Conclusion

L'APRO soutient les efforts de Phil Klass et d'autres pour commenter de manière critiques nos enquêtes sur des cas. Ces commentaires, lorsqu'ils sont faits objectivement et de bonne foi ne pourront déboucher que sur le renforcement d'un bon cas. Par exemple, la suggestion implicite de Klass selon laquelle les 6 témoins de la phase initiale de l'expérience de Travis Walton devraient passer des tests polygraphiques plus complets est louable. Si les plans actuels se déroulent comme prévu ils seront tous re-testés.

Il est aussi louable que M. Klass comprenne et respecte le principe jounalistique séculaire qui permet à un journaliste d'investigation de protéger l'identité de ses sources et la nature d'informations privilégiées. Lors d'un entretien téléphonique qui eut lieu alors que l'existence du 1er polygraphe de Travis était encore une information privilégiée, M. Klass me demanda si j'avais eu une connaissance quelconque d'un test au polygraph de Travis qui aurait eu lieu avant le test de Pfeifer.

John J. McCarthy, le 1er examinateur au polygraphe à tester Travis Walton le , fut cité dans la Arizona Republic du disant : J'ai décidé de rompre le silence parce que le National Enquirer est impliqué dans une complicité qui ternit l'image de notre profession.

Certains de ses pairs pensent que c'est l'action de McCarthy qui a nuit à l'image de la profession. Après tout, il a informé Travis sur ses droits contre l'auto-incrimination et lui a assuré que les résultats du test seraient la propriété de Paul Jenkins du National Enquirer. S'il y a une quelconque publication des informations, cela viendra de lui, pas de moi, promit-il. Et il avait signé un accord pour préserver la confidentialité du test. Les sujets polygraphiques potentiels sont assurés de la nature privilégiée de l'interview de pre-test. Que se passe-t-il s'ils ne peuvent plus avoir cette assurance sérieuse ?

Une grande préoccupation des opérateur au polygraphe de la région de Phoenix est la volonté apparente de McCarthy de révéler des informations confidentielles en violation directe avec l'engagement verbal et le contrat écrit. Il a aussi parlé librement des informations glanées lors de cette interview "confidentielle" de pre-test. C'est durant cette interview que Travis confia qu'il avait eu des problèmes avec la justice concernant des vols et faux chèques de salaires. Bien qu'une enquête approfondie confirme qu'il s'agissait d'un incident isolé de ce que Travis appelle sa phase d'adolescent sauvage et n'a rien à voir avec l'affaire d'ovni qui était supposé être le point sur lequel le test de McCarthy devait se focaliser, McCarthy semble ne pas être gêné d'utiliser ces éléments pour "criminaliser" son ancien sujet de test.

De plus, McCarthy, peut-être à cause d'une mémoire défaillante, propage de fausses informations quant à ce qui se passa lors de cette interview de pre-test. Il prétend que Travis a admis, avec son frère Duane, ainsi que sa mère, avoir souvent spéculé sur le fait de partir à bord d'un ovni. L'enregistremennt audio de cette interview montre que (1) Duane et sa mère n'ont pas été mentionnés par Travis concernant un vol dans un ovni et (2) qu'en réponse au questionnement répété et persitant de McCarthy sur le fait de partir dans un ovni, Travis a maintenu qu'il avait seulement spéculé sur le fait d'établir un contact avec des être occupant un ovni, pas de partir dedans en soi. Lorsque l'on écoute la question Dans le passé, avez-vous déjà pensé à partir dans un ovni ? Travis décida de répondre d'un "oui" parce qu'il y avait probablement à un moment ou un autre. Il expliqua cela à à McCarthy. Donc encore une fois McCarthy avait posé la mauvaise question.

Avez-vous récemment beaucoup pensé à partir dans un ovni ? aurait été une indication bien meilleure pour savoir si oui ou non Travis avait planifié un canular.

