Investigations officielles sur les ovnis en France : le Projet GEPAN/SEPRA

Louange, F. & Vélasco, J.-J.

Pendant plus de 20 ans, l'agence spatiale française a mené une investigation non militaire mais officielle des signalements d'ovnis. Dans sa 1ère phase, le projet fut nommé GEPAN et sa focalisation était principalement les signalements d'ovnis. Par la suite, le projet fut renommé SEPRA et reçu une responsabilité plus générale pour étudier l'ensemble des phénomènes de réentrée atmosphérique. Dans le corps du rapport, nous avons pour des raisons pratiques fait référence au projet sous le terme "GEPAN/SEPRA." Cette annexe fournit un bref résumé de l'histoire, la mission, les opérations et réalisations de ce projet.

L'agence spatiale française est connue sous le nom de CNES. Elle fut fondée en 1962 pour mener à bien les activités spatiales françaises sur une base nationale ainsi que dans le contexte de l'ESA ou d'autres collaborations internationales. Le CNES a actuellement 2500 employés. Le siège du CNES est a Paris mais son Centre Technique est à Toulouse.

Le GEPAN fut établi en tant que département du CNES à Toulouse en 1977. A cette époque, son directeur était le Dr. Claude Poher, qui avait déjà effectué des analyses statistiques de fichiers contenant plusieurs milliers d'observations à travers le monde Poher, C.: 1973. Le CNES mit en place un Conseil Scientifique comprenant des astronomes, physiciens, experts légaux et autres citoyens éminents pour surveiller et orienter les activités du GEPAN.

Les 1ères tâches entreprises par le GEPAN furent :

Ces études initiales débouchèrent sur les conclusions suivantes :

Suite à ces étapes initiales, le GEPAN entreprit de développer une approche plus théorique mais rigoureuse de ces études. Il était clair au départ qu'il serait nécessaire de considérer à la fois les natures physique et psychologique du phénomène. Afin de comprendre pleinement le récit narratif d'un témoin, il était nécessaire de considérer non seulement le récit mais la psychologie et la personalité du témoin, l'environnement physique dans lequel l'événement eut lieu, et l'environnement psycho-social du témoin.

Le GEPAN négocia des accords avec la Gendarmerie Nationale, l'Armée de l'Air, la Marine, les bureaux météorologiques, la police, etc. Ces négotiations débouchèrent sur des procédures à travers lesquelles ces organisations fournirent au GEPAN les rapports, bandes vidéo, films, etc. afférants, qui furent alors traités et analysés par le GEPAN ou des laboratoires associés. Cependant, à partir de 1979, le GEPAN travailla principalement avec des rapports de la Gendarmerie, ces rapports s'étant révélés les mieux adaptés aux objectifs du GEPAN.

Le GEPAN developpa un système de classification afin de refléter le niveau de difficulté dans la compréhension des rapports :

  1. le phénomène est compris complètement et sans ambiguités
  2. la nature du phénomène a probablement été identifiée mais certains doutes persistent
  3. le rapport ne peut être analysé en raison de son manque de précision, et donc aucune opinion ne peut être formée
  4. le témoignage est cohérent et précis mais ne peut être interprété en termes de phénomènes conventionnels.

Les rapports de type A et B furent par la suite subdivisés en astronomiques, aéronautiques, spatiaux, divers et identifiés. Le GEPAN mena des analyses statistiques visant à classifier les cas selon un ensemble de caractéristiques physiques.

2 types d'enquêtes furent menées sur les rapports individuels :

Durant la phase GEPAN, le projet initia plusieurs lignes de recherche impliquant d'autres laboratoires et consultants. Celles-ci visaient à rechercher une base possible pour modéliser les aspects inexpliqués des signalements d'ovnis, ainsi que la recherche de nouvelles techniques pour une investigation plus active des événements ovnis au travers du développement de systèmes de détection. Ces sujets de recherche incluèrent :

En 1988, le GEPAN fut remplacé par le SEPRA. M. J-J. Vélasco, qui avait été membre du GEPAN depuis le tout début, prit en charge ce nouveau projet qui reçu une mission plus large. Ce nouveau projet fut initié pour enquêter sur tous les phénomènes de ré-entrées incluant les débris de satellites, lancers, etc. Cependant, le budget fut réduit de manière drastique de sorte que la recherche sur les signalements d'ovnis ne put être maintenue au niveau précédent. Néanmoins, l'ensemble des procédures officielles relatives à la collecte de données ont été maintenues pour assurer la continuité de la réception de rapports.

Après 21 ans d'activité, les fichiers du GEPAN/SEPRA contiennent maintenant près de 3000 rapports d'ovnis fournis par la Gendarmerie. Environ 100 de ces rapports se révélèrent justifier des enquêtes spécifiques. Sur ce nombre, seuls quelques cas restent inexpliqués aujourd'hui.

Il y a eut des tentatives du SEPRA d'augmenter le périmètre du projet au moins à un niveau européen, mais ceci n'a pas encore été réussi. Une de ces tentatives fut le projet "Eurociel" : le concept de base était d'implanter 2 ensembles de stations de détection optique grand angle, situées à des dizaines de miles de distance suivant un parallèle de latitude, chaque station devant être équipée avec des caméras de type CCD, avec un minimum de 1 dans le visible et 1 dans l'infrarouge. La sortie de ces caméras alimenterait de données un microordinateur qui déclenche l'enregistrement de données lorsque l'ordinateur détermine qu'un changement est soudainement intervenu. Les données de l'ensemble de ces stations seraient stockées dans une installation centrale pour permettre le calcul de trajectoires. Un tel système pourrait détecter la foudre, des météores, des satellites inconnus et d'autres phénomènes connus ou inconnus.

Au cours de la phase du GEPAN, le projet produisit de nombreux rapports et enquêtes et documents techniques concernant des sujets liés à l'étude d'événements ovnis. Ces rapports furent rendus publics. Ces rapports ne sont plus disséminés, mais une information peut toujours être demandée au CNES.