Les orbes de l'ouest des États-Unis

Des agents fédéraux en patrouille près d'un site sensible de l'ouest des États-Unis voient à plusieurs reprises une « orbe mère » orange libérer de plus petites orbes rouges, puis des lumières semblant imiter des véhicules, que l'AARO n'explique qu'en partie.

Les témoins sont des agents spéciaux d'un service fédéral de police, que les documents publiés n'identifient pas, pas plus que leur service. Ils travaillent par équipes de deux, au total six agents en trois équipes selon l'AARO, sept fonctionnaires fédéraux selon la synthèse publiée auparavant, qui mentionne un septième collègue venu en renfort .

Le lieu n'est désigné que comme un site sensible pour la sécurité nationale de l'ouest des États-Unis. Les récits des agents évoquent un paysage désertique de vallées encadrées de chaînes de montagnes, de crêtes et de pistes en terre, une route nationale, une piste d'aviation, un lac, une « porte » et une « base », ainsi qu'une zone naturelle signalée par un panneau parc national de la faune où il est interdit de dormir dans son véhicule. Le témoin 2 précise que lui et son coéquipier sont chargés de surveiller une zone à la recherche de personnes lançant des drones, d'autres équipes étant postées dans le secteur .

Les faits se déroulent sur deux jours de la mi-, à partir du crépuscule, . Selon l'AARO, le temps est généralement clair, avec des températures de saison et une pollution lumineuse habituelle pour la région. Des avions militaires américains participent ce jour-là à un exercice dans le secteur .

Observation

Les récits qui suivent sont ceux que les agents ont rédigés librement, à la demande de l'AARO, exactement tels qu'ils s'en souviennent, plus de deux ans et demi après les faits. Les heures et les distances sont les leurs.

Témoin 1

La boule lumineuse

Le premier soir, d'autres équipes signalent par radio des lumières se déplaçant en groupes à des kilomètres ; de sa position, le témoin 1 ne voit rien. Le second soir, peu avant , en traversant une vallée en voiture avec un coéquipier, il remarque à 90° sur sa droite une grosse boule lumineuse, un disque lumineux bien délimité, comme un motif tourbillonnant de lave vive, apparemment près d'un flanc de colline. Il l'estime d'abord à 500 ou 600 m ; plus tard, un télémètre lui donne 1 100 m jusqu'à la colline. Aux jumelles, il croit voir une sorte de tige reliant la boule au sol, sans pouvoir l'affirmer. La boule, d'au moins 6 m de diamètre à son estimation, n'éclaire pas la colline ; elle reste visible une ou deux minutes, sans bruit, puis ils ne la voient plus .

Les lumières rouges

Une vingtaine de minutes plus tard, un phénomène semblable s'allume une ou deux secondes au-dessus d'une autre colline, à plusieurs kilomètres ; trois lumières rouges régulièrement espacées en sortent et s'éloignent vite. Au même moment, un bref éclair illumine le ciel au-delà de l'horizon, sur la gauche. Vingt minutes plus tard, la scène se répète un peu plus à gauche, les trois lumières rouges partant cette fois l'une droit devant, les deux autres vers le haut et vers le bas, alignées verticalement, toujours avec un éclair .

Le « véhicule » et la forme transparente

Des heures plus tard, sur la route, ils rattrapent ce qu'ils prennent pour une voiture aux feux arrière dépareillés, l'un rouge et rond, l'autre blanc et carré. Quand un véhicule arrive en sens inverse, la « voiture » quitte la route vers la droite, sans rebondir sur le terrain ni soulever de poussière, comme en flottant. Le conducteur d'en face ne semble pas réagir. Les feux s'éteignent et le témoin voit une forme plus sombre s'élever et s'éloigner, sans bruit, qui lui rappelle une Toyota Prius. Une ou deux heures plus tard, ils voient flotter de la poussière et une matière ressemblant à une épaisse toile d'araignée, puis la même forme, feux éteints, à 5 ou 6 m de hauteur : le témoin voit une étoile, la crête et la végétation à travers elle, presque comme si l'on regardait quelque chose à travers de l'eau .

