Devant la regression hynotique d'un sujet avec Budd Hopkins, l'auteur s'assure du bon fonctionnement du microphone
Carol Rainey a réalisé des documentaires récompensés pour PBS, des chaînes câblées, et une distribution commerciale depuis plus de 2 décennies. Nombre de ces films étaient focalisés sur des sujets scientifiques et médicaux. Rainey travaille actuellement sur un documentaire long-métrage sur l'histoire de l'enquête du chercheur sur les ovnis Budd Hopkins sur le cas de Witnessed (avec Linda Cortile). Elle a aussi publié des nouvelles, rédigé des scripts de long-métrages et de télévision, et co-écrit le livre Sight Unseen, publié en 2003 par Atria: Simon & Schuster www.carolrainey.com.

Co-création du "phénomène des enlèvements extraterrestres"

Parfois un événement vous tombe dessus et fait voler les plans bien intentionnés à gauche et à droite. J'avais prévu d'attendre quelques années de plus avant d'écrire à propos de mes connaissances durement acquises sur le phénomène des enlèvements extraterrestres. Durant mon mariage de 10 ans avec le chercheur sur les ovnis Budd Hopkins, j'ai activement participé à certains des cas d'ovnis de Budd ; tapé son 3ème livre, Witnessed ; co-écrit le suivant, Sight Unseen, avec lui ; tourné beaucoup de films documentaires sur les recherches de Budd ; et produit des petits fillms qu'il utilisa sur le circuit de conférence. Mais nous ne sommes plus mariés depuis plusieures années maintenant, nous avons chacun eu nos propres vies depuis et, depuis 2004, j'ai refusé de de reparticiper aux recherches sur les enlèvements. Il semblait y avoir beaucoup à perdre et rien à gagner, durant mon ancienne vie d'épouse, à parler de mes perceptions des violations éthiques de certains chercheurs, de l'usage incorrect de sujets humains et de leur manipulation continue du récit de l'enlèvement selon une doctrine rigide. Pas besoin de se presser pour publier.

Devant la regression hynotique d'un sujet avec Budd Hopkins, l'auteur s'assure du bon fonctionnement du microphone Image extraite d'un documentaire de C. Rainey
Devant la regression hynotique d'un sujet avec Budd Hopkins, l'auteur s'assure du bon fonctionnement du microphone

Mais arriva alors l'histoire d'Emma Woods, qui me parvint au Printemps dernier alors que je vivais et travaillais dans la cité fortifiée marocaine de Fez, datant du du 14ème siècle. Ce fut un cas explosif d'abus d'un sujet qui choqua beaucoup de gens et fit par la suite la Une de UFO Magazine en 2010-11. Par une longue journée de pluie, attendant que l'âne me livre mon gaz de cuisine, je pris le temps d'examiner dans les détails les éléments des 2 côtés — sur le site web du sujet (Emma Woods) et sur le site web du chercheur David Jacobs. Les extraits audio des sessions enregistrées montrait le cheminement labyrinthique où les chercheurs sont capables d'"orienter" le sujet dans une certaine direction par une conversation pré-hypnotique sur d'autres cas auxquels ils s'intéressent ; comment le récit est manipulé pour correspondre aux nécessités de haute étrangeté du livre en préparation des chercheurs ; les enregistrements montrent aussi un franchissement flagrant des limites et des irrégularités éthiques.

Cela m'électrifia au point de me sortir de mon silence et de mettre en action. Parce que le cas de Emma me remémora douloureusement plusieurs autres cas qui étaient passés chez moi-même dans un passé par si éloigné — et pour tout effet indésirable sur les vies de ces personnes auxquels j'aurais pu contributer en tant que réalisatrice de documentaire ou auteur sur la scène, je suis réellement désolée. A ce stade, peut-être puis-je faire la meilleure amende honorable en répondant à la question posée dans le courrier des lecteurs de UFO Magazine par l'ufologue vétéran Raymond E. Fowler : Je me demande combien il existe d'autres Emmas ?

Laissez-moi commencer par les nommer, parce qu'elles existent belles et bien.

