Jacques Vallée rencontre Bill Cooper
Ce qui suit est le récit de la rencontre entre Jacques
Vallée et William Milton
Cooper, par Jacques Vallée
lui-même :
Bill Cooper et son amie Annie me retrouvèrent le 29
mars 1989, à 19 heures, sur le paquebot Queen Mary qui est ancré
à Long Beach et fait maintenant fonction d'hôtel. Notre premier
contact fut cordial et franc. Bill est un type bien charpenté avec un
visage aux traits accusés, portant une cicatrice sur le côté
droit du front et une autre le long du nez. Nous sommes allés dîner
au Chelsea, un restaurant de fruits de mer, à bord du navire. Nous avons
commandé un apéritif et sommes entrés tout de suite dans
le vif du sujet : les extraterrestres. Comme notre conversation n'a pas été
enregistrée, ce qui suit ne représente bien sûr que ce dont
je me souviens et non une transcription mot à mot. Il est possible qu'il
y ait quelques différences avec ce dont Cooper peut se souvenir. Si c'est
le cas, je le prie de m'en excuser.
- J'ai lu votre récente interview (dans le journal du MUFON)
où vous dites que vous ne croyez pas au MJ-12
et je me demande pourquoi vous avez voulu me rencontrer, commença-t-il.
- L'interview en question avait été enregistrée avant que
je rencontre John Lear, mais je dois vous avouer
que ma position n'a pas beaucoup changé. Je crois qu'il y a un phénomène
ovni qui est matériel dans le sens habituel du mot, et qu'il manipule
l'espace et le temps d'une manière que je ne comprends pas ; peut-être
y a-t-il des gens qui le comprennent...
- Il y en a, dit-il avec assurance, mais continuez, je vous en prie.
- Je pense aussi, tout comme vous, que le gouvernement américain
doit avoir étudié le phénomène depuis de longues
années. Mais cela ne veut pas dire que le MJ-12
existe réellement. Nous voyons tout dans des miroirs déformants
dès que les agences de renseignements interviennent et c'est le cas ici.
J'ai donc parlé à Linda
Howe et à Fred Beckman qui,
tous deux, m'ont recommandé ce que John Lear
avait à dire. C'est un homme impressionnant. Il m'a conseillé
à son tour de vous parler, et me voici.
La serveuse apporta nos boissons. Cooper et sa compagne allumèrent une
cigarette et il entreprit de raconter son histoire.
- J'ai commencé à m'intéresser à l'ufologie quand
j'étais attaché au service de renseignements de la Marine. Au
cours des années 1971 et 1972, je reçus l'ordre d'informer plusieurs
officiers de haut rang de la teneur de certains documents qui m'avaient été
fournis. Les renseignements contenus dans ces documents se rapportaient au fait
qu'un certain nombre d'ovnis avaient été capturés par les
militaires et que leurs occupants travaillent maintenant avec nos scientifiques.
Nous avions conclu avec eux un traité...
Je l'interrompit pour être sûr que j'avais compris l'essentiel
de ses propos.
- Vous allez un peu trop vite pour moi. D'abord, quelle était votre position
dans la marine ?
- J'étais sous le commandement de l'amiral
Clarey et je faisais partie de l'équipe d'information des services
de renseignements.
- Les documents en question étaient-ils secrets et à quel
niveau ?
- Ils étaient classés TOP SECRET / S. I..
- Leur avait-on donné un nom de code ?
- MAJIC avec un J était le nom de code. Je suis sûr qu'il a
changé depuis.
- Quelle était la durée de la réunion d'information,
et où a-t-elle eu lieu ?
- Il y en a eu plusieurs, qui se sont toutes tenues au quartier général
des Opérations du Pacifique, sur l'île d'Hawaii.
Le bâtiment domine Pearl Harbor.
La première réunion, qui dura deux heures et demie, fut consacrée
à une présentation générale du sujet. Elle fut suivie
de revues périodiques, au fur et à mesure que des renseignements
nouveaux nous étaient communiqués.
Il cita l'amiral Clarey, l'amiral
Weisner et l'amiral John McCain
comme trois des officiers supérieurs à qui il avait fait un rapport
verbal complet.
- Pourquoi ces hommes devaient-ils être tenus informés ?
