Pourquoi j'ai laissé tomber

Blackmore, SusanBlackmore, Susan: Skeptical Odysseys: Personal Accounts by the World’s Leading Paranormal Inquirers, Amherst, New York, Prometheus Books, 85-94,

Imaginez ceci… Imaginez un monde où, si vous aimez suffisamment quelqu'un, ou avez suffisamment besoin d'eux, vos esprits pourront communiquer à travers le monde, où que vous soyez, indépendamment de l'espace et du temps. Imaginez un monde dans lequel il vous suffit de penser à quelque chose suffisamment clairement et puissamment pour qu'elle prenne vie, déplace des objets et influence l'ordre de choses à grande distance. Imaginez un monde où chacun de nous soit doté d'un for intérieur très spécial – un "véritable soi-même" – qui fasse de nous ce que nous sommes, qui puisse penser et se déplacer indépendamment de notre corps physique grossier, et qui puisse au final survivre à la mort, donnant ainsi un sens à nos vies qui seraient autrement aussi courtes que dénuées de sens. C'est (en gros) ainsi que la plupart des gens voient le monde. C'est ainsi que j'ai moi aussi pensé - et même espéré – que le monde soit. J'ai consacré 25 années de ma vie à tenter de trouver s'il l'était. Aujourd'hui, j'ai abandonné.

Si l'une de ces trois possibilités se révélait être vraie, alors le monde se révèlerait être un endroit fondamentalement différent de celui que nous pensons connaître, et la plupart de notre science serait remise en question. Tout scientifique qui découvrirait la vérité de l'une de ces propositions – ou, encore mieux, pourrait fournir une théorie pour les expliquer – serait assurément listé dans l'histoire des sciences comme un héros ; comme la femme qui aurait changé la face de la science pour toujours. Comme Richard Dawkins l'indique : Le découvreur du nouveau champ d'énergie qui relierait un esprit à un autre dans la télépathie, ou la nouvelle force fondamentale qui déplace les objets sans tricherie sur une table, mérite un Prix Nobel, et en aurait probablement un .

C'est quelque chose que beaucoup de critiques du scepticisme ne voient simplement pas. Je suis souvent abordée par des gens qui semblent croire que je pense comme ceci :- (Note – je ne le pense pas !) Je suis une scientifique. Je connais la vérité de l'univers telle qu'elle est écrite dans mes livres de science. Je sais que la télépathie, la clairvoyance, la psychokinèse et la vie après la mort sont impossibles. Je ne veux pas voir de preuves qu'elles existent. Je suis terrifiée de pouvoir avoir tort. La manière dont je pense est plutôt comme suit : Je suis une scientifique. Je pense que le chemin vers la vérité est l'investigation. Je suspecte que la télépathie, la clairvoyance, la psychokinèse et la vie après la mort n'existe pas parce que je les ai cherchées en vain durant 25 ans. J'ai eu tort des tas de fois auparavant et je n'ai pas peur que ça recommence. De fait, je pourrais ajouter que le fait de découvrir que vous avez tort et d'abandonner vos théories précédentes peuvent être la meilleure manière d'acquérir de nouvelles connaissances et une meilleure compréhension.

Il y a longtemps que j'ai abandonné mes propres croyances en l'âme, la télépathie et le monde astral, mais malgré cela, j'ai continué de chercher des preuves que mon nouveau scepticisme était déplacé, et de nouvelles théories qui pourraient expliquer le paranormal s'il existait . J'ai continué de mener des expériences et d'investiguer les prétentions de pouvoir psychiques. Finalement, j'ai abandonné cela aussi.

Une des raisons que j'ai données est probablement triviale et égoïste – j'en avais tout simplement assez de mener les mêmes batailles, d'être éternellement accusée d'avoir peur de la vérité ou même d'essayer de la cacher ; que l'on me dise que si je ne venais pas enquêter sur x (mon expérience de mort imminente, mon jumeau psychique, Edgar CayceEdgar Cayce, le miracle de Lourdes, D.D.Hume, ou le bar hanté du coin), cela prouve que je n'ai pas l'esprit ouvert. Ce n'est pas le cas. Cela prouve seulement qu'après des années de recherches des phénomènes paranormaux et de n'en avoir jamais trouvé, je ne suis plus prête à consacrer mon temps précieux et mon énergie limitée à documenter une nouvelle EMI, mettre en place des expériences préparées avec soin pour tester la télépathie entre jumeaux, passer en revue les sommes de débats publiés sur CayceCayce, Lourdes ou Hume, ou rester assise toute une nuit à attendre un fantôme qui ne viendra jamais (parce que je suis inhibitrice du psi).

