Interview de Jesse Marcel par Bob Pratt

8 décembre 1979, maison de Marcel en Louisiane

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Pratt : Parlez-moi de vos antécédents.

Marcel : Je suis entré dans l'Armée de l'Air en Avril 1942, j'étais aide de camp du général Hap Arnold. J'ai commencé comme sous-lieutenant. Il a décidé que je devais rejoindre l'école du renseignement, des examens longs et pénibles. L'école du renseignement aérien de Harrisburg, en Pennsylvanie, sous le commandement du colonel Egmont Koenig. J'ai étudié. d'abord le renseignement de combat, puis j'ai continué dans le renseignement photographique, car j'avais déjà fait pas mal de cartographie et d'interprétation de photos aériennes. J'ai utilisé à la fois le renseignement de combat et le renseignement photographique dans mon travail. Il m'a proposé de rester en qualité d'instructeur, ce que j'ai fait pendant 1 an et 3 mois. J'ai posé ma candidature pour aller combattre outre-mer. J'ai été envoyé dans le Pacifique sud, en Nouvelle-Guinée, en tant qu'officier de renseignement d'escadron. J'avais déjà piloté avant d'entrer dans l'armée - j'ai commencé en 1928 - ce n'était pas une expérience nouvelle pour moi. J'ai fait beaucoup de vols, des combats aériens, en B-24. J'ai été promu au rang d'officier de renseignement de groupe jusqu'à ce qu'on me renvoie aux Etats-Unis, juste avant que la bombe A soit lâchée sur le Japon. Ils m'ont envoyé prendre des cours de navigation au radar à Langley. C'est à ce moment-là que la bombe est tombée et que la guerre a pris fin. Alors j'ai été réaffecté à la 8ème armée aérienne.

Pratt : Le quartier général était à Colorado Springs.

Marcel : C'est là que je me suis présenté au rapport, mais le lendemain on me transférait à Roswell, au Nouveau-Mexique - devenue ensuite la base aérienne Walker, immédiatement après la fin de la guerre - à la 509ème escadre de bombardement, j'étais officier de renseignement de l'escadre de bombardement.

Pratt : Quel était votre grade ?

Marcel : Commandant. Suis resté jusqu'en Octobre 1947. Le 509ème était le seul régiment au monde équipé de la bombe A. Le premier projet auquel j'ai participé était un essai atomique à Bikini en 1946, puis je suis revenu à Roswell jusqu'à la fin de 1947, puis envoyé à Washington. J'ai passé 8 ans 1/2 dans l'armée, j'ai aussi servi dans la Garde Nationale en Louisiane et au Texas. C'était devenu difficile de quitter le service, mais j'estimais que c'était mon devoir envers ma famille. J'ai été affecté au programme des armements spéciaux et chargé de collecter des échantillons d'air dans le monde entier pour les faire analyser. En fait, quand nous avons fini par détecter qu'une explosion nucléaire avait eu lieu, nous avons. j'ai dû faire un rapport là-dessus. En fait, c'est moi qui ai écrit le rapport que le président Truman a lu à la radio pour annoncer que les Russes avaient fait exploser une bombe atomique. C'était après que j'ai quitté le 509ème. J'ai quitté l'armée en 1950, fin 1950.

Pratt : Quel était votre grade à ce moment-là ?

Marcel : Après cette histoire de soucoupe volante en 1947, j'ai été promu lieutenant-colonel, en Décembre 1947.

Pratt : Quand avez-vous appris que vous aviez été promu ?

Marcel : Après avoir quitté le service. Ils m'ont tenu tellement occupé que je n'ai jamais pris le temps de jeter un oil à mon dossier personnel. J'ai quitté le service actif avec le grade de lieutenant-colonel.

Pratt : Vous dites que vous aviez déjà piloté avant la guerre. Est-ce que cela faisait partie de votre travail ?

Marcel : Pilote privé.

Pratt : Quel était votre métier avant la guerre ?

