Résumé

Le principal argument présenté dans cet article est qu'une étude continue des Phénomènes Aériens Non identifiés ("PAN"), y compris les “apparitions” de nature religieuse ou spirituelle, pourraient offrir un théorème d'existence pour de nouveaux modèles de réalité physique. Le paradigme SETI actuel et sa "supposition de banalité" pose des restrictions sur les formes d'une intelligence non humaine qui pourraient être recherchées dans notre environnement. Un biais différent existe dans l'hypothèse souvent indiquée des ufologues selon laquelle les PANs, s'ils sont réels, doivent représenter des visiteurs de l'espace. En observant que les deux modèles sont biaisés par l'anthropomorphisme, les auteurs tentent de clarifier les questions entourant les observations de "haute étrangeté" en distinguant 6 niveaux d'information pouvant être dérivés d'événements anormaux, c'est-à-dire :

  1. les manifestations physiques
  2. les effets antiphysiques
  3. les facteurs psychologiques
  4. les facteurs physiologiques
  5. les effets psychiques
  6. les effets culturels.

Dans une étape ultérieure ils proposent le cadre d'une analyse scientifique des phénomènes non identifiés prenant en compte le problème de l'incommensurabilité.

Le défi de la haute étrangeté

L'étude rationnelle des cas signalés de Phénomènes Aériens Non identifiés (PAN), y compris les apparitions religieuses telles que ce que l'on appelle les "miracles de Fatima" et autres événements marials est actuellement dans une impasse. Cette situation a beaucoup a voir avec l'état incomplet de nos modèles de réalité physique ainsi qu'avec la complexité des données. Un objection de base à la réalité des événements PAN parmi les scientifiques est que les témoins s'accordent à signaler des objets dont le comportement apparemment absurde "ne peut être" associé à un phénomène réel, même dans des conditions extrêmes. A cet égard la simiitude est frappante entre les événements contemporains signalés comme rencontres rapprochées d'ovnis et les observations plus traditionnelles d'entités décrites comme des "anges", elfes et fées, ou déités. Les sceptiques insistent sur le fait que des êtres supérieurs, ambassadeurs célestes ou visiteurs extraterrestres intelligents (IET) ne perpétraient tout simplement pas de telles actions primitives telles que celles rapportées dans la littérature. Cet argument peut être critiqué comme une observation anthropocentrique, auto-sélectionnée résultant de notre propre point de vue limité en tant qu'Homo Sapiens du 21ème siècle tentant de tracer des conclusions sur la nature de l'univers. Néanmoins, la haute étrangeté de nombreux rapports et l'absurdité présente dans les miracles religieux doit être prise en compte.

Les avocats de la réalité des PANs, de l'autre côté, déclarent généralement l'Hypothèse Extra-Terrestre (HET) centrée sur des voyageurs interstellaires venant de systèmes extrasolaires et visitant les restes de la Terre comme l'explication la plus probable aux objets et entités qui leurs sont associés. Logiquement, ils ré-interprêteraient les récits Bibliques et apparitions religieuses dans le cadre de visites d'étrangers venus de l'espace. Cet argument, aussi, peut être remis en cause sur la base du propre témoignage des témoins : les ufologues ont uniformément ignoré ou minimisé les signalements de comportements apparemment absurdes contredisant l'HET, en extrayant de manière sélective les données s'accordant le plus à leur agenda ou version de la théorie. Ainsi l'HET, tout comme l'argument sceptique, est basée sur une auto-sélection anthropocentrique Vallée, J. F. (1990) Confrontations: A Scientist’s Search for Alien Contact. Ballantine, N.Y. Ici nous assistons à un recouvrement intéressant entre les paradigmes SETI et PAN : chacun exclut la considération de l'autre en se réclamant de la recherche légitime de et le contact avec une intelligence non humaine potentielle. Du point de vue des auteurs, les hypothèses actuelles ne sont pas suffisamment étranges pour expliquer les faits du phénomène, et le débat souffre d'un manque d'information scientifique. De fait, du point de vue de la physique moderne, notre Voisinage Cosmique pourrait inclure d'autres univers (parallèles), des dimensions extra-spatiales et d'autres dimensions semblables à celle du temps au-delà de l'espace temps commun à 4 dimensions que nous reconnaissons, et que de tels aspects pourraient mener à des explications rationnelles de comportements apparemments "incomprehensibles" de la part des entités émergeant dans notre continuum perçu. Comme elle tente de réconcilier la théorie avec les propriétés observées de particules élementaires et avec les découvertes aux frontières de la cosmologie, la physique moderne suggère que l'humanité n'a pas encore découvert toutes les facettes de l'univers, et nous devons proposer de nouvelles théories et expériences afin d'explorer ces facettes non découvertes. C'est pourquoi une étude continue des événements anormaux signalés est importante : elle pourrait nous fournir un théorème d'existence pour de nouveaux modèles de réalité physique.