- Parce que leurs fonctions exigaient qu'ils soient au courant. D'une part,
on pouvait leur demander un jour de récupérer des disques accidentés.
D'autre part, il était concevable que nous prenions les ovnis pour des
engins offensifs soviétiques et que nous ouvrions le feu par erreur.
C'est pourquoi ils devaient être informés de leur existence.
- Y a-t-il eu des cas où les ovnis ont représenté une
menace réelle ?
- Pendant la guerre du Viêt-nam, un ovni abattit un B-52. Il y eut
plusieurs cas où nos troupes furent attaquées par ce qu'elles
avaient pris au premier abord pour des hélicoptères. A l'époque,
certaines rumeurs donnaient à entendre que les Russes étaient
entrés en guerre aux côtés des Nord-Vietnamiens. La situation
était donc sérieuse.
- La marine a-t-elle récupéré un disque par la suite
?
- Oui, un engin fut effectivement récupéré. Il a été
classé plus tard comme un simple sous-marin russe. Je me trouvais au
centre de commandement quand c'est arrivé et je peux vous assurer que
c'était un véritable ovni.
- Avez-vous personnellement vu un extraterrestre ?
C'est la question que je pose maintenant à toutes les personnes que je
rencontre dans ces millieux.
- Non, répondit franchement Cooper.
- Avez-vous déjà vu des débris d'une épave ?
- Non, mais je connais deux hommes qui avaient été chargés
de monter la garde auprès de disques accidentés et qui m'en ont
parlé.
- Avez-vous déjà vu un ovni ?
- Une seule fois, vers la fin de l'été 1966. J'étais
de garde à bord d'un sous-marin, le USS Tiru, SS-416, qui faisait route
vers Seattle. Trois d'entre nous ont vu un disque aussi grand qu'un porte-avion
s'élevant de la mer à environ quatre kilomètres à
babord. Il monta et se perdit dans les nuages, puis il redescendit.
- A-t-il créé une perturbation à la surface de l'océan
?
- Non, pas vraiment. L'eau glissait tout autour, comme si elle était
attirée par un champ magnétique.
- Y a-t-il eu des réunions d'information pour vos supérieurs
avant 1971 ?
- Il a dû y en avoir, étant donné les renseignements
contenus dans les documents. Les textes indiquaient que le premier projet secret
avait été réalisé sur l'ordre d'Eisenhower
dès 1953. Ike avait demandé
à Rockfeller de l'aider
à mettre sur pied une organisation chargée de faire une étude,
sans que les agences gouvernementales et le Congrès en soient informés.
Rockfeller utilisa la couverture
du JASONS, un groupe intellectuel d'élite.
Ce groupe de travail, composé de 12 hommes parmi lequels se trouvaient
Kissinger, Dulles,
Brzezinski, George
Bush et 8 autres, fut connu sous le nom de MJ-12,
dans le cadre de l'opération Majority.
- Où se rencontraient-ils ?
- Dans un endroit qu'ils appelaient le Country Club. De cette façon,
ils pouvaient en parler ouvertement sans que personne sache de quoi il s'agissait.
C'était une propriété située dans le Maryland, que
Nelson Rockfeller avait réservée
à l'usage du JASONS. Elle n'était accessible
que par avion ou hélicoptère.
- Et les renseignements tenus secrets se rapportant exclusivement aux ovnis
?
- Aux ovnis et aux extraterrestres. Il y a 4 types d'extraterrestres...
La conversation s'arrêta net, car la serveuse venait prendre la commande.
Je n'avais pas très faim et je voulais être sûr de ne perdre
aucun détail des affirmations de Bill, bien qu'une partie m'eût
déjà semblé fort douteuse.
- Il y a 4 types d'extraterrestres, reprit-il, quand la serveuse eut tourné
ses talons. Il y a deux sortes de "Gris", dont
une race qu'on ne voit pas souvent et qui a un grand nez. Et puis il y a le
type nordique, les grands Aryens blonds et enfin les "Oranges".
- D'où viennent-ils ?
- Je me souviens d'avoir vu plusieurs lieux d'origine : Orion, les Pléiades,
Bételgeuse, l'étoile de Barnard et Dzéta Réticuli.