J'en ai assez qu'on me dise que je ne suis pas ouverte d'esprit. Il y a longtemps j'ai écris sur la difficulté d'avoir un esprit vraiment ouvert – ou même de ne serait-ce que savoir ce que ça veut dire. J'ai appelé ça "l'ouverture d'esprit élusive" parce que je sais, après des années et des années de lutte entre croyances opposées, de recherche de preuves, et d'introspection sur mes propres motivations et peurs, qu'avoir un esprit ouvert n'est pas chose aisée. Pour moi, avoir un esprit ouvert veut dire ceci – que vous êtes prête à d'avis si les faits suggèrent que vous devriez. Cela parait simple, mais ça ne l'est pas. C'est un équilibre à trouver entre avoir un esprit si ouvert qu'il change d'avis au gré des vents, et si fermé que des standards de preuves impossibles à atteindre sont demandés pour le changer. C'est à un monde du type d'"esprit ouvert" que les critiques aiment étaler – un type qui veut dire si vous êtes d'accord avec moi, vous avez un esprit ouvert – si vous êtes d'accord avec les scientifiques, vous n'en avez pas.

Récemment j'étais sur scène avec trois autres "sceptiques" pour une émission de débat télévisé sur la médiumnité et la clairvoyance. Nous avions expliqué comment divers médiums pouvaient paraître convaincants sans qu'il existe des esprits, comment les cartes de Tarot fonctionnent sans pouvoirs paranormaux, et comment les faits réfutent les prétentions de l'astrologie, lorsqu'une femme du premier rang se leva et dit Le problème avec vous, c'est que vous n'avez pas l'esprit ouvert !. Je me surpris à répliquer par un discours passionné, concluant et seriez-vous prête à changer d'avis si vous découvriez que vous aviez tort ? Peut-être y serait-elle arrivé, mais mes recherches m'ont montré à quel point cela est difficile.

Il y a quelques années, un jeune étudiant nommé James Basil vint m'interviewer pour son projet de media. Il me posa des tas de questions intéressantes sur les enlèvements extraterrestres et la paralysie du sommeil puis me choqua en prétendant que j'avais tort – il avait lui-même expérimenté les deux et savait qu'il ne s'agissait pas du tout de la même chose. Je commençais alors à lui poser des questions, et en appris plus sur les extraterrestres qui avaient atterri dans les champs près de sa maison, leurs visites dans sa chambre et les operations qu'ils avaient réalisées sur lui dans leur vaisseau, pour la première fois lorsqu'il n'avait que cinq ans. Finalement, il me montra un tout petit objet métallique que les créatures extraterrestres avaient implanté dans le palais de sa bouche et qu'il avait enlevé après deux semaines d'inconfort. Serais-je prête, avec mon "esprit fermé" sur les ovnis, à l'analyser scientifiquement ?

Je pense qu'il fut surpris lorsque je saisis la chance. Il semblait penser que je ne voulais pas savoir – que j'avais peur de connaître la vérité. Cependant, mon point de vue sceptique sur les abductions était mis à l'épreuve par ce genre d'objet. De fait, s'il avait trouvé un morceau de technologie extraterrestre dans sa bouche, n'importe quel scientifique digne de ce nom voudrait en savoir plus.

Mais je n'avais pas d'équipement pour l'analyser. J'ai fait tourner un email dans toute notre Faculté des Sciences Appliquées où je demandais de l'aide. Un autre mythe explosa au passage was – que les physiciens rigides ne cherchent qu'à faire taire la vérité sur les extraterrestres qui nous entourent. Ma demande ne reçu pas une seule réponse négative – pas un seul scientifique me disant que je perdais mon temps, ou le leur. Au lieu de cela, j'en reçus plusieurs très utiles - depuis de simples suggestions quant à quoi faire, jusqu'à des offres de temps et d'aide technique sur le microscope électronique à balayage et le système de micro-analyse à rayons X.

James et moi-même passèrent une matinée au labo, regardant d'abord l'objet sous un microscope optique, puis au microscope électronique. Il fit remarquer les similitudes avec de précédents implants qui avaient été publiés, et fut de plus en plus excité lorsque nous vîmes les fameux poils et autres caractéristiques qu'il compara avec les implants célèbres de John MackJohn Mack. Alors vint le moment décisif. Le mystérieux objet, bien qu'il ressemble beaucoup aux autres "implants" sous le microscope électronique, se révéla être fait d'amalgame dentaire .

