Le rapport de la Marine br�silienne sur l'observation de Trindade

Le 3 Mars 1958 :

CAC/ JGB
M-22 No. 0098 (M-20)
3 Mars 1958
C O N F I D E N T I E L

De: Le Chef du Haut Commandement de la Marine
A: Le Ministre de la Marine
Sujet: Information sur une observation d'OVNIs à l'Ile de Trindade
Annex�: Rapport sur les faits

Je remets à Votre Excellence le Rapport en annexe avec les conclusions atteintes par ce Haut Commandement sur les événements observ�s à l'Ile de Trindade.

Ant�nio Maria de Carvalho

Amiral de la Flotte /
Chef du Commandement des Op�rations Navales.

Le rapport suit :

MINISTERE DE LA MARINE
COMMANDEMENT DES OPERATIONS NAVALES
DEPARTEMENT DU RENSEIGNEMENT

SUJET

  1. Rapport sur l'observation d'OVNIs, enregistr�es à � l'Ile de Trindade, dans la période comprise entre le 5 D�cembre 1957 et le 16 Janvier 1958.

    EVENEMENTS :
    1. Le capitaine de corvette Carlos Alberto Ferreira Bacellar, commandant du Poste Oc�anographique de l'Ile de Trindade, fut appel� à ce Haut Commandement le 27 Janvier 1958, où il prèsenta son rapport, relatant ce qui suit :
      1. Le 31 D�cembre 1957, un Objet Volant Non Identifi� sur l'�le, fut observ� par l'officier m�dical, le premier lieutenant MD Ignácio Carlos Moreira Murta, par un marin et 5 ouvriers. L'observation est intervenue dans la matin�e environ 10 mn avant 0800 heures ; en raison de la conviction des observateurs et de la coh�rence et la corr�lation des rapports, il a décid� d'envoyer le radiogramme qui a donn� origine à la prèsente enquête ;
      2. Il fut inform� en la m�me occasion qu'un objet identique avait été observ� auparavant, le 5 D�cembre 1957, par un ouvrier, également le matin et à la m�me heure ;
      3. Le jour suivant, le 1er Janvier 1958, aux m�mes heure et position et se déplaçant vers le Nord (informations identiques aux observations précèdentes), quelque chose est apparu au-dessus de la mer, volant à une vitesse incroyable. Malgré l'opinion opposée des autres observateurs et de la luminosit� prèsent�e par l'objet dans une certaine partie de sa trajectoire, il conclua qu'il s'agissait d'une mouette projetée sur le ciel, rendant difficile toute estimation st�r�oscopique ;
      4. Le jour suivant, le 2 Janvier 1958, une nouvelle alarme fut donn�e, vers 2000 heures. Cette alarme fut écartée, parce qu'il était lui-même de garde et ne vit absolument rien ;
      5. Enfin, le 16 Janvier 1958, à 1215 heures, une autre alarme OVNI fut enregistr�e à bord du NE "Almirante Saldanha", ancr� près de l'�le. Le navire se préparait à lever les amarres et l'équipage est occup� à l'opération de remont�e à bord du petit bateau utilisé pour les voyages à Trindade. L'alarme OVNI fut donn�e par des membres de l'équipage à la proue et à la poupe du navire ;
      6. En cette m�me occasion, un photographe professionnel, civil, qui se trouvait sur le pont, à la poupe du navire, photographiant l'opération de remont�e du bateau, fut alert� et e�t l'opportunité de prendre les 4 photographies en annexe ;
      7. Après l'observation, le photographe sortit le film de l'appareil en la prèsence du capitaine de corvette Bacellar et d'autres officiers. Plus tard, accompagn� du capitaine Bacellar, il entra dans le laboratoire photographique du navire habillé uniquement d'un t-shirt et d'un short. Le développement dura près de 10 mn et, une fois que cela fut termin�, les n�gatifs furent examinés par le capitaine Bacellar. Le capitaine affirme avoir vu l'OVNI en question sur les n�gatifs, dans ce premier examen, avec des détails que seuls les aggrandissements réalis�s par le suite ont montré clairement ;
      8. Par la suite, les n�gatifs en question furent montrès aux membres de l'équipage qui avaient vu le ph�nom�ne ; tous reconn�rent l'objet apparaissant sur les photos comme identique à celui qu'ils avaient observ�s dans les airs ;
      9. La personne qui attira l'attention du photographe sur l'objet était un capitaine de la Force Aérienne qui était sur le navire en tant que membre d'un groupe spécialis� en chasse sous-marine. Le photographe était membre du m�me groupe ;
      10. Les photographies furent prises en moins de 30 secondes ;
      11. Une forte perturbation émotionnelle fut observ�e chez toutes les personnes qui avaient vu l'objet, y compris le photographe, les civils et les membres de l'équipage du navire.