Et en leur nom, il deviendra clair — malgré les déclarations du contraire répétées et inflexibles de Hopkins et David Michael Jacobs, comme des politiciens working off of the same faxed talking point of the day — que le terrain marécageux des enlèvements extraterrestres est rempli de canulars et canulars partiels. Il deviendra également clair que ce que Hopkins et Jacobs décrivent comme les preuves évidentes d'enlèvements extraterrestres et d'hybrides parmi nous sont basées principalement sur la puissante répétition hypnotique de leurs propres déclarations — et de la crédulité du public à croire toutes les théories infondées que ces enquêteurs vedettes du paranormal ont planté dans le domaine. De plus, il deviendra clair que ces enquêteurs sur les enlèvements savent que les gens décrits dans leurs livres ou conférences ne sont pas représentatifs des expériences d'enlèvements. Les cas The sensationnels publiés dans Intruders et Witnessed de Hopkins, dans Secret Life et The Threat de Jacobs sont positionnés comme des exemples anecdotiques décrivant le phénomène dans son ensemble.

Le problème pour le restant d'entre nous tentant de comprendre cette chose est que ces cas particuliers sont presque toujours de "haute étrangeté", plus bizarres que bizarres, des exceptions spectaculaires à la règle. Ils ne sont pas représentatifs de ce que Hopkins et Jacobs "découvrent" dans leurs rapports d'enlèvements ordinaires, au jour-le-jour.


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L'homme robuste, à la barbe grisonnante tremblant sur le canapé de notre studio racontait le conte horrible de son enfance. Tout d'abord, il sembla se remémorer une expérience d'"enlevé" plutôt standard : un puissant rayon de lumière, une paralysie, la lévitation dans un appareil en survol, flotter dans une salle, reposant nu sur une table entouré de petits êtres gris avec des instruments médicaux, une manipulation sexuelle ou une implantation d'appareillages, le retour à l'endroit de départ avec seulement des fragments de souvenir des événements, et la réalisation d'un temps manquant. Sous hypnose, l'homme d'âge moyen se rappela encore plus, cria, jura et pleura. Sous prétexte de filmer la session, je gardais un oeil sur ce qui était glissé sur le côté de la botte de l'homme terrifié. L'étiquette sur ma bande video indique que la régression hypnotique eut lieu à Manhattan le 2002-6-30.

Il s'agissait de James S. Mortellaro, Jr., qui était venu demander de l'aide à mon mari d'alors, Budd Hopkins. Au cours des 3 années précédentes, Jim avait admiré Budd, lu tous ses livres et était venu écouter ses discours à des conférences. Aux publics à travers le monde, Budd Hopkins avait souvent été présenté comme l'homme qui avait porté à lui-seul le phénomène des d'enlèvements extraterrestres à l'attention du monde. Plein d'esprit, un conteur-né avec charme paternel et une réputation de gentillesse, Budd avait captivé la télévision, la radio et les publics de conférences pendant 4 décennies avec ses récits bizarres d'humains terrorisés et souffrant entre les mains d'êtres extraterrestres suprêmement indifférent et technologiquement supérieurs.

Aujourd'hui, nous dit Jim, il ne pouvait plus vivre sans savoir ce qui lui était arrivé enfant. Pourquoi il avait peur de tomber de hauteurs et des lumières soudaines. Pourquoi il avalait d'un coup des médicaments comme d'autres mangent avec insouciance du popcorn au cinéma. Et pourquoi il était entré chez nous avec un pistolet glissé dans sa botte droite.

Plusieurs choses sur ce cas me mettaient de moins en moins à l'aise. Ce n'était pas juste les pilules et le pistolet. Ou le fait qu'aucune des déclarations de Jim n'avait été examinée ou vérifiée. Parmi ses déclarations les plus classiques, Jim Mortellaro avait dit plus tôt à Budd qu'il avait 2 doctorats (Vraiment ? Impressionnant, pense la femme sceptique derrière la caméra. De quelles universités ?) et qu'il avait été Directeur Marketing chez Hitachi avant d'en partir assez tôt (Vraiment ? Etait-ce Directeur Marketing Régional, National ou International ? Pourquoi est-ce que vous ne ressemblez pas ou ne parlez pas comme tous les directeurs marketing que j'ai connus ?).