J'appréhendais la manière dont il allait réagir, et à l'occasion d'un café il s'efforça de me le dire. Il ne prétendit pas, comme je pensais que certaines personnes dans cette situation le feraient, que l'objet avait été remplacé ou que la machine ne fonctionnait pas ou que le technicien s'était trompé. Il essaya de comprendre comment les machines fonctionnaient et d'accepter la conclusion. En fait, il sembla presque soulagé. Ses sentiments étaient proches de ceux où vous faites un scanner du cerveau et apprenez que vous n'avez rien de grave. Il avait vraiment eu peur que des extraterrestres implantent d'autres objets dans son corps et maintenant, il savait que c'était peu probable. Je ne pense pas qu'il arrêta de croire aux extraterrestres ou à ses enlèvements, mais son point de vue changea de manière significative. Il me montra aussi – encore une fois – à quel point il était difficile et émotionnellement coûteux de changer ses croyances face aux faits.

Mais les gens ne sont pas toujours aussi prompts à se confronter aux faits. En je lisais le seul journal disponible sur un vol de vacances, lorsque je vis une photographie de Cherie Blair, la femme du Premier Ministre, portant quelque chose appelé un bouclier bioélectrique. Apparemment ce joli pendentif autour de son cou réduisait son stress et la protégeait de radiations nocives. On dit qu'Hillary Clinton en avait un aussi. J'étais en colère. Je pensais que le pendentif n'avait aucun effet. Comment des gens intelligents et de haut-rang comme cela pouvaient-ils croire en, et encore moins promouvoir, de tels mensonges. Plus je notais le prix – 119 £ (139 $) pour le moins cher, et 749 £ (995 $) pour la version dorée, et fut suffisamment énervée pour vouloir faire quelque chose.

Tout d'abord je réalisais que je sautais à la conclusion. Et si les boucliers fonctionnaient vraiment ? Si c'était le cas alors un nouveau principe extraordinaire devait être à l'œuvre et j'apprendrais pour le coup quelque chose de particulièrement excitant. Si ce n'était pas le cas alors les faits devraient être rendus publics. Je décidais de mener des expériences pour trancher.

Le site web de l'écran bioélectrique et les dépliants faisaient plusieurs affirmations – parmi elles que Le bouclier utilise les principes de la physique pour vous aider à supporter le surplus d'énergie/de stress de votre vide de tous les jours. Chaque bouclier contient une composition d'une matrice de quartz taillé avec précision et d'autres cristaux conçus pour équilibrer et renforcer votre champ d'énergie naturel. Ma favorite est Non seulement ce champ de force de cristal repousse les énergies électromagnétiques nocives venant de vos Écrans d'Ordinateur, Téléphones Mobiles, Micro-ondes, Sèche-Cheveux et autres équipements électroniques, mais il repousse toute énergie personnelle incompatible avec you. Le bouclier résonne à votre fréquence personnelle après que vous l'ayez porté pendant 24 heures, il agira comme un “Gardien” ne laissant passer que les énergies compatibles avec vous et repoussant celles qui ne sont pas compatibles avec vous.

Voilà les affirmations que je devais vérifier, et tester honnêtement. La bonne nouvelle était que les effets étaient pour la plupart mesurables, comme la force musculaire accrue, la réduction du stress et l'amélioration du bien-être. Parmi les difficultés à tester cependant, il y avait le fait que le bouclier mette du temps à s'équilibrer avec l'énergie personnelle de la personne et qu'il ne puisse être partagé avec personne d'autre. Cela voulait dire mener une étude à long terme avec un bouclier par personne.

Je retrouvais le distributeur britannique, David Chambers, et à travers lui le fabricant Américain, Virginia Brown, et après de nombreuses discussions, ils me fournirent six véritables boucliers et six faux boucliers. Nick Rose et moi-même demandèrent à douze femmes de les porter durant plusieurs semaines et nous mesurâmes la force de leur poignée, leurs niveaux d'humeur et de stress à intervalles réguliers, sans qu'elles ou nous ne sachions quels boucliers étaient lesquels . Nous nous étions efforcés de mettre en place des précautions en double aveugle pour être équitable à la fois pour les fabricants et pour nous. Nous ne voulions pas trouver des résultats négatifs et qu'ils pensent que l'on ait pu tricher, ni des résultats positifs et que nous pensions qu'ils ont pu tricher. Mettre ceci en place ne fut pas facile, en partie parce qu'ils ne semblaient pas comprendre ce qui était nécessaire. Finalement, cependant, nous fûmes d'accord pour que Nick et moi-même préparent des résultats pour chaque sujet codés par une lettre et une liste de ceux qui portaient tel bouclier numéroté, et que David et Virginie viennent à notre labo avec une liste de quels écrans numérotés étaient faux ou authentiques. Nous les échangerions devant un témoin indépendant de sorte qu'aucune partie ne puisse tricher.

