La trajectoire hyperbolique à excentricité inédite suivie par ʻOumuamua en environ 3 ans (passage près de la Terre et du Soleil en ) Dazas, Philippe: "Oumuamua et la question de la vie extraterrestre", Le graphique de Philippe, 2021-02-05

Le le corps céleste ʻOumuamua arrive à 25,5 km/s d'un endroit supposé être la constellation de la Lyre. Attiré et accéléré par la gravité du Soleil, sa vitesse atteint 87,3 km/s en empruntant une trajectoire "sous" le système solaire.

Le il est à sa plus grande proximité de la Terre (60 fois la distance Terre-Lune).

Détection

Le à l'Observatoire du Haleakalā (Hawaï), Robert Weryk (chercheur postdoctoral à l'institut d'astronomie d'Hawaï) utilise le le télescope Pan-STARRS 1 pour rechercher des objets proches de la Terre. Il repère alors un point lumineux se déplaçant devant les étoiles, estimé être à 0,2 UA (30 millions de km) de distance.

Weryk cherche dans les archives d'images du télescope et s'aperçoit que l'objet apparait aussi sur des images prises la nuit précédente (), mais n'a pas été identifié par le processeur de traitement des objets en mouvement.

Caractéristiques

Weryk soumet son observation au Centre des planètes mineures de l'UAI qui, supposant une comète, lui donne le nom de code C/2017 U1 le . Cependant, après que le VLT n’ait observé aucune activité cométaire (pas de faible atmosphère autour) il est reconsidéré comme une planète mineure (un astéroïde) et renommé en conséquence A/2017. Le il poursuit son chemin vers la constellation de Pégase, à 44 km/s Voosen, Paul: "For the first time, astronomers are tracking a distantvisitor streaking through our solar system", Science, 2017-10-27.

Le on crée finalement spécialement la catégorie des "objets Interstellaires" pour lui, et lui assigne le code 1I/2017 U1 ʻOumuamua, ce dernier terme signifiant "éclaireur" ou "messager" en hawaïen.

Le , on mesure qu'il voyage à 38,3 km/s à environ 200 millions de km de la Terre, et il est confirmé qu'il provient bien de l'extérieur du système solaire "Un astéroïde détecté en octobre vient bien d'un autre système solaire", France info, 2017-11-21 .

Fin sa vitesse intrigue, légèrement supérieure à ce que devraient impliquer les seules forces gravitationnelles. On se remet alors à envisager qu'il s'agisse d'une comète, aux dégazages trop légers pour être détectés "Non-gravitational acceleration in the trajectory of 1I/2017 U1 (‘Oumuamua)", Nature, 2018 ou que la pression de radiation solaire puisse jouer.

On détecte également que la lumière qu'il reflète est 10 fois plus intense toutes les 7 heures environ, ce qui fait penser à un corps en rotation qui ne soit pas rond, mais 10 fois plus long (on estime entre 400 et 800 m) que large. La période de rotation semble cependant varier (entre 6,9 et 8,3 heures), un mouvement chaotique encore non stabilisé encore qui pourrait être issu d’un choc violent.

L'analyse de son spectre indique que sa face allongée doit être de couleur rouge foncé (ce qui serait compatible avec des millions d'années de bombardement par le rayonnement cosmique) et probablement constitué de roche riche en métal et pauvre en eau/glace.

Plusieurs objets ?

En une série de simulations permet à produire un modèle reproduisant les caractéristiques dʻOumuamua (forme, vitesse, signature spectrale), qui serait en fait constitué d’un train de plusieurs corps (de l’ordre de 100 m environ), ressemblant ainsi à la structure des comètes Yun Zhang & Douglas N. C. Lin: "Tidal fragmentation as the origin of 1I/2017 U1 (‘Oumuamua)", Nature, 2020.

Extraterrestre ?

Avi Loeb propose, à défaut de trouver des explications naturelles (ne correspondant pas à une comète notamment), l'explication d’un vaisseau extraterrestre utilisant une technique de voiles solaires Loeb, Avi: Extraterrestre. Le premier signe d'une vie intelligente, 2021-01. Sa théorie est toutefois contestée par la plupart de ses collègues Benoît Zagdoun: "Oumuamua est-il "le premier signe d'une vie intelligente extraterrestre", comme l'affirme un célèbre astrophysicien de Harvard ?", France Info, 2021-02-05.

En des chercheurs de l'Université d'État de l'Arizona propose un autre modèle reproduisant les caractéristiques observées chez ʻOumuamua, en supposant un corps composé de glace d'azote (comme la surface de Pluton ou Triton). ʻOumuamua constituerait alors un fragment éjecté d'une exo-planète, peut-être située dans le bras de Persée, il y a 400 ou 500 millions d'années Alan P. Jackson,Steven J. Desch: "1I/‘Oumuamua as an N2 Ice Fragment of an exo-Pluto Surface: I. Size and Compositional Constraints", AGU, 2021-03-15.