Nous pensons que les données existantes et les résultats de cette Etude Scientifique des Objets volants Non Identifiés de l'Université du Colorado, présentés en détail dans les sections suivantes, soutiennent les conclusions et recommandations qui suivent.

Comme son titre l'indique, cette étude s'est attachée à tenter d'apprendre des signalements d'ovnis tout ce qui peut être considéré comme un apport à la connaissance scientifique. Notre conclusion générale est que rien n'a débouché de l'étude des ovnis dans les 21 dernières années qui a apporté à la connaissance scientifique. Un examen attentif des données qui nous ont été accessibles amène à conclure qu'une étude complète plus poussée ne peut probablement pas être justifiée en espérant que la science en soit avancée.

Il a été indiqué que ce manque de contribution à la science resulte du fait que peu d'effort scientifique a été consacré au sujet. Nous ne sommes pas d'accord. Nous pensons que la raison du peu d'étude scientifique sur le sujet est que les scientifiques les plus directement concernés, les astronomes, physiciens de l'atmosphère, chimistes, et psychologues, ayant amplement l'occasion de se pencher sur le sujet, ont chacun décidé que les phénomènes ovnis n'offrent pas un domaine fructueux où chercher des découvertes scientifiques majeures.

Cette conclusion est si importante, et le public semble en général avoir une si piètre compréhension du fonctionnement des scientifiques, que des commentaires supplémentaires sont souhaitables à son sujet. Chaque personne qui choisit de faire une carrière dans la recherche scientifique choisit un domaine général de large spécialisation dans lequel acquérir une compétence. Au sein de ce domaine il recherche des domaines spécifiques dans lesquels travailler. Pour ce faire il se tient au courant de la littérature scientifique publiée, assiste aux réunions scientifiques, où des rapports sur les progrès en cours sont fournis, et discute avec énergie de ses intérêts et de ceux de ses collègues à la fois face-à-face et par correspondance avec eux. Il est motivé par une curiosité active sur la nature et par un désir personnel de contribuer à la science. Il est constamment à la recherche d'erreurs et d'incomplétudes dans les efforts réalisés dans ses domaines d'intérêt, et cherche de nouvelles idées sur de nouvelles manières de s'attaquer à de nouveaux problèmes. De cet effort débouche des décisions personnelles sur l'endroit où son propre effort peut être le plus fructueux. Ces décisions sont personnelles au sens où il doit estimer ses propres limitations intellectuelles, et les limitations inhérentes à la situation de travail où il se trouve lui-même, y compris les limites de soutien de son travail, ou son implication dans d'autres engagements scientifiques préexistants. Alors que des erreurs de jugement individuelles puissent arriver, il n'est généralement pas vrai que l'ensemble des scientifiques cultivant activement un domaine donné de la science se trompent pendant longtemps.

Même en concédant que l'ensemble du corps de la science "officielle" puisse être dans l'erreur pendant un moment, nous pensons qu'il n'y a pas de meilleure manière de corriger l'erreur que de donner libre cours aux idées de scientifiques individuels quant à prendre les décisions concernant les directions dans lesquelles le progrès scientifique est le plus susceptible d'être fait. Pour un travail légal les personnes censées recherchent un mandataire, et pour le traitement médical les personnes censées recherchent un médecin qualifié. La meilleure garantie de la nation d'une excellence scientifique est de laisser le processus de prise de décision au jugement individuel et collectif de ses scientifiques.

Les scientifiques ne sont pas respectueux de l'autorité. Notre conclusion que l'étude des signalements d'ovnis n'est pas susceptible de faire avancer la science ne sera pas acceptée par eux sans critiques. Pas plus qu'elle ne devrait, ni que nous souhaitions qu'elle le soit. Pour les scientifiques, nous espérons que la présentation analytique détaillée de ce que nous avons été en mesure de faire, et de ce que nous n'avons pas pu faire, les aideront à décider si oui ou non ils s'accordent avec nos conclusions. Notre espoir est que les détails de ce rapport aideront d'autres scientifiques à voir quels sont les problèmes et les difficultés d'y faire face.

S'ils s'accordent avec nos conclusions, ils tourneront leur attention et leurs talents valeureux ailleurs. S'ils sont en désaccord ce sera parce que notre rapport les aura aidé à atteindre une image claire de où les études existantes possèdent des failles ou sont incomplètes et aura par là même stimulé les idées pour des études plus précises. S'ils ont effectivement de telles idées et peuvent les formuler clairement, nous n'avons aucun doute que le soutien viendra pour mener de telles études spécifiques clairement définies. Nous pensons que de telles idées de travail devraient être soutenues.

Certains lecteurs pourraient penser que nous nous sommes maintenant égarés dans une contradiction. Auparavant nous avons dit que nous ne pensions pas que l'étude des signalements d'ovnis était succeptible d'être une direction fructueuse d'avancement scientifique ; maintenant nous venons juste de dire que les personnes avec de bonnes idées pour des études spécifiques dans ce domaine devraient être soutenues. Ce n'est pas une contradiction. Bien que nous concluions après près de 2 ans d'étude intensive que nous ne voyions pas quelque lignes d'avancement fructueuse issue de l'étude des signalements d'ovnis, nous pensons que tout scientifique avec une formation et un crédit adéquat qui arrive avec une proposition d'étude spécifique clairement définie devrait être soutenu.