Jusqu'au moment où ils arrivèrent, j'étais obsédée par ces précautions, mais quand ils arrivèrent je compris qu'elles n'étaient pas nécessaires. Ils étaient honnêtes, impatients de connaître les résultats, et voulurent nous donner leur liste de codes avant même que l'on arrive au labo. Nous les empêchâmes de le faire et posèrent les résultats pour eux. Ainsi nous pouvions voir, sur douze sujets, qui était devenu plus fort, plus détendu ou calme, et nous leur donnèrent une chance de choisir, parmi ces 12 personnes, 6 dont ils pensaient qu'ils avaient porté les véritables boucliers. Par pur hasard ils auraient pu en trouver trois ; la probabilité d'en trouver quatre étant de 0,24 ; cinq 0,04 et six 0,001. En d'autres mots, s'ils choisissaient correctement cinq ou six sujets, on aurait un résultat significatif. Nous pourrions analyser les résultats complets par la suite. David et Virginie étudièrent les graphiques avec soin, firent leurs choix, puis donnèrent la liste de codes.

Ce fut vraiment un moment excitant. Nous pensions que personne n'avait pu tricher et nous n'avions aucune idée de quel bouclier était lequel. S'ils en trouvaient cinq ou six, nous saurions que nous avions en main un effet étrange et incompréhensible. Dans le cas contraire, nous saurions que nous serions face à de nouvelles fausses prétentions, potentiellement nocives. Nous prîmes leur liste et annotèrent les graphiques. Ils en avaient quatre de corrects.

Ce qui se passa par la suite fût l'événement le plus informatif de tous. Ils commencèrent à expliquer ce qui s'était passé. À l'évidence, telle personne bloquait l'énergie du bouclier. Telle personne aurait dû porter le bouclier plus longtemps – parfois il faut au moins quatre semaines pour que les boucliers rééquilibrent une personne. Telle personne était devenue plus détendue, même avec un faux bouclier. Lors du déjeuner, nous discutâmes un peu plus – ils semblaient déçus, mais juste un peu. Ils étaient convaincus qu'il y avait une explication, et ne semblèrent jamais envisager la possibilité que les boucliers n'avaient aucun effet.

Par la suite nous fîmes l'analyse complète et leur envoyèrent les résultats. Virginie écrivit qu'elle avait initialement pensé que les résultats étaient un désastre, mais vint finalement à les considérer comme une bénédiction déguisée. Apparemment son consultant lui dit que les boucliers placebo n'auraient pas dû être préparés par la même personne que celle qui réalisa les vrais boucliers parce que les fabricants avaient fabriqué les boucliers avec une telle volonté de renforcer et rééquilibrer les gens, que cette "énergie" arrivait dans le bouclier, qu'il porte des cristaux ou non. Elle sembla surprise par cette affirmation étrange mais voulait aussi l'accepter, et elle recommanda que nous utilisions des boucliers fabriqués différemment pour nos prochaines expériences. De fait, elle fournit gentiment un nouvel ensemble de 3 vrais et 3 faux boucliers fabriqués spécialement. Avec ceux-ci nous réalisâmes deux autres expériences pour déterminer si les boucliers protégeaient les gens des effets affaiblissants de tenir un téléphone mobile (téléphone cellulaire). Les résultats suggèrèrent que non .

J'avais commencé cette étude avec l'idée que quelqu'un quelque part faisait malicieusement et par appât du gain de fausses affirmations pour soutirer de l'argent à des personnes vulnerables. Je terminais avec un avis différent – que des gens bien intentionnés vendaient un produit auquel ils croyaient vraiment à des gens qui y croyaient aussi et se sentaient mieux, même si les prétentions en question étaient fausses.