Une grande partie des progrès récents dans les concepts cosmologiques est directement applicable au problème : les trous de ver traversables (tunnels à hypersurface tridimensionnelle) ont maintenant été dérivés de la Théorie de la Relativité Générale d'Einstein Morris, M. S. and Thorne, K. S. (1988) "Wormholes in spacetime and their use for interstellar travel: A tool for teaching general relativity", Am. J. Phys., 56, n° 5, pp. 395-412. Visser, M. (1995) Lorentzian Wormholes: From Einstein to Hawking, AIP Press, N.Y.. En particulier, il a été montré que la Théorie de la Relativité Générale d'Einstein ne contraint en aucune manière la topologie de l'espace-temps, ce qui autorise les trous de ver à fournir des connexions traversables entre des régions au sein de 2 univers séparés ou entre des régions et/ou temps éloignés au sein du même univers. Mathématiquement il peut aussi être montré que des trous de vers de plus de dimensions encore peuvent fournir des connexions d'hypersurface entre des espaces multidimensionnels Rucker, R. (1984). The Fourth Dimension: A Guided Tour of the Higher Universes, Houghton-Mifflin Co., Boston. Kaku, M. (1995). Hyperspace: A Scientific Odyssey Through Parallel Universes, Time-Warps, and the 10th Dimension, Anchor Books Doubleday, N.Y. Des programmes récents de quantum de gravité ont exploré cette propriété dans la théorie des supercordes, ainsi que des propositions pour examine théoriquement et expérimentalement des espaces extra-dimensionnels d'échelle macroscopique Schwarzschild, B. (2000). “Theorists and Experimenters Seek to Learn Why Gravity Is So Weak,” Physics Today, 53, no. 9, pp. 22-24. Ainsi il est aujourd'hui largement acquis que la nature de notre univers est bien plus complexe que les observations basées sur un auto-sélection anthropocentrique portend. A cet égard, les ufologues et chercheurs SETI semblent mener une bataille d'arrière-garde. Tous 2 souffrent de limitations identiques dans la vision du monde qu'ils apportent à leurs propres domaines, et à leur antagonisme.

Biais anthropocentrique dans les paradigmes SETI et PAN

Les biais anthropocentriques dans le programme SETI sont évident dans le paradigme de recherche actuel. Historiquement les fondateurs du SETI ont défini le paradigme de recherche d'après d'une séries d'arguments et de suppositions complexes qui ont mené à la création de la "vision SETI orthodoxe" de communication interstellaire tout en appliquant le "principe de banalité" à nos capacités technologiques actuellement connues Oliver, B. M., et al., (1973). Project Cyclops: A Design Study of a System for Detecting Extraterrestrial Intelligent Life, NASA-Ames Research Center, CR 114445, pp. 177-181.

Cette approche fut prédite sur la notion qu'il était économiquement moins coûteux et technologiquement plus facile de générer et recevoir des photos par ondes radio pour émettre des signaux interstellaire plutôt que de s'engager dans un voyage interstellaire habité ou des sondes robotiques. En fait ces derniers furent considérés économiquement et technologiquement improbables au sein de la "vision SETI orthodoxe". Ceci a débouché sur 4 décennies du programme SETI suivant un schéma de recherche orienté de manière dominante vers les radio/micro-ondes (RMW).

Etant donné l'échec de cette approche initiale, dans les dernières 2 décades des programmes SETI alternatifs ont été proposés. Ils exploitent le laser optique cohérent/IR (COSETI), les signaux holographiques et des schémas de détection sur le worldwide web, ainsi que des idées pour rechercher des artefacts d'IET (SETA, ou astroarchéologie) et sondes visitant (SETV, V=visite) le système solaire ou la Terre Tough, A. (2000) "How to Achieve Contact: Five Promising Strategies", Univ. of Toronto, Canada.

Il existe de nouveaux schémas de recherche proposés basés sur l'application de détection de physique (particules) de haute énergie, tels que les rayons de neutrino modulés, les rayons X, les rayons gamma, les rayons cosmiques, etc. D'autres schémas de recherche proposent de rechercher des émissions de radiations en excès générées artificiellement depuis des corps astronomiques dans l'espace ou des traînées de radiation de haute-énergie issues de vaisseaux spatiaux Matloff, G. (1998). Personal Communication, New York University, New York, N.Y.

Ces nouveaux programmes ont été en désaccord avec les membres du programme dominant SETI-RMW, peut-être en raison de la préoccupation d'avoir à partager des ressources rares ou d'entrer en compétition avec d'autres programmes non-RMW pour le financement très limité disponible pour l'ensemble de la recherche SETI.

