Concentration

Dès , sont organisés sur le territoire allemand des centres de détention et de travail. On y enferme d'abord :

  • allemands "anti-nazis"
  • juifs
  • prisonniers de droit commun

Ils sont destinés à interner - provisoirement ou définitivement - des individus jugés dangereux par mesure de sécurité, par mesure préventive ou par mesure de rééducation.

A partir de le nombre des détenus s'y accroît considérablement : on y trouve pêle-mêle :

  • déportés politiques (allemands, français, "juifs")
  • prisonniers de droit commun
  • homosexuels
  • témoins de Jéhovah
  • tziganes
  • "asociaux"
  • apatrides

Ces camps, auxquels les terribles conditions d'existence ont valu le nom de camps de la morte lente, étaient au nombre d'une douzaine : Dachau, Buchenwald, Sachsenhausen, Ravensbrück, Mauthausen-Gusen, Stutthof, Neuengamme, Dora-Nordhausen, Flossenburg, Gross-Rosen, Theresienstadt, Bergen-Belsen, Natzweiler-Struthof.

Même s'ils n'avaient pas été spécifiquement prévus pour servir de camps de mise à mort, les camps de Stutthof, Mauthausen, Sachsenhausen et Ravensbrück possèdent également des chambres à gaz. Elles sont relativement petites, et ont été construites pour les prisonniers que les nazis considéent inaptes au travail. La plupart de ces camps utiliseront le Zyklon B dans leurs chambres à gaz.

Extermination

T4

A partir de , dans le cadre de l'idéologie eugéniste, le bureau de T4 (Berlin) commence à planifier un programme d'euthanasie pour supprimer ce que les nazis qualifient de vies inutiles : des enfants et les adultes atteints de déficiences, d'anomalies physiques ou de maladies mentales.

Autorisation de Hitler pour le programme d’”euthanasie” (Opération T4) National Archives and Records Administration, College Park, Md.

Les médecins, le personnel médical et les administrateurs du programme craignant de possible poursuites, cependant, Hitler fournit en une décharge secrète en les protégeant, antidatée au (début de la 2nde guerre mondiale), pour que l'on puisse penser que le programme était en rapport avec les mesures de guerre.

Les installations de gazage finalement mises en place dans le cadre de ce programme sont Bernburg, Brandenburg, Grafeneck, Hadamar, Hartheim et Sonnenstein. Les personnes à exterminer sont rarement examinées, le plus souvent simplement sélectionnées sur dossier (médical, diagnostics établis par les institutions d'où elles proviennent) par les "médecins" de T4. Ils sont alors transportés par le personnel du T4 au sanatorium qui fait office de centre de gazage. On leur annonce qu'elles vont faire l'objet d'une évaluation physique et qu'elles vont prendre une douche désinfectante. Au lieu de cela, elles sont tuées dans des chambres à gaz avec du monoxyde de carbone pur. Leurs corps sont immédiatement incinérés dans le four crématoire des installations. Les cendres des victimes incinérées, prises en fait d'un tas commun, sont placées dans des urnes sans identification précise, envoyées aux familles de chaque victime, avec un certificat de décès donnant une cause et une date fictives.

Cependant, le décès soudain de plusieurs milliers de patients qui avaient été accueillis dans des institutions, avec des certificats de décès mentionnant des causes et des lieux de décès étrangement similaires, provoque la suspicion. En fin de compte, le programme d'"euthanasie" est rapidement connu dans de vastes cercles de la société allemande. Ces exterminations provoquent des protestations publiques, en particulier de la part de membres du clergé allemand, au point que Hitler donnera finalement l'ordre d'arrêter ce programme fin , après avoir fait près de {{70000|number}} victimes.

En , les exterminations reprennent, mais en secret. Les victimes ne sont alors plus tuées par gazage mais par injection mortelle ou surdose de drogue administrée dans un certain nombre de cliniques à travers l'Allemagne et l'Autriche. Bon nombre de ces institutions affament systématiquement leurs victimes, les adultes comme les enfants. Le programme d'euthanasie se poursuivra jusqu'aux derniers jours de la 2nde Guerre mondiale, en s'étendant ses victimes aux asociaux, aux patients en gériatrie, victimes des bombardements et travailleurs forcés étrangers. Ces assassinats ont aussi lieu à l'intérieur de camps de concentration. Au total, le nombre des victimes du programme aurait atteint {{275000|number}} personnes débats du Tribunal militaire international à Nuremberg, 1945-1946.

"Solution finale"

Après l'invasion de l'Union Soviétique par l'Allemagne en et l'extermination massive par arme à feu de civils par des unités mobiles d'extermination (les Einsatzgruppen), ces dernières commençent à se plaindre de fatigue (physique et psychologique) causée par le meurtre d'un grand nombre de femmes et d'enfants. Ils se mettent alors à utiliser des camions hermétiquement fermés, dont l'échappement était dirigé vers le compartiment intérieur. Ils gazent ainsi des centaines de milliers de personnes (principalement des juifs, mais aussi des Tsiganes et des malades mentaux), ce qui s'avère moins onéreux. Le Hermann Göring autorise alors Reinhard Heydrich à entamer des préparatifs pour la mise en oeuvre d'une solution complète à la question juive.

A l'automne, Heinrich Himmler charge le général Odilo Globocnik (commandant des SS et de la police dans le district de Lublin) de la mise en application d'un plan d'extermination systématique des juifs du gouvernement général. Le est but d'éliminer physiquement le plus grand nombre possible de prisonniers, de la façon la plus rapide et avec le rendement maximum. L'assistant de Globocnik, le commandant SS Hermann Höfle, est chargé de l'organisation des déportations vers les camps.

