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Le , un bruissement d'ailes d'oiseaux affolés coiffe soudain les rares habitants de la Tunguska, qui étend ses forêts de conifères entre la ville d'Omsk et le lac Baïkal (Sibérie). Quelques secondes plus tard, le battement d'ailes fait place à une gigantesque explosion suivie d'une lueur aveuglante. Un phénomène inconnu vient d'anéantir, dans un véritable déluge de feu, tout un pan de la forêt sibérienne. Dans un cercle de 100 km de diamètre, une faux géante a instantanément couché au sol tous les arbres qui se dressaient là.

Sergei Semenov habitait le village de Vanarava, situé à 60 km de l'endroit. Il raconta avoir aperçu, juste avant l'explosion, un objet énorme et étincelant, gros comme la moitié du Soleil fendre le ciel à la vitesse de l'éclair. L'objet, suivi par un long sillage de poussière et de fumée, dégagea bientôt une chaleur telle que les vêtements de Semenlov commencèrent à prendre feu. Terrorisé, l'homme eut le temps de courir se réfugier dans sa maison afin d'éteindre les flammes.

D'autres témoins affirment avoir vu s'élever ensuite un énorme champignon de fumée noire, coupant littéralement le ciel en deux.

Région parmi les plus hostiles, la Tunguska comptait encore moins d'habitants à l'époque que de nos jours. Si les dégâts matériels furent énormes, on déplora donc simplement quelques blessés et brûlés. Mais ce fut un miracle.

A 22 km au nord de Vanarava, les nomades des tribus Tungouzes transhumant dans les forêts pensèrent que la fin du monde était venue. Leurs huttes, arrachées du sol comme des fêtus de paille, s'envolaient aux quatres vents et, pire encore, ils perdirent des milliers de leurs rennes, gravement brûlés.

A Nizhne-Karelinsk, qui est à 200 miles de l'épicentre de l'évènement.

Dans le village de Nizhne-Karelinsk au Nord-Ouest bien au-dessus de l'horizon, les paysans voient un corps briller très fortement (trop brillant pour l'oeil nu) avec une lumière blanc bleutée. Il se déplace verticalement vers le bas pendant environ 10 mn. Le corps a la forme d'un "tuyau" (i.e. cylindrique). Le ciel est sans nuages, à l'exception d'un qui est bas sur l'horizon en direction duquel ce corps luisant est observé, un petit nuage sombre est observé. Il faisait chaud et sec et lorsque le corps brillant approcha le sol il sembla se pulvériser et à sa place un énorme nuage de fumée noire se forma et un fracas bruyant, pas comme le tonnerre mais comme la chute de grandes pierres ou comme un coup de feu, est entendu. Toutes les constructions tremblèrent et au même moment, une langue fourchue de feu traversa le nuage. Les vieilles femmes pleurèrent, tout le monde pensa que le fin du monde approchait Sibir de Irkutsk, cité par Kulik.

Des personnes entendent l'explosion jusqu'à 500 miles de distance.

Les arbres tels que vu par Kulik en 1928 N. A. Strukov
Les arbres tels que vu par Kulik en 1928 (photo N. A. Strukov)

Ce jour-là, la déflagration fut si énorme que l'on l'entendit à 1500 km à la ronde, jusqu'au cercle arctique. Outre des secousses sismiques qui se déclenchèrent par vagues dans le monde entier, d'incroyables phénomènes lumineux se produisirent alors. Ce jour-là, la nuit ne se coucha pas dans la région de Tunguska... et pas d'avantage dans presque toute l'Europe, où des nuits d'une blancheur irréelle s'installèrent plusieurs semaines durant (voir ci-après). Quelque chose a explosé avec la puissance de 1000 fois la bombe Hiroshima, dévastant plus de 2000 km2 d'arbres et de faune.

Le lendemain à minuit, après cette explosion du bout du monde, la Grande -Bretagne est éblouie par un coucher de Soleil étincellant. Le Times relata l'événement : la nuit est si claire que les londoniens peuvent lire leur journal dans la rue, à minuit, sans avoir recours à l'éclairage de la ville ! Un journaliste décrit ainsi cette nuit du 30 juin : Le ciel était clair comme en plein jour et sillonné de nuages de lumière rose ; de ma vie, je n'ai assisté à quelque chose d'aussi stupéfiant.