La communauté des chercheurs sur les PANs est également menée par sa propre orthodoxie, qui est seulement violée à grands risques personnels par la critique qui propose une vision déviante, et par son propre "principe de médiocrité" lorsqu'elle tente de catégoriser et de faire des hypothèses d'explications au phénomène. Pour cette raison nous préférons utiliser le terme "PAN" plutôt que le plus courant "OVNI", qui est immédiatement associé à l'idée de visiteurs de l'espace dans l'esprit du public et des media. Cependant un pont pourrait être formé entre le SETI disparate et les communautés de l'Ufologie si tous 2 reconnaissaient seulement un fait simple : aucune expérience ne peut faire la distinction entre des phénomènes manifestés par une ETI interstellaire (arbitrairement avancée) venue nous visiter et des entités intelligentes qui pourraient exister près de la Terre au sein d'un univers parallèle ou dans des dimensions différentes, ou qui soient des voyageurs dans le temps (terrestres).

Chacune de ces possibilités intéressantes peut être manifestée via l'application du principe physique de trous de vers traversables puisqu'ils relient théoriquement 2 univers différents, 2 endroits éloignés de l'espace, des temps et des dimensions differentes Davis, E. W. (2001). “Wormhole-Stargates: Tunneling Through The Cosmic Neighborhood”, MUFON 2001 International UFO Symposium Proceedings, Irvine, CA, pp. 32-50.

Des trous de vers traversables ne sont qu'un exeples des nouveaux outils physiques disponibles pour la considération de voyages interuniversels, interstellaires, interdimensionnels ou chronologiques. Ceci amène les auteurs présents à spéculer qu'une nouvelle synthèse peut être trouvée en examinant l'ensemble du contexte du phénomène anormal — y compris les caractéristiques apparemment "absurdes" trouvées dans les apparitions religieuses — selon les termes d'un modèle à 6 niveaux. Le modèle utilise le cadre du problème de l'incommensurabilité et des concepts empruntés à la sémiotique.

PAN - Le besoin d'une approche unifiée

Ce que nous présentons ici est un nouveau cadre pour l'analyse de PAN prenant en compte les leçons du SETI. Dans toute question scientifique il doit être possible de s'assurer dans quelle mesure une hypothèse, lorsqu'elle est testée et prouvée être vraie, "explique" effectivement les faits observés. Dans le cas des PANs, cependant, comme en physique en général, une hypothèse pourrait bien être "prouvée vraie" alors qu'une hypothèse apparemment contradictoire est également prouvée vraie. Ainsi l'hypothèse que le phénomène de la lumière est causé par des particules est vraie, mais l'est aussi l'hypothèse opposée qu'il est causé par des ondes. Nous devons être préparés au moment où nous seront dans la position de formuler des hypothèses scientifiques pour les PANs, et pourrions alors faire face à une situation semblable. La cadre que nous présentons ici est basé sur une telle contradiction apparente, parce que nous discuterons le fait que les PANs peuvent être considérés à la fois comme physiques et "psychiques". Nous espérons qu'il se révèlera stimulant en tant qu'approche unifiée d'un phénomène déroutant présentant à la fois des effets physiques indéniables suggérant une dispositif ou un appareil technologique et un effet psychique réminiscent de la littérature sur les poltergeists et phénomènes psychokinétiques. Nous utilisons ici le mot "psychique" au sens d'interaction entre réalité physique et conscience humaine. Pour prendre un exemple parmi de nombreux, on se souviendra que les événements de Fatima avaient impliqué des phénomènes lumineux, des effets atmosphériques et thermiques, et des descriptions d'un disque apparemment métallique dans le ciel, tandis que nombre des 70 000 témoins expérimentaient également des effets spirituels et psychologiques. Les principaux témoins ayant perçu quelque chose ont rapporté des états psychiques menant à une forme de communication extrasensorielle avec une entité non humaine supposée être la Vierge Marie.

Le sentiment d'absurdité et de contradiction de ces 2 aspects n'est pas mire que l'embarras scientifique durant les controverses particule/onde ou, plus récemment, sur l'enchevêtrement de quantum et le transport multi-dimensionnel. La contradiction a trait à l'inadéquation de notre langage à appréhender un phénomène défiant nos tentatives de classification.

Les 6 niveaux de l'analyse de PAN

Considérons les caractéristiques des observations non expliquées par des causes triviales naturelles ; nous pouvons reconnaître 6 "niveaux" principaux en terme de nos perceptions de ces caractéristiques, telles quelles peuvent être extraites de travaux antérieurs sur la phénoménologie des PAN Vallée, J. F. (1975a). The Invisible College, E. P. Dutton, N.Y. Vallée, J. F. (1975b). “The Psycho-Physical Nature of UFO Reality: A Speculative Framework,” AIAA Thesis-Antithesis Conference Proceedings, Los Angeles, pp. 19-21. ou de la base de données actuelle du NIDS.