Marcel : J'étais cartographe. J'ai travaillé pour l'US Engineers et pour la compagnie pétrolière Shell. Je travaillais pour la Shell comme photographe quand la guerre a éclaté. Tout mon travail de cartographie pour l'US Engineers et pour la Shell était à base de photos aériennes. Pas de diplôme à l'époque - j'en ai obtenu un ensuite, 6 écoles différentes. Je parle français et anglais, je comprends plusieurs autres langues sans les parler. Après la guerre, j'ai travaillé dans l'électronique, je réparais des radios et des télés, puisque j'avais été opérateur radio pendant toutes ces années. A la retraite maintenant, [avec ma] femme. Mon fils est docteur à Helena, dans le Montana. Il est aussi sismologue.

Pratt : Quand avez-vous trouvé les débris au Nouveau-Mexique ?

Marcel: Je ne me souviens pas de la date exacte. C'était en Juillet 1947. Comment cela à commencé : J'étais dans mon bureau. J'étais allé au Club des Officiers pour déjeûner et était assis en train de manger lorsque j'ai reçu un appel du sheriff de Roswell. Et il voulait me parler. Il dit, "Il y a un homme ici, un fermier, qui est venu à la ville pour vendre ses laines. Il vient juste de tondre son mouton, et il m'a dit quelque chose d'étrange et vous devriez être au courant de cela." Et je dis "Eh bien, je suis tout ouies." Il dit, "Le nom de cet homme est Brazel. Il dit avoir trouvé quelque chose sur sa ferme qui s'est écrasé, le jour d'avant ou quelques jours avants, et il ne sait pas ce que c'est. Il dit que que cela pourraît bien être intéressant que vous enquêtiez dessus. Je sais que vous êtes l'officier de renseignement de la base." Alors j'ai dit, "Bon, bien... où puis-je le rencontrer ?" Il dit "Eh bien, il va partir d'ici vers 3 heures 30 ou 4 heures, mais il est à mon bureau en ce moment - si vous voulez venir et lui parler maintenant. Il sera là à vous attendre." Et il l'était, et il me parla de tout cela. Eh bien, il m'intéressa, et revint donc — Je dis, "Vous attendez ici... Je dois retourner à la base." Alors, j'ai parlé de cela à mon OC [Officier Commandant] -- [pour savoir] quel était son conseil. Il dit, "Mon conseil est que vous devriez monter dans cette voiture." Il dit "Quelle quantité de tout cela est là-bas ?" Je dis, "Eh bien, d'après ce que raconte l'homme [Brazel] pas mal." Il dit "Bien, vous avez 3 agents du CIC qui travaillent pour vous."

Pratt: CIC ?