- Vous avez parlé d'un traité que nous aurions conclu avec
eux ?
- Depuis 1964.
- Pourquoi s'embarrasseraient-ils d'un traité, alors que leurs connaissances
technologiques sont beaucoup plus poussées que les nôtres ? John
Lear parle d'un million d'années d'avance.
- Ils avaient besoin du soutien de notre gouvernement pour garder leur présence
secrète. Souvenez-vous que nous avions un des extraterrestres sous notre
garde. Nos radars avaient perturbé leur système de navigation
et déséquilibré leur engin.
Je me suis bien gardé de dire à Bill
que j'avais passé l'après-midi dans une société
d'électronique spécialisée dans les "contre-mesures", où
l'on m'avait présenté des appareils utilisant une technologie
avancée basée sur les micro-ondes. Cette société,
basée à Los Angeles, construit en particulier des simulateurs
de radars. L'idée que les radars primitifs que nous avions en 1949 étaient
en mesure d'empêcher des véhicules extraterrestres de pénétrer
dans notre espace aérien était parfaitement grotesque. Nos propres
avions transportent un petit appareil baptisé DERFUM (Digital radio-frequency
modulator). Pas plus gros qu'une boîte à chaussures, cet instrument
diabolique est capable de déterminer instantanément les caractéristiques
des sources électromagnétiques qui se trouvent dans les environs
et de leur répondre en fournissant en quelques secondes de fausses informations
sur la taille et la position de l'appareil où il se trouve. Il est donc
difficile de croire qu'un appareil envoyé par une civilisation ayant
un million d'année d'avance sur la nôtre ne serait pas équipé
d'instruments équivalents ou plus perfectionnés.
- Comment les véhicules sont-ils propulsés ? demandai-je à
Cooper.
- Par un petit réacteur nucléaire de la taille d'un ballon
de rugby [NDT: football américain]. Ils ont la maîtrise de l'espace et du temps... Je ne suis
pas physicien et je ne comprends pas tout cela. Apparemment, ils ont la possibilité
de se cacher, de devenir invisibles.
- Quel genre de métal utilisent-ils ?
- Au départ, ils utilisaient du magnésium pur. A cette époque,
nous ne pouvions pas en fabriquer. Maintenant on peut en fabriquer dans l'espace,
ce qui explique l'intérêt croissant pour la production de cristaux
en orbite. Ils utilisent des alliages que l'on peut fabriquer sur terre, mais
avec une structure moins flexible.
Puis Cooper changea brusquement
de sujet.
- Connaissez-vous certains astronautes ?
Je citai les noms de plusieurs astronautes que j'avais rencontrés.
- Parlez de la lune à n'importe quel astronaute ayant participé
au projet Apollo. Demandez-lui ce qu'il a vu là-haut.
Il y a une base d'extraterrestres sur le côté obscur de la Lune.
Comme je ne voulais pas qu'il continue à s'écarter du sujet,
je m'abstins de lui faire remarquer que la Lune n'avait pas de côté obscur. [Elle n'effectivement
pas de côté obscur, mais possède bien une "face cachée"
que l'on ne voit jamais de la Terre - NDLR].
- Qu'est-il arrivé à l'extraterrestre qui avait été
capturé ? poursuivis-je.
- Il est mort en 1952, après avoir été
malade pendant un an. Le gouvernement à tenté de le sauver en
envoyant des messages dans l'espace, pour demander à son peuple de lui
venir en aide. Le résultat fut l'atterrissage
d'Holloman, le 25 avril 1964, quand un autre extraterrestre vint travailler
avec nos scientifiques. Il avait énormément de choses à
nous apprendre. Les siens tenaient absolument à garder secrète
leur présence sur terre. Nous avons accepté en échange
de révélations technologiques. On leur permit de procéder
à des enlèvements dont ils prétendaient avoir besoin pour
des raisons médicales. Ils devaient fournir au MJ-12
la liste des humains qu'ils enlevaient mais, peu à peu, nous nous sommes
rendu compte qu'ils nous mentaient.
- Où sont tous ces extraterrestres à présent
?
