Drake
Drake

Drake naît le à Chicago (Illinois). Toujours intéressé par la science, il passe des heures avec ses amis à mener des expériences avec des moteurs, des radios, et du matériel de chimie. A mesure qu'augmente sa compréhension de l'astronomie et de la véritable taille de l'univers, Drake commence à se poser la question de l'existence d'autres planètes et de la vie sur celles-ci. L'idée lui semble raisonnable. Cependant, de par les convictions religieuses de ses parents et de ses professeurs, il n'est jamais à l'aise pour évoquer le sujet de la vie extraterrestre.

Après le collège Drake entre à Cornell pour étudier l'électronique. C'est là qu'il se passionne vraiment pour l'astronomie et finit par trouver quelqu'un d'autre qui examine la possibilité de la vie sur d'autres planètes. En 1951, il assiste à une conférence de Otto Struve, à la fin de laquelle ce dernier qu'il y a des indices probants que des systèmes planétaires se soient formés autour de la moitié des étoiles de la galaxie. Struve en vient à considérer que la vie peut certainement exister sur d'autres planètes. Drake, enfin, à trouvé quelqu'un qui partage ses idées : En l'espace de quelques moments dans une salle de conférence, Struve avait élevé le nombre de planètes dans la Galaxie que nous connaissons à plus de 99 milliards environp>

Après le lycée il passe 3 ans dans la Marine pour rembourser ses études. Grâce à son diplôme d'électronique il finit comme officier en électronique sur l'USS Albany où il acquiert une expérience incomparable de l'utilisation et la réparation des derniers équipements électroniques de pointe.

Drake à Green Bank en 1960
Drake à Green Bank en 1960

Après son passage à la Marine, Drake entre à Harvard pour étudier l'astronomie opti que. Cependant, la seule place disponible cet été-là est en radio-astronomie. Drake y est finalement particulièrement adapté car capable de réparer et adapter les équipements nécessaires. Il y reste jusqu'en 1958, où il obtient sa licence. Cette année-là il trouve une place au NRAO, où 2 ans plus tard, de , il mène son projet OZMA, la première recherche de signal extraterrestre.

Drake devant son équation
Drake devant son équation

En 1961 il organise avec J. Peter Pearman, un officier du Space Science Board de la NAS, la 1ère conférence sur le projet SETI. La réunion se tient début novembre au NRAO, réunissant un groupe de 11 scientifiques montrant un intérêt pour SETI : en plus de Drake et Pearman sont présents Dana Atchley, le docteur Melvin Calvin, Su Shu Huang, le docteur John Lilly, Philip Morrison, Bernard Oliver, Carl Sagan et Otto Struve.

C'est là que Drake propose sa fameuse équation, qui propose le calcul théorique du nombre de civilisations "communicantes" dans notre galaxie :

N = étoiles se formant par an dans notre galaxie
x % de probabilité pour qu'une étoile s'accompagne de planètes
x planètes habitables en moyenne dans un système stellaire
x % de ces planètes habitables (ne) développant une vie primitive dans des conditions favorables
x % de probabilité qu'une intelligence ait évolué à partir de ces organismes inférieurs
x % de probabilité que ces intelligences atteignent le stade des communications interstellaires
x ans de durée de vie d'une telle civilisation techniquement avancée.
= civilisations communicantes

En appliquant cette formule, on arrive à une valeur de N variant entre 2 ou 3 (au pire) et 100 millions (au mieux) de civilisations extraterrestres.

Le but de cette équation est d'aider les participants à la conférence à se concentrer sur les questions fondamentales auxquelles des réponses doivent être apportées pour déterminer les chances de succès du projet SETI. Il s'agit en fait pour une bonne partie d'idées déjà abordées dans Morrison, P. & Cocconi, Giuseppi: "Searching for Interstellar Communications", Nature, 19 septembre 1959, vol. 184, n° 4690, pp. 844-846.

A la fin de leur réunion qui a duré 3 jours, les participants décident que le groupe devrait avoir un nom. Inspirés par les contes de Lilly sur l'intelligence des dauphins, ils choisissent de se nommer "l'Ordre du Dauphin".

En 1962, une pluie de météores a lieu dans la région du NRAO. Alors qu'il se trouvait dehors avec ses collègues à recueillir des échantillons des météorites, Drake interroge de nombreux témoins pour voir quelle a été leur perception de la pluie. Il s'apperçoit que la mémoire d'un témoin de tels événements exotiques se dégradait très rapidement. Au bout de 1 jour, près de la moitié des signalements sont clairement erronés ; au bout de 2 jours, près de 3/4 sont clairement erronés ; après 4 jours, seuls 10 % sont bons ; après 5 jours, les gens rapportent plus d'imagination que de vérité Sagan, Carl Edward & Page, Thornton Leigh, op. cit., p. 254.

