Rencontre rapprochée avec le Dr. J. Allen Hynek

Stacy, D.: Une Interview avec le doyen, 1985

Pendant plus de 2 décennies, de 1948 à 1969, le Dr. J. Allen Hynek a été consultant en astronomie pour la Force Aérienne des Etats-Unis. L'objet de ses conseils, cependant, ne fut pas les débuts du programme spatial ou même la Lune et les étoiles au-dessus, mais les Objets Volants Non-Identifiés. En 1973 il a fondé le Centre pour les Etudes sur les OVNI (CUFOS) et a servi comme Directeur et rédacteur-en-chef de son journal, l'International UFO Reporter

Stacy : Dr. Hynek, en tant que scientifique, vous remontez dans le phénomène ovni probablement aussi loin que n'importe qui de vivant aujourd'hui. Comment cette relation a commencé exactement ? 

Hynek : C'est compliqué à expliquer. Au printemps 1948, j'enseignais l'astronomie à l'Université d'état de l'Ohio, à Columbus. Un jour 3 hommes, et ils n'étaient pas vêtus en noir, vinrent me voir depuis la Base Aérienne de Wright-Patterson non loin de là à Dayton. Ils commencèrent à me parler du beau temps, si je me souviens bien, et de ceci et cela, jusqu'à ce que finalement l'un d'entre eux me demande ce que je pensais des soucoupes volantes. Je leur dit je pensais qu'il y avait beaucoup de déchets et d'absurdités et cela sembla leur plaire, et ils en vinrent donc au boulot. Ils dirent qu'ils avaient besoin de conseil en astronomie parce que leur travail était de trouver en quoi consistaient ces histoires de soucoupes volantes.

Certains étaient des météores, pensaient-ils, d'autres des étoiles, etc. et ils pourraient donc utiliser un astronome. Diable, me suis-je dit, ça avait l'air amusant et en plus, ça allait aussi me donner une accréditation top secret. A cette époque, ça s'appelait le projet Sign, et au moins une partie des gens qui y travaillaient considéraient le problème plutôt sérieusement. A la même époque un grand schisme eut lieu à l'Air Force entre 2 écoles de pensée. L'école sérieuse avait préparé une estimation de la situation qu'ils avaient envoyée au général Vandenberg, mais l'autre bord avait finit par gagner et les sérieux furent expédiés ailleurs. Les négatifs avaient gagné la bataille, en d'autres mots. 

Mes propres enquêtes pour le projet Sign ajoutèrent à cela, aussi, je pense, parce que j'étais assez négatif dans la plupart de mes évaluations. J'allais chercher loin pour donner à quelque chose une explication naturelle, parfois quand elle aurait pu ne pas vraiment en avoir. Je me souviens d'un cas de Snake River Canyon, je pense que c'était, où un homme et ses 2 fils avait vu un objet métallique arriver tourbillonnant en bas du canyon, ce qui avait fait balancer le sommet des arbres. Dans une tentative d'y trouver une explication naturelle, j'ai dit que c'était une sorte de perturbation atmosphérique. Bien sûr, je n'avais jamais vu une perturbation comme çà et je n'avais pas de raison réelle de penser qu'il ait pu en exister une. Mais j'étais si anxieux de trouver une explication naturelle parce que j'étais convaincu qu'il devait y en avoir une que, naturellement, I did in fact, il fallut un bon moment avant que je commence à changer d'avis.

Stacy : Y avait-il une quelconque pression directe mise par l'Air Force elle-même pour que vous arriviez avec une explication conventionnelle de ces phénomènes ? 

Hynek : Il y avait une pression implicite, oui, absolument. 

Stacy : En d'autres mots, vous vous trouviez coincé, comme la plupart d'entre nous, dans une situation où vous essayiez de faire plaisir à votre patron ?