    2. Le capitaine-de-corevette Bacellar a également signalé un ph�nom�ne qu'il a observ� personnellement sur l'�le, par 2 fois, en différentes occasions, à l'aide d'un th�odolite de haute pr�cision et de plein jour. Sa seconde observation fut la suivante :
      1. Il suivait un ballon m�t�o lorsqu'arriva l'indication que ses instruments avaient été l�ch�s. La chute était clairement reconnue par les signaux �mis par sa radio-sonde et par la ligne trac�e sur l'enregistreur ;
      2. Le ballon aurait d� exploser après la chute de ses instruments, parce que la durée moyenne de vie d'un ballon est de 40 minutes; après ce temps le ballon explose en raison de la grande altitude atteinte ;
      3. Le ballon fut suivi et couvert, à une altitude de 14000 m, lorsque les instruments furent lanc�s en parachute. Quelques instants plus tard, il rep�ra un objet dans le ciel, à environ 30� à l'horizontale du point où le ballon avait disparu en passant derri�re un nuage ;
      4. Observ� au th�odolite, l'objet prèsentait une forme étrange comme une demi-Lune, avec une lumière brillante ; le ph�nom�ne dura 3 heures et demie et l'objet se déplaçait apparemment avec la m�me v�locité angulaire que le Soleil ;
      5. L'objet dispar�t seulement lorsque le ciel fut totalement couvert de nuages [cirrus ?] ;
      6. Il ne trouve aucune explication pour l'observation, étant donn� la durée de vie du ballon suivi et peint en rouge, la forme et la luminosit� de l'objet, la position de la Lune et des planètes.
      7. L'observation fut faite par l'officier m�dical, plusieurs sergent de Marine et marins, ainsi qu'un civil technicien du D�partement d'Hydrographie et Navigation de la Marine.
    3. Enfin, le CC Bacellar a amen� au Haut Commandement l'homme qui avait pris les photographies, le photographe professionnel Almiro Barauna (Addresse: Praia de Icarai 251, Apt. 1004, Niteroi), qui a fait le rapport suivant :
      1. Il était sur le pont du "NE Almirante Saldanha" lorsqu'il fut appel� pour voir un objet étrange qui approchait de l'�le ; il put le voir après quelques instants d'observation ;
      2. Immediatemment après l'avoir vu, il dirigea son appareil vers l'objet, prenant 6 photos successives ;
      3. Par la suite, comme il avait prit la dernière photo sur la pellicule, il sortit le film de l'appareil et resta près d'une heure avec dans les mains — attendant que passe la forte perturbation émotionnelle qu'il ressentait ; puis il alla dans la chambre noire pour développer le film exposé, d�j� escort� par le CC Bacellar.
      4. Il resta dans la chambre noir environ 10 mn, accompagn� par le capitaine de la FA, qui l'aidait ; puis il montra le film encore humide au CC Bacellar, avec l'impression que l'objet photographi� n'était pas apparu sur le film développé ; cependant, son impression fut chang�e par le CC Bacellar lui-même qui lui montra que, dans les images li�es à l'observation, étaient visible, en différentes positions, une image ressemblant à l'objet ;
      5. Il conserva les n�gatifs et les apporta à Rio o�, dans son labo photo, fit plusieurs aggrandissements ; l'UAO appara�t bien sur seulement 2 images car les autres n�gatifs étaient très sombres ;
      6. Pour augmenter le contraste, il proc�da à une opération connue sous le nom de "lavage", consistant à nettoyer de manière homog�ne l'ensemble du n�gatif. Comme dans 2 images l'OVNI apparaissait avec une grande clart�, il craignit de les perdre. Ainsi, il coupa le film et soumit au proc�d� seulement les 4 autres n�gatifs. En résultat, un OVNI apparar�t en toute clart� sur 2 n�gatifs et en différentes positions ;
      7. Il a d�clar� avoir observ� l'OVNI à l'œil nu, ayant eut l'impression d'un corps solide aux contours mal définis, montrant une grande mobilit�, à haute vitesse, et avec une couleur sombre difficile à définir, parce que l'objet semblait envelopp� par une substance qu'il compara à une mousse de savon. Il paraissait avoir un prolongement de cette m�me mati�re et se déplaçait sans aucun bruit ;
      8. Il devint si nerveux après l'observation qu'il trouva difficile de réaliser la tâche de routine qu'était le développement de la pellicule ;
      9. Il confia les n�gatifs à ce Haut Commandement pour tous les examens et analyses nécessaires, afin de prouver leur authenticité et sugg�ra un examen microscopique comme la seule manière appropri�e de d�tecter un montage.