Marcel : Ce sont les agents du contre-espionnage. Vous voyez, mon travail principal là-bas était d'habiliter le personnel à travers la Atomic Energy Commission pour être affecté à cette base, du personnel militaire. J'avais 5 officiers et une vingtaine de dactylos qui travaillaient pour moi, avec un bureau en constante effervescence. Avec ces 3 agents du CIC, ils auraient fait l'enquête. A chaque fois que je devais enquêter sur quelqu'un, je leur confiais le boulot, et ils me retournaient leurs rapports à mon bureau et nous écrivions les rapports. Bien, pour en revenir à cela : donc, j'ai parlé au colonel Blanchard [l'OC], et il a dit, "Prenez tout ce dont vous avez besoin avec vous, mais allez-y." Donc, j'ai pris un des agents, nommé Cavitt, que, d'ailleurs, nous n'avons jamais été capables de retrouver car je ne connais pas son prénom. Je n'ai gardé aucun papier sur les agents du CIC ; je n'en étais pas responsable. Bref — mais j'avais 3 d'entre eux. Donc, je l'ai pris. Il conduisit une Jeep cariole. Je conduisais ma voiture de fonction. Et nous avons pris le cross country derrière ce camion pickup que le fermier avait. Il ne suivait aucune des routes qui partaient. C'était une ferme de 80 miles carrés, me dit-il. C'était grand. Alors, nous avons passé la nuit là-bas dans sa petite cabane, et le matin suivant nous nous sommes levés et avons décollé. Il nous a emmené à cet endroit, et nous avons commencé à récupérer des fragments, qui me semblaient étrangers. Je n'ai jamais rien vu de tel. Je ne savais pas ce que nous ramassions. Je ne le sais toujours pas. A ce jour, je ne sais toujours pas ce que c'était. Et j'en ai rapporté autant que je pouvais à la base. Et, eh bien, un jeune GI ingénieux a pensé qu'il pourrait essayer de remettre quelques pièces ensembles et de voir s'il pourrait le faire correspondre avec quelque chose. Je ne pense pas qu'il ait jamais pu faire correspondre 2 pièces. C'était tellement fragmenté. C'était répandu sur une grande zone — Je suppose peut-être 3/4 de mile de long et quelques centaines de pieds de large. Alors, nous avons chargé, et sommes retournés à la base. Dans le même temps, nous avions un officier des relations publiques eager-beaver ; Il trouva. Il appela AP à ce sujet. C'est alors que ça a chié dans le ventilo. Je n'ai pas peur d'utiliser cette expression. J'ai probablement reçu des appels téléphonique de partout. Des journalistes essayaient de venir me parler, mais je n'avais rien pour eux. Je ne pouvais rien leur dire. Je n'avais rien de quoi parler. Ils voulaient voir le truc, ce que je ne pouvais leur montrer. Alors, mon OC, tôt le matin suivant, m'a envoyé pour faire un arrêt à Carswell [AFB at Fort Worth, Texas] et parler au général Ramey. Le tout dans un B-29. Mon OC me dit "Allez-y et emmener à Wright-Patterson air field en Ohio." Mais lorsque j'arrivais à Carswell, le général Ramey n'était pas là. Mais ils avaient de nombreux journalistes et un groupe de microphones qui voulaient m'interroger. Mais je ne pouvais rien dire. Je ne pouvais rien dire tant que je n'avais pas parlé au général. Je devais suivre ses ordres, et il rumina, "Bien, nous ne disons simplement rien." Alors j'ai dit, "Général, le colonel Blanchard m'a demandé d'apporter ceci à Wright-Patterson." Et il a dit "Vous le laissez ici, nous le prendrons en charge à partir d'ici." Et ce fut la fin de cela; c'était la fin de ma partie dans tout cela. Je ne sais toujours pas ce que j'avais ramassé.

Pratt : Ont-ils gardé le B-29 ?

Marcel : Non, non, il [le matériel] fut transféré sur un transport. Le général m'a dit, "Vous retournez à Roswell. On a plus besoin de vous là-bas." Il dit. "Vous avez une gros boulot là-bas. Ce que vous faites est important. Ici, ce ne sera rien."

Pratt : Le nom du fermier ?

Marcel : Brazel. Je ne connais pas le prénom.

Pratt : Où par rapport à Roswell, cette ferme ?

Marcel : Au Nord des sites d'essais et, je dirais, à 60 miles au Nord-Ouest de Roswell.

Pratt : Le nom du Sheriff ?

Marcel : Je ne m'en souviens pas là. Il était le sheriff du comté où était Roswell ?

Pratt : [La spécialité du] Fermier ?

Marcel : Bétail et moutons.

Pratt : Le matin suivant, il vous a emmené dehors à cet endroit ?

Marcel : Oui. En fait, il a sellé 2 chevaux [rires]. Je n'avais jamais monté un cheval de ma vie. Et j'ai dit "Vous deux vous montez les chevaux." Cavitt était un vieux — il était de l'Ouest du Texas, était chez lui sur un cheval. Donc, on est partis. Nous arrivâmes là-bas, et nous avons chargé le tout sur la cariole; et nous arrivâmes assez tard. Mais je n'étais pas satisfait. Je retournais. Je dis à Cavitt, "Tu reconduis ce véhicule à la base, et je vais retourner là-bas ramasser tout ce que je peux en mettre dans la voiture."

Pratt : Le terrain ?

Marcel : Très plat. Et très aride. Vous aviez des broussailles. C'était adapté pour une ferme de moutons, pour le pâturage. Je n'y ai pas trop prêté attention parce que mon intérêt était autre.