- Dans la Zone 51. Tout le monde croit que cet
endroit dépend de l'armée de l'air, parce que Nellis est une base
aérienne. En réalité, la Zone 51 est sous le contrôle
de la marine. Il en est de même de la Zone 2, qui fut construite pour
servir d'entrepôt souterrain pour l'AEC.
- Et Groom Lake ?
- Groom Lake est aussi à
Nellis, dans le Nevada. C'est la même
chose. Il y a un groupe technique extraterrestre à Nellis et un autre
à Dulce, au Nouveau-Mexique,
sur une réserve indienne.
- Comment peut-on déterminer quelle part de vérité
il y a dans tout cela ?
- C'est ce que les documents indiquaient. Il existe une importante anomalie
magnétique à l'endroit où se trouve la base. Certains types
de radars capables de sonder le sol pourraient peut-être montrer ce qu'il
y a à l'intérieur, un dédale de galeries, à ce qu'il
paraît. Le document explique comment y pénétrer, il indique
où sont les entrées.
- L'installation est-elle gardée ?
- Non, elle n'est pas gardée. Cela ne servirait qu'à attirer
l'attention, il faudrait expliquer ce que c'est. Quand vous y entrez, vous ne
pouvez plus en sortir. Je peux vous y emmener, si vous voulez.
Les plats étaient arrivés. Bill attaqua ses clams à
la vapeur avec délectation tandis que je continuais à poser mes
questions.
- Quels étaient les 2 documents que vous utilisiez pour vos réunions
d'information ? Pouvez-vous me les décrire ?
- Le plus gros était un livre d'environ 2 cm d'épaisseur intitulé
Grudge / Blue Book, rapport
numéro 13. On croit souvent que le projet Blue
Book était sous l'égide de l'armée
de l'air, mais ce n'est pas vrai. Blue Book
était sous le contrôle de Grudge qui
dépendait de l'armée de l'air. Ce document traitait des enlèvements
et des implants.
- Et l'autre ?
- C'étaient les grandes lignes de l'opération Majority qui
englobait Blue Book.
- Est-ce que quelqu'un d'autre a vu ces documents ?
- Il y a un homme qui s'appelle Bill English...
il se cache près d'Albuquerque.
Il a vu les mêmes choses que moi et craint pour sa vie. Ils ont déjà
essayé de le tuer deux fois. Ils ont fait sauter une fourgonnette dans
laquelle il se trouvait avec deux autres gars. Ils sont morts et Bill
a eu de la chance de s'en sortir. La seule raison pour laquelle il ne m'arrive
rien, c'est que je parle à beaucoup de gens, je divulgue tout ce que
je sais. Il faut que vous compreniez que, pendant longtemps, j'ai tout gardé
pour moi, car je pensais que c'était dans l'intérêt de ma
patrie... J'avais un sens élevé du devoir. Mais je l'ai perdu.
Tout cela est trop dangereux et a causé la mort de trop de gens. C'est
totalement illégal et nous avons été trahis par les extraterrestres.
Une terrible menace pèse aujourd'hui sur nous.
- Comment cet autre témoin, ce Bill
English, a-t-il eu l'occasion de voir les documents ?
- Il était capitaine dans les Forces spéciales de l'armée
américaine. Il a été nommé dans une base britannique
comme analyste. Le document est arrivé sur son bureau par le courrier
régulier, mais il n'aurait pas dû le voir. C'était une erreur.
On l'a chassé de l'armée et on a attenté à sa vie.
On l'a calomnié et on est allé jusqu'à prétendre
qu'il prenait du LSD !
- Qu'avez-vous pensé du documentaire Cover-Up, réalisé
par Seligman pour la télévision ?
Cooper fit un geste de dégoût.
- Cela faisait partie de "leur" plan, une tentative délibérée
de la part du gouvernement pour jeter la confusion dans l'esprit du public.
Je ne devrais peut-être pas le dire, mais certains des participants étaient
des informateurs à la solde du gouvernement.
- Alors, quel était le but de ce documentaire ?
- Il a été réalisé pour détourner le public
de la vérité. Tous les documents sur le Majestic
12 que Moore à présentés
étaient manifestement des faux. Ils avaient été faits pour
discréditer les gens qui sont associés à cette recherche.
