Dessins de créature(s) observée(s) et de l'objet qui aurait "atterri" dans le ravin selon Billy Ray Taylor, réalisés par le 1er soldat de 1ère classe Private First Class, ou Pfc. Gary F. Hodson de la 101ème division aérienne basée à Fort Campbell non loin de là, qui fut envoyé interroger les témoins Un dessin de l'objet semblable sera réalisé par A. Ledwith l'après-midi suivant l'observation < CUFOS

La famille Sutton vit dans une ferme près entre Kelly et Hopkinsville (Kentucky). Ils ne possèdent ni téléphone, ni radio, ni télévision, ni livres, ni même beaucoup de meubles, ni l'eau courante.

Le , Billy Ray Taylor, ami des Sutton et propriétaire de la ferme, leur rend visite. Se trouvent dans la maison Mme Glennie Lankford (ex-Mme Sutton, 50 ans), John "Charley" Sutton (21 ans), Vera Sutton (29 ans), Alene Sutton (27 ans), Lonnie Lankford (12 ans), Elmer "Lucky" Sutton (25 ans), Mary Lankford (7 ans), June Taylor (18 ans), Charlton Lankford (10 ans), O.P. Baker (30 ans).

, Taylor sort dehors pour aller chercher un seau d'eau. Arrivé au puit, il voit une soucoupe volante lumineuse avec une traînée comportant toutes les couleurs de l'arc-en-ciel voler à travers le ciel et tomber dans un petit ravin de 40 pieds, près de la limite arrière de la ferme. Il prend son seau d'eau et rentre précipitamment raconter son observation aux autres : Je viens de voir un drôle de truc dans le ciel : un objet lumineux, rond, qui venait très vite et qui s'est arrêté brusquement. Il est posé derrière l'étable ! La famille ne le prend pas au sérieux et se moque gentiment de lui, et de sa manière d'enjoliver une observation d'étoile filante. Rapidement, personne n'y pense plus.

Portrait-robot issus des croquis de Taylor Dessin de A. Ledwith l'après-midi suivant l'observation, CUFOS
Portrait-robot issus des croquis de Taylor

Moins de plus tard ( ?) le chien dans la cour se met à aboyer violemment. Taylor et Cecil Sutton, le chef de famille, se rendent à la porte de derrière, et remarquent une lueur bizarre approchant vers la maison depuis les champs. Ils voient un petit (entre 3 et 3,5 pieds) homme "lumineux" aux yeux énormes à la lueur jaune brillant, les mains en l'air au-dessus de la tête comme si on le dévalisait ou s'il voulait se rendre, approcher lentement de la maison. Un des hommes braque un 22 long-rifle et l'autre un fusil de chasse (calibre 20). Lorsque le petit être n'est plus qu'à 6 m (20 pieds) d'eux environ, il tirent ensemble. Les coups de feu résonnèrent, dirent-ils, exactement comme s'il on avait tiré dans un seau. Le petit être sursaute et part dans la nuit.

Peu après, un autre visiteur se montre à la fenêtre de la maison. La créature portait une sorte de casque. Ses yeux étaient bridés. Se voyant découverte, elle a pris la fuite. Nous nous sommes précipités à la fenêtre pour l'ouvrir et nous avons tiré sur la petite silhouette. Comme la créature précédente, elle est tombée, puis s'est relevée et est repartie très vite. Le tir a percé l'écran grillagé qui la protège.

Une main descendit et attrapa Taylor par les cheveux Coleman, Loren: Mysterious America, 1983

Les hommes sortent pour voir s'ils ont tué l'importun. Alors que Taylor, sorti le 1er, s'est momentanément arrêté sous une petite avancée du toit, ceux derrière lui voient une main griffue descendre jusqu'à lui toucher les cheveux. Nouveaux coups de feu vers la créature sur le toit, et contre une 2nde, remarquée près d'un arbre tout proche. La créature semble touchée mais, au lieu de tomber, sembler flotter jusqu'au sol, puis décampe.

Toute la famille se barricade dans la maison. De temps en temps, les visiteurs se montrent à nouveau aux fenêtres.

Environ 3 h plus tard, la famille décide que le siège a assez duré, et ses 11 habitants montent dans 2 voitures fonçant en ville, à 10 km de là environ, pour avertir la police. Il est .

Ils reviennent à la ferme accompagné de policiers qui scrutent les lieux, braquent en tous sens leurs projecteurs, font un raffut considérable, mais ne trouvent rien. A , les policiers repartent.

A , les créatures reviennent, jusqu'à l'aube "'Little Green Men From Spaceship' Give Family In Kentucky Night Of Terror", Star de Indianapolis (Indiana), 1955-08-23.

Joe Dorris, du Kentucky New Era, arrive sur les lieux la nuit de l'incident et le lendemain matin, où est publié son article Dorris, Joe: "Histoire de Vaisseau Spatial, 12 Petits Hommes Probed Today", Kentucky New Era, 1955-08-22.