Pratt : Lorsque vous êtes arrivé là-bas, qu'avez-vous réellement vu — des morceaux de métal ou... ?

Marcel : J'ai vu -- eh bien, nous avons trouvé du métal, de petits morceaux de métal; mais en majorité nous avons trouvé du matériel qu'il fut difficile à décrire. Je n'avais jamais rien vu de tel ; et je ne sais toujours pas ce que c'était. Quoi qu'il en soit nous l'avons ramassé. Une chose, une autre — ...

Pratt : C'était quelque chose de fabriqué ?

Marcel : Oh, oui absolument. Mais une chose qui me revient. Je m'en souvient très distinctement. J'ai voulu voir si un de ces trucs brûlait, mais tout ce que j'avais était un briquet pour cigarettes, parce j'ai été un gros fumeur. Quoi qu'il en fut, j'ai allumé le briquet sur un de ces trucs et cela n'a pas brûlé.

Pratt : Des inscriptions ?

Marcel : Oui, il y en avait. Quelque chose d'indéchiffrable. Je n'ai jamais vu quelque chose comme çà. Oh, moi je les appelle des hiéroglyphes. Je ne sais pas si c'était des hiéroglyphes ou pas.

Des inscriptions, cependant ?

Oh, oui [sur] des petits membres, des membres de petite taille -- des membres solides que vous ne pouviez pas plier ni casser. Mais cela ne ressemblait pas à du métal; cela ressemblait plutôt à [illisible].

Pratt : Grand comment ?

Marcel : Ils avaient des tailles variables. Ils faisaient, si je me souviens bien, peut-être 3/8èmes de pouce par [illisible] d'un pouce d'épaisseur, et avaient simplement toutes les tailles. Aucun d'entre eux n'était très long.

Pratt : Le plus grand ?

Marcel : Je dirais 3 ou 4 pieds.

Pratt : Lourd ?

Marcel : Le poids était léger. On ne le sentait même pas - dans votre main comme si c'était du bois de balsa.

Pratt : Un morceau de 3 ou 4 pieds de long; était-ce large ou... ?

Marcel : Oh, non, c'était un membre solide ; des membres rectangulaires, juste comme un carré [il dessine un schéma]... des longueurs variables, et il y avait le long de certains des petites inscriptions, des inscriptions en deux couleurs autant que je me souvienne -- c'était comme des inscriptions chinoises pour moi; rien que vous pouviez interprêter..

Pratt : Tout était de cette forme, long et élancé ?

Marcel : Tous les membres solides étaient comme çà. Il y avait d'autres choses qui ressemblaient plus à du parchemin, qui ne brûlait pas non plus. Evidemment — Je surmise, I'm not — j'étais tout simplement au fait de toutes les méthodes utilisée par les militaires pour les dispositifs d'observation météo, et je ne pouvais rien identifier de tout cela comme étant [illisible].

Pratt : Vous volez depuis 1928; cela fait 20 ans. Cela faisait-il partie d'un quelconque appareil que vous connaissez ?

Marcel : Non, cela ne pouvait pas faire partie d'un appareil.

Pratt : Pas partie d'une sorte de ballon météo ou ballon expérimental ?

Marcel : Je ne pouvais pas voir ce que c'était. Non. Par exemple, si cela avait été un ballon, comme les parties que nous avions ramassées, cela n'aurait pas été poreux. Et c'était poreux..

Pratt : Certains dechiquetés ou cassés ?

Marcel : Non. Autant que je me souvienne, ils étaient clean. Vous voyez, j'avais très peu de temps à passer à cela, j'avais d'autres choses à faire. J'ai apporté le tout ici, mon OC l'a vu, mon personnel l'a vu. Et puis, le jour suivant, mon OC m'a dit de l'emporter à Wright-Patterson

Pratt : Pourquoi là-bas ?

Marcel : Pour analyse. Ils voulaient voir ce que c'était.

Pratt : Quelle était l'agence à Wright ?

Marcel : Les laboratoire d'analyse de l'Air Force, je pense.

Pratt : Combien de pièces ?