Dans le test administré par Pfeifer la question Avant le étiez-vous un fan d'ovnis ? (suggéré par Travis) fut posée. Travis répondit que non. Klass insiste sur le fait que cette réponse serait un mensonge. Nous maintenons qu'une personne pourrait à un moment ou un autre penser à partir dans un ovni ou sur le fait d'établir un contact avec des extraterrestres sans pour autant se considérer comme un fan d'ovnis. Travis n'a pas lu un seul livre sur les ovnis, ne savait pas qu'il y avait des organisations de recherche sur les ovnis et en fait n'a même pas reconnu le nom de J. Allen Hynek.

L'enquête de Klass a pour but de prouver que les frères Walton et leur mère, Mme Mary Kellett, étaient très impliqués dans le sujet des ovnis et le folklore des soucoupes volantes. Une enquête de première main telle que celle menée par l'APRO ne montre pas cela. Les membres de ce groupe familial intelligent ont une attitude semblable à celle de plus de la moitié des citoyens des Etats-Unis ; i.e., ils pensent que certains signalements d'ovnis ont pour base l'existence de véritables véhicules et que ces véhicules pourraient être d'origine extraterrestre. Ils étaient suffisamment intéressés pour lire les rapports qui paraissaient dans la presse mais n'en étaient pas assez préoccupés pour acheter (ou emprunter) des livres ou magazines sur le sujet.

Duane dit avoir vu un ovni à portée de bras alors qu'il chassait il y a 12 ans de cela. Il était descendu presque à la cîme des arbres et semblait le suivre. Il couru chez lui et bien sûr en parla à la famille. Dans les années qui suivirent ils discutèrent du sujet occasionnellement et Duane avait raconté son aventure. Lors d'une de ces occasions Travis fit une remarque ironique, Si une de ces choses t'attrape un jour, fais en sorte qu'ils reviennent me prendre. Duane, durant l'absence de Travis, se souvint de cette remarque et la répéta très embellie aux journalistes et autres enquêteurs. Dans la presse cela fut développé en un "pacte" entre les deux frères. Egalement lors de l'absence de Travis, Duane fit quelques déclarations définitives sur les ovnis que Klass interprète comme indiquant que Duane avait une connaissance approfondie du folklore ovni. Les mêmes faits peuvent tout aussi bien soutenir l'hypothèse que Duane croyait aux récits des 6 témoins, qu'il connaissait personnellement pour certains, et qu'il parlait pour garder de l'espoir pour nous comme pour sa mère.

Dans une correspondance antérieure avec M. Lorenzen, Klass transmit un rapport indiquant que lorsque Mme Kellet fut informée de l'incident impliquant la disparition de son fils, elle répondit : Eh bien, je ne suis pas surprise le moins du monde. Il incluait les noms d'une demi-douzaine de représentants de l'ordre qui auraient été témoins de cet événement. L'enquête de l'APRO révèle que Mme Kellett fut informée par Mike Rogers, et que la seule autre personne présente était le sous-sheriff Ken Coplan. La citation ci-dessus attribuée à Mme Kellett n'aurait pu être fournie que par Coplan mais Coplan est maintenant retraité de ce poste comme Phil Klass. Ken Coplan était la source du Dr. William Bickel pour la rumeur de talk show (voir Bulletin de l'APRO de ). Coplan nia par la suite qu'il ait jamais entendu ou répété cette rumeur.

La position actuelle de Coplan est que Mme Kellett n'avait pas l'air très surprise. Cependant, nous savons que Coplan ne connaissait pas Mme Kellett auparavant et les évaluations de ses réactions ne sont donc pas forcément valides. Mike Rogers note que Travis comme sa mère sont de nature reservée et n'ont simplement pas l'habitude de réagir de manière ostensible. Rogers dit que lorsqu'il apprit l'incident à Mme Kellett elle sembla incapable de saisir ce qu'il lui disait et insista pour qu'il lui répète les détails au moins deux fois et que sur la route vers Snowflake elle continua de l'abreuver de questions sur les détails entremêlés de ses propres souvenirs de l'expérience de Duane et d'autres histoires qu'elle avait entendu. Coplan est plutôt en accord avec le récit de Rogers.

