Le Centre National de la Recherche Scientifique, premier centre de recherche fondamentale en Europe. Il compte près de 12000 chercheurs, 14000 ingénieurs, techniciens et administratifs. Son budget annuel équivaut au quart du budget de la recherche civile de la France. Ses laboratoires propres et ceux qu'il anime en collaboration avec les universités, les autres organismes de recherche et les industries sont répartis sur tout le territoire national ; quelques-uns sont établis à l'étranger. Tous les domaines du savoir sont représentés, de la physique aux sciences humaines et sociales, en passant par les mathématiques, la biologie et la chimie.

Le CNRS est créé par un décret du Président de la République Albert Lebrun, le , quelques jours après le début de la 2nde guerre mondiale. A cette époque, le CNRS a pour vocation de regrouper tous les organismes d'État, non spécialisés, de recherche fondamentale ou appliquée, et de coordonner les recherches à l'échelon national. Il est le fruit de la clairvoyance et de la persévérance de quelques scientifiques, parmi lesquels Jean Perrin, prix Nobel de physique en 1926. Ce dernier est à l'origine de la fusion de la Caisse nationale de la recherche scientifique avec l'Office national des recherches scientifiques et des inventions en 1938. Et c'est ce Centre national de la recherche scientifique appliquée, ainsi créé, qui devient, en 1939, le Centre national de la recherche scientifique.

La guerre sévissant, le CNRS consacre ses premières années aux recherches appliquées : militaires jusqu'à l'armistice, et économiques jusqu'en 1944. Recherches atomiques, détection par ondes radio, produits alimentaires de substitution... sont autant de recherches menées dans les laboratoires financés par le CNRS, pendant ces années de guerre. Le véritable essor du CNRS débute après la victoire de 1945 : l'organisme s'oriente alors nettement vers la recherche fondamentale. La recherche appliquée est confiée à de grands organismes spécialisés et créés à cet effet : l'ORSTOM spécialisé dans la recherche outre-mer, le CNET et le CEA.

1966 voit la mise en place d'une importante mutation structurelle au sein du CNRS. Sa mission est étendue, et son but est d'aider l'ensemble de la recherche française. Cela commence par la création d'unités associées : des laboratoires universitaires, soutenus par le CNRS grâce à ses moyens humains et financiers, et liés avec lui par un contrat d'association. Un peu plus tard, sont créés 2 instituts fédératifs : l'Institut National d'Astronomie et de Géophysique (1967), qui deviendra ultérieurement l'INSU, et en 1971, l'IN2P3. Ces deux structures coordonnent les efforts du CNRS et de l'enseignement supérieur pour lancer et conduire de nouveaux programmes scientifiques, construire et gérer des équipements lourds, tels le télescope franco-italien Thémis aux Canaries pour l'INSU, ou l'ESRF à Grenoble pour l'IN2P3.

C'est aussi dans les années 1960s que Jean-Pierre Petit commence à travailler sur la MHD, dans le cadre d'un projet expérimental du laboratoire de mécanique des fluides du CNRS, à Marseille. Cependant les événements de 1968 lui font abandonner : Petit décide d'abandonner la recherche expérimentale — et donc de quitter le laboratoire — et de s'investir de plus en plus dans la théorie pure. Il reste au CNRS, apprend la théorie cinétique des gaz, l'astrophysique. En 1972, il soutient sa thèse d'Etat — dont la rédaction a commencée en secret — sur la théorie des plasmas stellaires et galactiques. En 1974 il intègre l'Observatoire de Marseille du CNRS, où il fait la connaissance de l'astronome Maurice Viton [Petit 1991].

Au cours des années 1970s, l'intérêt pour des recherches finalisées s'affirme avec la création du département des sciences pour l'ingénieur. Sa vocation : développer une recherche fondamentale susceptible de répondre aux problèmes posés par les industriels. Les années 1980 sont marquées par une évolution des découvertes scientifiques, souvent à la croisée de diverses disciplines. La science évolue, le CNRS également : il inaugure une politique d'actions interdisciplinaires de recherche. Ces dernières réunissent, sur un thème donné, des chercheurs de disciplines scientifiques différentes, qui tentent de répondre aux questions posées par la société à la science. La santé, l'énergie, l'environnement en sont des exemples. Dans le même temps, le CNRS s'ouvre aux autres organismes de recherche, tel l'INSERM ou, plus récemment, à l'industrie en créant des unités mixtes, gérées conjointement par le CNRS et une entreprise publique ou privée. Intensifiant ses partenariats et participant à l'effort national d'optimisation des moyens de la recherche publique, le CNRS est le premier des organismes nationaux de recherche à s'engager dans la "contractualisation" au cours des années 1990s.

Ont travaillé au CNRS :