Membre du STET ayant fourni des informations à propos de l'affaire de Cergy-Pontoise.

Un enquêteur, collaborateur de Jacques Vallée, réussit à obtenir un rendez-vous le avec cet homme travaillant au ministère de l'Armée de l'Air, qu'il décrira comme de petite taille, avec un début de calvitie et aucun sens de l'humour. Son identité leur est connue.

La rencontre eut lieu dans un appartement très ordinaire du quartier de la Goutte d'Or à Paris. C'était une "planque" typique, 2 pièces peintes en blanc et sobrement meublées : un bureau et deux chaises, une table au-dessus de verre fumé.

Le collaborateur de Vallée avait apporté avec lui son dossier complet sur l'affaire, car la rencontre avait été organisée dans l'intention de fournir aux deux participants l'occasion de comparer discrètement leurs notes.

Je peux deviner de qu'il y a dans votre dossier, vous n'avez pas besoin de me le montrer.

Alors, me direz-vous la vérité sur la disparition de Frank Fontaine ?

Nous considérons l'opération de Cergy comme un "exercice de synthèse générale". Un projet élaboré par un personnage haut placé.

Il mentionna le nom d'un ancien ministre qui avait de nombreuses relations dans le monde de la haute technologie.

Combien de personnes étaient au courant ?

Pas plus de 10 ou 15, toutes à un niveau suffisamment élevé pour déterminer quelle sorte de manifestation était justifiée sous le sceau de secret d'Etat.

Quels étaient vos objectifs ?

L'opération était ordonnée autour d'objectifs militaires, scientifiques et politiques. Elle était purement nationale et n'avait aucun prolongement au-delà de nos frontières.

Qu'est-il arrivé à Fontaine ?

Nous l'avons endormi et maintenu dans un état de haute suggestibilité.

La police et la gendarmerie savaient-elles que l'opération était un vaste canular dirigé par une agence ministérielle ?

Certainement pas. Leur comportement, dans les conditions du test, était une des choses que nous voulions observer.

Quel était votre propre rôle ?

Mon intérêt dans l'affaire est purement personnel. Il n'y a aucun rapport avec ma position dans l'armée de l'air.

Serait-il exact de dire que vous avez délibérément créé un événement ufologique majeur dans le but de déterminer si vous pouviez compter sur les réactions et les qualités d'enquêteurs des forces de police ?

Ce serait une bonne manière de décrire les choses.

Et le GEPAN ?

Nous avions naturellement les mêmes raisons de découvrir comment les milieux scientifiques réagiraient.

Avez-vous aussi manipulé les médias ? Aviez-vous des objectifs plus vastes ?

Je ne peux pas répondre à votre question. Cependant, je peux vous dire que, si l'opération avait été menée à bien, la phase suivante aurait été bien pire.

Pourquoi me dites-vous tout cela ?

J'ai mes raisons.

Ne craignez-vous pas que je publie cette interview ?

Allez-y. Tout ce que vous publierez sera nié officiellement.

L'homme se leva pour indiquer que l'entrevue était terminée.