Le documentaire peut être considéré comme un chapitre supplémentaire
de son livre sur l'accident de Roswell ; il n'apporte rien de nouveau. Les images
des extraterrestres étaient inexactes et le Majestic
12 n'a pas été créé par Truman,
comme il le laisse entendre.
- Vous pensez que c'est si facile que cela de duper le public ?
- La vérité est si incroyable... Regardez ce magnifique navire.
Imaginez le Queen Mary passant au large d'une île où la population
vivrait encore à l'âge de pierre... Que diraient-ils en le voyant
? C'est à peu près notre situation par rapport à un vaisseau
extraterrestre.
- Pas exactement. Le Queen Mary ne se préoccupe pas de négocier
un traité avec le roi de chacune de ces petites îles. Je ne comprends
toujours pas pourquoi les extraterrestres auraient besoin de conclure un traité
avec nous, si leur civilisation est tellement avancée. Il me semble qu'ils
n'ont pas à s'occuper de nous.
- Ils avaient besoin de s'assurer que notre gouvernement garderait le secret
sur leur existence.
Encore une contradiction évidente. Il y a eu des centaines de milliers
d'observations d'ovnis, en plein jour, devant de nombreux témoins. Des
gens comme moi ont écrit des livres, essayant de choisir les meilleurs
cas et de mettre l'information à la disposition de tous. S'ils ne veulent
pas que le public soit au courant de leur existence, nos prétendus visiteurs
font l'inverse de ce qu'ils devraient faire. Sans insister, je changeai de sujet
pour éclaircir un point qui me tracassait depuis ma recontre avec Lear.
- J'ai entendu dire par John, et aussi
par Linda Howe, que le nom d'Allen
Hynek était mentionné dans le rapport 13.
- Mentionné ? Il était l'un des coauteurs du fichu
document ! Hynek s'est totalement
engagé dans l'étude des enlèvements et des implants. Il
a même déclaré qu'une personne sur quarante avait été
enlevée et avait reçu un implant. Bien sûr, le plus grand
nombre a simplement été enlevé. Le plus effrayant c'est
que l'on peut se demander si des membres du gouvernement ont déjà
reçu un implant.
- Et moi, ce que je peux vous dire, c'est que je connaissais
très bien Hynek, et
tout ce que vous dites sur lui n'a aucun sens pour quelqu'un qui connaissait
son caractère.
- La seule chose que je peux vous dire, de mon côté,
c'est ce qu'il y avait dans ce document. Le nom d'Hynek
figurait sur la couverture et à l'intérieur il y avait des photos
de l'atterrissage de Holloman, des photos d'extraterrestres,
des tables d'autopsie et des détails sur le projet Redlight,
au cours duquel on avait essayé de piloter leurs engins, ainsi que sur
le projet Snowbird qui était une
couverture pour Redlight et utilisait des
technologies conventionnelles, et ainsi de suite. A propos, leurs engins ne
s'écrasent pas en cas d'avarie, ils se stabilisent dans le cratère
d'impact, où la terre a été écartée.
- Il y a là une autre contradiction, Blue
Book, d'après ce que j'en ai vu, était principalement
un projet de relations publiques, il n'y avait pas d'étude approfondie
des cas et Hynek ne cessait de s'en plaindre.
- Il n'y avait pas d'étude subséquente pour la
bonne raison qu'ils savaient déjà de quoi il s'agissait ! Mais
il fallait bien donner des explications au public. Un des documents disait expressément
que les cas qui ne pouvaient être expliqués devaient être
soumis à Philip Klass, qui travaille
la main dans la main avec les services de renseignement. Vous savez, de nos
jours, les choses ne sont jamais ce qu'elles semblent être.
- A quoi servent les implants, à votre avis ?
- Personne ne le sait. Quand on essaie de les retirer, la personne
meurt.
- Mais si cela dure depuis 1953, un grand nombre de ceux qui
en ont reçu ont dû mourir de causes parfaitement naturelles. Quoi
de plus simple que de retirer l'implant au cours d'une autopsie et de l'étudier
? Ne pensez-vous pas qu'un pathologiste le remarquerait et serait suffisamment
intrigué pour le retirer ?
Pour la première fois, Bill Cooper ne semblait pas avoir
de réponse toute prête. Il écarta simplement la question
en répétant que personne ne savait à quoi servaient les
implants.