Hynek : Oui, vous pourriez très bien le dire comme cela, bien que dans le même temps je n'allais pas pour autant à l'encontre de mes preceptes scientifiques. En tant qu'astronome et physicien, je pensais simplement à priori que tout devait avoir une explication naturelle dans ce monde. Il n'y avait pas de "si" ou de "mais" à ce sujet. Ceux que je ne pouvais résoudre, je pensais qu'en travaillant plus, en menant une enquête vraiment adaptée, nous en trouverions probablement une explication. Ma moyenne batting était d'environ 80 % et je me disais qu'à chaque fois que vous atteigniez ce niveau, c'était relativement satisfaisant. Cela laissait environ 20 % de non-résolus pour moi, mais seulement 3 ou 4 % pour l'Air Force, parce qu'ils utilisaient les statistiques d'une manière que je ne m'étais jamais permise. Par exemple, les cas étiquetés comme n'offrant pas suffisamment d'informations, ils les considéraient comme résolus ! Ils avaient aussi d'autres petits trucs. Si une lumière était vue, ils disaient, les avions ont des lumières, donc ce sont des avions probables. Alors, à la fin de l'année, lorsque les statistiques étaient faites, ils oubliaient les possible ou probable et les qualifiaient simplement d'avions

Stacy : Qu'est-ce qui a commencé à changer votre perception du phénomène ? 

Hynek : 2 choses, vraiment. Une était l'attitude totalement négative et obtue de l'Air Force. Ils n'allaient pas donner aux ovnis une chance d'exister, même s'ils survolaient la rue de haut en bas en plein jour. Tout devait avoir une explication. J'ai commencé à ressentir cela, even though I basically felt the same way, because I still thought they weren't going about it in the right way. You can't assume that everything is black no matter what. Secondly, the caliber of the witnesses began to trouble me. Quite a few instances were reported by military pilots, for example, and I knew them to be fairly well-trained, so this is when I first began to think that, well, maybe there something to all this. 

The famous "swamp gas" case which came later on finally pushed me over the edge. From that point on, I began to look at reports from a different angle, which was to say that some of them could be true UFOs. 

Stacy : Alors que votre propre attitude changeait, l'attitude de l'Air Force envers vous a changé, elle aussi ? 

Hynek : Certainement, un peu, de fait. Pour donner le contexte, je pourrais ajouter que feu le Dr. James E. McDonald, un bon ami à moi qui était alors météorologue de l'atmosphère à l'Université de l'Arizona, and I had some fairly sharp words about it. Il avait développé l'habitude de beaucoup m'accuser, disant qu'en tant que consultant scientifique de l'Air Force, vous devriez taper aux portes des généraux et insister pour avoir un boulot mieux fait. Je lui ai dit, Jim, j'étais là, tu n'y étais pas, tu ne connais pas l'état d'esprit. Ils avaient des ordres du Pentagone, suite au Panel Robertson de 1953, pour que l'ensemble du sujet soit démonté, point à la ligne, sans qu'il soit possible de discuter. C'était l'attitude qui prévalait. Le panel fut convenu par la CIA, et I sat in on it, mais on ne me demanda pas de signer la résolution. Si on me l'avait demandé, je ne l'aurai pas signée, parce qu'ils ont adopté une attitude complètement négative sur tout. Alors lorsque Jim McDonald used to accuse me of a sort of miscarriage of scientific justice, j'ai dû lui dire que si j'avais fait ce qu'il voulait, les généraux ne m'auraient pas écouté. Ils écoutaient déjà le Dr. Donald Menzel et les autres garçons du Département d'Astronomie de Harvard tel qu'il était. 

Stacy : Pensez-vous qu'on vous aurait monté la porte et demandé de ne pas revenir ?

Hynek : En moins de 2 semaines j'imagine. Vous connaissez le cas de Tycho Brahe et Johannes Kepler dans l'histoire de l'astronomie ? Brahe avait les observations et ne savait pas quoi en faire, et Kepler, qui était myope et ne pouvait pas faire les observations, le fit. Donc essentiellement, j'ai joué Kepler face au Tycho Brahe de Air Force. Je savais que l'Air Force obtenait les données et je voulais y jeter un oeil, so I made very full use of the copying machines at Wright-Patterson. I kept practically a duplicate set of records because I knew that someday that data would be worth something. Toward the end, however, I was barely speaking with Major Quintanilla who was in charge. We had started as really good friends and then things got very bad because he had one lieutenant who was such a nincompoop, it seemed to me.  Everything had to be "Jupiter or Venus" or this or that. You have no idea what a closed mind, what a closed attitude it was. I kept doggedly on, but I can safely say that the whole time I was with the Air Force we never had anything that resembled a really good scientific dialogue on the subject. 