    R�sum�

  2. R�sumant les d�clarations obtenues d'après les rapports transcrits ci-dessus, nous avons les faits importants suivants :
    • a) Observ� au-dessus de l'Ile de Trindade, par différentes personnes, l'apparition d'OVNIs en 4 occasions, en des jours différents, 3 le matin et 1 la nuit ;
    • b) le capitaine-de-corvette Bacellar et d'autres observ�rent le matin 1 fois ce qu'il cro�t être une mouette, malgré le fait que des sous-officiers [sergents ?] et marins observant également pensent toujours qu'il s'agissait d'un OVNI ;
    • c) Observ� par 2 fois, au-dessus de l'Ile de Trindade, par son propre Commandant-Militaire, un officier supérieur du Corps de la Marine et un hydrographe expériment� en M�t�orologie et en opérations de radio-sondes, d'un ph�nom�ne non explicable d'après les conditions atmosphèriques ou astronomiques ;
    • d) Obtenu 4 photographies d'un OVNI, prises depuis le pont du NE "Almirante Saldanha", alors qu'il était ancr� près de l'Ile de Trindade. Les photographies furent réalis�es par un photographe professionnel, en prèsence de divers témoins qui affirmérent avoir observ� l'objet photographi�.

      ANÁLISE
  3. L'évaluation des faits décrits dans la partie précèdente montre :
    • a) qu'en 5 observations d'OVNIs, 4 ont été faites de jour et 1 de nuit ;
    • b) qu'en 5 observations d'OVNIs, le capitaine Bacellar a été témoin de 1 cas seulement, qu'il expliqua comme étant une mouette ;
    • c) que les témoins qui ont vu les OVNIs étaient des personnes de différentes qualifications — ouvriers, officiers m�dicaux, dentistes, marins, sergents, officiers, civils et photographe professionnel ;
    • d) qu'aucun officier du Corps Naval n'a vu le ph�nom�ne enregistr�, à l'exception de 2 incidents signalés par le capitaine Bacellar ;
    • e) que dans tous les cas, les personnes observant les OVNIs, y compris le photographe professionnel, ont eut une forte réaction émotionnelle. Il y a m�me eut le cas d'un ouvrier considéré comme normal qui est parti en courant pris de panique ;
    • f) que les rapports, malgré la grande difficulté à obtenir de bonnes informations de personnes peu cultiv�es, s'entendent sur les donn�es suivantes :
      • FORME — le disque classique, ou objet de forme lenticulaire. Un objet (vu d'en-dessous) qui, d'après les observateurs, montra un profil sph�rique lorsqu'il traversa l'�le le 31 d�cembre 1957. Vu depuis un point �loign� il était de la forme d'un disque avec un double d�me (en forme de Saturne) ;
      • COULEUR — indéfinie pour certains ; d'acier inoxydable pour d'autres. Beaucoup le d�crivent comme envelopp� par une sorte de brume ;
      • SON — Tous les témoins coincident sur le fait que les objets ne faisaient pas de bruit ;
      • TRAINEE — Certains observateurs notent une d�charge, form�e par une tra�n�e blanche. D'autres nient quoi que ce soit de la sorte ;
      • TAILLE — Tous les observateurs coincident sur le fait que les objets se déplaçaient très vite. Personne ne fut capable de fait des estimations de ses dimensions ;
      • MOBILITE — Tous les rapports attirent l'attention sur l'extr�me mobilit� des OVNIs. Les mouvements n'étaient pas continus comme ceux d'un avion, mais plus rapides et abrupts, avec de surprenants changements de direction et de vitesse ;
      • ALTITUDE ET DISTANCE — .Seuls les observateurs de l'observation du 31 D�cembre 1957, lorsque l'objet volant fut observ� passant au-dessus de l'�le, estimérent son altitude, en la comparant avec celle du pic "Desejado", soit [environ 3 fois cette hauteur] 1800 m ;
      • MANOEUVRES — Tous les rapports coincident sur le fait que les objets ont réalis� des manœuvres particulièrement inhabituelles ;
      • APPARENCE — Celle d'un corps solide dans tous les cas ;
      • TEMPS D'OBSERVATIONS — Tr�s court, toujours estimé en secondes ;
    • g) que les observateurs qui ont vu les OVNIs savent parfaitement identifier des avions ; tous les avions au-dessus de l'�le ont été correctement identifi�s et notifi�s, pour information, au D�partement de l'Hydrographie et Navigation ;