En , le premier "camp de la mort" est celui de Chelmno, dans la partie de la Pologne annexée par l'Allemagne. Il utilise d'abord des camions à gaz mobiles pour exterminer juifs et tziganes, puis des chambres à gaz.

Les SS tiennent cependant à ce que ces camps de mise à mort restent un secret d'état. Pour faire disparaître les traces des gazages, des prisonniers sont sélectionnés pour constituer des unités spéciales (les Sonderkommandos) chargées d'enlever les cadavres des chambres à gaz et de les incinérer.

En , dans le Gouvernement Général de Pologne, les nazis créèrent trois autres camps de mise à mort sur le territoire polonais de : Belzec, Sobibor et Treblinka. On peut alors à peine parler de camps, puisqu'il s'agissait de terminus ferroviaires où, dès leur arrivée, les déportés (à l'exception d'un tout petit nombre choisi pour former les Sonderkommandos) étaient directement conduits aux camions à gaz ou aux chambres à gaz (avec du monoxyde de carbone généré par des moteurs diesel) sous prétexte de prendre des "douches" de désinfection. Au passage les gardes nazis et ukrainiens insultent et battent parfois les victimes, à qui ordre est donné d'entrer les bras levés afin de pouvoir faire entrer le plus grand nombre de personnes possible (plus l'entassement est grand, plus les victimes suffoquent rapidement). Dans ces camps près de 1526500 juifs sont exterminés, jusqu'en .

Certains camps deviennent aussi "mixtes" (d'abord camps de concentration, puis aménagés pour une large part en installations d'extermination avec chambres à gaz et crématoires) :

  • Auschwitz-Birkenau où est expérimenté pour la 1ère fois le Zyklon B (utilisé auparavant pour la fumigation) en pour gazer 600 prisonniers de guerre soviétiques et 250 prisonniers malades. Les pastilles de Zyklon B se transformant en gaz toxique au contact de l'air, ce gaz se révéle être un produit de gazage plus rapide et est choisi pour les exterminations en masse du camp. Ce camp sera le plus grand avec, au printemps , 4 chambres à gaz, capables de gazer jusqu'à 6000 juifs (12000?) par jour. En , plus de 1 million de juifs y auront été gazés, ainsi que de des dizaines de milliers de tsiganes, de polonais et de prisonniers de guerre soviétiques.
  • Lublin-Maïdanek, qui sert avant tout à concentrer ceux des autres camps (Belzec, Sobibor et Treblinka II) que les allemands épargnent temporairement et affectent aux travaux forcés. Les prisonniers y sont alors gazés s'ils sont jugés inaptes au travail. Le camp compte également un entrepôt pour les biens et les objets de valeur provenant des victimes des centres de mise à mort.

Après qu'en Heydrich ait été assassiné par des partisans tchèques, le plan est renommé Action Reinhard.

Afin de dissimuler le plan d'extermination, les terrains de certains centres de mise à mort seront réaménagés ou camouflés.

Au total, on estime que la solution finale (extermination via chambre à gaz mais aussi fusillades et autre moyens) aura exterminé 2/3 des juifs européens à l'époque (entre 5,1 millions Hilberg, Raul et 6 millions Lestchinsky, Jacob: économiste et statisticien de victimes juives), dont 2,7 millions dans des camps d'extermination.

Commémoration

En , les autorités soviétiques et polonaises font un calcul théorique du nombre de personnes tuées au camp de Birkenau (Auschwitz), qu'ils estiment à 4 millions Piper, Franciszek: “The number of victims”, in Ysrael Gutman et Michael Berenbaum, Anatomy of the Auschwitz death camp, Washington D.C and Bloomington : United States Holocaust Memorial Museum and Indiana University Press, 1994. Chapitre 4, p. 65. On trouvera par ailleurs ce calcul ici.. Une plaque posée à l'entrée du camp indique :

Ici, de , quatre millions d’hommes, de femmes et d’enfants ont été torturés et assassinés par les meurtriers hitlériens.

Le chiffre est progressivement imposé par les communistes aux historiens de l’Europe de l’Est "Les plaques des «4 millions» d’Auschwitz", PHDN, 2000-07-09.

En , une étude polonaise menée au musée d’Auschwitz s'aligne sur les chiffres avancées depuis plusieurs années par les historiens occidentaux Par exemple dès par Raul Hilberg, qui fait son calcul de 5,1 millions de victimes à partir d'un chiffre de 1 million de victimes juives pour Auschwitz, revisant ce nombre entre 1,1 million (dont {{960000|number}} juifs, {{70000|number}} à {{75000|number}} Polonais, {{21000|number}} tziganes et {{15000|number}} prisonniers soviétiques — et 1,5 million Le Monde, 1990-07-19 de victimes.

En , se fondant sur cette étude polonaise, une équipe chargée par la ministre de la culture (Mme Izabela Cywinska) de transformer le musée d’Auschwitz, fait enlever les plaques déposées au pied du monument international aux victimes du nazisme, qui mentionnaient 4 millions de victimes.

En , une nouvelle plaque est posée :

Que ce lieu où les nazis ont assassiné un million et demi d’hommes, de femmes, d’enfants, en majorité des juifs de divers pays d’Europe, soit à jamais pour l’humanité un cri de désespoir et un avertissement !

Négationnisme

Nombre de morts

Suite à la révision du chiffre de la plaque d'Auschwitz, Robert Faurisson prétend que l'abaissement du chiffre initial de 4 millions des autorités soviétiques doit nécessairement impliquer une baisse du nombre total de victimes juives Faurisson, Robert: Combien de morts à Auschwitz, 1995-12 (alors que le nombre total 5,1 millions a déjà été calculé depuis 1961 en estimant 1,1 million de victimes à Auschwitz).

Chambres à gaz