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Il est de la responsabilité de la Force Aérienne des Etats-Unis d'être au courant de tout ce qui arrive ou peut survenir dans les cieux. Le Corps des Observateurs au Sol partage cette responsabilité, puisqu'elle est les yeux et les oreilles de la Force Aérienne.

Par conséquent, tout membre du GOC, qu'il en soit conscient ou non, a un intérêt résolu pour le "project Livre Bleu" de la Force Aérienne, le signalement et l'analyse des objets volants non-identifiés.

L'organisation directement chargée de ce projet est le Centre de Renseignement Technique de l'Air (ATIC) à la Base Aérienne de Wright-Patterson, dans l'Ohio. Depuis janvier 1952, l'ATIC a recueilli et analysé des informations provenant de toute source possible concernant l'observation ou la détection de ces objets non-identifiés. Plus de 1000 de ces rapports ont été reçus à ce jour.

Le travail de l'ATIC est de tenter de répondre à la question déroutante : Que sont donc ces objets qui sont signalés ?

L'analyse exhaustive des faits que fait l'ATIC en s'attaquant au problème ferait hommage au FBI ou à Scotland Yard. A travers ce processus laborieux, plus de la moitié des signalements se sont révélés avoir été causés, possiblement ou probablement, par des objets ou phénomènes identifiables. Le reste est soit inexplicable, inconnu ou sans information suffisante pour être correctement évalué.

La décomposition en pourcentage de l'ensemble des rapport est jusqu'à présent comme suit :

  1. Ballons, possible et probable 21,3 %
  2. Appareil, possible et probable 16,0 %
  3. Phénomène astronomique, possible et probable 20,0 %
  4. Autre phénomène inexplicable, possible et probable 5,7 %
  5. Inconnu 21,0 %
  6. Données insuffisantes pour une évaluation 16,0 %

Les sources de ces signalements ont été categorisées dans les groupes suivants :

  1. Civils 57,0 %
  2. Pilotes de l'USAF 11,02 %
  3. Pilotes de ligne 2,00 %
  4. Opérateurs de tour de contrôle 0,86 %
  5. Observateurs de ballon 1,00%
  6. Personnel de formation technique 3,29 %
  7. Pilotes civils 4,14 %
  8. Personnel militaire (observation au sol) 18,03 %
  9. Observateur radar 2,58 %

Depuis le démarrage de l'"Operation Skywatch" en juillet 1952, une autre catégorie spéciale, "Observateurs du GOC", a été ajoutée.

Pour assurer une uniformité dans les rapports d'objets non-identifiés, le Commandement de la Défense Aérienne a distribué le Réglement ADC 55-31, intitulé Signalement d'Activité Aérienne Inhabituelle par Observateur au Sol, à l'ensemble des Détachements d'Observateurs au Sol.

Ces instructions sont le résultat de beaucoup d'expérience passée de la part de l'ATIC dans le traitement de ces rapports. Il existe une raison significative pour chaque bout morceau d'information demandée. L'adhésion au système a été un facteur majeur pour assurer un standard excellent de signalement.

A la réception d'un rapport de signalement, l'ATIC entâme un examen préliminaire dans le but d'essayer d'expliquer l'observation à la lumière d'un phénomène connu. La 1ère étape est d'entrer les faits essentiels dans un fichier de cartes principal.

Le rapport est alors examiné face à toutes les données connues qui auraient pu l'avoir causé. L'ATIC maintient un fichier complet des lieux et heures de lancement de ballons météo, par exemple, qui fournit souvent un indice important quant à la nature de l'observation.

D'autres comparaisons sont faites entre le signalement et les données astronomiques connues (météores, météorites, etc.) ainsi que les données connues sur les appareils dans la région. Les conditions météo et de vent en altitude présentes à l'heure et l'endroit de l'observation sont également examinées, tout comme les trajectoires de vol de ballons de type "Skyhook" (voir illustration), oiseaux migratoires et tout ce qui peut peut s'être trouvé dans les airs à ce moment.

Dans la majorité des cas, la réponse à ce qui a provoqué l'observation réside dans les données compilées.

Dans l'analyse d'un rapport, les 2 facteurs les plus importants sont l'heure et le lieu de l'observation. Ils doivent être exacts et spécifiques comme l'heure locale, les positions georef, altitudes, directions, etc., car elles représentent souvent la seule information indéniablement factuelle.

Cela ne veut pas dire que les impressions visuelles, descriptives, précises de l'observateur ne sont pas importantes. Cependant, le fait est que les conditions atmosphériques et autres trompent souvent l'oeil humain, comme elles trompent souvent les appareillages électroniques et mécaniques.

