Marion Anne Perrine (dite "Marine") Le Pen naît le à Neuilly-sur-Seine (Haut-de-Seine), cadette des 3 filles de Pierrette Lalanne et Jean-Marie Le Pen. Enfant, elle suit l’attrait de son père pour les chants et défilés militaires. Ado, elle prend le large : l’ex-garçon manqué se métamorphose en night-clubbeuse dans les boîtes huppées de la capitale. Mais derrière l’image festive, la carte postale de Montretout se floute : crises familiales, problèmes financiers... Les filles LePen ne vivrent pas dans l'opulence, souffrant d’un père pingre, plus concentré sur sa carrière politique que sur leur éducation Xavier Frère: "À Montretout, l’enfance de Marine Le Pen", L'Alsace, 2017-04-30.

Elle étudie au lycée Florent-Schmitt (Saint-Cloud, France). En , elle accompagne son père pendant quelques jours lors de la campagne qu'il mène pour les élections municipales dans le 20e arrondissement de Paris, afin de se rapprocher de celui-ci, qui vit souvent éloigné de ses filles ; elle décrit cet épisode comme un choc.

En elle adhère au FN de son père. La stigmatisation qu'elle ressent dans le cadre scolaire en raison de son ascendance fabrique, selon elle, un véritable ciment familial et la notion de regroupement dans l’adversité qui va contribuer à son engagement politique.

Avocate

Elle étudie le droit à l'université Paris II-Assas où elle rencontre Frédéric Chatillon et en obtient une maîtrise en droit (mention carrières judiciaires), puis un DEA de droit pénal en .

En , après avoir suivi l'EFB de la cour d'appel de Paris, elle obtient le CAPA et devient avocate au barreau de Paris où elle s'inscrit. Carl Lang lui propose la 2ème place sur sa liste des élections régionales dans le Nord-Pas de Calais, mais elle décline. Elle entre alors au cabinet de Georges-Paul Wagner (intime de la famille Le Pen). Là elle travaille, sans plaider, sur la défense l'association des polytransfusés dans le procès du sang contaminé, en puis .

Les législatives de sont les premières élections où elle se présente, dans le 17ème arrondissement de Paris, recueillant 11,1 % des suffrages.

Elle se porte volontaire aux permanences de comparutions immédiates à la 23e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris, où elle est amenée à défendre des étrangers en situation irrégulière.

En , elle s'installe à son compte dans un bureau de la rue de Logelbach (Paris) qu'elle loue à Sylvain Garant (un avocat proche de la droite du RPR). En , devant le tribunal correctionnel d'Auch (Gers), elle défend notamment en comparution immédiate 2 militants du FN, parmi lesquels Samuel Maréchal (son beau-frère) "Quand Marine Le Pen exerçait en tant qu'avocate", L'Express, 2015-10-07..

En , elle épouse Franck Chauffroy (dirigeant d'entreprise ayant travaillé pour le FN). Lors de la crise que traverse le parti par la suite, elle adopte la ligne TSM, aux côtés de Jean-Claude Martinez, Roger Holeindre et Bruno Gollnisch. Sur les conseils de son beau-frère Samuel Maréchal, elle se présente aux élections du comité central du FN pour contrer Bruno Mégret (dont l'épouse Catherine vient tout juste d'être élue maire de Vitrolles), mais échoue à se faire élire. C'est le début de la ligne "ni droite ni gauche" (impulsée par son beau-frère Samuel Maréchal), opposée à la stratégie mégretiste d'alliance avec la droite républicaine.

En parallèle, elle participe aux sessions de formation du FN, enseignant aux militants les règles de la garde à vue, de la détention préventive et du droit de réponse Lebourg et Beauregard: "Dans l'ombre des Le Pen : Une histoire des numéros 2 du FN", Paris, Nouveau Monde, novembre 2012, p. 313..

Front National

En elle quitte le barreau pour entrer au service juridique du FN (qui, d'après l'historienne Valérie Igounet, est créé par Jean-Marie LePen sur proposition de sa fille, et qu'elle va diriger jusqu'en ).

Le elle est élue conseillère régionale du Nord-Pas-de-Calais (toujours sur la liste de Carl Lang).