Partie de l'expédition aérienne de Kulik en 1938
Partie de l'expédition aérienne de Kulik en 1938

Plus tard, certains compareront cette explosion avec un projet Nikola Tesla, qui semblait recèler lui aussi une puissante de destruction terrifiante. Que se passerait-il en effet si au lieu d'être répartie équitablement sur la planète, toute l'électricité était dirigée en un seul point du globe ? Selon les calculs de Tesla, l'émetteur pourrait fournir une puissance représentant 100 milliards de watts. Focalisée pendant une courte période sur une seule fréquence, cela reviendrait à produire une force de 10 000 000 000 000 000 joules ! Ce qui correspond à 10 mégatones de TNT... soit à peu près la puissance de l'explosion qui eut lieu à Toungouska. Ainsi tenait-il sans doute au bout de ses doigts une arme redoutable, aussi puissante que la bombe nucléaire, qui pouvait être dirigée vers n'importe quel point du globe.

Reportage sur l'affaire "Siberian Apocalypse", History Channel

Avec les événements du début du siècle (purge politique, première guerre mondiale), la Russie ne semble pas capable d'enquêter avant 1921. Cette année-là Leonid Kulik est sélectionné par l'Académie des Sciences Soviétique pour déterminer ce qui s'est passé. Ce dernier commence à collecter les récits de témoins visuels de l'événement.

En 1927-03 Kulik franchit la voie ferrée du trans-siberien à Tayshet et se dirige vers le village de Vanavara. Il s'agit d'un vieux village, contrairement à Bratsk qui semble composé de trentenaires déplacés depuis la région de Moscou. Il recrute un guide nommé Il'ya Potapovich, dont le frère a ressenti les effets de l'explosion 19 ans avant, sa tente ayant été soufflée à 75 miles de l'épicentre.

A la mi-avril Kulik et son guide ont atteint la rivière Merkirta et ils peuvent observer les premiers signes de dévastation. Depuis la rivière de petits monticules peuvent être observés, complètement vidés de leurs arbres. Kulik monte sur une des plus hautes collines et voit sur au moins 12 miles devant lui les arbres abattus, tous dans la même direction. Le rude hiver l'empêche d'aller plus loin. Il écrit dans son journal des ruines aussi loin que l'oeil peut voir, que cela aurait-il été si c'était Saint Petersbourg ?

En juin, Kulik revient et suit la ligne des arbres dévastés pour finalement atteindre ce qui va appeler le "chaudron". Là les arbres sont tombés de manière radiale vers l'extérieur. Il se trouve dans une légère dépression avec un diamètre irrégulier d'environ 1 mile. De là la forêt brûlée et abattue s'étend sur 20 miles derrière lui, et 37 miles dans un éventail face à lui. Familier du grand cratère d'Arizona, il cherche en vain le reste d'une météorite. Il voit de nombreux petits trous plats, mais il ne sait à l'époque s'il s'agit d'une caractéristique naturelle de la région.

Kulik effectuera 3 autres expéditions (en 1928, 1929 et 1938/1939) avant sa mort comme prisonnier de guerre le 14 avril 1942, défendant son pays contre les allemands. Il ne trouvera jamais de trace d'impact ni de fragments. Quoi que soit il semble que cela ait explosé en l'air et disparu totalement.

En 1946, Alexandr N. Kazantsev décrit dans une nouvelle de science-fiction que l'affaire de Tunguska serait due à l'explosion d'un vaisseau "martien" propulsé par énergie nucléaire. Une idée qui sera aussi défendue par Matest Agrest.

Nucléaire

En 1961 En URSS, une communication de l'Académie des Sciences indique que le désastre de la Tunguska en 1908 présentait tous les caractères d'une explosion nucléaire.

L'épisode est également cité par la commission d'enquête américaine sur les ovnis Altschuler, M. D.: "Micrometeorites of Antimatter", in "Atmospheric Electricity and Plasma Interpretations of UFOs", Scientific Study of Unidentified Flying Objects, Université du Colorado, Condon & Gilmor, 1969.

Effectivement le scientifique russe Alexei Zolotov a déclaré avoir trouvé de la radioactivité sur le site de l'"impact". Ce professeur de physique a organisé avec son école diverses expéditions sur le site de Tunguska et a effectué une série d'annonces de "radioactivité anormale". Cependant d'autres expeditions ne trouvèrent pas de radiation anormale en dehors des traces de retombées des essais de bombe H des soviétiques.

