvent être faites de vitesses de quelques centaines de miles/h en utilisant des voltages de 1000 ou 2000 electron-Volts. En 1956 l'ensemble des recherches est stoppé par une fusion de la société, et Brown retourne aux Etats-Unis à contrecoeur.

Retour aux USA, fondation du NICAP

De retour aux Etats-Unis en , il fonde le NICAP avec quelques personnes à Washington, et en devient président en octobre. Cependant, sous sa direction est élaboré un plan financier qui se révèle totalement irréaliste, il l'on demande Donald Edward Keyhoe de reprendre les affaires en main de manière plus réaliste, ce qu'il fait dès 1957-1, en prenant la présidence. A partir de cette date Brown et son groupe ne seront plus directement impliqués dans l'organisation Hall, R.: 2000.

Townsend Brown en au Laboratoire de Bahnson, manipulant un de ses disques de 3 pieds
Townsend Brown en 1958 au Laboratoire de  Bahnson, manipulant un de ses disques de 3 pieds

De à , il poursuit donc ses recherches sur les dispositifs et théories sur le domaine cher à son coeur, en tant que consultant en chef de la recherche et développement du projet Whitehall-Rand de la société Bahnson, à Winston-Salem (Caroline du Nord).

De à il préside RAND International, Ltd., à Nassau (Bahamas).

De à et fait partie du Energy Resources Group. Ltd. à Honolulu.

Cependant son travail reste en apparence dans l'ignorance totale — bien qu'il ait déjà été appliqué au bombardier B-2 comme l'a suggéré Paul LaViolette dans son article au 1er ISNE et intitulé L'Escadron Anti-Gravité U.S. (The U.S. Anti-Gravity Squadron) [LaViolette 1993].

Les recherches de Townsend Brown sont également décrites dans son brevet intitulé Dispositif éléctrocinétique (Electrokinetic Apparatus), Brevet U.S. N° 2949550, déposé le 1957-7-3, et obtenu le .

Brown décède en suite à des complications dues à la respiration d'une trop grande quantité d'ozone — un sous-produit de ses recherches sur les hauts voltages. Il ne lui restait plus qu'un poumon à l'époque de sa mort, le premier lui ayant été retiré suite à une infection alors qu'il nageait (ce qu'il adorait faire). Sa femme, Jocelyne Brown, est décédée 5 ans plus tard. On ne sait si son travail est prolongé par d'autres compagnies.

Il a fait partie de :

William Leonard Moore a publié des documents sur Brown :

Références :