Feyerabend jeune
Feyerabend jeune

Feyerabend naît le à Vienne (Autriche), où il suit sa scolarité jusqu'au cycle secondaire. Durant cette période, il prend l'habitude de beaucoup lire, développe un intérêt pour le théâtre et entâme des leçons de chant. Après avoir reçu son diplôme du cycle secondaire, il est incorporé dans l'Arbeitsdienst allemande. Après un entrainement simple à Pirmasens (Allemagne), il est assigné à une unité à Quélern en Bas (Roscanvel, France). Nous avons tourné dans la campagne, creusé des fosses puis nous les avons rebouchées, racontera-t-il. Après une courte permission il rejoint l'armée et les volontaires pour l'école d'officier. Il espère que la guerre sera finie à la fin de sa formation d'officier, mais ce n'est pas le cas. à partir de , il sert comme officier dans la partie nord du front est, est décoré de la Croix de fer et atteint le rang de lieutenant. Après que l'armée allemande commence a sa retraite à cause de l'avancée de l'armée rouge, Feyerabend se fait tirer dessus et reçoit 3 balles, dont 1 dans le dos. Il doit utiliser une canne pour marcher le restant de sa vie et éprouvera fréquemment de graves douleurs. Il passe le reste de la guerre à récupérer de ses blessures.

Feyerabend
Feyerabend

Une fois la guerre terminée, Feyerabend commençe un travail temporaire à Apolda, consistant à écrire des pièces de théâtre. Après cela, il retourne à Vienne pour étudier l'histoire et la sociologie. Il est cependant déçu et vite transféré en physique, où il rencontre Felix Ehrenhaft, un physicien dont les expériences vont influencer sa vision de la science. Il change son sujet d'étude pour la philosophie et soumet sa thèse sur les phases d'observation. A cette époque, ses opinions philosophiques sont loyalement empiristes. En il rencontre, au cours d'un séminaire à Alpbach, Karl R. Popper, qui va avoir beaucoup d'influence sur ses travaux ultérieurs (qui commençeront par s'inscrire dans la continuité de la pensée de Popper, puis en opposition avec elle). En , on lui accorde une bourse de recherche pour étudier sous la direction de Wittgenstein, mais celui-ci meurt avant que Feyerabend puisse venir en Angleterre. Feyerabend choisit alors Popper comme directeur de recherche, et vient étudier à l'école des sciences de l'économie de Londres en . C'est durant cette période qu'il est fortement influencé par Popper. J'étais tombé sous le charme de ses idées dira-t-il. Feyerabend retourne ensuite à Vienne où il participe à différents projets. On le rétribue pour effectuer une traduction de La société ouverte et ses ennemis de Popper (une étude sur le développement des sciences humaines en Autriche) ainsi que pour la rédaction de plusieurs articles encyclopédiques.

En , Feyerabend est nommé à l'université de Bristol, où il donne des cours sur la philosophie des sciences. Il est également professeur, dans la suite de sa vie, à Berkeley, Auckland, Sussex, Yale, Londres et Berlin. Il développe pendant cette période une vision critique sur la science, qu'il définit comme "anarchiste" ou "dadaïste" pour illustrer son rejet de tout dogmatisme méthodologique. Cette position est profondément incompatible avec la tradition rationaliste qui exerce une influence majeure à l'époque sur la philosophie des sciences. Feyerabend rencontre ensuite Imre Lakatos, un étudiant de Popper. Ils projetent d'écrire un dialogue dans lequel Lakatos défendrait la vision rationaliste des sciences quand Feyerabend, lui, l'attaquerait. La mort subite de Lakatos, en , ne permet cependant pas la réalisation de cet ouvrage commun. Feyerabend décide alors de publier sa part du dialogue, en insistant sur le fait que l'ouvrage, sans la réponse de Lakatos à ses critiques, restera fondamentalement lacunaire. L'opuscule, nommé Contre la méthode Feyerabend, P.: "Contre la méthode. Esquisse d'une théorie anarchiste de la connaissance", 1975, provoque néanmoins, par la virulence de sa critique de la vision de la philosophie sur les sciences, de nombreuses réactions.

En Feyerabend part enseigner à Berkeley et devient citoyen américain. Il donne des cours jusqu'en 1991. Bien qu'à la retraite, Feyerabend continue de publier des articles et travaille sur son autobiographie. Il meurt en à Zurich d'une tumeur au cerveau.