Témoin 2

L'orbe qui « expulse » des lumières rouges

Posté dans une vallée avec son coéquipier, le témoin 2 voit , à 35 ou 45° au-dessus de l'horizon nord-nord-est, une lumière ronde d'abord semblable à une planète, qui grossit et devient plus brillante, une lumière rouge en son centre. Elle a expulsé trois ou quatre lumières rouges, environ quinze fois plus petites et moins lumineuses, comme des feux arrière, qui a accéléré instantanément et se placent en formation horizontale ; puis elle pâlit et disparaît. La séquence se répète environ cinq fois en une demi-heure, au nord, au nord-est et à l'est, et d'autres équipes confirment l'avoir vue. Le dernier groupe de trois lumières rouges part vers le sud et y reste jusqu'à , plongeant parfois sous l'horizon avant de remonter. Le témoin n'y voit pas de contre-mesure défensive et compare la scène, sans l'affirmer, à l'ouverture et la fermeture d'un « portail » .

La poursuite dans la vallée

Un autre soir, garé sur une butte au bout d'une piste, il voit , à 8 ou 11 km au sud, deux lumières immobiles comme des phares, puis une rangée de lumières rouges, peut-être en triangle, sur la largeur d'un terrain de football, à 15° au-dessus de l'horizon sud, qu'il rapproche des lumières de Phoenix. Les « phares » émettent des éclairs blancs vers eux, et un second jeu apparaît plus à l'est. Quand l'un s'approche, les agents roulent vers lui tous feux éteints, aux jumelles de vision nocturne, jusqu'à 110 km/h. Les phares se fondent en une seule orbe blanc-orange avec un halo ; à une cinquantaine de mètres, elle part d'un coup vers le sud, parcourt plus de 1,5 km en moins d'une minute sur un terrain accidenté, puis s'éteint au pied des montagnes. Rallumée, elle traverse la vallée vers l'ouest en glissant au-dessus du sol, devient un groupe de lumières orange et violettes en forme de boîte, assez semblable à celui d'un semi-remorque, couvre environ 6 km en une minute et s'éteint ; la rangée de lumières rouges disparaît au même moment. Pour le témoin, ces phénomènes restent à moins de 6 m du sol, semblent très réactives à leur présence et paraissent jouer avec eux .

Le phare unique sur la route

Une troisième fois, entre et , ils voient sur une route, à 2 ou 3 km au nord-ouest, une lumière unique un peu plus grosse et plus brillante qu'un phare, immobile. Quand ils roulent vers elle, elle se met à suivre la route vers l'ouest à hauteur de véhicule, en épousant vaguement son tracé, passant parfois à un seul feu rouge. À 130 km/h, ils ne la rattrapent pas sur 15 à 25 km. Elle devient un disque orange auréolé et se pose au pied d'une colline, dans un virage ; un semi-remorque surgit alors en sens inverse et, quand ils regardent à nouveau, le disque n'est plus là. Le témoin précise que la scène a été en partie filmée et que l'enregistrement de leurs réactions est plus parlant que l'image .

Témoin 3

L'orbe orange

Vers , en regardant vers l'est, le témoin 3 voit une grande orbe orange qui semble venir vers lui ; son coéquipier lui demande tu vois ça ? L'orbe alterne toutes les deux ou trois secondes entre l'orange et une transparence où son contour reste vaguement visible, et parcourt environ 20° en trois à cinq secondes. À 45° de hauteur, elle expulse, de façon qui lui paraît mécanique, trois petites orbes rouges qui partent en ligne droite vers le sud à une seconde d'intervalle, comme des grains de raisin expulsés d'un ballon de basket. Il n'entend aucun bruit et ne voit aucune traînée ; la scène dure à .

Les lumières au-dessus de la piste d'aviation

Le même soir ou le lendemain, , ailleurs, il voit aux jumelles de vision nocturne quatre lumières rouges venir du nord, traverser 90° de ciel en cinq à dix secondes et s'arrêter au-dessus d'une piste d'aviation, une à chaque coin. Au même moment, peut-être deux orbes orange planent près d'une crête. En contrebas, un véhicule fait des appels de phares lents. Les agents descendent vers lui tous feux éteints, mais ne peuvent s'approcher à moins d'une centaine de mètres ; le « véhicule » semble alors flotter hors de la route, à travers la broussaille, où ils le voient, une seule lumière allumée, s'éteindre. Ils ne trouvent pas de traces de pneus, et les orbes ont disparu .