Niveau 1

Le 1er de tous est le niveau physique, évident dans la plupart des récits de témoins décrivant un objet qui :

  • occupe une position dans l'espace, cohérente avec la géométrie
  • se déplace au fil du temps
  • interagit avec l'environnement via des effets thermiques
  • montre une absorption et émission de la lumière à partir de laquelle des estimation de sortie d'énergie peuvent être déduites
  • produit des turbulences
  • lorsqu'il a atterri, laisse des indentations et des brûlures à partir desquelles des chiffres de masse et d'énergie peuvent être déduits
  • donne lieu à des images photographiques
  • laisse des résidus matériels cohérents avec la chimie terrestre
  • donne lieu à des perturbations électriques, magnétiques et gravitationnelles

Ainsi les PAN, au sens physique de base, sont cohérents avec une technologie centrée sur un appareil semblant utiliser un système de propulsion révolutionnaire. C'est l'existence de ce niveau qui a poussé les ufologique du courant principal à déclarer que les ovnis et phénomènes associés étaient dûs à des machines extraterrestres.

Niveau 2

Par absence de terme adéquat nous appelerons le 2ème niveau anti-physique. Les variables sont les mêmes que celles de la catégorie précédente mais ils forment des schémas qui entrent en conflit avec ceux prédits par la physique moderne : des objets sont décrits comme physiques et matériels mais sont aussi décrits comme :

  • plongeant dans le sol
  • diminuant de taille, s'agrandissant, ou changeant de forme sur le point
  • devenant troubles et transparent sur le point
  • se divisant en 2 objets ou plus, plusieurs d'entre eux se fusionnant dans un objet à faible vitesse
  • disparaissant en un point et apparaissant ailleurs instantanément
  • restant observables visuellement bien que n'étant pas détecté par radar
  • produisant des temps manquants ou une dilatation du temps
  • produisant une inversion topologique ou une dilatation de l'espace (l'objet a été estimé de taille/volume petits de l'extérieur, mais le(s) témoin(s) voient un intérieur énorme de plusieurs fois la taille extérieure)
  • apparaissant comme des boules de lumière colorée, intensément brillantes sous contrôle intelligent.

C'est la présence de telles descriptions qui amène la plupart des scientifiques universitaires à rejeter le phénomène comme le produit d'hallucinations ou canulars.

Niveau 3

Le 3ème niveau a trait à la psychologie des témoins et aux conditions sociales les entourant. Des observateurs humains tendent à voir des PAN dans leur environnement normal et dans des groupements sociaux normaux. Ils percoivent les objets comme non conventionnels mais tentent de les expliquer normalement comme des événements courants, jusqu'à être face à la conclusion inévitable que l'objet est véritablement inconnu.

Niveau 4

Les réactions physiologiques constituent un autre niveau significatif d'information. Le phénomène est signalé provoquer des effets perçus par les humaines comme :

  • des sons (bips, bourdonnement, fredonnement, sifflement aigü/perçant, swooshing/souffle d'air, rugissement fort/assourdissant, son d'orage, etc.)
  • vibrations
  • brûlures
  • paralysie partielle (incapacité de bouger les muscles)
  • chaleur extrême ou sensation de froid
  • odeurs (puissante, fragrance douce ou étrange, oeufs moisis, sulphureuse, piquante, musky, etc.)
  • goût métallique
  • pricklings
  • aveuglement temporaire lorsque directement exposé à la lumière des objets
  • nausée
  • saignement de nez et/ou d'oreilles ; maux de têtes sévères
  • difficulté à respirer
  • perte de volonté
  • somnolence sérieuse dans les jours suivant une rencontre rapprochée

Niveau 5

La 5ème catégorie d'effets ne peut être qualifiée que de psychique parce qu'elle implique une classe de phénomenes courramment trouvés dans la littérature de parapsychologie, tels que :

  • impressions de communication sans canal sensitif direct
  • phénomènes de poltergeist : mouvements et sons sans cause spécifique, en dehors de la présence observée d'un PAN
  • lévitation du témoins ou d'objets et animaux dans les environs
  • manoeuvres d'un PAN semblant anticiper les pensée du témoin
  • rêves ou visions prémonitoires
  • changement de personalité promouvant des capacités d'inhabituelles chez le témoin
  • guérison

Niveau 6

La 6ème et dernière catégorie pourrait être qualifiée de culturelle. Elle est concernée par les réactions de la société aux signalements, la manière dont les effets secondaires (canulars, imagerie de fiction et science-fiction, théories scientifiques, dissimulation ou exposition, censure ou publicité des media, sensationalisme, etc.) sont générés, et l'attitude des membres d'une culture donnée envers les concepts que les observations de PANs semblent remettre en question. Aux Etats-Unis le plus grand impact du phénomène a été sur l'acceptation générale de l'idée de vie dans l'espace et un changement plus limité, mais potentiellement très significatif, dans le concept populaire d'intelligence non humaine. Dans les premières cultures, telles que l'Europe médiévale ou le Portugal dans les premières années du 20ème siècle, le contexte culturel des observations anormales était fortement coloré de croyances religieuses.

