Interview de Jesse Marcel par William Moore (1979)

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En 1979, William Moore retrouve des coupures de presse à propos de Roswell qui mentionnent Jesse Marcel [Roswell Files]. A partir de là, les ufologues commencent à vraiment s'intéresser à cette histoire de soucoupe écrasée, et Marcel devient le témoin n°1 de l'affaire :

Moore : Major Marcel, avez-vous vu personnellement un ovni écrasé ?

Marcel : J'ai vu beaucoup de débris mais pas une machine complète. Quoi que ce fut il devait avoir explosé dans les airs au-dessus du niveau du sol. Il s'était désintégré avant de heurter le sol. L'épave était éparpillée sur une surface d'environ 3/4 de mile de long et plusieurs centaines de pieds de large.

Moore : Comment la base de Roswell a-t-elle été informée du crash à la ferme de Brazel ?

Marcel : Nous en avons entendu parler le 7 Juillet lorsque nous avons reçu un appel du bureau du shériff du comté à Roswell. Je déjeûnais au club des officiers lorsque l'appel arriva disant que je devrais sortir et parler à Brazel. Le shériff dit que Brazel lui avait raconté que quelque chose avait explosé au-dessus de sa ferme et qu'il y avait beaucoup de débris éparpillés alentours. Je finissais mon déjeûner et partais en ville parler à ce concitoyen. Après avoir entendu ce qu'il avait à dire, je décidais que c'était un sujet qui valait mieux porter à l'attention du colonel tout de suite et le laisser décider de ce qui devait être fait. Je demandais à Brazel de m'accompagner à la base avec son camion, mais il me dit qu'il avait des choses à faire avant et pourrait me rencontrer dans 1 h par exemple. J'arrangeais notre rendez-vous au bureau du sheriff, et retournais voir le colonel. Dans ma discussion avec le colonel, nous déterminâmes qu'un appareil écrasé d'un type inhabituel pourrait être impliqué, et le colonel dit que je ferais mieux de partir d'ici, et de prendre tout ce dont j'avais besoin. Moi et un agent du CIC du Texas de l'Ouest du nom de Cavitt suivirent cet homme jusqu'à sa ferme, avec moi conduisant ma voiture de fonction [une Buick '42] et Cavitt dans une Jeep cariole. Il n'y avait presque pas de routes, et à des moments nous devions littéralement couper dans la nature. Vous ne pouviez pas être plus au milieu de nulle part. Quoi qu'il en soit, nous arrivâmes très tard dans l'après-midi et eûmes à passer la nuit avec cette personne. Tout ce que nous eûment à manger fut du porc froid, des haricôts et des crackers. Brazel vivait du côté Sud-Est de Corona - assez loin. La ville la plus proche était à 30 miles. Il vivait dans une maison précaire sur une ferme de moutons - pas de radio, pas de téléphone - vivait là tout seul la plupart du temps. Sa femme et ses enfants vivaient à Tularosa ou Carrizozo afin que les enfants aient un endroit où aller à l'école. Il me semble que Brazel me dit qu'il pensait avoir entendu une explosion bizarre tard dans la soirée plusieurs jours auparavant pendant un orage, mais n'y accorda pas d'attention particulière à l'époque, l'attribuant juste à une partie effrayante de la tempête. Il ne trouva l'épave que le matin suivant. Le samedi 5 juillet 1947, Brazel arriva en ville - Corona. Alors qu'il était là il entendit des histoires sur les soucoupes volantes qui avaient été vues dans toute la région. Il commença à penser que c'était ce qu'il était tombé sur sa ferme, mais je ne sais pas s'il dit quoi que ce soit à quelqu'un à ce moment. Le Dimanche 6 Juillet, Brazel décida qu'il ferait mieux d'aller en ville et signaler cela à quelqu'un. Lorsqu'il y arriva, il se rendit au bureau du shérrif de comté de Chaves et raconta l'histoire au shérrif. Ce fut le shérrif, George Wilcox, qui m'appela à la base. Je déjeûnais à ce moment et venait juste de m'asseoir lorsque le téléphone sonna.

Moore : Pensez-vous que ce que vous avez-vu était un ballon météo ?

Marcel : Ce n'en était pas un. J'étais assez bien au courant de la plupart de tout ce qui était dans les airs à l'époque, que ce soit à nous ou étranger. J'étais également au courant de virtuellement tout type d'appareillage d'observation météo ou de détection radar utilisé par les civils ou les militaires. Ce n'était vraiment pas un appareillage météo ou de détection, ni quelque type d'avion ou de missile. Nous ne savions pas ce que c'était. Nous avons juste ramassé les fragments. C'était quelque chose que je n'avais jamais vu auparavant, ou depuis, en l'occurence. Je ne savais pas ce que c'était, mais ce n'était certainement pas construit pas nous et ce n'était certainement pas un ballon météo.