Témoin 4

Les deux soirs

Le premier soir, , en voiture à moins de 400 m d'une colline, le témoin 4 voit une boule de lumière passer au-dessus comme une étoile filante, d'ambre à blanc, une ou deux secondes, sans bruit. Dix minutes plus tard, il voit à l'œil nu plusieurs orbes orange, et davantage aux jumelles de vision nocturne, dont des groupes de trois au ras de l'horizon. De grandes lumières orange semblent faire éclore de plus petites qui descendent comme une fusée éclairante qui tombe ; il cesse de compter après cinq fois. Neuf lumières restent ensuite alignées plus de au-dessus d'une crête. Le lendemain, il voit à nouveau ces lumières, ainsi que des traînées blanches qu'il appelle chemtrails, un avion et une file de lumières qu'il compare à un déploiement de satellites Starlink. Plus tard, une lumière file en quelques secondes du haut au bas d'une montagne, à 6 km, sans soulever de poussière ; une lumière blanche sous une crête disparaît quand il s'en approche. Entre et , des lumières lointaines se regroupent en losanges ou en hexagones .

Les jours et les mois suivants

Son récit se poursuit au-delà des deux jours. Quelques jours plus tard, il voit des lumières filer vers le nord au-dessus d'une crête et former des losanges ou des triangles ; le lendemain, une forme sombre portant une faible lumière rouge, immobile entre deux crêtes à environ 400 m malgré un vent fort, qui lui semble se cacher dans le relief. Des mois plus tard, vers minuit, une lumière jaune immobile sous une crête s'intensifie et file du nord au sud pendant une dizaine de minutes, à 25 km selon son estimation .

Témoin 5

La lumière sur le pic et les orbes rouges

Le premier jour, parti avec un autre agent, le témoin 5 croise deux jeunes hommes arrêtés au bord de la route qui disent prendre des photos, puis s'engage sur une piste. À , une grande lumière orange paraît posée au-dessus d'un pic de la crête, sans support visible, immobile, sans aucune résistance ni mouvement, pendant une minute au plus. À , une grande orbe rouge plus lointaine libère deux petites orbes rouges, l'une à l'horizontale, l'autre vers le haut ; tout s'éteint en une dizaine de secondes, puis un éclair blanc traverse le ciel à l'ouest. À , la grande orbe réapparaît une dizaine de secondes, suivie d'un éclair semblable au sud-ouest. Les agents installent un appareil photo dans l'espoir de saisir un retour du phénomène .

La paire de feux et la formation de lumières

Vers le lendemain, en roulant près d'un lac vers la base, il voit deux lumières à moins d'un mètre du sol, au-dessus de la chaussée, l'une blanche et carrée, l'autre rouge et ronde. Alors qu'un véhicule arrive en sens inverse, la paire glisse hors de la route, au-dessus des buissons, à 25 ou 30 km/h, sans changer de hauteur, et s'arrête. Aux jumelles de vision nocturne, il la voit une fraction de seconde avant l'extinction des feux ; reste une ligne très fine horizontale d'environ 1,2 m, qui s'élève et disparaît. Revenus sur place avec un collègue muni de jumelles thermiques, ils ne trouvent rien, jusqu'à ce que, , son coéquipier s'écrie Je le vois ! : près d'une toile d'araignée flottante, une formation de faibles lumières s'élève à plus de 6 m en oscillant. Dans la matinée, les agents relèvent au sol, autour d'une plante, des marques fraîches, nettes et arrondies, alors qu'il n'y avait pas eu de vent .