Divorcée en , elle se remarie, en , avec Éric Lorio (ancien secrétaire national du FN aux élections et ancien conseiller régional du Nord-Pas-de-Calais), dont elle divorce en . À partir de , elle a pour compagnon Louis Aliot (lui-même divorcé, secrétaire général du Front national de .

Apparition médiatique

Lors de la campagne présidentielle de , elle intègre dans l'équipe de son père la cellule "idées-images" (menée par Jean-François Touzé et qui comprend également Olivier Martinelli ainsi qu'Éric Iorio et Louis Aliot) qui travaille à policer l'image du candidat. Durant l'entre-deux-tours, elle suggère à son père, qui doit affronter Jacques Chirac, de changer le nom du FN.

Le , au soir du 2nd tour, Alain Vizier (directeur de la communication du FN), est chargé d'envoyer les cadres du parti sur différents plateaux de télévision, et l'un des intervenants qui devait représenter le FN sur France 3 s'étant désisté au dernier moment, il fait appel à Marine Le Pen. Réalisant une prestation remarquée à cette occasion, celle-ci va continuer d'apparaître régulièrement dans les médias pendant les mois qui suivent, et gagner rapidement en notoriété, y compris dans les médias européens.

Le elle est élue conseillère régionale d'Île-de-France, puis le au Parlement européen, où elle co-préside le groupe politique ENL.

Le elle devient conseillère municipale d'Hénin-Beaumont.

Le elle est élue députée européenne

Le , elle est élue dans le Pas-de-Calais conseillère régionale du Nord-Pas-de-Calais (aujourd'hui Hauts-de-France). Cette année-là certains de ses proches créent le micro-parti Jeanne, pour collecter des fonds par un biais différent que Cotelec, l'association de financement encore contrôlée par Jean-Marie LePen.

Présidence

En , au congrès de Tours du FN, elle est élue présidente du parti, succédant ainsi à son père. Son compagnon Louis Aliot devient vice-président du parti.

Présidentielle

En , elle est candidate à l'élection présidentielle.

Cette année-là le micro-parti Jeanne a reçu 9 millions €, et une partie du financement provient de prêts à des candidats FN, à des taux de 6,5 % ou 7%. Riwal, prestataire de Jeanne, assure la publication des tracts du FN lors de la campagne.

Marine Le Pen obtient 17,90 % des suffrages exprimés, soit un meilleur résultat que tous ceux obtenus par son père au 1er tour d'une élection présidentielle française.

Le elle est élue députée européenne. En , elle quitte définitivement Montretout. Officiellement, parce que les 2 labradors de son père, Major et Sergent, ont tué son chat Artémis.

Affaire des assistants parlementaires européens

Le , LePen annonce qu'elle n’accepte aucune convocation de la police judiciaire jusqu’aux élections législatives des et .

Le , elle menace les fonctionnaires de la justice de représailles :

Je veux dire aux fonctionnaires, à qui un personnel politique aux abois demande d'utiliser les pouvoirs d'État pour surveiller les opposants, organiser à leur encontre des persécutions, des coups tordus, ou des cabales d'État, de se garder de participer à de telles dérives. Dans quelques semaines, ce pouvoir politique aura été balayé par l'élection. Mais ses fonctionnaires, eux, devront assumer le poids de ces méthodes illégales. Ils mettent en jeu leur propre responsabilité.

Le , alors qu'elle est convoquée par les juges d’instruction en charge du dossier en vue d’une mise possible en examen formelle pour abus de confiance, LePen refuse à nouveau de s'y rendre.

Affaire de la diffusion des images de Daech

En , suite à un parallèle effectué Jean-Jacques Bourdin (journaliste vedette du groupe BFM-TV et RMC) entre l'EI et le FN, LePen diffuse sur son compte Twitter 3 photos, dont celles du corps décapité du journaliste américain James Foley, avec le texte : Daech, c’est ça !.

Ces faits pouvant être punis de 3 ans d’emprisonnement et de 75000 € d'amende, le parquet de Nanterre (Hauts-de-Seine) ouvre une information judiciaire à son encontre pour diffusion d’images violentes et demande la levée de son immunité parlementaire au Parlement européen.

Le , le Parlement européen approuve la levée de son immunité.