En fait, pour être honnête, ce n'était tout simplement pas le cas. Un sentiment de mal-au-coeur grandissait depuis un moment. C'était un malaise purulent sur la manière dont le phénomène des enlèvements extraterrestres s'était développé devant mes yeux et avait été capturé par l'objectif de la caméra au cours des 7 dernières années de mon mariage avec Hopkins. Le souci de savoir ce qui avait été vraiment découvert au cours de ces sessions d'hypnose et ce qui avait été fabriqué — intentionnellement ou non. Et la préoccupation croissante du bien-être des personnes vulnérables qui avaient contacté Budd après avoir lu ses livres ou l'avoir vu à la télévision. Souvent un petit détail ou une image distincte dans ses récits avait soulevé l'écho de ce qui semblait être leurs propres souvenirs. La plupart des gens qui passaient notre porte avaient vécu des expériences humaines véritablement inexplicables. Cependant ils venaient prêts à affronter la possibilité que leurs expériences traumatique de vie avaient été causées par un enlèvement par des extraterrestres.

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Lorsque je rencontrais Budd Hopkins en 1994, le phénomène des enlèvements, tel que Budd me le révéla, m'emplit de fascination avec l'allure d'un mystère intellectuel entièrement nouveau à résoudre. Cela pourrait-il être l'origine de l'impulsion religieuse humaine ? Et si nous avions été ensemencés ici par des êtres hautement avancés ou un Grand Être venu de "là-bas" ?

Il est amusant et humiliant de réaliser, aujourd'hui, qu'au milieu des années 1990s j'avais effectivement pensé que ces idées de ma part étaient nouvelles, originales et audacieuses. Dans ma quarantaine, j'étais tout simplement néophyte en ufologie. La courte explication à cet état bizarre est que j'ai grandit dans une religion fondamentaliste stricte et n'ai jamais été exposée à la culture populaire et les images de science-fiction des années 1950s et 1960s. Aucune télévision, aucun films, aucune bande-dessinée ou magazine "mondain". Même après avoir quitté ce groupe religieux, de la vingtaine jusqu'à la quarantaine j'étais semi-cloitrée dans les universités, puis travaillais étroitement avec des types scientifique où "ce genre de choses" ne se présenta simplement jamais. J'associais vaguelement les ovnis à la culture pop et était complètement inconscienete de l'existence de recherches sérieuses menées dans des domaines du paranormal.

Mais toute nouvellement amoureuse et excitée par une nouvelle aventure avec un compagnon de vie, un collègue artiste, qui la partagerait avec moi, je faisais mes valises et quittait Boston. Là, pendant plus de 20 ans, je produisis et réalisais des films sur la médicine avec des scientifiques chercheurs et des épidémiologistes. Nous apportâmes des fonds considérables avec des propositions de recherches récompensées par les Instituts Nationaux de Santé (NIH). Après avoir travailler aussi longtemps, coude-à-coude avec des scientifiques, j'en arrivais à connaître un bout sur la conception de recherche, les protocoles, la collecte et l'évaluation de données, le test d'hypothèse et la nécessité de protéger les sujets de l'expérience. J'appris aussi (bien que les scientifiques ne soient pas immunisés contre ce problème) que falsifier des données ou proclamer des découvertes exagérées qui n'étaient pas justifiées par les faits pouvaient ruiner une carrière. C'était du suicide éthique. Les chercheurs qui faisaient ce genre de choses perdaient leur poste. Ils perdaient leur prestige. Ils publiaient rarement à nouveau. Qui ferait confiance à ce genre de gens ?

Et de surcroit combien sont différents les standards des prétendus "chercheurs" en enlèvements extraterrestres ! Après une décennie d'implication dans le domaine, je suis frappée du fait que la plupart des gens ayant une fascination ufologique ne s'attendent pas à ce que leurs principaux chercheurs suivent ces standards scholastiques, scientifiques ou mêmes éthiques. Beaucoup de gens ne savent peut-être tout simplement pas que ces standards existent. Mais ils existent pour une raison, les amis, et parfois la recherches sur les enlèvements à bord d'ovnis — aussi fascinantes qu'ils semblent être — violent chacun des principes de base d'obtention de la connaissance et de la protection des sujets humains.