Enquêtes

AARO

La synthèse

Le , la première tranche de PURSUE publie une synthèse en quatre volets, qui désigne les témoins de USPER1 à USPER7. Les Orbes lançant des orbes sont vus par les trois équipes : une orbe orange visible une ou deux secondes lance des orbes rouges par groupes de deux à quatre, le plus souvent trois, au moins cinq fois, sans qu'on sache s'il s'agit d'une seule orbe « mère » ou de plusieurs. La Grande orbe de feu est vue par USPER5 et USPER6 : estimée à 500 ou 600 m et à la taille d'un petit cockpit d'hélicoptère, elle se trouverait selon des mesures ultérieures de l'AARO à environ 1 050 m et mesurerait 12 à 18 m de diamètre. Le Cerf-volant sombre, avant l'aube, est la paire de feux rouge et blanc, décrite par l'un comme une ligne fine et par l'autre comme une forme sombre de cerf-volant, puis comme triangulaire lors d'entretiens avec l'AARO. Le Cerf-volant transparent, une trentaine de minutes plus tard, flotte à environ 6 m du sol ; USPER5 voit des étoiles à travers, et le faisceau de son projecteur semble un instant arrêté à 45 m par quelque chose d'invisible. Le septième agent présent ne voit rien .

La notice officielle de cette synthèse indique que, faute de toute donnée technique, ce sont les points communs avec d'autres signalements reçus par l'AARO, la crédibilité des déclarants et la nature potentiellement anomale des faits qui en font l'un des cas les plus probants de ses archives .

Les récits

Le , cinq mémorandums signés par le directeur de l'AARO, Jon KosloskiJon Kosloski, reproduisent les récits libres des témoins 1 à 5. Celui du témoin 2 est accompagné d'images générées par intelligence artificielle à partir de ses descriptions, qu'il dit sans référence au lieu réel ni à l'échelle ; celui du témoin 4, d'un croquis .

Une carte schématique situe les quatre incidents vus d'en haut ; elle précise que ses images ont été générées artificiellement, que les phénomènes y sont agrandis et que les positions sont fictives .

Le mémorandum d'analyse

Dans un mémorandum du , signé lui aussi par Jon KosloskiJon
        Kosloski, l'AARO résume l'incident : une orbe orange apparaît une ou deux secondes, libère deux à quatre orbes rouges et disparaît, à plusieurs reprises pendant des heures ; les orbes rouges persistent quelques secondes, mais l'une d'elles serait restée immobile au-dessus d'une crête pendant plusieurs heures. Les agents n'ont recueilli ni vidéo, ni photo, ni donnée technique, et l'AARO rappelle les limites de la perception humaine des distances, tailles et vitesses de nuit. Il estime pourtant que l'enquête doit se poursuivre, en raison de la ressemblance avec d'autres incidents de la région, de sa bonne évaluation de la connaissance qu'ont les agents des systèmes militaires américains et de la cohérence de leurs récits. Faute de distance mesurée, il ne peut dire si le silence des phénomènes leur est propre ou tient à l'éloignement .

L'AARO a confronté les récits aux plans de vol civils et militaires, aux données radar et ADS-B et aux estimations spatiales. Il évalue ainsi chaque hypothèse .

L'hypothèse de leurres largués par des avions militaires

Jugée partiellement plausible. Les plans de vol confirment que des avions militaires américains présents dans le secteur ont largué des leurres infrarouges lors d'un exercice ; la position, la direction et l'heure d'environ 60 % de l'activité rapportée concordent avec les données radar et ADS-B. Les agents, familiers de l'aspect des leurres militaires, ont affirmé que les phénomènes n'en avaient pas les caractéristiques, mais les leurres de ces avions diffèrent des fusées éclairantes ordinaires. Pour les 40 % restants, aucun aéronef connu n'était en vue des témoins, et une orbe immobile pendant des heures est incompatible avec la durée de combustion et la vitesse de chute de tout leurre connu .

L'hypothèse de l'échappement d'avions militaires

Écartée : les avions militaires présents volaient trop haut pour que leur échappement apparaisse comme des orbes orange, ce qui cadre mal aussi avec le silence, le stationnement et le « lancement » d'orbes rouges .

L'hypothèse de drones

Jugée peu probable : une orbe rouge stationnaire pendant plusieurs heures dépasse l'autonomie des batteries des drones multirotors militaires et commerciaux courants .