Nature possible de la technologie des PAN

Un cadre pour une hypothèse scientifique sur les observations de PAN peut être construit sur l'identification (évidemment très grossière) des 6 principaux niveaux des effets des PAN. Si nous devions formuler une vision du problème en une seule phrase à ce point, celle-ci serait : tout fonctionne comme si les PANs étaient les produits d'une technologie intégrant les phénomènes physiques et psychiques et affecte principalement les variables culturelles dans notre société par la manipulation de paramètres physiologiques et psychologiques chez les témoins. Cette seule phrase peut être développée comme suit :

  1. Le phénomène est le produit d'une technologie. Durant l'observation, le PAN est un objet aérien, physique et matériel. Cependant, il semble utiliser soit une tromperie très habile soit des principes physiques très avancés, donnant les effets que nous avons appelés "antiphysiques", qui doivent finalement être réconciliés avec les lois de la physique.
  2. La technologie déclenche des effets psychiques soit à dessein soit comme une conséquence de ses manifestations. Ces phénomènes de conscience sont aujourd'hui trop courants pour être ignorés ou relégués dans la catégorie des faits exaggérés ou mal-observés. Tous ceux d'entre nous ayant enquêté sur les observations rapprochées sont devenus familiers de ces effets.
  3. Le but de la technologie pourrait être une manipulation culturelle — peut-être mais pas nécessairement sous le contrôle d'une forme d'intelligence non-humaine — auquel cas les effets physiologiques et psychologiques sont un moyen pour atteindre cette fin. Maus le parapsychologue avec un cadre Jungien pourrait arguer que l'inconscient collectif humain est également une source potentielle pour de tels effets — sans le besoin d'invoquer une intervention extraterrestre.

Le problème de l'incommensurabilité

Les considérations ci-desus nous ramènent à la considération du paradigme SETI. De nombreux chercheurs SETI réalisent maintenant que nous ne pouvons être si présomptueux en présupposant que les cultures ET, possédant une incompatibilité cognitive avec nous, se comporteront comme les font les humains au 21ème siècle. En particulier, il n'y a aucune raison de les restreindre à une technologie de communications basée sur la radio et d'exclure le voyage à travers l'espace interstellaire, la transmission d'imagerie ou l'envoi de sondes automatisées. Ainsi le programme SETV/SETA recouvre l'ufologie basée sur l'HET. Tous deux sont dédiés à la détection d'une intelligence non-humaine sur ou près de la Terre, démontrant un décalage de paradigme s'éloignant de la "vision SETI orthodoxe” et du principe de banalité.

Le vision selon laquelle les ETs et humains pourraient avoir des manières différentes de conceptualiser le monde telles qu'il ne puisse pas y avoir de compréhension mutuelle est désignée comme le "Problème de l'Incommensurabilité" dans la littérature SETI Vakoch, D. A., (1995). "Constructing messages to extraterrestrials: An exosemiotic approach", Paper IAA-95-IAA.9.2.05 presented at the SETI: Interdisciplinary Aspects Review Meeting, 46th International Astronautical Congress in Oslo, Norway. Vakoch, D. A., (1999). SETI Institute, private communication, 1999. L'incompatibilité cognitive ou Problème d'Incommensurabilité entre les cultures humaines et ET garantiront que ces dernières développeront des techniques de communication autres que la radio. Les cultures ET pourraient envoyer des signaux radio et optiques vers la Terre mais pourraient aussi envoyer des signaux dans une variété d'autres formes telles que des images holographiques, des signaux psychiques ou autres liés à la conscience, des neutrinos modulés, des bursters de rayons gamma, des wormhole-modulated starlight caustics, des signaux générés par des techniques de lentilles gravitationnelles, des rayons X modulés, des signaux téléportés quantum, ou un effet theoretic quantum field, etc. Le Problème de l'Incommensurabilité s'applique même au problème de compréhension des manifestations de PAN dans le cadre de l'HET.

Au coeur du Problème d'Incommensurabilité se trouve la vision qu'aucune espèce intelligente ne peut comprendre la réalité sans faire certains choix méthodologiques, et que ces choix pourraient varier de civilisation en civilisation Vakoch, 1995. Si les entités ETs et les PANs ont des biologies différentes et vivent dans des environnement considérablement différents de ceux des humains, ils pourraient bien avoir des buts différent pour leur science, et des critères radicalement différents pour évaluer le succès de leur science. Leurs mécanismes exploratoires, leurs préoccupations prédictives, leur mode de contrôle sur la nature pourraient tous être très différents, et on devrait s'attendre à ce que leurs moyens de formuler des modèles de la réalité diffèrent de manière drastique des nôtres Rescher, N., (1985). “Extraterrestrial Science”, in Extraterrestrials: Science and Alien Intelligence, E. Regis Jr., ed., Cambridge Univ. Press, Cambridge, U.K.

