Le , sur le radar d'Orly apparaît une tache correspondant à un objet d'une taille 2 fois supérieure à celle des plus grands appareils alors en service. Aucun avion n'étant signalé dans la région, les techniciens se contentent d'abord à suivre les évolutions de l'objet supposé, variant du sur-place le plus rigoureux à 2500 km/h Ce qui exclu une inversion de température.

Un DC-3 de la ligne de Londres apparaît dans le champ de l'objet qui, alors stationnaire, est vu sur l'écran démarrant à une vitesse foudroyante en direction du DC-3. La tour d'Orly appelle alors ce dernier pour lui demander s'il ne voit rien. - Je vois une lumière rouge clignotante qui se dirige vers moi apparemment à très grande vitesse, répond le pilote. - Quelle position attribuez-vous à cette lumière ? - La verticale des Mureaux. C'est la position repérée au radar. Le pilote du DC-3 doit changer de cap pour éviter une collision qui lui semble imminente, puis l'objet disparaît à ses yeux. - Je ne vois plus rien. Avez-vous perdu le contact ? - Non, répond la tour de contrôle. L'objet semble être du côté du Bourget. En effet, le pilote, en se tournant de ce côté, aperçoit de nouveau non seulement la mystérieuse lumière clignotante, mais bien l'objet lui-même, énorme et noir sur le fond du ciel. Ce manège dure 3 h consécutives.

Au dire des enquêteurs de l'aviation civile, les pilotes des divers appareils qui atterrissent cette nuit-là à Orly après avoir vu la lumière clignotante, et parfois l'objet, manœuvrer autour d'eux à des vitesses folles, seront blêmes de peur.

Mais ce n'est pas tout :

  1. c'était comme si l'objet "connaissait" la position des radio-balises, se déplaçant fréquemment de l'une à l'autre à des vitesses allant jusqu'à 3600 km/h.
  2. c'était également comme s'il "connaissait" les limites du radar : quand aucun avion n'était en vue, il sortait du champ du radar par la verticale, et n'y rentrait que pour foncer vers l'avion en train d'approcher.
  3. A un moment, pour en avoir le cœur net, les opérateurs appelèrent le radar du Bourget, demandant : - Avez-vous la même réception que nous ? Aussitôt, le radar d'Orly est brouillé par une puissante interférence. Pour échapper au brouillage, les opérateurs d'Orly changent de fréquence. Plus de brouillage pendant quelques secondes, au cours desquelles l'objet redevient parfaitement visible sur l'écran. Après quoi le brouillage reprend sur la nouvelle fréquence : tout se passe comme si l'objet, ayant intercepté et compris la conversation entre Orly et Le Bourget, avait jugé importun le repérage radar et l'avait brouillé, et ceci de fréquence en fréquence, car radar et brouillage ne cessèrent à partir de ce moment de se poursuivre. Cette interprétation est celle des techniciens de l'aéronautique qui enquêtèrent ensuite sur l'incident.

Le radar du Bourget, en dérangement, ne fonctionnait pas cette nuit-là Michel, A.: "Oui, il y a un problème soucoupes volantes !", Planète n° 10, mai-juin 1963.

La presse relate l'incident, en France "Un engin mystérieux de grande taille survole Paris à la vitesse de 2400 km/h", Le Méridional, 19 février 1956, p. 1"Un mystérieux engin dans le ciel de Paris", L'Express, 20 février 1956 "'L'engin' d'Orly : mystère total", Le Méridional, 21 février 1956, p. 6 "'Le radar a fonctionné normalement' affirme-t-on à Orly", Le Figaro, 21 février 1956 comme ailleurs "Air Mystery In Paris", The New York Times, 20 février 1956 Kelley, Frank: "Mystery of Paris Sky: Flying Cognac Bottle?", Herald Tribune, 21 février 1956 "Paris Radar Tracks Flying 'Object'", Sunday Mirror, 11 mars 1956.