Les 2 enquêteurs les plus connus sur les enlèvements, Budd Hopkins et David Jacobs, travaillent presque exclusivement seuls (séparément, bien qu'ayant des échanges téléphoniques importants), sans supervision (et ne souhaite pas en accepter) et sans quelconque formation en médicine, psychiatrie or neurologie. Un peu de religion comparative, anthropologie et folklore sous le capot ne ferait pas de mal, non plus, pour traiter de ces expériences humaines difficiles à interpréter. Ils n'ont aucune contrainte de demander une authorisation pour leur expérimentation sur des êtres humains à un Comité de Protection des Personnes (CPP), une autorisation qui est pourtant nécessaire à tout checheur institutionnel legitime dans le pays. Il s'agit l'examen par les paris d'une proposition d'étude utilisant des sujets humains, c'est strict, et il est demandé aux chercheurs de rapporter au CPP leurs résultats. Rien ne ceci n'est appliqué aux chercheurs sur les ovnis.

Dessin par la prétendue enlevée E. N. Rainey, C.: avec la permission de E. N.
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Mais, pour être honnête, durant plus de 40 ans les chercheurs sur les enlèvements ont eu le courage d'explorer — et de tenter de soigner — des expériences humaines souvent traumatiques auxquelles pratiquement aucune université ou institution ne touchera. Les NIH, l'agence de recherche médicale national à la puissance énorme, sont constitués de 27 Instituts et Centres, chacun se spécialisant dans un certain domaine de recherche. Il est extrêmement improbable qu'un de ces instituts ait jamais sérieusement envisagé une proposition demandant des fonds pour la recherche sur les enlèvements extraterrestres. En plus de l'absence de preuves solides, les enquêteurs sur les enlèvements ont de tels problèmes de crédibilité que peu seraient pris au sérieux. C'est une situation qui nécessite désespérément d'être corrigée. Un domaine naissant comme l'ufologie sans flux de financement visible ou journaux à comité de lecture n'arrivera jamais à attirer suffisamment de professionnels ou scientifiques formés pour faire passer le domaine du courant marginal à celui du courant dominant. Les quelques chercheurs en ufologie ayant une réelle formation de recherche se retrouvent à financer leurs recherches de weekend, weehours avec leurs propres deniers, tout comme les non-scientifiques Hopkins et Jacobs le font. Il s'agit de travail solitaire, improvisé, imprégnant tous les aspects de la vie du chercheur ou de la chercheuse, lui coûtant souvent beaucoup à travers la corrosion du statut, des revenus et des relations privées.

Ce que nous avons aujourd'hui est une recherche sur les enlèvements qui non seulement manque d'une source de financement externe mais manque aussi de chercheurs comprenant l'épistemologie des moyens par lesquels la connaissance est acquise et de la manière de la connecter à la réalité, justifiant la croyance, et le scepticisme. Dans un paysage lunaire aussi aride que celui-ci, il n'y a aucune structure, aucune limite, aucun standards et aucune supervision. Donc, étant donnés toute cette liberté et l'absence de tout pair accrédité à leur apporter la contradiction, que croyez-vous qu'il arrive à 2 enquêteurs (qui sont aussi les meilleurs amis du monte l'un pour l'autre) dans leur recherche de connaissance sur un domaine aussi farfelu et marginal que "les enlèvements extraterrestres" ? Et, encore plus important, qu'arrive-t-il aux patients de facto de chercheurs sans limites ? Ouvrons un peu plus ce qui fut pour moi la Boîte de Pandore du cas Emma Woods/David Jacobs.

Ces 2 enquêteurs leaders sur les enlèvements, je pense aujourd'hui, sont guidés par les règles du jeu où ils se trouvent de faire gonfler leurs meilleurs cas, de les drive them hard. Ces ufologues, dont les alimentations d'ego dépendent de leur position dans ce domaine marginalisé, sont en peine de rapporter de la magie à la maison. A moins qu'ils ne devienennt trop rapidement obsolète, on attend des experts en enlèvements extraterrestres qu'ils fournissent la marchandise : des récits nouveaux, plus frais, étranges et toujours plus étranges. Ce n'est pas par hasard que David Jacobs prévoyait d'écrire un livre sur Emma Woods et plusieurs autres personnes ayant vécu des expériences, des gens qui partageaient un récit de haute étrangeté focalisé sur l'infiltration d'êtres hybrides dans notre société. Dans les bandes audio de Emma, on peut entendre Jacobs, avant la régression, parler à Emma de ses autres cas, qui incluaient le comportement violet et sexuel sadomasochiste de leurs hybrides et l'avertissait qu'il pourraient tout simplement découvrir ça dans sa propre session d'hypnose à venir. Ce n'est même plus "orienter" : c'est un la pousser purement et simplement à livrer, sous hypnose, le récit exact dont il a besoin pour son livre. Ce n'est pas non plus par hasard que Budd Hopkins n'exprime jamais le moindre doute quant à la fiabilité de l'histoire de Linda Cortile et de l'importance séminale de son cas. S'il l'avait fait, il aurait pu être forcé de remettre en question sa propre capacité à séparer les faits de la fiction ou à repérer un canular pointant avant qu'il crests et lui tombe dessus.

