Résultat des analyses

Note Technique n° 17, GEPAN, 'L'Amarante', CNES,

la comparaison des teneurs en eau des deux échantillons a donné une valeur de 80% pour le témoin contre 40% pour la plante flétrie ; aussi, avons-nous rapporté les résultats au poids de matière sèche afin d'avoir des valeurs comparables.

Acides organiques

Fig.13 - Analyse qualitative des acides des organiques par chromatographie.
Fig.13 - Analyse qualitative des acides des organiques par chromatographie.

La méthode d'isolement et de dosage des acides n'a pas permis de mettre en évidence des différences notables entre les deux échantillons.

ll y a peu d'acides organiques, mais ceci peut être dû à la conservation défectueuse des prélèvements.

Par contre, ces deux échantillons contiennent des quantités importantes d'acides minéraux, surtout dans les feuilles de la plante flétrie (cf. fig.13).

Par ordre décroissant de leur abondance, on trouve les acides sulfurique, phosphorique, nitrique et chlorhydrique. Les variations entre les deux prélèvements pourraient s'expliquer par une fumure azotée du sol, voire par un drain d'eaux usées passant à proximité de la plate-bande.

Oses

Fig.14 - Répartition des oses dans les fleurs des plantes témoins et flétries.
Fig.14 - Répartition des oses dans les fleurs des plantes témoins et flétries.

Une fois de plus, l'état de conservation des échantillons nous a empêché de réaliser une analyse quantitative et nous nous sommes limités à une analyse qualitative par chromatographie.

Comme il est normal à la saison du prélèvement, les feuilles se sont vidées de bon nombre de métabolites au profit des fleurs où s'accumulent normalement les réserves pour la constitution des graines.

Il apparaît (Cf. fig.14) une augmentation de la teneur en oses de la fleur flétrie, avec surtout une accumulation de saccharose et de polyoses (stachyose, raffinose) alors que dans le témoin, c'est le maltose qui domine. Ces différences peuvent être reliées à la richesse en graines de la fleur flétrie du fait de l'abondance des formes de transport et de réserves des oses.

Acides aminés libres

Partant de l'hypothèse de la parfaite identité des pieds d'amarante avant l'apparition du phénomène, nous avons déterminé les acides aminés par rapport au poids de matière sèche pour diminuer l'influence éventuelle d'une perte en eau irrégulière au cours de la conservation.

Par ailleurs, nous avons accordé une plus grande attention aux résultats observés à ce niveau, car la teneur en acides aminés est souvent une constante d'une espèce déterminée et dépend surtout de la richesse en azote du sol. Un phénomène extérieur normal, à variation lente, infléchit progressivement le métabolisme des acides aminés alors qu'un phénomène transitoire, ou bien n'aura aucune influence parce que trop rapide ou bien aura un effet intense parce que détruisant des mécanismes cellulaires fondamentaux.

Acides aminés libres des feuilles

Les feuilles de la plante flétrie n'ont subi aucune variation de la quantité totale d'acides aminés. Toutefois, il faut noter d'importantes variations individuelles, en particulier au niveau de l'acide aspartique (Asp) [plus 900% chez le témoin], l'acide glutamique (Glu) [moins 30% chez le témoin], de la glutimine (Gln) [moins 50%], de l'asparigine (Asn) [absente chez la "flétrie"], de l'acide gamma-aminobutyrique (gamma-NH2) [30 fois plus chez le témoin] et de la proline (Pro) [8 fois moins chez le témoin] (cf. figure 15).

En fait, en première approximation, comme le total Asp+Asn+Glu+Gln est sensiblement le même dans les deux cas ( 1095 pour le témoin contre 950 pour le "flétri" ), on peut admettre que ces variations ne sont pas significatives et traduisent simplement une différence dans les formes de réserve et de transport de l'azote au moment du prélèvement.

L'élévation de la teneur en proline (Pro) libre peut être due à une lyse des parois cellulaires comme le confirmerait alors l'élévation de la teneur en glycine (Gly). Par contre, la chute de l'acide gamma-aminobutyrique semble plus intéressante, car elle pourrait provenir soit d'une décarboxylation de l'acide glutamique (Glu) et ce métabolisme serait absent chez les feuilles flétries, soit d'un développement bactérien dû à de mauvaises conditions de conservation, mais alors on comprendrait difficilement que les témoins aient été, seuls, mal conservés.

Acides aminés libres des fleurs (graines exclues)

Nous avons trouvé trois fois plus d'acides aminés dans les fleurs témoins, que dans les fleurs "flétries" ; en outre le pourcentage relatif de chaque acide aminé n'est pas conservé. La différence est donc bien réelle mais s'explique éventuellement par un drainage des acides aminés vers les graines matures dans les plantes "flétries" alors que les graines des fleurs témoins sont en cours de maturation.

Figure 15 - nombre de nano-moles d'Acides Aminés/100 mg de poids sec.
Figure 15 - nombre de nano-moles d'Acides Aminés/100 mg de poids sec.
Figure 16 - Répartition en acides aminés des protéïnes insolubles totales après hydrolyse acide (en        %)
Figure 16 - Répartition en acides aminés des protéïnes insolubles totales après hydrolyse acide (en %)

Acides minés protéiques

C'est le niveau où l'effet d'un phénomène extérieur doit être le moins visible puisque pour influer sur la synthèse protéique il faut une modification au niveau du codage de l'ADN.

Comme le montre la figure 16, la seule différence notable concerne le taux légèrement plus élevé d'hydroxyproline (HYP) dans les feuilles et de proline dans les fleurs des plantes "flétries" ; ceci révélant probablement une réponse à un stress d'origine parasitaire ou consécutif à une blessure ou à un excès d'engrais : tous ces facteurs pouvant entraîner une lyse des parois cellulaires.