Je me renversais dans mon siège.
- Bill, si l'on peut prouver ce que vous me dites, il nous faudra
reconsidérer tout ce que nous savons sur ce problème. Je ne doute
pas de votre sincérité et, si vous m'assurez que vous avez vu
le Rapport 13, je suis disposé à vous croire. Cependant, le fait
que le nom d'Hynek y soit associé
me donne à penser qu'il s'agit d'une mystification.
Il répondit qu'il avait bel et bien vu le rapport et que
le nom d'Hynek figurait effectivement
sur la couverture.
- Que pensez-vous qu'il faudrait faire maintenant ?
- Ces renseignements devraient être communiqués au public,
aussi largement que possible.
- Pensez-vous que le président soit au courant ?
- Oui, Bush doit savoir, puisqu'il a fait partie du MJ-12. Ses
prédécesseurs n'ont su que ce que le MJ-12 a bien voulu leur révéler.
Ne comprenez-vous donc pas ? Si l'information était rendue publique,
ce serait un coup très dur pour les services de renseignements. Plus
personne n'aurait jamais confiance en eux. Comme vous le savez, Reagan tendit
un voile sur tout ce qui se rapportait aux ovnis. Ceux qui travaillent pour
le gouvernement n'ont pas le droit d'aborder le sujet, même s'il ne font
rien de confidentiel.
Je réagis assez vivement à cette affirmation
absurde.
- Vous ne pouvez pas dire une chose pareille ! D'abord, ce serait
une violation du premier amendement qui garantit la liberté d'expression
! Ensuite, personne n'obéirait à un ordre de ce genre ! Le gouvernement
n'a même pas défini ce qu'est un ovni ! C'est comme si vous me
demandiez de garder le secret sur ce que nous avons mangé ce soir ou
sur ce que nous nous sommes dit. Vous ne pourriez jamais me forcer à
garder le silence, car je ne me suis pas engagé à le faire. Et
puis, il y a d'autres gens qui savent ce que nous avons mangé et je ne
pourrais pas garder le secret, même si je le voulais !
Il secoua la tête et répéta avec entêtement
que Reagan avait donné cet ordre formel : tous ceux qui travaillaient
pour le gouvernement ne devaient en aucun cas parler des ovnis. Cette affirmation
me semblait d'une absurdité évidente et je me sentis mal à
l'aise en entendant Bill Cooper insister si lourdement.
Il me parut préférable de changer de sujet.
- Revenons aux extraterrestres. Pour commencer, pourquoi viennent-ils
ici ?
- Il existe un document sur le projet Aquarius
qui traite de l'histoire des extraterrestres et de leurs rapports avec l'humanité
depuis ving-cinq mille ans. Ces rapports atteignirent leur apogée avec
la culture basque et les Assyriens. Mais le projet Aquarius est terminé.
J'avais maintenant le sentiment d'écouter une très
mauvaise histoire de science-fiction, à la différence que l'homme
qui me faisait face semblait y croire. Mais c'était comme s'il me racontait
un vieux film que j'aurais vu des centaines de fois.
- Leur planète s'est transformée en désert
à la suite d'une guerre avec une autre race. Leur planète a été
ravagée, leur civilisation est tombée en décadence, leur
système digestif est atrophié. Ils viennent ici à la recherche
de nouveau matériel génétique.
- Cela n'a aucun sens.
- Le gouvernement y crois.
- Quelle est la durée de vie des extraterrestres ?
- Ils nous ont dit qu'ils vivaient quatre cent cinquante ans.
L'extraterrestre vivant qui est resté sur la terre après Holloman
s'appelait Krill. Il a fourni une grande quantité d'informations, des
données scientifiques dont certaines furent publiées dans les
revues scientifiques sous le nom de O. H. Krill après avoir été
expurgées. Des textes très pointus. Et Krill est toujours en vie.
Je dis à Cooper que j'avais beaucoup de mal à
accepter le fait que des extraterrestres venant d'une étoile lointaine
nous ressemblent, aient les mêmes organes que nous, ou du moins une anatomie
très voisine, et que leur culture soit si proche de la nôtre.
Il ne semblait pas trouver cela très étonnant.