Un autre élément "criminalisant" que McCarthy a révélé de l'interview préalable au test de Travis fut qu'il avait déjà fumé de "l'herbe", des amphétamines et avait déjà pris du LSD. L'enquête de l'APRO confirme la déclaration de Travis selon laquelle ces expérimentations étaient une phase temporaire, qui s'était terminée 2 ans au moins avant son affaire d'enlèvement. Klass, cependant, se livre à des conjectures libres concernant une marque rouge ressemblant à la conséquence d'une piqûre dans le creux du bras droit de Travis, théorisant que Travis aurait pu s'injecter du LSD. Cependant : (1) Travis est droiter et la marque est donc au mauvais bras pour qu'il ait pu se l'administrer lui-même ; (2) pourquoi, alors que le LSD est facilement ingéré oralement, quelqu'un en viendrait-il à utiliser une injection dans une telle situation ? ; (3) si Travis avait effectivement participé à un canular comme le prétend Klass, pourquoi aurait-il recouru à des drogues dans ce moment crucial ?

Il est important de noter que nous dépendons que de l'honnêté de base de Travis concernant tous les éléments dont nous disposons sur son expérimentation des drogues. Il a donné ces information de bonne foi. Il n'était pas obligé de le faire.

Pour aider à dépeindre Travis comme un drogué, Klass se repose sur le "Dr." Lester Steward, déjà exposé dans ces pages comme étant titulaire d'un doctorat par correspondance d'une école non accréditée. Steward dit avoir parlé de l'expérience supposée au cours d'un traitement contre l'abus de drogues et avoir remarqué la marque de piqûre. Les Waltons, cependant, disent que Travis portait une chemise à manches longues qui rendait la marque invisible et que Steward n'avait pas parlé de drogues en leur présence. Ils disent qu'il a passé la plupart du temps au téléphone à essayer qu'un médecin fasse un examen physique de Travis et lorsqu'il devint apparent qu'il n'y arrivait pas ils partirent.

Les erreurs et présentations erronées sont légion dans l'article de Klass et dans certains cas elles sont accumulées pour produire des impressions totalement fausses. Par exemple : Les déclarations inexactes de McCarthy sur la prétendue obsession de Travis pour les ovnis sont renforcées par une citation incorrecte du Dr. Howard Kandell dans le même sens, et celles-ci sont alors utilisées comme base pour discréditer le profile psychologique normal de Travis comme établi par test M.M.P.I..

L'APRO est décrite comme ayant alerté le National Enquirer et est supposée avoir loué les chambres au Sheraton alors qu'en fait l'Enquirer a d'abord contacté Duane Walton puis l'APRO lorsqu'il leur a appris que nous enquêtions. L'Enquirer a loué les chambres au Sheraton. Nous avons consigné ces faits basiques dans le Bulletin de l'APRO de , dont le reçu est confirmée dans le rapport de Klass de 17 pages daté du .

Il est aussi prétendu que l'APRO aurait supprimé ce que Klass décrit comme des informations sur la blessure par piqûre de Travis et que Kandell l'aurait désignée comme telle dans son rapport médical à l'APRO. Kandell y fait en fait référence dans les termes suivants : un point rouge de 2 mm dans le creux du coude droit. Le Dr. Kandell nous a dit que c'était totalement guéri quand il l'a découvert et qu'il datait peut-être de 6 jours quand il a examiné Travis. Quoi qu'il en soit, s'il s'agissait d'un reste d'une piqûre, elle avait été faite bien trop loin dans le passé pour expliquer l'état drogué théorisé par Steward, l'"expert en drogues" de Klass. Travis et certains des autres bûcherons ont rapporté qu'ils ramassaient parfois des éclats ou épines durant leur travail. Des piqûres du buissin argousier, qui pousse dans la région, étaient suffisamment courants pour qu'on puisse imaginer qu'une d'entre elles n'ait pas été remarquée. Cela semble une manière bien plus probable d'expliquer la marque rouge de Walton et en tant que telle cela n'a pas été considéré être un détail particulièrement significatif dans le signalement du cas.