Moore : Pouvez-vous décrire les matériels que vous avez trouvé sur le site ?

Marcel : Il y avait tous types de choses - de petites tiges de 3/8èmes ou 1/2 pouce carré des sortes de hiéroglyphes dessus que personne n'a pu déchiffrer. Elles ressemblaient à du bois de balsa, et étaient à peu près du même poids, sauf qu'il ne s'agissait pas du tout de bois. Elles étaient très dures, bien que souples, et ne brûlaient pas. Il y avait beaucoup d'une substance ressemblant à du parchemin qui était de couleur marron et très résistante, ainsi qu'un grand nombre de petits morceaux de feuilles d'apparence métallique, sauf qu'il ne s'agissait pas de feuilles métalliques. Je m'intéressais à l'électronique et j'ai essayé de trouver quelque chose qui ressemblait à des instruments ou un équipement électronique, mais je n'ai rien trouvé. Un des autres camarades, Cavitt, je crois, avait trouvé une boîte métallique noire de plusieurs pouces carrés. Comme il n'y avait apparemment pas de moyen de l'ouvrir, et comme cela ne semblait pas être un paquet d'instruments d'un type quelconque (elle était également très légère), nous l'avons balancé avec le reste. Je ne sais pas ce qui est finalement advenu de la boîte, mais elle est partie avec le reste du matériel que nous avons en définitive envoyé à Fort Worth.

Moore : Qu'est-ce qui était particulièrement intéressant concernant le matériel ?

Marcel : Une chose qui m'impressionna concernant les débris était le fait qu'une grande quantité ressemblait à du parchemin. Il avait de petits nombres avec des symboles que nous avons dû appeler hiéroglyphiques parce que nous ne les comprenions pas. Ils ne pouvaient pas être lus, c'était juste des symboles, quelque chose qui signifiait quelque chose, et ils n'étaient pas tous pareil, mais le même motif général, je dirais. Ils étaient roses et pourpres. On aurait dit qu'ils avaient été peints dessus. Ces petits nombres ne pouvaient pas être brisés, ni brûlés. J'ai même pris mon briquet et essayé de brûler le matériel que nous avions trouvés et qui ressemblait à du parchemin et du balsa, mais cela ne brûlait pas - ça ne fumait même pas. Mais quelque chose de plus étonnant encore est que les morceaux de métal que nous avions ramenés étaient si fin, juste comme le papier argenté dans un paquet de cigarettes. Je n'ai pas prêté trop d'attention à çà au début, jusqu'à ce qu'un des garçons vienne me voir et dise : "Vous savez quel métal était là ? J'ai essayé de plier ce truc et il ne plie pas. J'ai même essayé avec un marteau. Vous ne pouvez pas pas le cabosser." ...Ce morceau particulier de métal était d'environ 2 pieds de long et peut-être 1 pied de large. Il était si léger qu'il ne pesait pratiquement rien, c'était vrai de tout le matériel que nous avions rapporté, cela ne pesait pratiquement rien... c'était si fin. Ainsi j'ai essayé de plier le truc. Nous avons fait tout ce que nous pouvions pour le plier. Il ne pliait pas et vous ne pouviez pas le déchirer ni le couper. Nous avons même essayé de faire une bosselure avec un marteau de 16 livres, et il n'y avait toujours pas de bosselure dedans... Ce que tout ça était reste un mystère pour moi. Maintenant par plier, je veux dire faire un pli. On pouvait fléchir ce truc en avant et en arrière, même le plisser, mais vous ne pouviez pas imprimer un pli dessus qui restait, ni le cabosser du tout. Je devrais presque le décrire comme un métal ayant les propriétés du plastique. Un des camarades essaya de mettre certains des morceaux ensemble - comme un puzzle. Il a réussi à mettre près de 10 pieds carrés ensemble, mais ce n'était pas assez pour avoir une idée générale de l'objet lui-même. Quoi que c'était, c'était gros.

Moore : Qu'avez-vous fait avec le matériel que vous avez ramassé ?