L'hypothèse d'un programme américain

Jugée plausible, non concluante. Après revue des programmes du ministère de la Guerre et du renseignement, l'AARO trouve que les caractéristiques décrites correspondent à celles de certaines technologies militaires américaines, sans pouvoir établir qu'elles étaient sur place ; aucune capacité connue n'explique à elle seule toutes les caractéristiques rapportées .

L'hypothèse d'un renseignement étranger

Jugée très peu probable : sans exclure une plateforme étrangère entièrement nouvelle, les mouvements rapportés diffèrent trop de ceux des systèmes adverses connus .

L'hypothèse de phénomènes naturels

Jugée peu probable. La météo ne se prêtait guère à la foudre en boule ni aux farfadets, et par temps clair une inversion de température ou une réfraction n'aurait pas faussé la perception. La diversité des angles de vue rend très peu probable la méprise avec des astres, plus envisageable, quoique peu probable, pour les phénomènes stationnaires ; la persistance d'une orbe pendant des heures exclut les météores et les reflets de satellites, et un bolide aurait laissé une traînée .

L'hypothèse d'une technologie non reconnue

En attente. Par exclusion des autres hypothèses, l'AARO avance qu'une technologie non reconnue pourrait expliquer jusqu'à 40 % des phénomènes, en précisant que cette évaluation provisoire ne repose que sur les témoignages et n'est étayée par aucune donnée technique ni preuve matérielle. Il annonce vouloir associer des modélisations d'autres agences fédérales, des experts scientifiques et universitaires et des données multispectrales à l'analyse de ce cas et des autres cas de la région, et réviser son évaluation si de nouvelles données apparaissent .

FBI

Reconstitution numérique par le FBI d'après le récit du témoin 3 (1/2), et non images de l'événement
Reconstitution numérique par le FBI d'après le récit du témoin 3 (2/2)

À la demande du ministère de la Guerre, le FBI réalise en des rendus numériques présentés comme des interprétations artistiques : trois images d'après le récit du témoin 1 , sept d'après celui du témoin 2 et deux vidéos d'après celui du témoin 3 .

Réactions publiques

La presse

Dès la première tranche, l'AFP relève les orbes orange lançant des orbes rouges et la comparaison avec l'œil de Sauron . À la publication des récits, CBS News en cite les images les plus frappantes, dont les « raisins » expulsés d'un « ballon de basket » , et NewsNation précise que les vidéos sont des reconstitutions . EarthSky reprend le chiffre de 40 % en rappelant qu'il procède par élimination . Fox News souligne que ni le Pentagone ni l'AARO n'ont conclu qu'un incident de PURSUE prouve une vie extraterrestre ou une technologie non humaine .

Une menace pour la défense

Sur Fox News, l'astrophysicien Avi LoebAvi Loeb présente le cas comme une question de sécurité nationale, ces phénomènes apparaissant près de sites et d'actifs stratégiques : s'il s'agit de drones d'une technologie que les États-Unis ignorent, c'est selon lui une faille dans notre système de défense ; s'ils ne sont pas d'origine humaine, ce serait la plus grande découverte de l'humanité .

Starlink, patrouilles et fiabilité des récits

Sur le forum Metabunk, le résumé de la tranche, ajouté par Mick WestMick West, note que toutes les images du cas sont des illustrations générées, non des preuves. Un participant suggère que la scène reconstituée en PR006 pourrait être un train de satellites Starlink, tout en notant que le lieu et la date sont trop imprécis pour la recréer dans Sitrec. D'autres se demandent quels indices faisaient soupçonner des lancements de drones, ou si les agents ne sont pas des gardes-frontières, au vu de la jeep et du panneau du témoin 5. Au sujet des chemtrails du témoin 4, Mick WestMick West observe que des personnes peu familières des traînées de condensation les appellent parfois ainsi, mais que c'est peut-être le signe d'un état d'esprit conspirationniste .