Ma conviction personnelle, connaissant Jacobs comme Hopkins, qu'ils sont piégés, comme Bibi Lapin dans Tar-Baby, par le phénomène-même auquel ils tentent de se confronter. Ils ne peuvent plus de dépétrer du mélange de fantaisie et de réalité surréaliste, richement imaginatif généré autour de quiconque est profondément impliqué dans la recherche sur le paranormal Hansen, George P.: The Trickster and the Paranormal, Xlibris Corporation, 2001, pp. 216- 217.. Alors que j'étais particulièrement active dans le travail de Budd, je ressentais aussi l'influence suggestive puissante de ce phénomène ambigü. Si j'arrivais dans une pièce et entendait mon mari au téléphone, demandant : Sont-ils passés à travers le mur cette fois, aussi ? ça ne me frappait plus comme quelque chose de bizarre. Dans une relation, proche d'un compagnon tenant fermement à ces idées, je sentais une influence presque gravitationnelle du monde émotionnel de cette autre personne. Parfois comme une résonnance inconsciente. Pendant un court moment, j'en étais venue à accepter que le phénomène des enlèvements extraterrestres était ce que Budd et Dave disaient qu'il était. Mais je n'ai jamais cessé de poser des questions sceptiques — des questions qui devinrent de moins en moins bienvenues.

Ces enquêteurs croient si complètement à la réalité de leur interprétation de ces expériences qu'ils ont perdu contact à la fois avec la réalité de consensus et l'éthique du comportement humain de tous les jours qui va avec. Ils pensent sincèrement que l'avenir de l'humanité est en danger et que toute tactique adoptée est justifiée par le besoin d'avertir le monde de la prise de contrôle à venir. C'est une système de croyance très puissant et chez ces 2 hommes, il est rigide. Il n'y a rien d'ambigü ou de shifting dans leurs idées. De manière particulièrement dérangeante, une tel type fondamentaliste de structure de croyance les laisse hautement vulnérables à la crédulité, la perte de jugement critique, et les canulars complets.

Etant donnés les enjeux (et les éléments audio/visuels glanés de mes propres bandes video sur une période de 10 ans), je pense aujourd'hui que ces enquêteurs sur les enlèvements sont parfois condamnés par leurs croyances profondément ancrées à devenir les victimes d'auteurs de canulars — ce qu'ils refusent catégoriquement de reconnaître. J'examinerai un de ces cas ci-dessous.

Dans d'autres cas, des éléments montrent que ces mêmes enquêteurs sur les enlèvements co-créent les cas de haute étrangeté avec la coopération du patient/de l'enlevé. Parfois la co-création de l'histoire est consciente — par l'une ou l'autre des parties — et dans d'autres cas, la collaboration semble être principalement inconsciente Le terme de "co-création" est utilisé ici tel que la plupart des gens l'utiliseraient : 2 personnes se mettent ensemble à fabriquer quelque chose. Il est important que le lecteur soit pleinement conscient que dans la situation discutée, le déséquilibre de pouvoir entre le sujet et le chercheur est énorme.. Bien sûr, les chercheurs sur les enlèvements agissent comme des thérapeutes de facto pour l'"enlevé", tout comme les enquêteurs sur le phénomène. Et un certain type de "co-création" est souvent considéré comme faisant partie du processus thérapeutique, discuté dans les journaux psychiatriques et sur les sites web de thérapeutes. Un auteur indique : L'interaction entre le patient et le thérapeute est aujourd'hui considérée être une co-création du monde intérieur du patient en résonnance avec le monde intérieur de l'analyste "Beginning: The Art and Science of Planning Psychotherapy by Mary Jo Peebles-Kleiger", critique de livre par E. James Lieberman, M.D., M.P.H.. Les thérapies psychodynamiques ou Gestalt travaillent toutes deux avec l'idée que ce qui est créé dans la thérapie est une co-création dans laquelle le thérapeute et le patient jouent un rôle vital.