Les différents sites associés à l'explosion

Après une enquête de 17 ans, Zolotov expose donc la théorie de l'explosion nucléaire en supposant qu'elle ait été causée par la visite d'un appareil extraterrestre Communiqué de presse TASS, mi Octobre 1976. D'après lui, un appareil contrôlé par des êtres d'autres mondes pourrait avoir provoqué l'explosion de 1908. Il imagine un appareil propulsé par nucléaire explosant accidentellement en raison d'une défaillance technique. Zolotov admet aussi les problèmes de cette théorie, réalisant que des dispositifs de sécurités permettraient sans doute de prévenir de telles mésaventures, et observation que la zone réelle de destruction est une démonstration incroyable d'une précision et d'un humanitarisme précis.

Le 3 décembre 1994, Al exandre Rempel, chercheur de Vladivostock qui a enquêté sur l'affaire de la Tunguska, les ovnis et les divers cultes proliférant en Russie, disparaît. Nul se sait ce que sont devenus ses archives et tous ses dossiers.

A partir de 1999, une équipe de l'institut de science marine de Bologne (Italie) se rend au lac Cheko, à 8 km au nord/nord-ouest de l'épicentre déterminé par Kulik afin de rechercher dans les dépôts du lac d'éventuels marqueurs géochimiques et sédimentologiques de l'événement Longo, G., Bonatti, E., Di Martino, M., Foschini, L. and Gasperini, L., 2001. Exploring the site of the Tunguska impact. Abstr. Proc. Norweg. Geol. Soc., 1, 48–50. Cependant, à mesure que leur travail progresse, un 2ème objectif se dégage : trouver des éléments accréditant ou réfutant l'hypothèse que le lac remplisse en en fait un cratère d'impact du bolide. Au fil de cette 2ème enquête, l'équipe constate qu'on ne trouve pas trace écrite de la présence du lac avant 1908. De plus, l'aspect du lac semble peu compatible avec un processus tectonique ou d'érosion/déposition L. Gasperini, F. Alvisi, G. Biasini, E. Bonatti, G. Longo, M. Pipan, M. Ravaioli, R. Serra: "A possible impact crater for the 1908 Tunguska Event", Terra Nova, vol. 19 n° 4 pp. 245-251, août 2007. Le bolide de Tunguska aurait donc bien pu s'écraser là. En prenant en compte l'épicentre de Kulik, sa trajectoire aurait alors été bien plus sud-nord que est-ouest. Mais que dire alors du site de Shishkov ou du cratère de Voronov ?

Par la suite d'autres explications astéroïdales Kazan, Casey: "3-D Supercomputer Solved Mystery of the Great 1908 Siberian Explosion", The Daily Galaxy, 16 janvier 2009 ou cométaires Anderson, Mark: "When Comets Attack: Solving the Mystery of the Biggest Natural Explosion in Modern History", Popular Mechanics, 2009-05-07 Kelley, M. C., C. E. Seyler & M. F. Larsen. (Cornell University, 2009): "Two-dimensional Turbulence, Space Shuttle Plume Transport in the Thermosphere, and a Possible Relation to the Great Siberian Impact Event", Geophys. Res. Lett < "Space shuttle science shows how 1908 Tunguska explosion was caused by a comet", Physorg, 24 juin 2009 seront encore proposées .