A cet égard, il existe une caractéristique supplémentaire qui doit être mentionnée comme soutenant les paradigmes SETI alternatifs. L'insistance du cryptage/décryptage du programme SETI sur des images picturales ou messages est prédit sur la base de la supposition que les ETs ont une vue semblable aux humains vis-à-vis de la "vision SETI orthodoxe" Oliver et al., 1973. Nous observons que cette insistance n'est pas tant le reflet de la primauté de la vision chez les humains que celui de présupposés philosophiques sur la manière adaptée d'acquérir de la connaissance. Ainsi, l'auto-sélection anthropocentrique devient manifeste au sein du SETI et la "vision orthodoxe" de l'ufologie.

Michel Foucault affirme que le fondement humain sur la science est basée sur l'étude des caractéristiques visibles des objects Foucault, M., (1966). The Order of Things, trans. by A. Sheridan, Random House, N.Y. La croyance qu'une connaissance véritable ne peut être acquise que par la vue vient du 17ème siècle. Cette insistance sur la vue repose sur l'élimination des autres sens comme sources potentiellement intéressantes d'information scientifique.

Sans même soulever la question de savoir si les ETs ou les entités des PANs peuvent "voir", nous serions peut-être sages de ne pas surestimer l'importance des représentations picturales qui en ont été faites. La même chose s'applique aux transmissions ET/PAN vers nous. Nous pouvons voir et acquérir de la connaissance par la vision, mais les signaux ET/PAN bombardant potentiellement la Terre pourrait être mal compris, non reconnus ou non détectés parce que nous n'employons pas des paradigmes impliquant nos autres modalités, comme un fonctionnement psychique. On en trouve de nombreux exemples dans des interactions entre des humains de cultures différentes Highwater, J., (1981). The Primal Mind: Vision and Reality in Indian America, Meridian, N.Y. et dans les apparitions Mariales où les témoins principaux sont souvent des enfants sans éducation et illettrés (Fatima, Lourdes, Guadalupe).

Cette dernière observation pose des contraintes sur ce que nous pouvons attendre comme réaction ET à des signaux envoyés de la Terre. Parce que nous ne pouvons être certains des récepteurs ET/PAN de nos messages délibérés et qu'ils ne peuvent être certains de notre nature lorsqu'ils nous envoient leurs a priori, il est difficile de construire des images qui ne seront pas ambiguës. Dans une certaine mesure, les visualisateur ETs/PANs de nos pictogrammes pourraient projeter des caractéristiques de leurs propres expériences spécifiques d'une espèce sur nos messages, et nous projettons certainement nos propres expériences spécifiques d'une espèce sur leurs messages. Ce dernier point pourrait être la cause d'absence de signaux ET détectés (si l'on met de côté ces plus de 100 signaux radio et optiques qui ne furent pas de faux positifs mais aussi non répétés par leur source) tandis que le premier pourrait être la cause de l'impasse actuelle dans l'étude du phénomène des PANs.

Sémiotique

Dans son analyse du problème de la communication le psychologue de l'Institut SETI, Doug Vakoch, a préconisé l'application de la sémiotique, la théorie générale des signaux Vakoch, 1999, où un signe est quelque chose qui représente quelque chose d'autre, le signifié. Par exemple les mots "pièce de monnaie" représentent un objet particulier que vous tenez dans votre main.

Dans les messages interstellaires, en termes de théorique classique de l'information, il n'y a pas de relation innée entre la forme du message et le contenu porté par le message. Une fois décidée l'information du message, un moyen efficace de le coder est recherché. Dans cette approche, il existe un lien purement arbitraire entre le contenu et la forme du message. Les messages basés sur la sémiotique ont une gamme plus large de possibilités pour mettre en relation forme et contenu. Les sémioticiens catégorisent les signes en fonction de la manière dont le signe et le signifié sont liés l'un à l'autre. Dans l'association entre le signe "pièce de monnaie" et son objet signifié, cette relation est purement arbitraire. Le signe pour cet objet pourrait très bien avoir été "le poof hoffer". C'est une association purement conventionnelle. En sémiotique, lorsque l'association entre le signe et le signifié est arbitraire, le signe est qualifié de symbole. Avec des symboles, il n'y a aucun lien intrinsèque entre la forme de l'expression (le signe) et le contenu exprimé (le signifié).

