Egalement connus comme les Chérubins.

Ces créatures sont-elles des anges ? Non, parce qu'elles sont mortelles. Le livre de Montfaucon de Villars, intitulé Entretiens sur les sciences secrètes, fait remarquer :

Les hébreux avaient coutume d'appeler Sadaim ces créatures qui sont entre les anges et les hommes, et les Grecs, intervertissant les lettres et n'ajoutant qu'une syllabe, les appelaient Daimonas. Les anciens philosophes tenaient ces démons pour être d'une Race aérienne, qui régissait les Elements, mortels, engendrant, et inconnus dans le siècle de ceux qui rarement cherchent la Vérité dans son ancienne demeure, c'est-à-dire dans la Cabale et dans la Théologie des Hebreux qui possèdent l'art spécial d'être en communion avec ce Peuple aérien et de converser avec tous ces Habitants de l'Air.

Plutarque lui-même écrivit une théorie complète sur la nature de ces êtres. Selon A. H. Clough :

Il trouve absurde qu'il n'y ait pas de milieu entre les deux extrêmes : un immortel et un mortel; qu'il ne peut y avoir dans la nature un si grand manque, sans une sorte de vie intermédiaire tenant des deux. C'est pourquoi, comme nous trouvons la liaison entre l'âme et le corps faite par l'esprit des animaux, ainsi, entre la divinité et l'humanité, il y a cette race de démons.

Il n'est pas surprenant alors de constater que les "philosophes" ésotériques ne sont pas d'accord avec Agobard sur la nature des 3 hommes et de la femme qui furent capturés par la foule à Lyon :

Le fameux Cabaliste Zedechias, sous le règne de votre Pépin, se mit en tête de convaincre le monde que les Elements sont habités par ces gens dont je viens de vous décrire la nature. L'expédient dont il s'avisa fut de conseiller aux sylphes de se montrer à tout le monde, dans l'Air. Ce qu'ils firent d'une manière somptueuse. Ces êtres furent vus dans l'Air sous forme humaine, parfois en tenue de combat, marchant au pas, faisant halte les armes à la main, ou campant sous des tentes magnifiques; parfois sur des vaisseaux aériens merveilleusement construits, dont les escadrons volants se laissaient voguer au gré des Zéphirs.

Qu'arriva-t-il ? Supposez-vous que cet âge ignorant voulait même réfléchir sur la nature de ces merveilleux spectacles ? Les gens crurent immédiatement que des sorciers avaient pris possession de l'Air dans le but de soulever des tempêtes et de faire tomber la grême sur leurs récoltes. Les savants théologiens et juristes furent bientôt du même avis que la masse. L'Empereur le crut tout aussi bien; et cette chimère ridicule alla si loin que le sage Charlemagne, et après lui Louis le Débonnaire, imposèrent de lourdes amendes à tous ces supposés Tyrans de l'Air.

Voici maintenant un récit de contact direct tiré du livre Entretiens sur les sciences secrètes :

Les sylphes, voyant la populace, les pédants et même les têtes couronnées s'alarmer ainsi à leur sujet, décidèrent de dissiper la mauvaise opinion que les gens avaient de leur flotte innoncente en s'emparant d'hommes de chaque localité pour leur montrer leurs belles femmes, leur République, leur genre de gouvernement, puis de les ramener sur terre dans diverses parties du monde. Ils mirent leur plan à exécution. Les gens qui virent ces hommes descendre arrivèrent en courant de tous les côtés, convaincus à l'avance que ceux-ci étaient des sorciers qui avaient quitté leurs compagnons pour venir répandre des poisons sur les fruits et les récoltes. Emportés par la frénésie suscitée par de telles fantasmagories, ils s'empressèrent de torturer ces innocents. Le grand nombre de ceux qui subirent la mort par le feu et l'eau dans tout le royaume est incroyable.

Le cas le plus étonnant fut l'enlèvement de 4 personnes suivi de leur retour sur terre :

Un jour, entre autres exemples, il arriva qu'à Lyon on vit descendre ce ces nacelles aériennes 3 hommes et 1 femme. La cité tout entière se rassembla autour d'eux, criant qu'ils étaient des magiciens envoyés par Grimaldus, duc de Beneventum, l'ennemi de Charlemagne.

Charlemagne qui déclara que ces Sylphes et leurs engins étaient capables de déchaîner les tempêtes. Il était décidé à leur donner une chasse impitoyable jusqu'à ce que, finalement, il y renonçât.

En effet, en accord avec Louis le Débonnaire, Charlemagne rendit des édits qui condamnaient à la torture et à la mort ces Sylphes, ou tyrans de l'air.

Le 1er chapitre des Capitulaires de l'Empereur est significatif à l'égard de ces entités cosmiques et des activités dont elles étaient, et sont peut-être encore, responsables. Il nous apprend que les Aériens étaient boulversés de constater qu'ils répandaient la terreur dès leur apparition dans les cieux. Cela les incita à se poser dans leurs véhicules volants et à se saisir des hommes et des femmes. Ils voulaient ainsi les instruire pour dissiper la mauvaise opinion que les gens avaient de leur innocente flottille.

Avec méthode, ils emportèrent des hommes de chaque village pour, ensuite, les déposer dans diverses parties du monde.

La psychose créée parmi la population, par les bons soins des autorités, condamna ces infortunés mortels que l'on vit redescendre de ces vaisseaux. Ils furent pris pour des saboteurs, des ennemis et des sorciers venus empoisonner les fruits et les sources, et connurent promptement le sort horrible réservé à ce genre de malfaiteurs :

Le nombre est incroyable de ceux-là qui furent mis à mort par le feu et le supplice de l'eau de par tout le royaume.

L'épisode relaté par Agobard en est un exemple typique.