Hypothèse d'explication
Caractéristique Comète / Asteroïde Asteroïde d'antimatière Appareil extraterrestre
Rayon ou cylindre de lumière blanche, plus brillant que le Soleil
Probable. Plasma très brillant de la radiation Gamma. Possible.
Traînée de 500 miles, pas vaporeuse mais brillante, iridescent, et multicolore
Réaction de l'enveloppe ? Ionisation à plusieurs niveaux, une palette de couleurs serait nécessaire. S'il était déjà si chaud, il est peu probable qu'il ait changé de direction.
Tempête magnétique commençant quelques minutes après l'explosion, rendant un compas inutilisable à 600 miles de là.
Réaction possible de plasma. Un axiome est que la "roche" aurait contenu une bouteille magnétique contenant la réaction du plama, qui se serait brisée lorsque l'atmosphère aurait été assez dense pour rompre la bouteille. Effet nucléaire possible.
Anomalies de pulsation électromagnetique (EMP) rapportée de l'autre côté de la planète
Effet de plasma improbable. Possible si de hydrogène a fusionné avec de Helium. Mais improbable. Attendu. Effet nucléaire possible.
En Antarctique des aurores apparaissent avant et après l'événement Enveloppe responsable avant, enlèvement du sol après. Rupture du champ magnétique avant, enlèvement du sol après. Improbable avant.
Une partie de l'objet a semblé virer vers le haut, comme si elle rebondissait
Rebond possible. Rebond possible. Non controlé, les occupants sont morts, et l'ordinateur est devenu un plasma.
Une semaine avant, et jusqu'à un mois après, des nuits très lumineuses sont observées dans le monde entier, permettant parfois de lire le journal Enveloppe responsable avant, enlèvement du sol après. Rupture du champ magnétique avant, enlèvement du sol après. Improbable avant.
Pas de débris trouvés ni de cratère
L'astéroïde, probablement de très faible densité, entre 10 et 100 m de diamètre, a explosé dans l'atmosphère. Attendu. Plus de débris attendus.
La vie animale et végétale a subit des mutations génétiques, provoquant une croissance plus rapide à l'épicentre et sur la trajectoire Possible par les neutrons thermiques et rayons X du plasma. Pas le long de la trajectoire. Exposition gamma attendue le long de la trajectoire, au moins sur 20 miles. Attendu à l'épicentre, possible sur 5 miles de la trajectoire.
Des gens sont brûlés et meurent inhabituellement comme lors d'une exposition à une radiation ; Le chef du peuple Tungus (Evenk) déclare la zone enchantée et la ferme d'accès. Quelques personnes ayant touché des roches sur le sol tombent malades. Improbable. Possible, isotopes à courte durée de vie attendus. Attendu, mais à une faible distance < 5 miles.
Les facteurs rhésus de divers groupes du peuple Evenk sont anormaux, comme le sont des espèces d'insectes et de plantes anormales Peu probable à moins d'une fusion. Ionisation Gamma, longue portée. Attendu.
Le grand épicentre où les arbres se sont couchés vers l'extérieur de manière radiale, possède 4 plus petits tourbillons ayant leur propre motif radial- observé en 1960. L'objet a explosé à 5 miles d'altitude d'après les calculs.
Fragmentation attendue. Fragmentation attendue. Peu probable si un seul "moteur".
Niveaux anormaux de carbone 14 radioactif rapporté puis déclaré plus tard incorrect. D'autres radio-isotopes sont recherchés sans succès.
Attendu. Quoi avoir cherché ? Ceux attendus laissés par notre capacité à mesurer aujourd'hui via l'absoption de rayons gamma sont : C14, Si32, Fe60, Ni59, Ni63, Sn126 la plupart ayant une durée de vie de 100 à 300 ans. De nombreux attendus, dont certains de très longue vie.
Une colonne de fumée et de feu brillant est observée à 250 miles de distance. Des chevaux sont poussés à terre à 400 miles. Un son comme le tonnerre est entendu 4 fois à 500 miles de distance.
A 100 000 t, possible. Pas surprenant. Sacré "moteur".
Un côté des arbres est brûlé jusqu'à 40 miles distance.
Pas possible pour le seul, improbable même si fusion. Pas surprenant, radiation gamma très pénétrante. Pas attendu, mais possible.
De petits globules verts de poussière mélangée appelés trinitites (semblables à ceux produits sur le site de Trinité u premier essai de bombe atomique en Arizona) sont découverts dans la zone. Seulement si fusion. Particules très petites attendues.
De grandes pièces attendues. Les arbres au sol ayant survécu, la vitrification atomique devrait aussi.
Menotti Galli, Giuseppe Longo, et Romano Serra de l'Université de Bologne ont recherché du carbone 14 et d'autres éléments. On pense aux États-Unis que l'hydrogène se compresserait et chaufferait pour créer une réaction de fusion. Cela produirait des neutrons qui seraient absorbés par l'azote de air et formerait du carbone 14. Aucun carbone 14 n'est trouvé, mais capturés dans la résine d'arbres survivants se trouvent une concentration inhabituelle de métaux "hautement Z". Ces métaux possèdent un grand nombre de protons (cuivre, or et nickel), et sont présents en quantités 10 fois supérieures à l'époque de l'explosion qu'avant ou après.
Absolument seulement si fusion. Quelques neutrons thermiques, mélange inhabituel d'isotopes à courte durée de vie attendu. De nombreux types, la plupart montrant de la radioactivité.

En 2010, une expédition de Vladimir Alexeev avec Troitsk Innovation et l'Institut de Recherche Nucléaire (TRINITY) découvre des fragments en tous points semblables à ceux d'une comète "Mystery of Tunguska meteorite solved", Pravda, 25 octobre 2010.

"Silicate Sphericles from Tunguska Impact Area", Science, 2 mai 1969 "The Tunguska Explosion of 1908: Discovery of Meteorite Debris Near the Explosion Site", Science, 10 juin 1983 Page dédié à Tunguska de l'Université de Bologne Thierry Lombry