Marcel : Nous avons collecté tous les débris que nous pouvions transporter. Lorsque nous eûmes rempli la cariole, j'ai commencé à remplir le coffre et l'arrière de la Buick. Cet après-midi-là nous nous sommes dirigés pour retourner à Roswell et sommes arrivés là-bas en début de soirée. Une fois arrivés là-bas, nous découvrîmes que l'histoire selon laquelle nous avions trouvé un disque volant avait filtré avant nous. Nous avions un PIO fougeux sur la base qui avait pris sur lui d'appeler AP à ce sujet. Nous eûmes plusieurs appels cette nuit-là, et 1 journaliste vint même à la maison, mais bien sûr je ne pus leur confirmer quoi que ce soit au téléphone, et l'homme qui arriva à la maison fut envoyé par ma femme voir le colonel. Le matin suivant ce communiqué de presse écrit sortit, et après ces choses touchèrent vraiment les fans. Le téléphone sonna à se décrocher. J'entendis qu'il s'était fait remonter les bretelles pour avoir diffusé ce communiqué de presse, mais je ne pourrais pas l'assurer... Quoi qu'il en soit, l'après-midi suivant nous avons tout chargé dans un B-29 sur les ordres du colonel Blanchard et l'avons envoyé à Fort Worth. J'étais prévu pour l'accompagner tout du long jusqu'à Wright Field en Ohio, mais lorsque je suis arrivé à Fort Worth le général [nixed it]. Il prit le contrôle à ce moment, dit à la presse qu'il s'agissait d'un ballon météo, et m'ordonna de ne parler à la presse sous aucune circonstances. Je fus retiré du vol et quelqu'un d'autre fut affecté à l'accompagnement du truc jusqu'à Wright Field. Tout fut envoyé à Wright-Patterson pour analyse. Juste après que nous soyions arrivés à Carswell, Fort Worth, on nous dit d'apporter ce truc jusqu'au bureau du général — qu'il voulait y jeter un oeil. Nous le fîmes et le déversèrent sur le sol sur un papier marron. Ce que nous avions n'était qu'une petite partie des débris — il y en avait beaucoup plus en tout. Il y avait un B-29 rempli à moitié dehors. Le général Ramey permit à certains membres de la presse à l'intérieur de prendre une photo de ces trucs. Ils prirent une photo de moi sur le sol tenant certains des débris métalliques les moins intéressants. La presse fut autorisée à photographier cela, mais ne fut pas autorisée assez loin dans la salle pour les toucher. Ce qu'il y a sur cette photo-là était des morceaux de ce que nous avions trouvé. Ce n'était pas une photo [staged]. Plus tard, ils enlevèrent notre épave et remplacèrent certains des leurs. Alors ils permirent plus de photos. Ces photos furent prises alors que la véritable épave était déjà sur sa route vers Wright Field. Je n'étais pas sur celles-là. Je pense qu'elles furent prises avec le général et un de ses aides. J'ai vu beaucoup de ballons météo, mais je n'ai jamais vu un comme çà auparavant. Et je ne pense pas qu'eux non plus.

Moore : Revenons sur la manière dont la presse et la radio furent impliqués. Pouvons-nous revenir là-dessus à nouveau ?

Marcel : Ce fut l'officier des relations publiques, Haut je crois qu'il s'appelait, qui appela AP et écrivit plus tard le communiqué de presse. J'entendis qu'il n'était pas autorisé à faire çà, et je pense qu'il fut sévèrement réprimandé pour çà, je pense sur toute la ligne depuis Washington. Nous eûmes des appels de partout - dans le monde entier. C'est le général Ramey qui mis l'histoire de couverture au sujet du ballon juste pour nous débarasser de la presse. On dit à la presse que c'était juste un ballon et que le vol pour Wright-Patterson avait été annulé ; mais tout ce qui arriva réellement fut que je fus enlevé du vol et que quelqu'un d'autre le prit jusqu'à W.-P. Je ne fus même pas autorisé à parler à la presse pour dire ce que le général m'avait demandé de dire. Ils voulaient tous me poser des questions, et je n'ai pas pu leur dire quoi que ce soit.

Moore : Donc ce que vous dites est que l'ensemble de cette chose ballon-météo n'était rien d'autre qu'une couverture ?

Marcel : Eh bien, une chose que je veux mettre en avant et que les journalistes n'ont vu qu'une toute petite partie du matériel - et aucune des choses importantes qui avaient des hiéroglyphes, ou des inscriptions, sur elles. Ils ne l'ont pas vu parce que ce n'était pas là. Ils voulaient que je leur en parle mais je n'ai rien pu dire. Lorsque le général est entré il m'a dit de ne rien dire, qu'il s'en chargerait. Il dit aux journalistes : "Oui, c'est le ballon météo." Donc les journalistes ont du prendre son mot pour çà parce qu'il n'avaient rien d'autre à se mettre sous la dent. Ils ont essayé de me faire parler, mais le général m'avait dit de ne rien dire et je ne pouvais rien dire. C'est lorsque le général m'a dit : "Il vaut mieux que vous retourniez à Roswell. Vous avez votre service à accomplir là-bas. Nous le prenons-en charge à partir d'ici..."

...

Moore : Est-ce que quelqu'un d'autre se souvient de quelque chose quant à ce que vous avez trouvé sur la ferme Brazel ?

Marcel : Mon fils pourrait se souvenir de quelque chose. Il avait 12 ans environ et il a vu une partie de ce que nous avons pris du site avant qu'il ne soit empaqueté.

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