Stacy : Ils n'étaint pas vraiment intéressés par une véritable enquête sur le sujet donc ?

Hynek : Ils disaient qu'ils l'étaient, bien sûr, mais ils would turn handsprings pour empêcher qu'un bon cas obtiennent l'attention des media. Pour tout cas qu'ils résolvaient, ils n'avaient aucun problème pour en parler aux media. C'était bien triste... Je pense que leur plus grande erreur dans les 1ers jours, cependant, fut de ne pas se tourner vers les universités ou un groupe académique. Ils l'ont considéré comme une question de renseignement, question qui leur est devenue de plus en plus embarrassante. Après tout, nous payons good tax dollars pour que l'Air Force garde nos cieux et cela aurait été de mauvaises relations publiques pour eux que de dire, oui il y a quelque chose là-haut, mais nous ne pouvons vous être d'aucune aide. Ils ne pouvaient simplement pas faire çà, et ils ont donc opté pour l'action très humaine de protéger leurs propres intérêts. Ce qu'ils ont dit était que nous avions résolu 96 % des cas et que nous aurions pu résoudre les autres 4 % si nous avions poussé un peu plus loin. 

Stacy : S'agissait-il des fameuses observations du Michigan de 1966, expliquées comme des "gaz de marais" et qui amenèrent finalement l'Air Force à faire entrer une université réputée ?

Hynek : Oui, qui, comme vous le savez, sont devenues une sorte de blague nationale et le Michigan a bientôt été connu comme l'Etat du Gaz des Marais. Finalement, ça a débouché sur des Auditions au Congrès appelées de ses voeux par le membre du congrès de cet état, Gerald Ford, qui bien sûr est devenu plus tard Président. L'enquête a été confiée au Comité Brian O'Brien qui a fait un très bon boulot. Si leurs recommandations avaient été suivies, les choses auraient pu prendre un meilleur tournant qu'elles ne l'ont fait. Ils avaient recommandé que les ovnis soient écartés de l'Air Force et confiés à un groupe d'universités, pour étudier la chose de la manière la plus large possible. Bon, ils n'ont pas opté pour un groupe, ils sont partis avec une université et 1 homme dont ils étaient certains qu'il serait very hard-nosed about it, le Dr. Edward Condon de l'Université du Colorado, pour ne pas le citer. C'est ainsi que le Comité Condon puis finalement le Rapport en sont venus à exister. 

Stacy : Aviez-vous déjà été appelé pour témoigner devant le Comité ou le conseiller ?

Hynek : Dans les premiers jours ils m'ont appelé pour leur parler, pour les informer, mais ça s'est limité à çà. Ils n'ont certainement suivi aucun de mes conseils.

Stacy : En 1968, le Rapport Condon généralement négatif a été rendu public et l'Air Force a utilisé ses conclusions pour sortir du sujet des ovnis. Etiez-vous toujours conseiller ou consultant officiel à cette époque ? 

Hynek : Oh, oui, j'étais avec l'Air Force right up jusqu'à la toute fin, mais c'était juste sur le papier. Personne n'avait encore coupé la tête du poulet, mais le poulet était mort. Les derniers jours à Blue Book étaient juste un perfunctory shuffling of papers. 

Stacy : En termes du phénomène ovni lui-même, que ce passait-il à cette époque ?

Hynek : Eh bien, comme vous savez, le Rapport Condon avait dit qu'un groupe de scientifiques avait examiné les ovnis et que le sujet était mort. Les ovnis, bien sûr, ne sont pas préoccupés de lire le rapport et lors de la vague de 1973, ils sont revenus en force.