Un dernier exemple concerne quelqu'un prétendant avoir des capacités psi, David Spark ; un homme au ton posé dans la fin de la trentaine qui se présenta un jour à notre labo. David dit être capable de prédire le résultat de courses de chevaux, not by knowing the form or juggling the odds (though he is very good at that) but by using his psychic powers. He spends three or four hours a day in the ‘bookies’ practising, and finally decided that he wanted to be properly tested. Nick Rose and I agreed and asked him what he could do. He said he could tell the suit of playing cards, so for six weeks I hid a playing card in a filing cabinet and he rang in with his guess. He was quite successful with this task, getting three out of six guesses right, but said he preferred the horses where you have a list of names to look at. So we devised a new test using lists of words chosen by him.

He made 14 guesses and got none right. Yet he was sure that if he could get more relaxed, or improve his sleep and diet, or find a task more like horse racing, the results would improve. Nick then wrote a programme which displayed a simple horse race on the computer screen, and between April and May 1999 David made 10 guesses from home. Again the results were below chance and again David came up with numerous reasons why he had failed. Finally we invited him to come to the lab for properly controlled tests, and after each experiment I recorded an interview with him.

In the lab David could work in his own time, predicting the outcome and then running the race when he was ready, as often as he liked up to a preset number of trials. In the first experiment we decided on 100 trials (several weeks work with anything between 5 and 15 trials per session) and David predicted he would get about half the winners right. In fact he got just 6 – fewer than the 10 predicted by chance. Afterwards I asked him about these results.

“Well, I was very happy with the results that I got. I was totally pleased with them because one of the things I said was sort of linking some of the numbers up … like one, two and ten together; three, four and nine together, and five, six, seven and eight together. …You can look at them in lots of different ways, but looking at them that way, one, two and ten, come up with 39 answers out of a hundred. … So I was totally happy when I saw the results. The second last session I did, there was still ten more to do and at the end of that I added all the results and come up with a graph and everything and I looked at that and I saw a few things there, and I thought, I’m really pleased with that.”

He did indeed make a graph, and a chart of results, and numerous calculations. His understanding of probability was far sharper than mine, and yet he seemed always to conclude that he had succeeded, when I thought he had not. The problem, as so often in psychic claims, is looking for patterns after the fact. If you study the results of any such experiment you can always find interesting patterns, and we did. The question is – are they chance or real? The answer is – if they are different every time, and only visible in retrospect, then they are probably chance. As we explained, if he could predict in advance that he would get, say, more hits on positions seven and eight – or indeed any pattern he cared to predict, then we could test that.

We eventually carried out five experiments of this kind. In the later ones we gave him toy money with which he could bet a different amount on each race. The results of these experiments were fascinating. None of the individual results was significant for first place hits. Overall David completed 210 trials with ten horse races, and obtained exactly 21 hits. In other words it appears as though there is nothing but chance guessing operating. Nonetheless, he came out with a small profit on his winnings, a sum of ranks significantly below chance (which suggests something other than chance going on), and a conviction that his powers were real. After each experiment he explained why he had failed, and maintained great optimism about his achievements.

In our final interview I was quite straight with him. I knew him fairly well by now and really wanted to understand what was going on in his mind. I suggested that “it’s all chance, and all these ideas you have are actually completely irrelevant.” To my surprise he agreed this was possible, but added “I’m totally convinced that I do have an ability – what the first hundred experiments show is that I can’t just do anything I want to, I just can’t consciously decide. I have to have my mind in a certain status, a certain way, and it’s something I’ve got to be relaxed about, and I’ve got to be confident about what I’m doing. … I’m still learning.” I told him that skeptics would not yet be convinced and he replied “but I’m so certain, so positive that I definitely can do it that it’s only a matter of time – that it will be there.”

In all these cases the people involved stuck to their own familiar paradigms – and here the much over-used word ‘paradigm’ is quite apposite (Kuhn, 1962). When the results were not as they expected they did not consider the possibility that their whole paradigm was false, but instead preferred to patch it up with ad hoc explanations for every failure. Although James did change his mind in important ways, he did not abandon the idea that aliens were abducting him. But then imagine how hard it would have been for him, or any of them. In all cases they were deeply committed to their world views and to some extent their whole lives were bound up with their beliefs. James was involved with various UFO organisations and with magazines about aliens. David and Virginia made their living out of selling bio-electric shields and other similar products, and David Spark once told me, referring to his work with us “It is the actual focus of my life”.