- Nous les connaissons bien sur le plan biologique. Ce sont
des êtres qui respirent de l'air comme nous, bien que leur coeur soit
relié à leurs poumons pour constituer un organe unique. Leur système
digestif est atrophié. Ils ont besoin de chlorophylle, comme les plantes,
si vous voulez. Ils absorbent leur nourriture par la peau et, chose exceptionnelle,
ils excrètent aussi par la peau.
Ce dernier fait n'a rien d'extraordinaire. Vous pouvez ouvrir
n'importe quel livre de physiologie humaine et vous trouverez le mot peau
sous la rubrique Organes d'excrétion, puisque la transpiration
élimine les déchets.
- Et leur cerveau ?
- Ils ont deux cerveaux, séparés par une cloison
osseuse mais reliés à la même moelle épinière.
- Connaissez-vous un médecin qui aurait soigné
des extraterrestres ou fait une autopsie ?
- Cherchez le docteur Guillermo Mendoza. C'est lui qui a soigné
l'extraterrestre qui est mort. C'est un biologiste, pas un médecin. A
propos, on donnait vraiment à cet être de la glace, qu'il pouvait
manger en petites quantités à travers une membrane de la bouche,
et c'est vrai qu'il aimait le parfum de la fraise. Il avait aussi un faible
pour la musique tibétaine. Cette portion du documentaire de Seligman
était exacte.
- Comment communiquent-ils ?
- Entre eux, par télépathie. Avec nous, ils utilisent
un appareil à traduire. Au début, quand ils sont arrivés,
ils sont entrés en contact avec nos scientifiques en se servant d'un
code binaire.
Jusqu'à ce moment, notre discussion était restée
factuelle, avec quelques considérations théoriques. J'avais évité
de mettre en évidence une multitude de contradictions. Maintenant qu'il
avait répondu à toutes les questions et pendant que la serveuse
nous apportait notre café, Cooper prit un ton plus confidentiel.
- Vous savez, je ne suis pas croyant, mais si vous vous reportez
à la Bible... les anges pourraient être le type nordique et les
"Petits Gris" pourraient très bien être les créatures démoniaques.
N'oublions pas que la Bible parle d'un pacte avec le Démon dans les derniers
jours, après la restauration d'Israël.
- Qu'est-ce que les extraterrestres disent de tout cela ?
- Ce qu'ils nous ont appris n'était pas seulement de
nature scientifique. Ils nous ont fourni beaucoup de données sur les
aspects occultes. Ils ont affirmé avoir joué un rôle important
dans notre religion et ont parlé de leur influence sur la sorcellerie
et les cultes de notre planète.
- Que comptez-vous faire à ce sujet ?
- Je vais propager tout ce que je sais. J'ai donné ma
démission. Pour commencer, j'organise un symposium à Anaheim.
Les bénéfices seront utilisés pour créer un fonds
destiné à récompenser ceux qui accepterons de révéler
ce qu'ils savent. Ce même symposium se tiendra ensuite dans toutes les
grandes villes.
Bill me proposa de m'emmener à Dulce
et de me faire pénétrer dans la cachette souterraine des extraterrestres.
Je lui répliqua qu'il ne fallait pas compter sur moi et Cooper se mit
à ricaner.
- Voilà bien le problème avec vous autres, les
scientifiques ! Vous voulez tout savoir, mais quand on vous donne l'occasion
de vérifier par vous-mêmes, il n'y a plus personne !
- Je ne suis peut-être qu'un scientifique stupide, mais
si vous me disiez de sauter du haut de l'Empire State Building sans aucune crainte
parce que vous allez envoyer une soucoupe volante pour me sauver la vie au dernier
moment avec un rayon antigravitationnel, je ne le ferais pas non plus. Qui sait
ce qui se trouve à Dulce ? Il n'y a peut-être qu'un dépôt
de déchets radioactifs abandonné, où je serais irradié
en cinq minutes.
Nous nous dirigeâmes vers les ascenseurs. Je dis à
Cooper que leur conversation avait été importante pour lui, parce
que, une fois de plus, il repartait de zéro pour essayer de comprendre
le phénomène ovni. Mais il me quitta déçu et méfiant,
car je n'avais pas montré l'enthousiasme absolu, inconditionnel, qu'il
espérait manifestement.