Enquêtes de terrain

Edward U. Condon

Une première attention a été portée à la question de l'investigation de cas individuels, que ce soit par une étude critique détaillée d'anciennes archives ou par une voyage pour une enquête sur le terrain de cas actuels. De cette étude nous avons conclu qu'il y a peu à gagner de l'étude de cas anciens, à l'exception peut-être pour avoir une idée des erreurs à éviter dans l'étude des nouveaux cas. Nous avons donc décidé de ne pas faire de voyages sur le terrain pour enquêter sur des cas datant de plus de 1 an, bien que dans quelques cas nous ayons effectivement fait quelque travail sur de tels cas lorsque leur étude pouvait être combinée avec une enquête sur le terrain d'un cas nouveau.

Au début nous avions espéré que les équipes sur le terrain pourraient répondre aux prermiers avertissements si rapidement qu'ils seraient capables d'être sur le site alors que l'ovni était encore là, et que nos équipes non seulement obtiendraient leurs propres photographies, mais pourraient même obtenir des spectrogrammes de la lumière de l'ovni, ainsi qu'effectuer des mesures radioactives, magnétiques et sonores alors que l'ovni était toujours présent.

De telles attentes se révélèrent vaines. Pratiquement toutes les observations d'ovnis sont de très courte durée, durant rarement jusqu'à 1 h et généralement quelques minutes. Les observateurs deviennent souvent si excités qu'ils ne le signalent pas du tout tant que l'ovni n'est pas parti. Avec les délais de communication et de voyage, l'équipe de terrain fut incapable de se rendre sur la scène avant longtemps après que l'ovni n'ait disparu.

Ce fut, bien sûr, un situation hautement insatisfaisante. Nous avons beaucoup pensé à la manière dont il pourrait être surmonté et avons conclu que cela ne pourrait être fait qu'au travers d'une grande campagne de publicité conçue pour amener le public à signaler des observations bien plus rapidement qu'il ne le fait, couplé à un arrangement dans tout le pays pour avoir de nombreuses équipes de terrain formées réparties en de nombreux points à travers la nation. Ces équipes devraient être prêtes à répondre à n'importe quel moment. Même ainsi, dans la grande majorité des cas, ils ne seraient pas arrivés à temps pour une observation directe de l'ovni signalé. De plus, la publicité national conçue pour assurer un signalement plus prompt aurait eut l'effet de soulever une préoccupation exagérée du public sur le sujet, et aurait certainement grandement augmenté le nombre de signalements insensés auquel il aurait fallu répondre. Dans le recrutement du grand nombre d'équipes de terrain, une grande attention aurait dû être exercée pour s'assurer qu'elle auraient été composées de formation scientifique adéquate, plutôt que de personnes impliquées émotionellement dans des points de vue pour ou contre sur le sujet.

Ce dépassait clairement les moyens de notre étude. Un tel programme pour couvrir la totalité des Etats-Unis coûterait de nombreux millions de $/an, et même alors il y aurait peu de chances que quoi que ce soit d'importance ait été découvert.

Dans quelques cas des éléments physiques purent être récoltés lors de l'examen d'un site où un ovni était décrit avoir atterri. Dans un tel cas peu importait que l'équipe arrive après que l'ovni soit parti. Mais dans aucun cas nous n'avons obtenu quelque preuve de ce type bien tout effort ait été fait dans ce but (voir ci-dessous et dans la section 3, les chapitres 3 et 4).

Ainsi la plupart de l'enquête de terrain, comme cela s'est révélé, a consisté en l'interrogation des personnes ayant fait le signalement. By all odds the most used piece of physical equipment fut le magnétophone.

La question du nombre d'enquêteurs dans une équipe sur le terrain était une question importante. Dans la plupart du travail effectué dans le passé par l'Air Force, les observateurs d'ovni furent interrogés par un seul officier de l'Air Force, qui ne disposait généralement d'aucune formation spéciale et dont la liberté de consacrer beaucoup de temps à l'étude était limitée par le fait qu'il avait aussi d'autres responsabilités. Lorsque les études de terrain sont réalisées par organisations d'amateurs comme l'APRO ou le NICAP, ils y a souvent plusieurs membres présents dans une équipe, mais il y a généralement des personnes sans formation technique, et souvent avec une forte inclinaison vers les aspects sensationnels du sujet.

Le professeur Hynek croit fermement que les équipes devraient avoir 4 membres ou plus. Il recommande d'administrer à chaque rapport ce qu'il appelle le traitement du FBI, par lequel il désigne non seulement un interrogatoire approfondi des personnes ayant fait le signalement, mais en plus une active quest dans le voisinage où l'observation a eut lieu pour essayer de découvrir des témoins supplémentaires. Un tel approfondissement doit être mis en balance avec la considération que le coût par cas s'élève proportionnellement avec le nombre de personnes dans une équipe, de sorte que plus grande est l'équipe, moins de cas peuvent être étudiés.

Les discussions détaillées du chapitre 1 de la section 3 et en section 4 rendent clair que le travail sur le terrain est associé à de nombreuses frustrations. Nombre des voyages se révèlent être des chasses d'oies sauvages et les membres de l'équipe ont souvent le sentiment de faire partie d'un poste de pompiers répondant le plus souvent à des fausses alertes.

Nous avons trouvé qu'il est toujours intéressant de faire beaucoup d'interviews initiales par téléphone longue distance. Un grand nombre de signalements semblant de prime abord mériter une enquête complète sur le terrain purent être éliminées de cette manière avec comparativement peu de dérangement et de dépenses. Chaque cas présentait ses propres problèmes spécifiques. Aucune règle hard-and-fast ne fut trouvée par laquelle décider à l'avance si un signalement particulier méritait le dérangement d'un voyage sur le terrain.

Après avoir considéré avec attention ces divers facteurs, nous avons décidé d'opérer avec des équipes de 2 hommes, composées chaque fois que possible de 1 personne avec une formation en science physique et de 1 avec une formation en psychologie. Lorsque l'étude devint pleinement opérationnelle en 1967 nous avions 3 de ces équipes. Le Dr. Roy Craig décrit le travail de ces équipes dans les chapitres 1, 3 et 4 de la section 3. Des rapports d'enquêtes sur le terrain sont présentés en section 5.