UFO@home

En , RR0 reconstitue les récits des cinq témoins avec UFO@home, en alternative aux rendus du FBI : chaque récit devient une scène en trois dimensions, jouée au lieu et à l'heure supposés, avec le relief, le ciel de cet instant (étoiles, planètes, passages de satellites) et le vent de l'archive météorologique. Chaque hypothèse y est une lecture du récit, qui place dans la scène ce qu'elle suppose (un avion et ses leurres, un drone, des feux sur une antenne…) et mesure à chaque instant l'écart, en degrés, entre ce qu'il donne à voir et ce que le témoin dit avoir vu. Tout ce que le récit ne dit pas (un azimut, une hauteur, une vitesse) y est marqué comme supposé, et chaque scène peut être modifiée ou déclinée en variantes.

Le lieu

Le lieu n'est pas publié, et aucune analyse publique ne l'a déterminé. Une première passe sur l'heure du coucher du soleil semblait exclure le Nevada, à tort : à l'heure que donne le témoin 2, , le crépuscule y est bien achevé, comme il le décrit. Le lieu retenu réunit le plus d'indices des récits : le site de sécurité nationale du Nevada (NNSS), au-dessus duquel le Wall Street Journal rapporte des survols de drones sur trois jours en octobre 2023, alors que le témoin 2 dit être chargé de chercher des lanceurs de drones, et le refuge faunique voisin (Desert National Wildlife Refuge), dont la vallée (Desert Valley), entre deux chaînes et ouverte au nord, correspond à celle du témoin 2, avec ses pistes en terre où camper est permis. La base de Nellis et son champ de tir, où l'on largue des leurres, sont au nord et au nord-ouest, les lumières de Las Vegas au sud. Une autre lecture du trajet du témoin 5 mène au refuge de Pahranagat et à la piste qui monte vers le point de vue sur la zone 51 : elle n'est pas exclue, mais rien ne la confirme.

Le piton rocheux au-dessus duquel les témoins 1 et 5 voient la première boule, que l'AARO situe à environ 1 050 m, n'a pas pu être identifié : les panoramas calculés sur le relief à 10 m de l'USGS depuis 28 points des pistes candidates ne montrent aucun piton net. Les décors des vidéos du FBI ne correspondent à aucun profil de crête calculé, et celle d'après le premier récit du témoin 3 montre des saguaros, absents du Nevada : ils sont sans doute génériques. Les scènes sont donc jouées à des positions de travail : les témoins 2, 3 et 4 (premier soir) sur l'Alamo Road dans Desert Valley, les témoins 1 et 5 sur la White Rock Road, le témoin 4 (second soir) au col de Mormon Pass, et l'épisode d'avant l'aube sur la route qui longe le lac asséché de Frenchman Flat, dans le NNSS.

Les dates

Le témoin 4 voit le second soir, au sud-est, une file de lumières qu'il prend pour un « déploiement » de satellites Starlink. Les éléments orbitaux d'octobre 2023 n'y placent un train de satellites encore groupés que le , entre et (lancement du ), que la scène dessine. Le premier soir serait donc le , celui des témoins 2, 3 et 4, le second le , celui des témoins 1 et 5, et l'épisode d'avant l'aube le matin du .

Les hypothèses examinées

Les leurres infrarouges de l'AARO, simulés physiquement (éjection, freinage par l'air, chute, vent du soir, combustion de quelques secondes), apparaissent bien là où naissent les orbes rouges des témoins 2, 3 et 5, à 1° près. Mais un leurre reste presque sur place et s'éteint en moins de , alors que les orbes rouges du témoin 3 filent vers le sud en ligne droite : l'écart atteint 8 à 16° quelques secondes plus tard, quels que soient le cap, la hauteur et la vitesse de l'avion essayés. Faire de l'orbe orange l'avion qui largue les leurres n'explique son approche que s'il vole bas, vers 750 m, où il serait assourdissant (près de 80 dB(A)) pour des témoins qui n'entendent rien ; un prototype discret devrait être 45 dB plus silencieux qu'un chasseur. Les visées des témoins 2 et 3, croisées, placent une source commune vers 9 km au-dessus de la vallée et à 12-15 km d'eux, ce qui exclut un avion bas mais convient à des leurres largués en altitude. Pour la boule posée sur le piton (témoins 1 et 5), une fusée éclairante sous parachute larguée à 12 km derrière la crête s'y pose puis descend derrière elle, à 0,6-2,3° du récit.

