Un terme ancien et général

Cas fameux de météores
  • Ensisheim en
  • L'Aigle (Orne) en
  • Tunguska en (à confirmer). Energie de 20 mega-tonnes de TNT. La théorie du météore énorme, explosant en altitude (pas de cratère trouvé, 60 millions d'arbres soufflés), reste encore à confirmer.
  • Bodaïbo (Sibérie orientale) en . Spécimen en fer de 15,9 kg.
  • Boguslava en
  • Pervomaisky en
  • Sikohoté-Alinsk (Yacoutie, Sibérie) en . Energie de 20 kilo-tonnes de TNT.
  • Rovelstok (Canada) le . Energie de 0,2 kilo-tonnes de TNT. 2 fragments récupérés pour moins de 1 gramme après 2 semaines de recherche.
  • Le à Peoria (Illinois) où un prend un cliché d'un météore se fragmentant dans le ciel, permettant d'expliquer les observations de plusieurs pilotes dans la région décrivant un escadron d'ovnis Klass, P. J.: "Were Kenneth Arnold's UFOs Actually Meteor-Fireballs?", Skeptics' UFO Newsletter #46, 1997-07.
  • Parc National de Grand Teton (USA/Canada) le
  • Oust-Ilimsk (Sibérie) en
  • Sud-ouest de la France le
  • Peekskill (New York) le , filmé et dont un des fragment à fini sa chute à travers le coffre d'une voiture.
  • Lac gelé de Tagish (Alaska) le , repérée par des satellites militaires. Energie de 0,26 kilo-tonnes de TNT. Laisse 1 kg de fragments.
  • Bodaïbo (Sibérie orientale), près de Vitimski et Mama, le . Energie de 0,2 kilo-tonnes de TNT. Supposé avoir explosé à quelques dizaines de km d'altitude. Les appareils sismiques de la station de Bodaïbo n'enregistrent rien d'anormal, pas plus que le réseau très sensible du laboratoire de géophysique du CEA.

A l'origine, le terme grec meteoros (μετέωρος) ou meteôra désigne une chose haut dans les airs, et regroupe donc tout phénomène intervenant dans la région sublunaire (à l'exception des nuages) Aristote: Meteorologica < Deliyannis, Yannis: "1615, October 26th : Paris - A sceptical point of view", Magonia Exchange, mercredi 14 novembre 2007, et donc dans notre atmosphère.

Les divers phénomènes observés sont alors regroupés en de multiples catégories de météores :

Cette typologie, qui regroupe donc aussi à cette époque des phénomènes inexpliqués, est celle qui domine dans la plupart des traités que l'on peut trouver au moins jusqu'à la 1ère moitié du 17ème siècle où des études plus systématiques permettent à certans de ces phénomènes d'être progressivement considérés de manière indépendante, comme les aurores Gassendi: 1621, les arcs-en-ciel Descarte s, et les comètes lorsque Tycho Brahe établit en 1577 qu'elles existent hors de l'atmosphère terrestre.

Représentation populaire d'une pluie de pierres
rocks

Cette typologie des "météores" reste toutefois mentionnée jusqu'à la fin du 18ème siècle Pierre Bertholon: De l'électricité des météores in 1787 < Deliyannis, Yannis: "1615, October 26th : Paris - A sceptical point of view", Magonia Exchange, mercredi 14 novembre 2007 où nombre de scientifiques considèrent encore comme non fiables les témoins qui parlent de pierres tombées du ciel. Pour eux, il suffit de regarder le ciel pour voir qu'aucune pierre ne s'y trouve, e t il semble plus probable que la poignée de professeurs défendant le phénomène se trompent, comme l'indique à l'époque John Pringle :

Et ici je m'aventurerais à affirmer, que, après avoir parcouru tous les récits que j'ai pu trouver de ces phénomènes, je n'ai rencontré aucun cas bien garanti d'un tel événement ; non pas qu'ils soient imaginaires mais que, si l'on considère la fréquence de ces apparitions, si ces météores sont vraiment tombés, il devrait y avoir depuis longtemps une preuve claire de ce fait, au point de ne laisser aucune place au doute aujourd'hui Pringle, John: "Some Remarks upon the Several Accounts of the Fiery Meteor (Which Appeared on Sunday, the 26th of November, 1758) and upon Other Such Bodies", Philosophical Transactions of the Royal Society, vol. 51, Part I (1760), pp. 259-274. Citation at 272.