Ce que nous disons ici a été dit dans un contexte plus général il y a près d'un siècle par William Kingdon Clifford, un grand physicien mathématique anglais. Dans ses Buts et Instruments de la Pensée Scientifique il l'exprime lui-même de cette manière :

Souvenez-vous, alors, que [la pensée scientifique] est le guide de l'action ; que la vérité à laquelle elle arrive n'est pas celle que nous pouvons idéalement comtempler sans erreur, mais celle sur la base de laquelle nous pourrions agir sans peur ; et vous ne pouvez pas ne pas voir que la pensée scientifique n'est pas un accompagnement ou une condition du progrès humain, mais le progrès humain en lui-même.

De la même manière que des scientifiques individuels peuvent faire des erreurs de jugement quant aux directions fructueuses pour l'effort scientifique, tout administrateur individuel ou comité en charge de décider du soutien financier à des propositions de recherche peut également faire une erreur de jugement. Cette possibilité est minimisée par l'existence de canaux parallèles, pour considération par plus d'un seul groupe, des propositions de projets de recherche. Dans la période depuis 1945, le gouvernement fédéral a évolué en une machinerie souple et efficace pour accorder une considération attentive aux propositions de scientifiques correctement qualifiés. Ce qui pourrait sembler à certains une machinerie dupliquée agit en fait comme une sauvegarde contre les erreurs faites par tel corps officiel individuel. Même dans ce cas, des erreurs peuvent être faites par le danger est réduit presque à zéro.

Par conséquent nous pensons que l'ensemble des agences du gouvernement fédéral, tout comme les fondations privées, devraient être disposées à considérer les propositions de recherche sur les ovnis comme les autres qui leur sont soumises avec ouverture d'esprit et sans compromis. Alors que nous ne pensons pas actuellement que quoi que ce soit d'intéressant soit susceptible de déboucher d'une telle recherche chaque cas individuel devrait être considéré avec attention sur ses propres mérites.

Cette formulation comporte avec elle le corrolaire que nous ne pensons pas qu'à cette époque le gouvernement fédéral doive mettre en place une nouvelle agence majeure, comme certains l'ont suggéré, pour l'étude scientifique des ovnis. Cette conclusion pourrait ne pas être vraie indéfiniment. Si, par le progrès de la recherche basée sur de nouvelles idées dans ce domaine, il apparaît alors intéressant de créer une telle agence, la décision de le faire pourrait être prise à ce moment.

Nous voyons qu'il existe des domaines importants de l'optique atmosphérique, y compris la propagation des ondes radio, et de l'électricité atmosphérique dans lesquels la connaissance actuelle est relativement incomplète. Ces sujets sont venus à notre attention en relation avec l'interprétation de certains signalements d'ovnis, mais ils sont également d'un intérêt scientifique fondamental, et relèvent de problèmes pratiques liés à l'amélioration de la sûreté des vols militaires et civils.

Des efforts de recherche sont actuellement menés dans ces domaines par le Département de la Défense, l'Administration des Services de Science Environmentale, l'Administration Nationale de l'Aéronautique et de l'Espace, et par des universités et des organisations de recherche à but non lucratif telles que le Centre National pour la Recherche Atmosphérique, dont le travail est soutenu par la Fondation Nationale pour la Science. Nous recommandons ces efforts. En aucune manière notre manque d'enthousiasme pour l'étude des signalements d'ovnis en tant que tels ne devrait être mal interprétée comme une recommandation de ne pas soutenir à l'avenir et de manière adéquate ces importants domaines de travail scientifique associés. A une époque de développement majeur du voyage aérien, d'exploration de l'espace, et d'activités aérospatiales militaires, tout ce qui est possible devrait être fait pour améliorer notre compréhension de base de l'ensemble des phénomènes atmosphériques, et pour améliorer la formation des astronautes et pilotes d'appareils dans la reconnaissance et la compréhension de tels phénomènes.

Comme le lecteur de ce rapport pourra le juger facilement, nous avons concentré l'attention presque entièrement sur les sciences physiques. Ce fut en partie une question de définir des priorités et ne partie parce que nous avons trouvé plutôt moins de personnes may have expected in the way of psychiatric problems related to belief in the reality of UFOs comme des appareils de civilisations distantes galactiques ou intergalactiques. Nous pensions que l'étude rigoureuse des croyances — non soutenues par des éléments valides — d'individus et même de certains groupes pourrait se révéler avoir une valeur scientifique pour les sciences sociales et comportementales. Il n'est pas impliqué ici que la psychopathologie d'un individu ou d'un groupe soit un domaine d'étude principal. Les signalements d'ovnis offrent des défis intéressants à la personne étudiant les processus cognitifs dans la mesure où ils sont affectés par des variables individuelles et sociales. Par ce lien, nous concluons qu'une analyse de contenu de la couverture presse et télévisée des signalements d'ovnis pourraient révéler des données intéressantes à la fois pour le sociologue et le spécialiste des communications. L'absence d'une telle étude dans le rapport présent est due au fait que nous avons jugé que d'autres domaines d'enquête avaient une plus grande priorité. Nous ne voulons pas dire, cependant, que le phénomène ovni est, par nature, plus adapté à l'étude dans ces disciplines que dans les sciences physiques. Au contraire, nous concluons que la même spécificité dans la recherche proposée dans ces domaines et aussi souhaitable qu'elle l'est dans les sciences physiques.