Il existe des alternatives au lien arbitraire entre signe et signifié qui sont vus comme des symboles. Une alternative est l'icône, un signe portant une ressemblance physique avec le signifié. Avec les icônes, la forme du message reflète son contenu. Par exemple, le profil de l'homme sur une pièce de 25 cents est une icône pour un homme spécifique qui était le 1er Président des Etats-Unis. Nous pouvons aussi représenter le même homme avec le symbole "George Washington". Dans le cas précédent, l'image de Washington est une icône parce qu'elle ressemble physiquement au signifié. Les icônes peuvent aussi être utilisées lorsque le signifié est moins concrêt. Par exemple, la balance de l'icône de la justice représentent le concept de justice parce qu'il y a une similarité entre le signe (la balance qui équilibre 2 poids) et le signifié (concept de justice, qui implique un équilibre entre transgression et punition). A Fatima, l'entité décrite en premier (dans les observations de 1915) comme un "Ange de Paix" au sein d'un globe de lumière devient une "Dame de Lumière" dans les observations de 1917. A son tour elle devint identifiée avec le symbole de Marie, et finalement la Vierge elle-même.

Il est également utile de réaliser que les icônes ne sont pas spécifiques à la modalité sensorielle visuelle. Il est possible d'avoir un signe qui ressemble physiquement au signifié de manière non-visuelle. Par exemple, la mouche Spilomyia hamifera bats ses ailes à une fréquence très proche de la fréquence de battement de la dangereuse guèpe Dolichovespula arenaria. En conséquence, lorsqu'un de ces mouches est dans le voisinage d'un groupe de ces guèpes, la mouche gagne une sorte d'immunité contre l'attaque par des oiseaux. Le mimétisme des guèpes par la mouche intervient dans la modalité auditive. Elle n'est pas attaquées par des prédateurs en puissance parce qu'elle sonne comme les guèpes. En court, la stratégie de défense de la mouche est basée sur la production d'une icône auditive, dans laquelle le battement d'ailes de la mouche (le signe) ressemble physiquement au battement d'ailes des guèpes (le signifié) Vakoch, 1999.

Les icônes pourraient fonctionner dans n'importe quelle modalité sensorielle. Etant donné que nous ne sommes pas sûrs de quelle modalité sensorielle pourrait être principale pour les ETs/PANs, un signe de communication ne reposant pas sur une modalité sensorielle particulière serait préférable. Dans le SETI/CETI, la radiation électromagnétique est utilisée comme représentation iconique, permettant une communication directe des concepts (chimie de la Terre, organisation du système solaire, ADN humain, mathématiques, géometrie, etc.) sans coder le message dans un format spécifique pour une modalité sensorielle particulière. En utilisant des icônes, les récepteurs du message sont orientés directement vers les phénomènes intéressants, et non vers nos modèles de ces phénomènes.

D'un point de vue plus global, le signe et le signifié sont dans une triadique avec l'interpréteur de la relation. Ainsi, la similarité qui existe entre une icône et son référent n'existe pas indépendamment de l'intelligence qui perçoit cette similarité. Bien qu'il existe dans l'iconicité un lien naturel entre le signe et le signifié, ce lien ne peut exister sans intelligence pour observer le lien.

En fin de compte, le problème de l'iconicité est que cette similarité est dans l'oeil du spectateur. Et parce que nous ne savons pas à quoi ressemblent vraiment les ETs/PANs, nous ne pouvons être sûrs que ce qui pour nous semble une similarité évidente sera vu comme tel par une intelligence avec une biologie, culture et histoire différentes, venant peut-être d'un univers différent. Ainsi, le jugement de similarité n'est pas purement objectif, mais est influencé par toute une variété de facteurs impactant les conventions d'interprétation.

Les PANs et le problème des abductions

Le comportement susmentionné de PANs n'est pas fondamentalement absurde. Cette absurdité apparente est simplement le reflet de the cognitive mismatch or the Incommensurability Problem that exists between humans and the phenomenon.

Dans ce cas particulier, les PANs envoient le message et nous sommes les récepteurs. Le(s) message(s) envoyé(s) sont des icônes, des icônes façonnés par le phénomène et envoyés à nous via diverses modalités sensorielles. La différence entre nos cultures, biologies, modalités sensorielles, histoires, existence dimensionnelle, évolution physique, modèles de nature et de science, etc. respectifs pourrait être directement responsable de notre manque de compréhension du phénomène et de son message. Nous ne pouvons pas voir ce que les PANs pensent être des similarités (iconiques) dans le message qui nous est destiné. Ces différentes établies impactent directement nos conventions d'interprétation de manière à altérer notre reconnaissance de la "similarité" entre le signe et le signifié contenu dans les icônes des messages de PANs, altérant encore plus notre capacité à "voir et comprendre" le message ou schéma potentiel.