En 1963 Drake travaille un court moment au JPL puis intègre plus tard dans l'année le Centre de Radiophysique et de Recherche Spatiale de Cornell. A partir de 1964 il devient professeur d'Astronomie et d'Astrophysique à cette université. En 1965 il accepte pour cette université de prendre la direction de l'observatoire d'Arecibo (Puerto Rico). En 1968, il retourne à Cornell avec sa famille. En décembre 1969 il participe au symposium de l'AAAS sur les ovnis.

Le message envoyé d'Arecibo en 1974
Le message envoyé depuis Arecibo en 1974

En 1974 pour célébrer l'installation d'une nouvelle surface réfléchissante plus précise sur le radio-télescope d'Arecibo, Drake conçoit avec l'équipe d'Arecibo un message de démonstration (ci-contre) à destination d'intelligences extraterrestres. Il s'agit d'un graphique simple de 73 lignes de 23 bits (tous deux nombres premiers) représentant (de haut en bas et de gauche à droite) :

  • les nombres de 1 à 10
  • une description de l'hydrogène et du carbone
  • notre construction biologique (le nombre de codons dans l'ADN, l'ADN lui-même)
  • à quoi nous ressemblons : un humain avec la taille moyenne d'un humain à droite
  • la population de la Terre (3,8 millions en 1974 à comparer avec 6 millions en 2000) à gauche
  • l'appareil qui a permit d'envoyer le message (le radio-télescope d'Arecibo)
  • où nous sommes (le système solaire avec la Terre en évidence).

Le message est envoyé en 3 mn par simple décalage du signal entre deux fréquences dans la bande de 2380 Mhz.

En 1984 il quitte le professorat à Cornell pour être doyen des Sciences Naturelles à l'Université de Californie (Santa Cruz) jusqu'en 1988. Il est membre de la NAS où de 1989 à 1992 il préside la chaire de Physique et Astronomie du NRC. Il a également été président de la Société Astronomie du Pacifique. Il est aujourd'hui professeur d'Astronomie et d'Astrophysique, toujours à l'Université de Californie de Santa Cruz.

Drake
Drake

Lorsque l'on interroge Drake à propos ovnis, il affiche clairement son scepticisme :

Des vaisseaux spatiaux venant d'autres mondes sont très improbables, car ils ne pourraient pas être utilisés en mission de routine. En plus, je pense que qu'il n'est pas très possible que la Terre ait été visitée par des ovnis.

Je citerai le regretté Carl Sagan qui disait que le fait de clamer que les ovnis soient des vaisseaux spatiaux venant d'ailleurs est véritablement une grande affirmation et qu'une telle affirmation requiert une grand preuve. Or, où est cette preuve ? Il n'y a jamais eu la moindre preuve, le moindre artefact laissé derrière un ovni et que nous pourrions examiner pour pouvoir dire, oui, cela provient d'un autre monde ! Or, il n'y a jamais eu de révélation officiel de contact ou d'enlèvement, ou n'importe quel autre fait de ce genre qu'il serait virtuellement impossible de vérifier. Je n'accepterai jamais d'assimiler les ovnis à des vaisseaux spatiaux appartenant à d'autres mondes, à moins d'avoir la preuve formelle que ce sont bien des artefacts...

(...) Il y a plusieurs années, j'ai regardé de nombreux rapports d'observations d'ovnis, car j'étais intéressé par la question. Chaque cas était finalement, soit un phénomène naturel mal interprété, soit des farces d'adolescents. En Amérique, on a de nombreux cas de ce genre VSD 2007 H.

Drake évoque même, pour expliquer les échos radar d'ovnis, le manque de fiabilité des équipements radar face à certains phénomènes naturels comme les inversions de température qui augmentent la portée des radars : il y a beaucoup d'échos fantômes, sans compter les ballons météo...

Drake, F. D.: On the abilities and limitations of witnesses of UFO's and similar phenomena < Sagan-Page 1972, pp. 247-257 Drake, F. D.: "A Compounding of Uncertainties", 31 décembre 2003 - Chapitre 3 de Is Anyone Out There? Jones, Douglas S.: "Beyond the Drake Equation"