Par la suite au 19ème siècle de nombreuses études sont entreprises spécifiquement sur les "météores flamboyants". Un physicien allemand cependant, Ernst F. Chladni, fort son expérience des témoignages de par son activité d'avocat, pense décèler dans les récits des témoins la description honnête d'un phénomène réel, et nouveau. En bon scientifique, cette intime conviction n'est cependant pas pour lui une fin, mais le début d'un travail concrêt sur le sujet Chladni, E. F.: Uber Feuer-Meteore, 1819, qui va faire de lui le précurseur de l'étude du sujet, avec Jean-Baptiste Biot. En 1803, après une averse exceptionnelle de météores au-dessus du village de L'Aigle (Orne), l'Académie des Sciences délègue une commission d'enquête dirigée par ce dernier. Celle-ci aboutit à une reconnaissance par la communauté scientifique admette l'origine "extra-terrestre" Au sens de provenant de l'espace pour tomber sur la Terre de ces pierres Etienne 1998.

A partir de cette date l'étude des météores se développe plus sérieusement. En 1874, Camille Flammarion note toutefois des signalements de météores étranges, car très lents. Il les appelle "bradytes" Flammarion, C.: Etudes et Lecture sur L'Astronomie, Tome 5, 1874, p. 143.

Bien que la définition généraliste d'un météore perdure assez tard (un ouvrage sur le vocabulaire marin et militaire les décrit généralement en 1889 comme des phénomènes intervenant dans l'atmosphère, ou sont dans le ciel, pour quelques circonstances particulières, et sortant de l'ordinaire Guglielmotti Alberto, "Vocabolario Marino e Militare" (Casa Editrice Voghera, Roma, 1889 (ed. anastatic reprint, Mursia, Milano, 1987) < Conti, Nico: "Re: 1615, October 26th : Paris - A sceptical point of view", Magonia Exchange, 15 novembre 2007), aujourd'hui les météores A ne pas confondre avec les météorites, qui sont les restes de météores tombés à terre sont presque toujours assimilés aux "bolides", ou plus généralement les matériaux interplanétaires, le plus souvent petits, visibles lorsqu'ils pénètrent dans notre atmosphère, formant des traînées lumineuses (ce qu'on appelle les "étoiles filantes") en se désintègrant. En effet, à 120 km d'altitude, le frottement avec l'air les embrase. Les roches/métaux arrivant éventuellement au sol sont alors qualifiés de pierres météoriques, ou "météorites".

On estime que les météores ne ne consummant pas entièrement dans l'atmosphère produisent environ 10 t de météorites/an et 10000 t de micrométéorites/an.

On peut trouver des météorites partout, mais il est plus facile de les trouver dans les déserts (chauds et froids). Dans certaines configurations montagneuses, le mouvement des glaciers permet aussi d'en récupérer de nombreuses plus facilement.

Il existe 2 catégories de météores : les sporadiques, qui peuvent survenir à n'importe quel moment (issus d'astéroïdes par exemple), et les essaims de météores survenant à des époques fixes de l'année. Ces essaims sont engendrés par les comètes, qui croisent régulièrement l'orbite de la Terre. En s'approchant du Soleil, la glace qu'elles contiennent s'évapore et des particules de poussière (dont le poids se chiffre habituellement en grammes) sont attirées par notre planète et se consument par frottement dans l'atmosphère. A ces époques, des pluies durent plusieurs nuits et il est possible d'apercevoir plus de 60 météores en . Les périodes où la Terre croise des zones riches en amas de débris, générant de telles observations sont (principaux ) :