    • h) que, étant donn�es les circonstances dans lesquelles les photos furent prises, suivies d'un développement immédiat de la pellicule, les conditions dans lesquelles cela fut réalis� et l'état émotionnel du photographe, tout indique qu'aucun photo-montage n'a été effectué dans la laboratoire à bord ;
    • i) quant à la preuve photographique, �videmment de la plus grande valeur et la plus importante, nous avons :
      POINTS NEGATIFS
      1. Aucune �preuve de la pellicule n'a été faite au moment où elle a été développée ;
      2. Le commandant du navire n'a pas pris possession des n�gatifs après développement, afin d'obtenir les �preuves plus tard en prèsence des témoins ;
      3. Les �preuves et aggrandissements furent réalis�es par le photographe dans son propre laboratoire.
      POINTS POSITIFS:
      1. Le rapport du capitaine-de-corvette Bacellar, qui a vu sur le film immédiatement après son développement, les images qu'il a identifi� dans les �preuves comme l'objet photographi� ; et également que les images pr�c�dant la s�quence li�e au passage de l'OVNI correspondent aux scènes prises à bord quelques minutes avant l'incident ;
      2. Les d�clarations des personnes qui ont observ� l'objet : ils ont vu les photographies et d�clar� qu'ils avaient vu exactement ce qui apparaissait sur les photographies.
    • j) Concernant les n�gatifs, ils furent soumis à un examen par les techniciens du D�partement d'Hydrographie et Navigation ainsi que par les experts du Service A�rophotogramm�trique du Cruzeiro do Sul, avec les résultats suivants :
      1. Le technicien du DHN de l'Armada, après examen des n�gatifs, affirme qu'ils sont naturels ;
      2. Les techniciens du Service A�rophotogramm�trique du Cruzeiro do Sul, après un examen microscopique pour vérifier la granulation, une analyse des signaux, une vérification de la luminosit� et des détails des silhouettes, affirmérent :
        Il n'y a aucun signe de photomontage dans les n�gatifs en question, tous les �lements indiquant qu'ils s'agit réellement de n�gatifs d'un objet véritablement photographi�. Ainsi, l'hypothèse d'un photomontage arrang� après l'observation est définitivement exclue ;
        Il est [im?]possible de démontrer l'existence ou la non-existence d'un photomontage préalable, qui demande cependant une technique de haute pr�cision [et des circonstances favorables à son ex�cution ?]

      CONCLUSIONS
  4. Consid�rant la prèsentation des faits et l'analyse de synth�se effectuée, rapportée ci-avant, il peut être conclu :
    • a) qu'il y a un certain nombre de témoins qui ont d�clar� avoir vu des OVNIs au-dessus de l'Ile de Trindade. Ces témoins ont différentes qualifications et les observations furent faites en des jours différents ;
    • b) que la plupart des rapports sont insuffisants, principalement en raison du manque de comp�tence technique de nombreux observateurs et à la courte durée du ph�nom�ne observ�, de sorte qu'aucune conclusion ne peut être obtenue sur des donn�es positives au sujet des OVNIs ;
    • c) que l'élément le plus important et de plus grande valeur, photographique, perd d'une certaine manière sa qualité de conviction en raison de l'impossibilité de prouver un photomontage préalable ;
    • d) que la réaction émotionnelle des personnes qui ont signalé l'observation d'OVNIs est très forte ais�ment remarquée ;
    • e) que, enfin, l'existence de rapports personnels et d'�lements photographiques, d'une certaine valeur étant donn�es les circonstances, permettent d'admettre qu'il a des indications de l'existence d'OVNIs.
  5. La dernière conclusion listée ci-dessus me permet de sugg�rer à Votre Excellence que ce Haut Commandement doive prendre en consideration toutes les informations à obtenir à propos du sujet prèsent afin d'être capable d'obtenir des conclusions au-delà de tout doute.

Jos� Geraldo Brandão,
Capitaine de Corvette, Service du Renseignement

R�f�rences :