Les anarchistes (ou "libertaires") se revendiquent d'un courant socialiste considèrant l'exercice d'un pouvoir comme une oppression, ne visant qu'à assurer la puissance de quelques privilégiés.

Afin d'abolir cette exploitation de l'homme par l'homme, l'anarchisme préconise donc la suppression de tout pouvoir (domination, hiérarchie, gouvernement, chef, divinité) qu'il soit :

Des valeurs socialistes

Ainsi, l'anarchisme entend défendre les mêmes valeurs que le socialisme, mais sans l'état :

Liberté contre Etat

Selon les anarchistes, L'Etat n'a qu'un toujours qu'un but : bornier, lier, subordonner l'individu, l'assujettir à la chose générale (...). L'état cherche par sa censure, sa surveillance, sa police à faire obstacle à tout activité [Max Stirner].

Contre le communisme

Ainsi, les anarchistes considèrent que les communistes maintiennent, en l'agrandissant encore, l'Etat, le pouvoir, l'autorité, le gouvernement [Pierre-Joseph Proudon]. Ils iront jusqu'à déclarer : Je déteste le communisme parce qu'il est la négation de la liberté et que je ne puis concevoir rien d'humain sans liberté [Michel Bakounine]. L'opposition entre anarchistes et communistes sera d'ailleurs particulièrement violente.

Egalité contre capitalisme

Pour les anarchistes, le modèle d'organisation sociale capitaliste est une source d'inégalités.

Fraternité contre désordre

Pour les anarchistes, l'absence de pouvoir n'est pas synonyme de désordre : le credo de l'anarchisme est la confiance en la nature même de l'être humain. L'objectif est un ordre naturel, une organisation non imposée (par l'état typiquement). L'anarchie considère l'entraide et la solidarité comme une garantie contre les conflits entre groupes ou individus : Plus l'entraide est pratiquée, plus la société se trouve dans une situation de progrès moral, intellectuel et social [Lexique de l'anarchisme].

C'est cette solidarité qui s'exprime dans le monde ouvrier français et anglais le 28 Septembre 1864, lorsque, face à une industrialisation galopant plus vite que leurs droits, ceux-ci fondent l'Association Internationale des Travailleurs (ou "1ère Internationale") avec Marx.

L'anarchie a connu un grand succès en Europe à la fin du 19ème siècle. Ses théoriciens sont les russes Bakounine et Kropotkine, l'allemand Stirner et les français Elisée Reclus et Jean Grave. Les anarchistes multiplient les attentats contre les représentants de l'autorité, en France, entre 1880 et 1894. Il jouent un rôle important dans la guerre civile espagnole de 1936 à 1939.

Références :