Prenons un cas hypothétique. A 09:01 MST, à la position Georef 150? un observateur du GOC signale un objet volant non-identifié à son centre de filtrage à travers un message Aircraft Flash. Presque simultanément, une unité radar de la région obtient une cible et dirige un appareil d'interception vers elle.

La cible est clairement visible pour le pilote mais il est incapable de monter à l'altitude de la cible. Cependant, il fait tourner sa caméra de tir dessus.

L'observation qui vient d'être décrite serait l'équivalent d'un jackpot sur une machine à sous, puisqu'il contient un détection visuelle au sol, électronique au sol et visuelle aérienne comme une couverture caméra.

Les ballons "Skyhook" emportent en altitude une boîte de métal où sont entassés des instruments pour enregistrer les données météo à des altitude extrêmement élevées. Lors que le ballon descend en-dessous de 30 000 pieds à la fin de son voyhage, la boîte est automatiquement libérée et descend en parachute jusqu'au sol. Les personnes trouvant la boîte reçoivent une récompense de 25 $ pour la retourner à la Force Aérienne. Le ballon de plastique, cependant, peut être gardé par le découvreur. Il a une multitude d'usages, comme l'emballage de paquetages congelés, la couverture de machines, etc.

Un officier de renseignement de la Force Aérienne interroge toutes les personnes qui observent un objet, prépare un rapport et le transmet à l'ATIC. Puis commence un long processus de recueil et analyse d'informations contextuelles.

Le 1er facteur à établir est si ou non tous les yeux et antennes étaient fixés sur le même objet. Dans ce cas, les facteurs d'heure et de position établissent ce fait avec certitude.

Une vérification des données météorologiques ne révèle rien d'inhabituel, à l'exception du fait que le mouvement de la cible (tel que calibré sur le dispositif du radar au sol et vérifié par l'observateur du GOC) correspond à celui des mouvement en altitude.

La possibilité que l'objet soit un appareil inconnu est exclue en raison du facteur d'altitude. De plus, une consultation avec des astronomes ne donne aucun indice quant à l'identité de la cible.

Ayant exclu ces possibilités, l'ATIC, par des canaux bien établis, contacte les organisations lançant les ballons de type "Skyhook". La réponse arrive : A 09:01 MST, un grand ballon plastique de polyéthylène était au-dessus de Provo, en Utah, à 70 000 pieds.

L'analyse des films révèle un objet semblable à un ballon.

Toutes les pièces du puzzle sont maintenant réunies. Mais si 1 ou 2 détails apparemment insignificants avaient été différent, l'analyse aurait très bien pu en être totalement changée.

En plus d'améliorer les techniques actuelles de signalement et les méthodes analytiques, l'ATIC examine des propositions d'un programme d'instrumentation intensif. Des plans appelle à une couverture photographique accrue des cieux, l'utilisation de nouveaux dispositifs améliorés de triangulation, des télescopes de type astronomique et autres appareillages mécaniques qui augmenteront la précision et la validité des rapports.

En dépit de ces nouveaux instruments, cependant, la gros des rapports viendra toujours d'individus. Les observateurs du GOC, dont le travail est de garder leurs yeux sur les cieux, continueront d'être une source particulièrement importante de ces observations individuelles.

Une cause fréquente de signalements d'"objet aérien non-identifié" est l'observation de ballons "Skyhook" à de hautes altitudes. Les énormes ballons (73 pieds de diamètre et 129 pieds de long) monte à des altitudes aussi hautes que 100 000 pieds. Le plastique de polyéthylène translucide dont les ballons sont faits luit brillamment au soleil. A des altitudes plus élevées, les ballons "Skyhook" tendent à perdre leur forme sphéroïde et ondulent lentement dans les courants d'air, adoptant souvent la forme d'oeufs ou de disques. Les ballons "Skyhook" sont lâchés régulièrement depuis des sites de lancement de la côte ouest par la Force Aérienne dans le cadre du projet Moby Dick. Ils sont connus pour dériver à travers tous les Etats-Unis sur leur mission d'obtention de données météorologiques dans les reaches les plus élevées de l'atmosphère terrestre. Le lancement d'un de ces monstres du ciel est montré dans la photo de gauche. A droite un ballon Skyhook dépeint peu après la lancement alors qu'il entâme son long périple vers le ciel. Les sphères plus petites sur la gauche sont des ballons météo de 3 pieds utilisés pour calculer les vents d'altitude.
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L'expérience passée a montré que le GOC a approché la situation avec vigilance, diligence et une coopération volontaire. A travers la qualité croissante de leurs signalements, les observateurs au sol rendent un autre service précieux à leur pays.