La différence entre les modalités sensorielles d'entités de PANs et d'humains pourrait être responsable de notre incapacité à détecter correctement le message de PANs (icônes) et les faire correspondre avec eux. Cette différence pourrait aussi nous empêcher d'interpréter correctement ce que sont leurs icônes si en fait nous les reconnaissons bels et bien. A cet égard, souvenez-vous que nous projetterons nos propres expériences spécifiques d'une espèce sur leurs icônes (messages), manifestant ainsi l'apparence d' "absurdité" lors de l'interaction humain-PAN.

Les cas d'enlèvements à bord d'ovnis pourraient exemplifier cela, au sens où les activités (ou scènes) "absurdes" concurrents avec les événements d'abduction pourraient simplement être le mécanisme de défense iconique déployé par le PAN pour se protéger du sujet tout comme la Spilomyia hamifera se protège des oiseaux par mimétisme.

Kuiper Kuiper, T. B. H. et Morris, M., (1977). "Searching for Extraterrestrial Civilizations", Science, 196, pp. 616-621. et Freitas Freitas, R. A., (1980). “A Self-Reproducing Interstellar Probe”, JBIS, 33, pp. 251-264. suggère que des ETs/PANs visitant la Terre trouveraient nécessaire de se cacher de nos mécanismes de détection jusqu'à avoir évalué notre niveau technologique ou menace et dangers potentiels. Ils emploiraient un programme de risques multi-niveaux adaptif pour éviter le danger. Une furtivité faiblement observable comme un simple camouflage à travers le mimétisme, qui fonctionne bien dans la nature, pourrait être la technique choisie pour les visiteurs PANs/ETI expérimentés en surveillance Stride, S. L., (1998). "SETV - The Search for Extraterrestrial Visitation: Introduction to a Heterotic Strategy in the Search for ETI", JSE, submitted.. Des exemples de techniques de mimétisme sont des PANs/ETI entrant dans l'atmosphère avec l'apparence ou la trajectoire d'un météore ou dissimulés dans une pluie de météores, se comportant comme des météores sombres sans la signature optique associée, se dissimulant dans un nuage artificiel ou naturel ou une rentrée de satellite, se comporter comme des pseudo-étoiles en restant stationnaire au-dessus de certaines régions, ou en mimant les caractéristiques d'aggrégat d'un appareil de fabrication humaine Stride, 1998. Une autre possibilité est des techniques de mimétisme employées pour la manipulation de la conscience humaine afin d'induire les diverses manifestations d'interactions ou scènes "absurdes" associées à la rencontre. Une autre encore serait d'apparaître comme une entité reconnaissable dans la culture cible comme un ange, un démon ou une déité.

Conclusion

L'ingéniérie moderne nous a familiarisé avec des technologies d'affichage produisant des images tridimensionnelles avec couleur, mouvement et perspective par le biais de dispositifs physiques. Nous spéculons que les PANs sont analogues à ces technologies d'affichage mais utilisent une gamme de variables plus large pour opérer sur les percipients et, à travers eyx, la culture humaine. La longue échelle de temps et la nature globale des effets rend difficile de tester les hypothèses impliquant de tels effets culturels.

La science-fiction nous a familiarisé avec le concept de machines ou êtres projettant une image d'eux-mêmes confusant systématiquement les observateurs. On pourrait imaginer que les PANs représentent des appareils physiques équipés de moyens d'interragir avec l'atmosphère environnante comme avec les sens des observateurs de manière à convoyer une fausse image de leur nature réelle. On pourrait arguer qu'un tel objet pourrait utiliser des appareillages à micro-ondes pour créer des hallucinations perceptives chez les témoins (y compris des messages qui sont entendus ou vus par un individu seul ou un groupe).

Même un tel schéma complexe, cependant, ne parvient pas à expliquer l'ensemble des effets rapportés et les changements de comportements subsequents chez les témoins les plus rapprochés. Nous devons supposer quelque chose de supplémentaire, le déclenchement de processus deep-seated au sein de leur personalité. La question devient alors : dans quelle mesure ces effets démontrent-ils une action volontaire des operateurs ? Pour répondre à cette question, et pour tester plus complètement l'hypothèse que les phénomènes de PANs sont de nature à la fois physique et psychique, nous avons besoin d'enquêtes bien meilleures, un élévation conséquente de la qualité des données, et une analyse plus informée seulement de l'objet décrit, mais de l'impact de l'observation sur les témoins et leur environnement social. En d'autres mots, nous devons développer une méthodologie multidisciplinaire englobant l'ensemble des 6 niveaux que nous avons identifiés, et qui puisse être appliquée à la SETI comme aux phénomènes ovnis et les rencontres rapprochées avec les entités associées avec eux. Une telle méthodologie ouvrirait la voie au test rationnel d'hypothèses dans un domaine important qui a été douloureusement négligé par le courant scientifique principale depuis trop lontemps.