Evolution de la méthode scientifique
  • -2000 : Premiers indexes de texte
  • -200 : Bibliothèque cataloguée (à Alexandrie)
  • : Encyclopédie collaborative
  • : Expérience contrôlée (Bacon)
  • : Laboratoire
  • : Télescopes et microscopes (Galilée)
  • : Société d'experts
  • : Répétabilité (Boyle)
  • : Journaux universitaires
  • : Examen par des pairs (referrees)
  • : Hypothèse/prédiction (Newton)
  • : Falsifiabilité (Popper)
  • : Conception randomisée (Fisher)
  • : Placebo contrôlé
  • : Simulation informatique
  • : Expérience en double aveugle
  • : Etude de la méthode scientifique (Kuhn)

Il n'existe pas de méthode scientifique figée. Si le but de la science est la découverte de nouvelles connaissances, celle-ci renouvelle régulièrement ses principes et ses méthodes afin de pouvoir les acquérir ou les affiner.

En fait, même à une époque donnée, on trouve différents exemples de découvertes qui n'auraient pu se faire en respectant la méthode alors "établie" dans la communauté scientifique Feyerabend, P. K.: Against Method, New Left Books, Londres, 1975. Traduit Contre la Méthode, 1979, Editions du Seuil Ce qui ne signifie pas pour autant que toute affirmation allant contre la méthode est correcte !.

Parmi les différentes méthodes utilisées en science (manipulant les notions de faits, hypothèses, théories, preuves), on trouve :

Exemple

Contrairement à ce que l'on peut s'imaginer, il n'est pas nécessaire de manipuler des microscopes ou des tubes à essais sur une paillasse pour appliquer une méthode scientifique. Il s'agit avant tout d'une démarche, relativement simple et à la portée de tous, et, à l'image de monsieur Jourdain, certains de nous l'appliquent sans en avoir conscience.

Prenons un exemple issu d'une science appliquée : l'informatique. Que se passe-t-il lorsqu'un utilisateur me signale un bug dans mon logiciel ?

Informatique Méthode scientifique X Ufologie
Au départ j'ai à ma disposition les élements que me communique l'utilisateur : un message d'erreur par exemple. Question Témoignage
En fonction de ces premiers élements, je peux voir rapidement de quoi il s'agit (l'utilisateur à fait une mauvaise manip, où il n'a pas tout ce qu'il faut pour que ça marche, etc.) Réponse connue Questionnaire éliminant les explications triviales
ou considérer qu'il s'agit d'un véritable mystère Réponse inconnue Ovni
C'est impossible ! me dis-je même parfois, sachant bien comment fonctionne le logiciel. Attitude non scientifique, mais humaine. Défi des lois admises
Mais le fait est là : ça ne marche pas chez l'utilisateur. Les faits doivent s'imposer
Il y a donc bien un réel mystère, qui échappe à l'utilisateur, et qui m'échappe aussi à moi en tant qu'expert vers lequel se retourne le client. Le témoin, incapable de trouver une explication, fait appel à un expert (ufologue, astronome, etc.)
Alors je commence à faire mon enquête. Je pose des questions au client : qu'était-il en train de faire quand le problème est arrivé ? Quel est exactement son environnement ? Données Interview du témoin
Si besoin est, je vais même aller sur place pour comprendre pourquoi je ne reproduis pas le problème de mon côté. Variables Enquête sur place
Si cette récolte de renseignements ne m'apporte pas la solution, je vais me mettre à faire des hypothèses : si ce que l'utilisateur signale est arrivé, ce peut-être parce que ceci ou parce que cela. Hypothèses Formulation d'hypothèses
Alors je regarde le code, je fais des essais, des tests pour voir si je peux reproduire le problème. Expériences, tests des hypothèses Statistiques, reproductibilité d'hypothèses OVI
Généralement je finis par trouver. Résultats connus. 90 à 95 % des ovnis sont expliqués
Dans ce cas, je revois mon code pour que ça n'arrive plus, et revois tous les endroits similaires. Résultats nouveaux : Enrichissement des connaissances (brutes, méthodologie) L'analyse des résultats permet d'affiner l'analyse future et la méthodologie.
Généralement aussi, j'explique le problème survenus à mes collègues, pour qu'ils y pensent la prochaine fois. Analyse et partage (publication) des connaissances et résultats.
Dans peut-être 0,1 % des cas, on ne comprend pas comment cette erreur a pu se produire. On se dit que c'était dû à un concours de circonstances exceptionnelles (de son environnement, etc.) et d'ailleurs généralement l'erreur ne se reproduit pas. La rareté relative aux autres phénomènes ne justifie pas de plus grande préoccupation. Attitude paresseuse ou économe, selon le % d'inexpliqués. La rareté relative aux autres phénomènes ne justifie pas de plus grande préoccupation. Attitude paresseuse ou économe, selon le % d'inexpliqués.

Ce n'est donc pas si extraordinaire. On constatera — heureusement — que beaucoup moins de bugs restent inexpliqués que d'ovnis. Un responsable de société informatique n'accepterait pas qu'il y ait de 5 à 10 % de bugs laissés inexpliqués. Il perdrait bien vite ses clients. C'est pourtant ce que certaines autorités et certains scientifiques font avec les ovnis, et peut-être est-ce aussi pour cela qu'une partie du public a adopté le réflexe de ne pas leur faire confiance.

Clare Williams: "La question de la collaboration scientifique", INUFOR Digest, juillet 1997. Sagan, C. E.: The Cosmic Connection. Garden City, New York, Doubleday, 1973.