Vague d'ovnis dans la Russie tsariste en 1892

Roslund, Stefan (UFO-Sweden): UFO-Aktuellt, janvier 1997

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L'ère des "soucoupes volantes" et de l'"ufologie" a réellement commencé à l'été 1947 avec l'observation de Kenneth Arnold, mais les signalements de phénomènes inconnus et non-identifiés dans les cieux vont plus loin encore dans l'histoire.

Dans l'histoire moderne nous avons eu des vagues d'ovnis comme les "aviateurs fantômes" en Suède dans les années 1930s, les "foo fighters" pendant la 2nde guerre mondiale et les mysterieux aéronefs en 1897, principalement aux USA. Mais quelques années plus tôt une vague d'ovnis eut lieu qui a été jusqu'ici pratiquement inconnue.

C'est arrivé dans la Russie tsariste, qui à cette époque était bien plus grande que la Russie d'aujourd'hui et même que l'ancienne Union Soviétique. Un ufologue ambitieux de Saint Petersbourg du nom de Mikhail Gerstein a lu un grand nombre de journaux de cette époque et a trouvé de nombreux signalements concentrés dans la période de mars-avril 1892.

Gerstein a publié ses découvertes dans une série d'articles du journal Anomalia. Jusqu'ici il a trouvé plus de 100 signalements, mais il continue son investigation et compte en trouver de nombreux autres.

Les observations sont fortement concentrées dans le temps mais assez dispersées géographiquement. La plupart d'entre elles ont eu lieu près de la frontière occidentale de l'empire tsariste Russe, dans la Pologne actuelle. Mais des observations furent aussi signalées depuis le Belarus, la Finlande, les Pays baltes, la Bessarabie (Moldavie) et au moins 1 de Moscou.

L'incident de Moscou eut lieu le 12 mars et fut présenté comme un témoignage oculaire, publié dans le journal Svet le 17 mars 1892 :

Le pillier de lumière était pointé droit vers la terre, formant un groupe de rayons en forme de cône de la couleur de flammes ordinaires. Les rayons se déployaient vers le bas et semblaient provenir d'un réflecteur puissant avec une courbure considérable, la lumière tombant sous la forme d'un cône au sommet extrêmement fin et à la base très large.

Le point de lumière, d'où les rayons provenaient et qui ne fut vu que comme le sommet d'un cône, semblait incroyablement lumineux. Il était situé au-dessus des nuages à une distance de 1/4 de la distance entre les nuages et le sol à ce moment, et à un angle de 30 à 35 ° au-dessus de l'horizon à l'ouest-nord ouest.

La lumière varia de luminosité, probablement en raison de nuages passant rapidement en direction du sud-ouest. La luminosité était considérable et était parfois comparable à celle d'une lampe à arc électrique d'éclairage de rue. Le point d'où les rayons venaient ne bougea pas tout du long, et les rayons furent visibles pendant 20 à 25 mn.

Voilà pour le témoin oculaire. D'autres informations disent que le rayon de lumière émergea à l'horizon à 21:30 sur un "ciel pitch-dark", et que la lumière disparut du bas vers le haut. L'observatoire de l'Université de Moscou était de l'opinion qu'il pouvait s'agir d'un reflet d'aurore boréale ; Gerstein en doute.

La plupart des observations furent faites dans la Pologne actuelle, près de la frontière prussienne. Les militaires pensèrent qu'il s'agissait de ballons aériens dotés de puissants projecteurs, envoyés en l'air par les prussiens pour espionner les installations de défense russe.

Les témoins appelèrent souvent ce qu'il voyait "ballons aériens", même s'il s'agissait juste d'un point de lumière dans le ciel. Les ballons était les seuls objets fabriqués par l'homme à voler à travers les airs à ce moment de l'histoire.

Mais il y eut aussi d'autres descriptions ; à Voronezh en Russe une nouvelle lune, retournée à l'envers, à Tiflis en Georgie un météore en forme de globe, à Lomza en Pologne un aggrégat aérien. D'autres variétés furent smear, objet pointu et corps céleste oblong brûlant avec des bords pointus.

Encore plus intéressant est peut-être le discours à propos d'une machine volante, qui fut observée par des soldats et paysans en au moins 4 occasions à la mi-mars à quelques km au nord de la ville de Lutsk en Ukraine. Elle se déplaça vers l'ouest plus vite qu'un oiseau à l'altitude utilisée par les grues. De plus, elle faisait des bruits.

Le journal Razvedchik put parler à ses lecteurs d'un objet metallique de couleur claire, observé de jour. Les paysans pensèrent qu'il avait la forme d'une boîte, tandis que les soldats qui virent aussi l'objet voulaient dire qu'il ressemblait à une botte de foin ; il avait la forme d'un cône.

Dans le même numéro Razvedchik relate une observation près de Rajgorod en Ukraine le matin du 1er avril. Un soldat avait vu un appareil volant avec plusieurs mâts, passer en volant tout en accélérant. Le soldat rapporta l'incident à son officier commandant, et donc il est peu probable qu'il ait s'agit d'une blague.

Que pensaient-ils que les gens avaient vu à cette époque ? La théorie la plus courante était que des voisins hostiles espionnaient la Russie à l'aide de quelque nouvelle invention.

Une autre théorie courante, du moins du côté militaire, fut que les gens avaient simplement fait une erreur ou hallucinaient. Un général qualifia les ballons brillants de canular de journal volant et voulait dire qu'il s'agissait de météorites.

De nombreuses critiques pensèrent qu'une Vénus inhabituellement brillante était le méchant de la pièce, comme c'est souvent le cas aujourd'hui. Le problème est que Vénus fut utilisée comme objet de comparaison dans de nombreux cas.

Les gens firent des suppositions d'explications naturelles telles que des aurores boréales, des boules de foudre, des ballons météo, etc. La seule théorie manquante était les lancers de fusées, boucla ses articles Gerstein avec une pirouette humoristique.

Anomalia (Saint Petersbourg) 14, 15 & 16, 1994.

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