Marcel : Il pouvait y en avoir des centaines. Je ne me souviens pas. Il s'en est passé du temps depuis que j'ai eu affaire à çà. Je l'ai tout simplement presque effacé de ma mémoire.

Pratt : Lorsque vous êtes sorti ce matin-là, vous pouviez voir tout cela éparpillé sur une bonne distance ?

Marcel : Oh mon dieu oui, pratiquement aussi loin que vous pouviez voir. Trois-quart de mile de long et 200 à 300 pieds de large. Je vous dit ce que j'ai supposé. Une chose que j'ai remarqué : en fait rien n'avait touché le sol, repondit sur le sol. C'était quelque chose qui avait dû exploser au-dessus du sol et tomber. Et j'ai appris plus tard que, plus à l'Ouest, vers Carrizozo, ils avaient trouvé quelque chose comme cela également. A ce sujet je ne sais rien du tout... à la même période — à 60 ou 80 miles à l'Ouest de là.

Pratt : Des fermiers ont trouvé quelque chose de semblables là-bas ?

Marcel : Je pense que cela fut découvert par un arpenteur de là-bas.

Pratt : Avez-vous ramassé tous les morceaux ?

Marcel : Nous n'avons pas couvert toute la zone. Ramassé autant que nous pouvions transporter, et il en restait là-bas...

Pratt : Groupés ou rassemblés ou éparpillés ?

Marcel : éparpillés partout, juste comme si vous aviez fait exploser quelque chose au-dessus du sol et que c'était tombé sur le sol. Une chose qui m'impressiona était qu'il vous était évident de déterminer de quelle direction cela venait et dans quel direction il se dirigeait. Il se déplaçait du Nord-Est au Sud-Ouest; c'était son tracé. Vous pouviez dire où cela commençait et où cela finissait de la manière dont cela s'estompait. Bien que je n'ai pas couvert la zone entière où ce truc était, je dirais que le plus épais était là où nous avons commencer à regarder et cela s'aminciçait alors que nous allions vers le Sud-Ouest.

Pratt : Les morceaux les plus petits ?

Marcel : 4 ou 5 pouces. C'était quelque chose d'une plus grande surface qui avaient été ensembles.

Pratt : Des cassures nettes ou des cassures évidentes ?

Marcel : Je ne me souviens pas. Rien ne semblait déchiré. C'est assez difficile d'assimiler dans votre esprit juste ce que c'était parce que je ne l'ai pas cotoyé si longtemps. C'est comme quand vous tenez une patate chaude — vous voulez vous en débarasser.

Pratt : Est-ce que le fermier avait été dans cette zone peu avant de trouver cela ?

Marcel : Je me rappelle vaguement qu'il m'a dit avoir entendu une explosion la nuit et le jour suivant être allé dans cette direction et avoir vu le tout.

Pratt : Nous n'avions pas de satellites en 1947.

Marcel : Non.

Pratt : Des missiles, cependant, n'est-ce pas ?

Marcel : Oh, oui

Pratt : A l'évidence ce n'était pas une fusée ?

Marcel : oh, non, unh-unh. J'ai vu des fusées envoyées sur les Terrains d'Essais de White Sands. Cela ne faisait vraiment pas partie d'un appareil ni d'un missile ou d'une fusée.

Pratt : Etrange, n'est-ce pas ?

Marcel : Oui, çà l'est. C'est déconcertant. Une chose que je me demande toujours : pourquoi l'Air Force n'a jamais fait de publicité à ce sujet. Ils ne voulaient probablement pas récupérer quelque chose sur laquelle ils voulaient s'asseoir — C'est mon avis. Il y avait beaucoup de rapports sur des soucoupes volantes dans cette région. En fait, je ne suis pas sûr — Je ne ne jurerai pas, mais une nuit vers 11 h 30 — J'habitais à la ville — le marshall principal m'a appelé et a dit "Vous devriez venir ici vite." Il ne voulu pas développer au téléphone sur ce que c'était. Alors, j'ai pris ma voiture et mis mon pied sur l'accélérateur et suis parti aussi vite que je pouvais; et c'était une route directe. Quelque chose attira mon attention. C'était une formation de lumière se déplaçant du Nord vers le Sud. Mais c'était si — Je veux dire, nous n'avions rien qui voyageaient aussi vite de toute façon. Je le savais. Nous n'avions aucun appareil qui voyageait à cette vitesse, parce que ce fut seulement peut-être 3 ou 4 s depuis au-dessus de moi jusqu'à l'horizon; c'était des lumières brillantes volant en parfaite formation en "V". Et j'ai hésité à ouvrir la bouche à ce sujet parce que je savais que personne ne me croirait. Mais 2 ou 3 jours plus tard un GI dit "J'ai vu quelque chose dans le ciel l'autre nuit"; et décrivit exactement ce que j'avais vu.