Les lumières rouges que le témoin 2 voit stationner au-dessus de l'horizon sud pendant , jusque vers , pourraient être les feux d'obstacle des antennes de Black Mountain, près de Henderson, à 62 km : ce sont les seules visibles depuis la vallée, et de justesse, 0,1° au-dessus du relief, au sud-sud-est plutôt qu'au sud. Elles seraient faibles (magnitude 4 environ) et clignotantes, ce que le témoin ne dit pas, et leurs disparitions sous l'horizon restent inexpliquées. Les antennes du mont Potosi et les tours de Las Vegas sont cachées par le relief.

La paire de feux d'avant l'aube, blanc et rouge à moins d'un mètre du sol, est reproduite à 0,2° près par un drone multirotor d'environ 1,2 m, dont la largeur est celle de la « ligne » vue aux jumelles de vision nocturne, mais qu'on aurait entendu (environ 40 dB(A) à 40 m, vitres baissées). Un petit véhicule tout-terrain, que suggère la « voiture » du témoin 1, la reproduit aussi tant que ses feux sont allumés, mais il reste au sol quand la forme sombre monte, et serait plus bruyant encore. Un reflet de voyants du tableau de bord dans le pare-brise est réfuté : il resterait devant la voiture, alors que la paire part de 40° vers la droite. Pour la forme translucide vue une heure plus tard, le même drone en vol stationnaire convient ; des fils de la Vierge, que les deux témoins évoquent en parlant de toile d'araignée, conviennent au récit mais dériveraient de 14° en avec le vent mesuré ce matin-là, sauf air calme sur place.

D'autres hypothèses sont exclues sans simulation : Jupiter, qui ne se dégage des chaînes de l'est qu'une quarantaine de minutes après les premières orbes et ne disparaît ni ne se divise, les phares d'atterrissage des avions en approche de Nellis ou de Las Vegas, qui ne dépassent pas 2° de hauteur au sud-est quand les orbes sont à 25-45° au nord et à l'est, et les ballons lumineux ou lanternes, que le vent du sud-est aurait poussés vers le nord-ouest et que des équipes distantes de 13 km n'auraient pas vus aux mêmes endroits. Plusieurs des explications examinées ici (leurres, fusées éclairantes, drones, trains de satellites, feux d'obstacle) ne figurent pas dans la matrice des méprises de Claude PoherClaude Poher, établie en .

Conclusions

Les leurres expliquent le surgissement des orbes rouges, pas leur course vers le sud ; si une même source a été vue par les témoins 2 et 3, elle était haute et lointaine, et non un engin bas et silencieux. L'épisode d'avant l'aube est le mieux reproduit par un petit drone, ce qui s'accorde avec les survols de drones rapportés au-dessus du NNSS ces jours-là, l'absence de bruit restant l'objection principale. Ces conclusions dépendent du lieu, qui reste une hypothèse de travail.

Ce que l'analyse n'examine pas

Des récits qui débordent la synthèse

L'analyse de l'AARO ne porte que sur les orbes orange et rouges. Elle ne discute ni la boule lumineuse près de la colline, dont la synthèse de mai donnait pourtant une distance et une taille mesurées, ni les deux « cerfs-volants », ni les lumières semblant imiter des véhicules et les poursuites décrites par les témoins 1, 2 et 3, ni les traces au sol du témoin 5. Elle écarte les reflets de satellites sans évoquer le train de satellites Starlink que le témoin 4 dit avoir vu, ni les éclairs blancs signalés par les témoins 1 et 5 en même temps que les orbes. Les observations que le témoin 4 situe des jours et des mois plus tard ne sont pas mentionnés .

Des données dites absentes

L'AARO affirme que les agents n'ont recueilli aucune vidéo ni image, alors que le témoin 2 parle d'une vidéo et d'un enregistrement sonore de la poursuite sur la route, et que le témoin 5 dit avoir installé un appareil photo ; les documents publiés ne disent pas ce qu'il en est advenu .

Conclusions

En , l'AARO considère le cas comme non résolu : environ 60 % de l'activité rapportée peut s'expliquer par des leurres largués lors d'un exercice militaire, et les 40 % restants n'ont pas d'explication plausible à l'issue d'une première analyse .