Je ne veux pas du tout dire que la relation est égale dans ce "travail". Le déséquilibre de pouvoir entre sujet et chercheur est énorme. Il suffit d'écouter les clips audio de Emma Woods ou mes bandes videos de sessions d'hypnose pour le réaliser. Le chercheur est la figure d'autorité — ce fameux auteur, comme dit Linda Cortile à propos de Hopkins. Le chercheur est aussi souvent l'objet de transfert, qu'il le réalise ou non ; il travaille avec un patient hypnotisé ; et a donc l'entière responsabilité d'être conscient de et de gérer la relation avec le suject, en utilisant principes éthiques les plus élevés.

Mais toute l'entreprise peut déraper dans l'abîme si l'enquêteur/thérapeute n'est pas constamment conscient de et analyse ses propres positions conscientes et inconscientes et ses propres motivationslors de ces rencontres délicates. Dans une véritable psychothérapie, bien sûr, de nombreux thérapeutes s'assoient régulièrement avec un autre psychothérapeute plus expérimenté pour discuter des questions de ses clients, et de des réponses qu'il leur apporte. De nombreuses organisations professionnelles demandent à des thérapeutes d'incorporer une supervision par une tierce partie dans leur pratique de manière à protéger le client Dr. Greg Mulhauser: "Counselling Supervision". Lorsque une tierce partie impartiale examine ce qui se passe entre un thérapeute et son client, de graves défaillances de jugement ou oublis peuvent être repérés avant que quelque chose de dommageable arrive — comme lorsque Jacobs dit à Emma qu'elle souffre du Trouble de Personalités Multiples. Malheureusement, ces ufologues travaillent sans supervision de quelque sorte que ce soit. Dans le cas de Emma Woods et dans les 4 cas ci-dessous, je pense que nous voyons 2 enquêteurs psychologiquement naïfs n'ayant absolument aucune conscience de leurs propres positions inconscientes — et n'ayant aucune conscience du puissant champ de force qui se met en place dans leurs rencontres avec des patients vulnérables.

Avant de revenir à Jim Mortellaro, qui vit toujours un trauma sur le vieux canapé du studio, examinons rapidement 2 cas précédents auxquels je participais et sur lesquels je fis de petits films.

Il y a de nombreuses raisons complexes au fait que la communauté ovni se retrouve souvent coincée, tentant de défendre la validité d'un cas, même un qui soit clairement monté de toute pièces comme celui de Mortellaro. Des raisons, aussi pour que toute critique d'un chercheur sur les enlèvements avec la position de Hopkins dans le domaine sera férocement attaquée. Le sujet demande à être bien plus développé que cet article ne le permet, mais le livre érudit et compatissant de George Hansen, The Trickster and the Paranormal, offre une explication particulièrement adéquate aux situations couvertes par cet article : que l'ufologie est un domaine minuscule à l'existence ténue et une attaque sur Hopkins [et dans un moindre degré, Jacobs] a des répercussions plus grandes qu'une sur une personne comparable dans un domaine plus grand. D'autres ufologues, poursuit Hansen, s'identifient si proches du domaine et de l'hypothèse ET qu'ils perçoivent toute critique de ces hommes comme l'équivalent d'une attaque personnelle à leur encontre Hansen, pp. 258-263..

Il y a une autre raison plus simple pour laquelle "ils" continueront de croire. Parce que sa nature de canular fut essentiellement niée par Hopkins, son partisan principal, le cas de Mortellaro existe toujours dans les archives historiques des études de cas d'enlèvements ovnis — dans une conférence de Hopkins sur le cas à FortFest 2002, postée sur YouTube ; dans des pages en ligne contenant les données du cas ; des fichiers audio de sessions d'hypnose ; et dans de multiples DVDs en vente de conférences de Hopkins où il le présente. Quiconque s'efforçant d'étudier les éléments des enlèvements extraterrestres pourraient être tout aussi susceptibles d'étudier le cas Mortellaro que le cas Travis Walton.