Pratt : Avant cet incident ?

Marcel : Juste un peu avant. Quoi qu'il en soit, je pense qu'il y a du crédible dans ce domaine des ovnis. J'y crois. Même mon fils, Jesse, un après-midi— Il a 2 petits garçons et 1 fille et les garçons étaient avec lui — il allait en ville et — ils vivent sur une petite route sinueuse sur le flanc de la montagne ; et un des garçons dit "Papa, regarde çà !" Mon fils a arrêté la voiture et regardé en l'air et a vu un objet circulaire brillant qui a tout d'un coup décampé comme personne d'autre.

Pratt : La Jeep cariole de Cavitt ?

Marcel : C'est un peu plus grand qu'un camion pickup avec une bâche. Et nous en avons chargé tout l'arrière de matériel et puis je suis retourné charger ma voiture.

Pratt : Et il en restait beaucoup ?

Marcel : Oh mon dieu oui. Oui, nous n'en avons ramassé qu'une petite partie.

Pratt : Vous mettez tout cela sur le B-29 et on envoie tout le matériel à Wright ?

Marcel : Tout ce que nous avions.

Pratt : Et vous n'en avez jamais entendu reparler plus de la part du général Ramey ou....

Marcel : Rien du tout

Pratt : Ou de Wright field ?

Marcel : Rien du tout.

Pratt : Savez-vous si c'est le cas pour Blanchard ?

Marcel : Ca je ne pourrais pas le savoir. Je doute plutôt que ce fut le cas, parce que s'il avait entendu quelque chose à ce sujet il m'en aurait parlé; et il ne l'a jamais mentionné.

Pratt : Combien de temps êtes-vous resté à Roswell après cela ?

Marcel : ...jusqu'à fin 1947.

Pratt : Où êtes-vous allé ?

Marcel : Transferré à Washington, D. C. J'ai eu un bureau avec un titre long comme çà [il écarte les bras]. J'étais au Batiment du Service Sélectif près de la Maison d'Etat sur E Street.

Pratt : Que croyez-vous que c'était ?

Marcel : En bien, autant que je sache, ou puisse le résumer — J'étais assez coutûmier de la plupart des choses qui était dans l'air à l'époque, pas seulement mon propre appareil militaire mais aussi dans de nombreux pays étrangers. Et je crois toujours que ce n'était rien de terrestre. C'est venu SUR Terre, mais cela ne venait pas DE la Terre. La plus grande erreur que j'ai jamais faite — bien sûr je ne le pouvais pas — fut de ne pas garder un morceau de çà. Mais en toute honnêteté par rapport à mon travail et au service, je ne le pouvais pas.

Pratt : Vous a-t-on jamais demandé de ne pas parler de cela ?

Marcel : On a pas à vous le dire. Vous le savez, tout simplement. Je ne pourrait pas compromettre ma part du service et être critiqué pour ce que j'ai dit.

Pratt : L'homme des R. P. a appelé AP, etc... L'idée était qu'une soucoupe volante s'était écrasée ?

Marcel : Je ne sais pas. Je ne lui ai pas parlé ni ai lu ce qu'il disait. J'ai entendu des choses contradictoires à ce sujet. J'ai entendu que cet homme des R. P. avait appelé la presse sans consulter l'OC; et plus tard j'ai entendu que l'OC l'avait autorisé à le faire. Mais je n'ai pas vérifié cela...

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