Famille Période Constellation du radiant Lieu du ciel d'où semblent venir les météores par un effet de perspective Commentaire
Début Maximum (à 2 jours près) Fin
Bootides (quadrantides) Bouvier Bleutés à traînée persistante.
Lyrides Lyre Brillants.
êta Aquarides Verseau Essaim associé à la comète de Halley.
Perséides Persée Brillants à traînées persistantes. Essaim riche, associé à la comète Swift-Tuttle.
Draconides Le Dragon Essaim périodique, associé à la comète Giacobini-Zinner.
Orionides Orion Essaim associé à la comète de Halley.
Taurides Sud Taureau Lents, nombreux bolides.
Léonides Lion Essaim périodiques, associé à la comète de Tempel-Tuttle.
Géminides Gémeaux Nombreux bolides.

Les météores sont observés très brievement (pendant quelques secondes au plus) comme une traînée de lumière rectiligne. La plupart sont de couleur blanche ou blanc-bleu, bien que certains peuvent varier jaune rougeâtre (les plus rougeâtres entre dans l'atmosphère avec une longue traînée) au vert brillant (probablement en raison d'une ionisation d'oxygène).

Un bolide se désintégrant au-dessus de Peekill (New York), filmé le 9 Octobre 1992 par les spectateurs d'un match de football. Le bolide produira plusieurs météorites, dont une touchera une voiture.

De plus gros objets donnent des phénomènes plus spectaculaires : les bolides qui peuvent être visibles même en plein jour et apparaissent comme une boule de feu suivie d'une traînée lumineuse, qui peut persister bien après la disparition du météore. L'observation de bolides peut s'accompagner d'une onde de choc et de phénomènes audibles. Leur altitude (comme celle des météores) est élevée et ils sont donc souvent observés par des témoins se trouvant à des emplacements très éloignés. Certaines notifications d'ovnis se sont révélées par la suite être dues à de spectaculaires météores, montrant que les confusions sont assez fréquentes.

Les plus gros bolides peuvent atteindre le sol sans être complètement désintégrés, ne causant de dégats matériels ou corporels que très rarement. On parle alors de météorite. Plus de 99 % des météorites analysées proviennent d'astéroïdes. 15 météorites lunaires et 11 météorites probablement d'origine martienne existent dans l'ensemble des collections mondiales.

On distingue les météorites:

  • sidérites ou métalliques, constituées de fer et de nickel à l'état métallique
  • pierreuses ou aérolithes, essentiellement composées de silicate. C'est le groupe le plus important, subdivisé en sous-groupes :
    • les chondrites (93%), composées de chondres (petits globules). Une variante beaucoup plus rare est l'ensemble des chondrites carbonées, contenant de nombreux composés de carbone. Certains scientifiques pensent qu'elles pourraient provenir d'une certaine forme de vie extraterrestre, mais d'autres pensent qu'il n'en est rien, et que ces composantes sont semblables aux molécules trouvées dans l'espace interstellaire, dont elles dérivent probablement. Ce dernier sous-type de météorite est beaucoup plus ancien et moins "altéré" que les autres, et nous dévoile les évènements qui se sont produits très tôt dans l'histoire du système solaire, ou même avant sa formation ;
    • les achondrites (7%), ne contenant pas de chondres
  • intermédiaires ou sidérolithes, contenant du fer et des roches. En somme un mélange de 2 autres types de météorites.

Depuis l'avènement de l'ère spatiale, on peut aussi observer des réentrées dans l'atmosphère de satellites ou de morceaux de fusées, qui sont parfois spectaculaires.

Plusieurs projets d'observations de météores ont été mis en place :

  • Harvard Meteor Project de à fournit quelques 3300 h d'observation
  • Smithsonian Visual Prairie Network fournit 2500 h d'observation

Mavrakis/Olivier 1986 The International Meteor Organization Ayer, Frederick II: "The Prairie Network", Instrumentation pour la recherche sur les ovnis, Rapport Condon, 1969. "Les météorites", Imago Mundi