La question reste quant à, s'il doit en faire quelque chose, ce que devrait faire le gouvernement des signalements d'ovnis qu'il reçoit du grand public. Nous sommes enclins à penser que rien ne pourrait être fait par eux s'ils s'attendent à contribuer à l'avancement de la science.

Cette question est indissociable de la question de l'intérêt pour la défense nationale de ces signalements. L'histoire des 21 dernières années a amené de manière répétée les officiers de la Force Aérienne à la conclusion qu'aucune des choses vues, ou pensées être vues, passant par le nom de signalements d'ovnis, n'a constitué un danger ou menace quelconque pour la sécurité nationale.

Nous avons pensé qu'il était hors de notre province de tenter une évaluation indépendante de cette conclusion. Nous avons adopté l'attitude que, sans essayer d'assumer la responsabilité de défense qui est celle de la Force Aérienne, si nous tombons sur de quelconques éléments qui nous semblaient indiquer un danger pour la défense nous attirerions l'attention de la Force Aérienne en cette occasion. Nous n'avons pas trouvé de telle preuve. Nous ne voyons aucune raison de remettre en question la conclusion de l'Air Force que l'ensemble de la classe des rapports d'ovnis considérés jusqu'ici ne pose pas de problème de défense.

Dans le même temps, cependant, la base pour atteindre une opinion de ce type est que de tels rapports aient reçu une attention, 1 par 1, à mesure qu'ils soient reçus. S'ils aucune attention d'une sorte ou d'une autre ne leur avait été accordée, nous ne serions pas dans la position de nous sentir confiants par rapport à cette conclusion. Par conséquent il semble qu'autant d'attention pour le sujet ne doive être accordé que quand le Département de la Défense le considère nécessaire d'un point de vue de défense strictement. Le niveau d'effort ne devrait pas être augmenté à cause d'arguments selon lequel le sujet à une importance scientifique, so far as present indications go.

Notre impression est que la fonction de défense pourrait être réalisée au sein du cadre établi pour les opérations de renseignement et de surveillance sans la continuation d'une unité spéciale comme le projet Blue Book, mais ceci est une question de spécialistes de la défense plutôt que de chercheurs scientifiques.

Il a été affirmé que le sujet avait été enveloppé d'un secret officiel. Nous concluons le contraire. Nous n'avons aucun indice de secret concernant les rapports d'ovnis. Ce qui a à tort été qualifié de secret n'a été rien de plus qu'une politique intelligente de délai dans la diffusion des données de manière à ce que le public ne soit pas troublé par la publication prématurée d'études de rapports incomplètes.

Le sujet des ovnis a été largement mal représenté au public par un petit nombre d'individus ayant fait des présentations sensationalisées dans des écrits et des conférences publiques. Autant que nous puissions en juger, pas beaucoup de gens n'ont été dûpés par un tel comportement irresponsable, mais quel qu'en ait été l'effet il a été mauvais.

Un problème lié vers lequel nous souhaitons attirer l'attention publique est la mauvaise éducation dans nos écoles qui vient du fait que de nombreux enfants sont autorisés, si ce n'est activement encouragés, à consacrer leur temps d'étude de la science à lire des livres et des articles de magazines sur les ovnis du type auquel il est fait référence dans le paragraphe précedent. Nous pensons que les enfants sont en danger éducatif en absorbant des choses défaillantes et erronées comme si elles étaient scientifiquement fondées. Une telle étude est dangereuse non seulement en raison de la nature erronée des données en eux-mêmes, mais aussi parce qu'une telle étude retarde le développement d'une faculté critique concernant la preuve scientifique, qui à un certain degré devrait faire partie de l'éducation de tout américain.

Par conséquent nous recommandons vivement que des enseignants se gardent d'accorder crédit à des étudiants pour un travail scolaire basé sur leur lecture des livres et articles de magazines actuellement disponibles sur les ovnis. Les enseignant trouvant leurs étudiants fortement motivés dans cette direction devraient tenter de canaliser leurs intérêts dans la direction d'une étude sérieuse de l'astronomie et de la météorologie, et dans la direction d'une analyse critique des arguments de propositions fantastiques soutenues par l'appels à des raisonnements fallacieux ou de données fausses.

Nous espérons que les résultats de notre étude se révèleront utiles pour les scientifiques et ceux responsables de la formation de la politique publique en général dans le traitement de ce problème que nous cotoyons maintenant depuis 21 ans.