La conclusion finale de Klass est que le cas était un canular planifié par Rogers et Walton avec l'aide du reste de l'équipe afin de permettre à Rogers de rompre un contrat avec le Service des Forêts qui l'avait mis dans une situation financière très délicate.

Le fait est que Rogers était en retard sur son contrat en cours depuis qu'il avait commencé à travailler sur 3 autres contrats en parallèle. Mais il avait récupéré des fonds des autres contrats et n'était donc pas en difficulté financière.

Egalement, son intérêt comme celui de l'équipe était de travailler aussi longtemps que possible sur le contrat. Rogers savait par expérience qu'un petit dépassement de temps pourrait être toléré s'ils avançaient bien. De plus, il était possible de faire défaut sur un contrat sans pénalités ou préjudices graves sans courir tous les risques potentiels de la création d'une excuse. Rogers le savait parce qu'il avait fait défaut sur un contrat quelques années auparavant.

Rogers avait demandé qu'une inspection du Service des Forêts ait lieu le , qui lui aurait permis de se faire payer pour les 3 semaines de travail passées. L'incident ovni stoppa net cette procédure et figea tout paiement déjà dû. Rogers n'avait pas une équipe qu'il payait régulièrement. Il engageait des hommes en fonction de ses besoins, qui étaient payé uniquement pour les heures travaillées. Pour Duane Smith l'incident ovni eut lieu lors de son 3ème jour de travail pour Rogers. Il n'avait pas encore vu un seul jour de paie. Il n'était pas connu des autres hommes. Les hommes n'étaient tout simplement pas assez proches pour imaginer qu'il puisse collaborer sur un canular qui ne leur rapporterait rien - qui en fait pourrait bien leur faire perdre la paie de 3 semaines déjà travaillées.

Dans sa lettre au Service des Forêts déclarant qu'il ne pourrait terminer le contrat il ne mentionne pas d'ovnis. Au moment où sont rédigées ces lignes Rogers travaille sur un autre contrat d'élaguage pour le Service des Forêts en utilisant une machine spéciale qui rend obsolète le bûcheron individuel avec sa tronçonneuse. Devons-nous croire que 6 hommes ayant perpétré un canular au bénéfice de Rogers vont maintenant se taire pendant que Rogers réalise son meilleur rendement prix/superficie sans eux ?

Que pense le personnel du Service des Forêts sur la théorie du canular de Klass ? Maurice Marchbanks, l'agent de négociation du Service des Forêts, pense que c'est absurde. Il ne voit pas de quelle manière Rogers aurait pu bénéficier du supposé canular. Les appels téléphoniques répétés de Phil Klass n'ont pas réussi à le convaincre du contraire.

Que pense le Sheriff Gillespie de la théorie du canular de Klass ? Une collection d'opinions personnelles et une théorie non étayée, dit-il.

D'un point de vue pragmatique l'effort de Klass pourrait même être une bénédiction au final. Il a focalisé l'attention sur le cas Walton une nouvelle fois, largement à travers de sa dénonciation (celle de Klass) de la validité des tests au polygraphe de Pfeifer et de son soutien au test de McCarthy. Rogers et Walton et al. ont lancé un défi à Phil, dont il donne toutes indications de l'accepter, de payer de nouveaux tests si les témoins les passent mais de ne rien payer s'ils ne les passent pas. L'APRO a obtainu l'engagement d'un examinateur de polygraphe de stature et réputation nationales, suggéré par McCarthy et approuvé par Pfeifer, pour mener de nouveaux tests. Klass a approuvé le choix. Aucune date n'a été fixée mais nous espérons pouvoir en rapporter les résultats dans un prochain numéro du Bulletin.