La page sur le site web de la Fondation Intruders de Hopkins fut rapidement enlevée et il semble y avoir peu d'indices que quoi que ce soit se soit mal passé (cependant, la déclaration officielle est toujours postée sur le site Rense.com, avec de nombreux autres articles de Mortellaro). Pourquoi ne pas demander un rappel, dans de tels cas ? Même une conseverie de petits pois doit rappeler quelques lots de boîtes de conservers quand le produit se révèle être pourri. Mais quand il s'agit de création en gros et d'une offre publique d'un genre entier de performance artistique appelée "le phénomène des enlèvements artistiques", personne n'est tenu pour responsable de quoi que ce soit. Et particulièrement pas l'homme loué pour son rôle dans sa création — un artiste dont le bref moment de gloire dans le monde artistique date d'il y a plus 40 ans.

L'ironie finale intervint à peine 19 mois après la débacle de Mortellaro. Au Congrès Ovni du 3 mars 2006, les chercheurs sur les enlèvements proéminents que sont Hopkins et Jacobs montèrent sur la scène. Ils parlèrent tous les 2 du sujet d'êtres transgéniques (autrement appelés "hybrides") parmis nous. Alors que Jacobs déclarait (sans preuve) que les preuves se sont amassées depuis des années, voici ce que Hopkins affirma devant la large assemblée — et aux futurs chercheurs qui verront ses déclarations sur le DVD pour les décennies à venir :

C'est quelque chose dont je suis très fier… que durant toutes les années du travail fait par Dave et que j'ai fait, ainsi qu'un certain nombre d'autres gens, nous n'avons jamais eu à retirer quoi que ce soit et dire : "Oups, nous avons fait d'une erreur un gros mensonge". Nous avons été très, très prudents. Nous n'avons pas eu des cas, qui l'un après l'autre... explosaient… en dépit des efforts de nombreux, nombreux, nombreux démonteurs. Et c'est pourquoi on peut dire… que les éléments que nous avons présentés ce soir, aussi étranges et compliqués et difficiles qu'ils puissent être — vont, je pense, passer le l'épreuve du temps, comme l'ont passés ceux jusqu'ici "Budd Hopkins and Dr. David Jacobs Presents 'Transgenic Beings' DVD", Mothership Productions.

Donc voilà : aucune erreur n'ai jamais été faite ; les techniques incorrectes, sur-crédules, et parfois non-éthiques dans le cas Emma Woods, dans les cas de Mortellaro, Dora, Beanie et Linda n'existaient pas ; et donc ni les chercheurs ni la communauté ovni n'avaient appris la moindre chose. La dénégation est une occasion si terriblement gâchée. Il y a souvent un pouvoir énorme à ne pas être paralysé par la peur de l'échec, en particulier quand les gens apprennent de constater ou faire des erreurs. Certains chercheurs sur les enlèvements ont fait beaucoup d'erreurs, pas seulement dernièrement, mais aussi dans le passé. Des gaffes graves qui gardent les scientifiques établis et les financements publics loin, très loin de ce cirque. Des gaffes graves en continu qui poussent des gens plutôt instruits comme moi et de nombreux autres à prendre leurs jambes à leur cou loin de ce domaine.

Mais quand l'ufologie, en tant que communauté, prendra-t-elle la peine d'apprendre de ces erreurs ? Et quand la communauté aura-t-elle jamais le courage de se poster devant les 2 Prêtres de la Haute Etrangeté et de dire :

Merci pour votre travail courageux et dévoué dans ce domaine, Hopkins et Jacobs. Ca a été génial ; vous étiez de véritables pionniers et nous savons que votre système de croyance est strict, honnête et sincère. Mais nous allons prendre le relais à partir de maintenant.

Nous ne pensons simplement pas que vous seuls, vous deux, détenez La Vérité exclusive sur cette expérience humaine avec L'Autre. Admettez-le, vous vous êtes engagés dans une activité qui vous empêche de voir clairement ; vous n'y voyez plus.

Donc, merci, mais nous prenons le relais à partir d'ici.

Tous les cas cités dans cet article seront aussi présentés dans le documentaire à venir de l'auteur, Something Hidden. Centré sur l'histoire de l'enquête de Hopkins sur le cas de Witnessed (avec Linda Cortile), le film est aussi l'histoire parallèle du voyage unique de Rainey au coeur de l'énigme humaine — le phénomène des enlèvements ovnis. Des films supplémentaires et l'occasion de participer au film peuvent être trouvés sur www.carolrainey.com. Toutes les photos utilisées dans cet article sont la propriétés de Carol Rainey sauf mention contraire.