Le matin suivant l'incident, Andrew "Bud" Ledwith, ingénieur et annonceur à la station radiophonique W.H.O.P. d'Hopkinsville :

Quand j'y arrivais [à la station radiophonique] je fus accueilli unanimement par la question : "As-tu vu les petits hommes verts ?". Je demandais des précisions et recueillis quelques vagues renseignements sur les événement de la nuit. Me souvenant d'un article que j'avais lu peu de temps auparavant dans un magazine, et qui rapportait comme des artistes attachés à la police reconstruisent les traits d'un visage à partir des descriptions des témoins, je décidai d'éclaircir la situation. J'avais autrefois étudié le dessin et je pensais être en mesure de faire des croquis convenables.

J'emmenais avec moi un des agents de police, afin d'avoir un témoin de mes actions qui puisse veiller à ce que, ni par mes propos ni par mes actes, je n'influe sur les dépositions des témoins.

Portrait-robot issus des croquis d'une femme Dessin de A. Ledwith l'après-midi suivant l'observation, CUFOS
Portrait-robot issus des croquis d'une femme

A leur arrivée à la ferme, tous les hommes sont partis vaquer à leurs occupations. Les femmes acceptent d'être interrogées.

Les dessins se sont précisés sans que j'intervienne, de façon quelconque, dans les déclarations des femmes. Elles étaient tout à fait sûres de ce qu'elles avaient vu ou non ; il me suffisait de suivre leurs indications quant aux formes du visage, des yeux, des mains, du corps. Même si je me contentais d'émettre l'ombre d'une supposition à propos de tel ou tel trait, elles me corrigeaient aussitôt... Très vite l'"apparition" commença à prendre forme. Les yeux étaient ronds comme des soucoupes, grands et écartés d'au moins 18 cm ; ils semblaient placés latéralement, à mi-hauteur de la tête. Le crâne était rond et complètement chauve au sommet. Nous en vînmes au corps. Personne ne pouvait affirmer s'il avait ou non un cou, alors nous n'avons pas dessiné de cou. Selon les femmes, le corps était mince et tout droit, sans formes... Les bras étaient bizarres, presque 2 fois plus longs que les jambes... les mains étaient énormes et massives... La seule chose qu'aucune d'elles ne put décrire, c'est le nez... J'essayai d'en dessiner un... mais elles n'étaient sûres de rien, alors je l'ai gommé.

Ledwith questionne les femmes pendant . Il est autorisé à revenir dans la soirée, accompagné du policier, afin de pouvoir rencontrer les hommes.

Portrait-robot issus des croquis de "Lucky" Sutton Dessin de A. Ledwith l'après-midi suivant l'observation, CUFOS
Portrait-robot issus des croquis de 'Lucky' Sutton

A leur retour le soir, légèrement en avance : il y avait dans les 2 sens une file de voitures longue d'au moins 800 m. Puis Lucky Sytton pénétra dans la maison comme un ours.

Il tourna les yeux vers la table, où j'avais placé mon croquis. Il s'assit dans dire un mot... le contempla... et dit "Non, le visage est presque rond, il ne se termine pas en pointe". Nous entreprîmes aussiôt le dessin des hommes, et nous guidant sur celui des femmes et en faisant les modification qu'ils nous indiquaient... On ne s'accordait pas sur la bouche : Lucky demeurait intraitable : il ne devait pas y avoir de bouche. Ou alors, tout au plus comme une ligne barrant le visage. J'amadouai les témoins en traçant un trait d'une oreille à l'autre.

Ces 7 personnes m'avaient fait des récits quasiment parallèles et décrit les créatures de façon à peu près identique. Or, 7 personnes qui auraient voulu inventir une histoire et fabriquer des descriptions aussi voisines n'auraient pu le faire sans se concerter préalablement pour décider précisément de ce qu'elles allaient raconter ; mais 3 des hommes étaient partis très tôt le matin pour Evansville et n'étaient pas revenus de toute la journée. Au demeurant les interviews ne furent pas du genre : affirmatifs quant à ce qu'ils avaient vu, et aucun d'eux ne revint sur ce qu'il avait dit... même lorsque je les poussai dans leurs retranchements. Ce n'est d'ailleurs sûrement pas la formule qui convient en ce qui concerne Lucky, qui n'est pas homme à être poussé dans ses retranchements.

...au fur et à mesure que l'histoire se répandait, les faits commençaient à être déformés en tous sens ; chacun, en relatant l'aventure, ajoutait à la description des créatures quelques traits de son cru. C'est pourquoi je suis heureux que nous ayons gagné les racontars de vitesse. Notre interview du matin constitua le 1er rapport complet sur les événements de la nuit. Les femmes se montrèrent amicales et détendues et rien ne vint nous déranger. La horde des curieux ne s'était pas encore ébranlée. Le soir de ce même jour nous pûmes discuter calmement avec les hommes dès leur retour, et sans qu'ils aient pu parler avec les femmes de ce qu'elles avaient rapporté au cours de l'entretien du matin. Je fus surtout frappé de leur sincérité à tous, hommes et femmes...

