Science et Espace

Des ovnis en vrai ?

Newsweek, 10 octobre 1966

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Les soucoupes volantes ont une nouvelle fois zoomed back dans l'oeil — ou l'imagination — du public. Dans les 6 premiers mois de cette année le projet Blue Book de l'U.S. Air Force, le registre officiel des Objets Volant Non Identifiés, a dûment noté 508 observations d'ovnis. L'Incident à Exeter de John Fuller, éditorialiste du Saturday Review et croyant aux ovnis, a partagé sa place sur la liste des meilleures ventes avec le livre Soucoupes Volantes - Affaire sérieuse de l'ancien annonceur radio Frank Edwards. Et juste la semaine dernière Fuller a entâmé une histoire en 2 parties de le magazine Look racontant les 2 h terrifiantes qu'un couple du New Hampshire déclare avoir passé à être interrogé à bord d'une soucoupe volante.

L'Air Force a pourchassé — et généralement descendu — de telles histoire depuis la fin des années 1940s. La question a toujours semblé claire : d'un côté, les croyants excités ou quelqu'un avec une histoire à raconter ; de l'autre côté, l'établissement sobre scientifique qui expliquait que les prétendues observations comme étant des ballons météo, des oiseaux, des avions à réaction, des formations nuageuses ou même de la foudre en boule [Newsweek, 5 septembre 1966]. Mais la semaine dernière un des membres proéminents de l'établissement a semblé passer de l'autre côté. Pas moins qu'une figure comme J. Allen Hynek, l'astrophysicien de l'Université Northwestern et le propre consultant sur les ovnis de l'Air Force, pense qu'il y a quelque chose. Il y a là un phénomène, déclare Hynek. J'ai étudié çà depuis 18 ans et ce ne sont pas que des abherrations.

Dans une lettre au journal réputé Science, devant être publiée ce mois-ci, Hynek appelle les scientifiques honorables à enque^ter sérieusement sur les ovnis. Je ne dis pas que nous sommes visités par des êtres extraterrestres, a dit Hynek à Richard Steele de Newsweek, mais je pense que c'est une des possibilités et je pense que nous devrions gardé un esprit ouvert à ce propos. Il serait provincial de croire que nous sommes les seuls êtres intelligents dans l'univers. Les ovnis pourraient même être, selon Hynek, quelque chose d'entièrement nouveau pour la science. Où vous seriez-vous retrouvé en 1866, demande-t-il, si vous aviez parlé à des scientifiques de l'énergie nucléaire ?

Contrairement aux croyants aveugles aux ovnis, Hynek ne crie pas à la conspiration. Avant tout, il écarte l'idée que les ovnis soient un appareil militaire secret. Je ne pense simplement pas que des gens peuvent garder un secret pendant 18 ans, dit-il. Hynek reconnait également que la plupart des signalements d'ovnis peuvent être expliqués en tant qu'événements bien terrestres. Au début, le magazine Science a rejeté la lettre de Hynek, réticent à prêter sa réputation à la polémique qui a été la propriété des chercheurs de publicité et les [circulation-minded editors]. Mais les arguments de Hynek ont persuadé le magazine d'en publier une version abbrégée.

Dans sa lettre Hynek cherche avec éloquence à gagner les scientifiques qui aimeraient examiner le phénomène ovni mais ont si grandement peur du ridicule... Qu'ils n'osent pas enquêter. Il présente son formulaire d'argument à charge et réfutation :

Recherche : Pour changer les ovnis en OVIs (Objets Volants Identifiés), Hynek recommende que l'on recherche par ordinateur dans les rapports fiables des caractéristiques communes telles que l'apparence de l'objet, l'endroit et le moment où il a été observé. Alors, dit Hynek, les enquêteurs pourront essayer de se rendre sur les lieux pour observer les ovnis.

Hynek déclare qu'un schéma a déjà commencé à émerger des cas des "données solides". Ils contiennent, dit-il, des allusions fréquentes au stationnement, vacillement et décollage rapide. D'autres caractéristiques souvent rapportées sont des formes ovales, lumières clignotantes ou lumières brillantes dont la lueur est inconfortable. C'est une description convenable de foudre en boule — la masse luisante de molécules d'air ionisé qui peut avoir lieu par temps orageux — mais Hynek pense que relativement peu d'observations d'ovnis peuvent être expliquées par de la foudre en boule. De nombreuses ont été faites, dit-il, alors que les conditions atmosphériques ne sont pas adéquates pour la foudre en boule.

Si une enquête est lancée (l'Air Force recherche une université pour faire le travail) Hynek ne veut qu'un rôle de conseil. Je n'attise pas un feu, dit-il, de sorte que je peux danser autour.

Crédule : Quand, si jamais, le programme de Hynek sera-t-il mis en oeuvre, on ne peut que faire des suppositions. Pourtant le besoin d'une enquête systématique des signalements d'ovnis pour mettre un terme à l'incertitude est indéniable. La capacité nationale de crédulité est énorme. L'histoire du magazine Look, par exemple, raconte les aventures de Barney et Betty Hill, telles que révélées sous l'hypnose réalisée par un psychiatre de Boston nommé Benjamin Simon.

Look insiste sur le fait que l'histoire est un document humain et non une tentative de convaincre le public que les Hills ont effectivement embarqué à bord d'une soucoupe volante. Mais le titre de la série de Fuller — "Aboard a Flying Saucer" — semble contredire cela, comme le fait la prose : Barney s'est retrouvé à se souvenir que les hommes avaient des têtes de forme plutôt étrange, avec un grand crâne, diminuant de taille à mesure qu'il allait vers le menton. Et les yeux continuaient autour sur le côté de leur "têtes". Les Hills ont gagné 24 000 $ pour leur histoire jusqu'ici et l'auteur Fuller et le Dr. Simon partageront ce qu'il gagneront d'un projet de livre et peut-être d'un film.

Tant que les U.S. n'agiront pas selon les propositions de Hynek, il semble que le public continuera à être pris pour un tour à bord des ovnis.

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