Skepticism is the focus of many skeptics’ lives. Some have committed their careers to promoting skepticism and to debunking paranormal claims. Would they find it easy to change their minds if good evidence for the paranormal came along? I think not. The problem in making this comparison is that there is, as far as I can tell, no good evidence for the paranormal. Nevertheless, some skeptics display just the same reluctance to change, and tendency to biassed interpretations, as the most ardent believers do. In skeptical books and magazines we can read again and again authors who prefer to accept even the feeblest and least well-founded skeptical explanation of a claim, rather than consider the possibility that the claim might be true. Yet if we are going to study psychic claims at all, we must always consider the possibility that they are true. Unlikely as it is, ESP and PK might exist. There could be new forces as yet undiscovered. We should accept the best explanation we can find – not the one that we like the most. The lesson we should learn from James, David, Virginia and David Spark is not that believers find it hard to be open-minded but that we all do.

Not only is it emotionally taxing to consider our least favourite theories, but it is hard work too. It takes a lot of time and effort to make a reasonably fair and unbiassed assessment of any paranormal claim. I knew I was no longer prepared to it properly when one day a huge pile of papers arrived in the post. The Stargate affair had just broken. The evidence coming out of all the Stanford Research Institute remote viewing work was published and various people were arguing about whether it did, or did not, provide evidence for psi. Several people asked for my opinion and a friend sent me a huge packet containing all the information. I balked. I was not prepared to be an ignorant parapsychologists/skeptic and give opinions on experiments I had not studied. I knew that I would only be prepared to give an opinion – whether publicly or privately – if I had read all that material. And I knew that I did not want to read it.

I knew then that I had to give up. In the fall of 1998 I gave a lecture to the Society for Psychical Research entitled “Why I must give up psychical research”.

The more serious reason why I have given up is that I no longer believe in the world I outlined at the start. Indeed, I no longer believe that the search for paranormal phenomena will provide insight into the “big questions” of life – though when I started out on my career in parapsychology I was sure it would. I really believed that studying the paranormal would help me with such mysteries as “What kind of world is this? What am I? and How should I live my life?”

As the founders of psychical research perceived, questions about ESP, PK, and survival of death strike right to the heart of these big questions. If ESP and PK exist, our minds have the power to reach beyond the body with its ordinary senses and physical limitations. Much of psychology and neuroscience must be wrong because they are entirely founded on the assumption that physical transfer of energy and information is required to produce behaviour, understanding and awareness. If there is personal survival of death then we humans must have some kind of soul or inner self that can survive independently of the body. Some form of dualism must be true, however inconceivable that seems to our present day science and philosophy. The implications are immense.

So too are the implications for how we should live our lives. If telepathy or PK are real then we might be able to help others with their use. Perhaps we should cultivate them, or learn to protect ourselves against their misuse. If survival is real then we must live our lives in the knowledge that there is some realm beyond – where our earthly deeds may have consequences, and which gives some new meaning to our lives here on earth.

But what if they don’t exist? Then each of us is a biological creature, designed by natural selection for the survival of our genes and memes; here for no reason at all other than the dictates of chance and necessity, and unable to contact or influence anyone else except through the normal senses and physical processes. Our consciousness, and the perceived world around us, emerge from the complex interactions between brains and their environment, and when those brains decay then our awareness stops.

Living in a world like this is truly scary. There is nothing to hang onto. It seems to me now that free will is an illusion, and even our precious selves are not solid persisting entities but ephemeral constructions that change all the time. There is no continuous self who lives our lives, let alone one that could survive our deaths. There is no point in behaving well so as to have our reward in the afterlife, for there is no afterlife. There is only this world now, and our actions must reflect that knowledge. I say this is genuinely scary, though I think it gets easier with practice. And to those who accuse me of being scared of the paranormal, I can only say “try this instead”. But asking which you find most scary really is not the point. Fear is never a good reason for choosing one’s view of the world.

How then can we answer the big questions? I would say in two ways. One is by personal experience and disciplined observation; trying to see clearly the truth about oneself and the world. That is why I meditate and practice mindfulness. So throwing out the paranormal does not mean abandoning spirituality or spiritual practice. The other is by doing science, and for me the interesting questions now concern evolutionary processes, memes, and the origins of consciousness (Blackmore, 1999).

What then of parapsychology? The world still might be as I imagined it at the start and because the implications would be so profound I am glad that others are carrying on. The recent resurgence of funding for parapsychology means there are several new labs and many new researchers at work. If psi does exist then one day one of them will find a way to demonstrate it and a theory to explain it. If that happens I shall be back like a shot, but until then, happily, I have given up.

Blackmore,S.J. 1999 The Meme Machine Oxford University Press. Kuhn,T.S. (1962) The Structure of Scientific Revolutions. Chicago.