Au milieu de 2 autres des témoins, Elmer 'Lucky' Sutton décrit comment la 'soucoupe' aurait atterri
Au milieu de 2 autres des témoins, Elmer "Lucky" Sutton décrit comment la "soucoupe" aurait atterri UFOs Northwest < "The Kelly-Hopkinsville 'Goblins' Encounter", Phantoms & Monsters, 2010-10-09

En tout, Ledwith a interrogé 7 témoins adultes et leur a demandé d'avaliser de leur signature les portraits-robots réalisés. Par la suite la famille, assaillie par divers journalistes et importuns, décidera de refuser tout entretien.

2 ou 3 jours plus tard, les médias nationaux ajoutent la couleur verte à la description des occupants, bien que jamais mentionnée par les témoins.

Josef Allen Hynek, lui, n'a pas été appelé en consultation sur le sujet, et ignore tout de l'affaire. Quelques mois après l'incident, occupé à plein temps à l'installation de 12 stations de repérage de satellites en divers points du globe, il engage Ledwith pour travailler sur les mécanismes d'horlogerie à quartz des chambres photographiques de Baker-Nunn (pour le suivi de satellites). Tous deux vont travailler 2 ans sur ce projet, et Ledwith informera Hynek de l'affaire, lui confiant son récit détaillé de l'affaire, ses rapports, croquis originaux, notes, et l'autorisant à en faire état à son gré Hynek, J. A.: The UFO Experience, 1972.

En , de New York, Isabel L. Davis arrive sur les lieux, à titre privé, et parvient à convaincre les témoins de parler à nouveau. Elle souligne :

Les Sutton s'en sont toujours tenus à leur histoire. Obstinément, ils n'ont cessé d'affirmer qu'ils disaient la vérité. Pas plus les adultes que les enfants n'ont, à aucun moment, laissé entendre qu'ils auraient pu mentir ou avoir été dans l'erreur — ni à l'extérieur, ni dans le privé ; ils ne se sont jamais désavoués, même sur des points mineurs.

Les Sutton ne semblent à aucun moment avoir été tentés de faire marche arrière afin d'être à nouveau "bien vus" de leurs semblables... Leur entêtement, rien moins que "payant", à ne pas céder un pouce de terrain, ne prouve pas la véracité de leur histoire mais nous éclaire un peu sur leur caractère Davis, I. & Bloecher, Ted: Close Encounter at Kelly and Others of 1955, CUFOS, 1978.

Davis confiera également un exemple de ses résultats à Hynek.

D'autres récits feront état de très longs bras se terminant par d'énormes mains pourvues de serres, de créatures portant une sorte de vêtement d'aluminium brillant, d'yeux très gros et apparemment très sensibles, sans pupille ni paupières, bien plus gros que ceux des humains et de chaque côté de la tête. On décrira également les créatures comme marchant généralement debout mais, lorsqu'elles étaient visées, courant à 4 pattes, à toute vitesse, leurs bras semblaient fournir la majeure partie de leur force de propulsion.

L'incident ne sera recensé que brièvement "non identifié" par le projet Blue Book, sans enquête car qualifié de racontar (crackpot).

Contestation Réponse
Hallucination.
  • Il y avait trop de personnes.
Mystification des témoins
  • Le mystificateur serait un acrobate surdoué assez fou pour prendre plusieurs fois le risque d'être blessé par des armes à feu.
Canular
  • Les témoins n'ont pas demandé d'argent aux personnes venues sur place le lendemain (notamment aux journalistes). Ils ont posé une pancarte demandant 1$ pour l'accès et 10$ pour plus d'informations, d'après eux, pour dissuader les curieux qui pénétraient, en nombre, dans la propriété et même la maison sans autorisation.
  • Prévenir la presse eut été moins risqué que d'aller voir la police.
  • L'état de peur des témoins, ayant tous quitté en hâte le domicile, fut bel et bien constaté.
Méprise avec des singes perdus, échappés du circle King situé près d'Hopkinsville
  • Pas de traces de pieds de singes
  • Les oreilles du singe se situent au niveau des yeux et ne dépassent pas le sommet du crâne. Un seul singe m'est connu pour avoir des oreilles pointues dépassant le dessus du crâne : le semnopithèque, espèce peu commune dans les cirques.
  • Un singe saute, mais ne flotte pas, surtout sur 12 m.
  • Un singe, même de cirque, n'est pas un funambule au point de tenir en équilibre sur un fil de clôture.
  • Un singe avec des mains griffues aurait fait des dégâts visibles sur la moustiquaire.
Hibou grand duc Leclet, R.: "Que cachent les entités de Kelly/Hopkinsville ?", CNEGU
  • Un hibou ne peut pas lever les bras au dessus de sa tête
  • Un hibou ne peut pas être touché et se relever (et de surcroît revenir après cela vers son agresseur). S'il n'est pas touché il ne tombe pas mais s'envole.
  • Tirer sur un hibou ne fait pas un bruit de casserole

Références :

Carlton, Michelle (Kentucky New Era): "Decades-old claim of alien sightings persist", Herald Leader, 7 janvier 2003, p. 6 Brown, Jennifer P.: "The Kelly 'Commotion'", Kentucky New Era, 13 août 2005