Stephen Darbishire
Stephen Darbishire

À l'automne , le livre de George Adamski et Desmond Leslie, Flying Saucers Have Landed, paraît en Grande-Bretagne. Le magazine londonien Illustrated relaie l'événement dans son numéro du , au travers d'un article intitulé "Happy Landings from Outer Space", contenant une reproduction noir et blanc de la photographie classique d'Adamski du , décrite comme un "vaisseau de reconnaissance" de 35 pieds de diamètre, avec 3 ouvertures et 3 sphères d'atterrissage. On y voit aussi la photo du vaisseau mère, et le dessin d'un homme de Vénus, tel que décrit pas Adamski. La conclusion de l'article de Maurice Goldsmith reste cependant dubitative : Malheureusement, la logique d'Adamski est mauvaise et je suis prêt à parier que si jamais je vois une vie venue de Vénus, elle ne me ressemblera en rien, ni à M. Adamski, ni à l'être qu'il a rencontré.

Dessins de Darbishire avant son observation FSR vol.10 n° 1
Dessins de Darbishire avant son observation

La nouvelle est-elle parvenue jusqu'à la maison du docteur S. B. Darbishire, un médecin généraliste retiré pour faire tourner la petite ferme de Little Arrow à Torver, sous les pentes de la colline de l'Old Man de Coniston (2575 pieds, Cumbria, dans les environs de l'English Lake District le district lacustre du Lancashire, en Angleterre) ? Toujours est-il qu'en ce début de , son fils Stephen (13 ans), intelligent et créatif, met à cette époque son talent artistique naissant au dessin de soucoupes volantes semblables à celles présentées par Adamski.

Un besoin irrépressible

Le , Stephen Darbishire et son cousin Adrian Myer (8 ans) décident de partir en expédition près des pentes de la colline Old Man de Coniston, armés d'un vieil appareil Kodak Brownie à soufflet pour photographier des oiseaux et autres animaux sauvages dans la vallée. Mais selon Stephen, c'est un état de nervosité harcelant et persistant, l'incitant à se rendre en haut de la colline derrière sa maison. Il ne pouvait dire pourquoi, il savait simplement qu'il fallait qu'il le fasse Leslie dans Cramp, Leonard G. (M.S.I.A.): Space, Gravity and the Flying Saucer, T. Werner Laurie, 1957, Londres, p. 13, 173.

Myer et Darbishire
Darbishire et Myer

Arrivés sur les lieux, Myer repère quelque chose d'étrange dans le ciel, en direction de la montagne. Il tape alors sur le dos de Darbishire, qui regarde alors vers le Lac Coniston, dans la direction opposée : Regarde, qu'est-ce que c'est que çà ? pointant le ciel au-dessus de Dow Crag. L'objet a une apparence argentée, vitreuse, brilalnt comme de l'aluminium au soleil. Il glisse vers eux depuis Coniston, descendant jusqu'à disparaître derrière un bout de terrain élevé, puis à nouveau en vue quelques secondes plus tard. Il approche à moins de 400 yards des 2 enfants stupéfaits, se déplaçant à une vitesse énorme, puis stoppant tout net et restant en survol, sans bruit, dans le ciel. Avec l'appareil photo, Darbishire parvient à prendre 2 photos de l'objet : une alors qu'il est en survol, et l'autre lorsqu'il fonce pour s'éloigner d'eux, disparaissant dans le ciel.

Une des photos
Une des photos

Cet objet paraissait fait d'une matière vitreuse et avait une partie supérieure en forme de coupole avec de petites fenêtre et 3 petites protubérances ou sphères sur sa partie inférieure, où apparaissait aussi un point sombre central, de forme semblable à un cône. Myer, lui, raconte que l'objet s'est plus tard immobilisé pendant quelques secondes, allant vers eux et passant très près de leurs têtes. C'est cette proximité, non photographiée, qui leur aurait permis de décrire l'objet comme metallique, paraissant manufacturé et au-sommet duquel se voyait clairement une tourelle avec plusieurs fenêtres.

Après la disparition de l'objet, les enfants courrent vers la maison de Darbishire, où ils racontent l'histoire au père de ce dernier. Il lui déclarent avoir fait 2 photos, et lui confient l'appareil. Le père ne croît pas trop à l'histoire des enfants, mais donne le film à développer à un photographe de la localité, nommé Pattison.

Au développement apparaît l'objet mystérieux. Les négatifs sont examinés par des experts, qui ne décèlent aucune trace de trucage. Le Lancashire Daily Post se fait l'écho de la nouvelle. Stephen qu'il ne savait absolument rien sur les soucoupes volantes avant son observation.

Un modèle familier

Projection orthogonale de la photographie sur un modèle de soucoupe d'Adamski Les projections orthogonales bien connues ont aussi été publiées dans la FSR de septembre/octobre 1963 et juillet/août 1964
Projection orthogonale de la photographie sur un modèle de soucoupe d'Adamski

Bien qu'assez diffuses, on remarque vite la similarité des images avec la modèle de soucoupe "classique" d'Adamski. Desmond Leslie, co-auteur du livre de ce dernier, tente maladroitement de prouver que Darbishire n'avait pas lu Flying Saucers Have Landed, en indiquant que Darbishire avait seulement admit avoir vu la photographie de la soucoupe d'Adamski publiée dans Illustrated le 30 septembre [sic] 1953.

En fait, l'ingénieur aéronautique anglais Leonard Cramp montre par le moyen de projections orthogonales que les photographies de Darbishire et d'Adamski pourraient concerner des objets identiques. L'analyse est publiée par Charles Bowen dans le numéro de /, puis / de la FSR.

Darbishire subit une forte pression et admet qu'il s'agissait d'un canular. En 2004, un journal consacrant un article à cette affaire, confirme que maintenant M. Darbishire, un artiste de 63 ans bien connu dans le South Lakeland, dit que tout cela était un canular "Hoax UFO Sighting To Be Recreated For Art", Evening Mail, 9 octobre 2004.

Références :