On s'étonnera peut-être que j'ai accordé si peu de place, dans cet examen du dossier belge, aux enregistrements physiques dont on dispose, à savoir l'affaire des F16 et les diverses photos, dont celle de Petit Rechain. En fait, comme c'est souvent le cas d'esprits formés aux sciences humaines, j'ai une méfiance instinctive des mesures en matière d'ovnis. (...) je persiste à penser que les considérations qualitatives sont plus solides que des pages d'équations qui peuvent cacher des artefacts Méheust, Bertrand: Retour sur l'anomalie belge, Le Livre Bleu (Marseille), 2000, pp. 87-88

Le , à Petit-Rechain (province de Liège, Belgique), Patrick Maréchal (20 ans, tourneur-ajusteur dans une entreprise locale) est en compagnie de son amie, Sabine M., étudiante (18 ans). Il a son appareil photo (Praktika BX20 avec filtre lumières du ciel Cokin 1A sur le paramétrage du zoom). Cette dernière voit un objet dans le ciel :

J'ai vu 3 points lumineux blanc-jaune, ronds, disposés en triangle, et par la suite, j'ai distingué une autre lumière au centre. Pour moi, cette lumière était fixe et semblait de même couleur que les autres. Je n'ai pas vraiment remarqué la forme d'un triangle ; je l'ai plutôt devinée en raison de la position des feux. Je ne peux pas dire si ce phénomène était immobile ou se déplaçait. J'ai alors appelé Patrick.

Celui-ci raconte :

Il devait être entre lorsque Sabine, qui avait lâché le chien dans la cour, m'a appelé pour venir observer un objet bizarre dans le ciel. Lorsque je suis sorti, j'ai vu l'objet pratiquement immobile vers le Sud-Ouest, à environ 45° d'élévation. Il s'agissait de 3 feux blancs, ronds, disposés sur la surface triangulaire à peine perceptible. Au centre, il y avait un point clignotant de même couleur, ou peut-être un peu plus rouge que les autres feux.

Patrick possède une pellicule (film Kodak 200 ASA) presque terminée :

Comme le phénomène ne bougeait pratiquement pas, je suis allé prendre mon appareil photographique. Je suis ressorti et aussitôt j'ai pris 2 photos dont une seule a donné un résultat.

En effet des 2 photos (n° 35 et 36, exposition de 2 s avec focale 4), la 1ère sera bonne Non affichée sur ce site en raison des droits demandés par M. Guy Mossay, mais on ne verra pratiquement rien sur la 2ème. Patrick continue :

L'objet semblait relativement loin, assez haut dans le ciel. Je n'ai pas eu l'impression qu'il se tenait en position vraiment horizontale, car il présentait sa base inférieure face à moi. Il devait donc être en position inclinée. Il paraissait plus grand qu'un avion de tourisme ; je dirais 5 cm à bout de bras. Quand à l'altitude, il m'est impossible de l'estimer exactement : peut-être 150 m ?

L'objet s'éloigne ensuite, comme le raconte Patrick :

Aussitôt la 2ème photo prise, le phénomène jusqu'alors quasi-immobile s'est mis à se déplacer assez lentement, pointe en avant, en direction du zoning de Petit-Rechain (Nord). Il a disparu après quelques instants, caché par les toits des maisons. Pendant l'observation j'ai perçu un léger sifflement. Ce soir-là le ciel devait être couvert ; il ne faisait pas bon mais il ne pleuvait pas. Ce qui m'a le plus impressionné, c'était l'immobilité apparente de ce phénomène.

Sabine, elle, ne voit pas vraiment l'objet partir, mais constate plutôt sa disparition :

Après que ce dernier (Patrick) ait pris les photos, le phénomène est parti d'un coup, pfffuit ! La vitesse était assez rapide et j'ai perçu un léger sifflement. Le chien n'a pas réagi anormalement. Quand l'objet s'est déplacé, il est allé vers la droite (Nord). J'avais l'impression qu'il était incliné, car il présentait son côté inférieur face à moi. Je suis incapable de dire de quelle manière il a disparu puisque, en fait, je ne l'ai pas vu se déplacer. A vrai dire, lorsque Patrick prenait les photos, je ne faisais plus attention. Quand j'ai regardé à nouveau, l'objet avait disparu.

Tout ceci se déroule en environ.

Le film est développé dans les jours qui suivent par un laboratoire spécialisé dans le traitement en grande série, qui offre une promotion particulièrement intéressante à ce moment, et à qui Patrick l'adresse par la poste. Patrick montre ensuite les 2 photos à des collègues de travail (L. R., T. B., D. L., D. J. et J.-L. B.). Sabine fait de même auprès de camarades de classe et certains professeurs.

Je leur ai montré la photo de l'ovni qu j'avais vu et ils ont voulu des duplicatas.

Patrick jette la n° 36 qui ne montre rien, et remise la diapositive au fond d'un tiroir.

Publication

Plus tard, L. R. parle de la photographie à Guy Mossay (journaliste-photographe de presse établi à Verviers, correspondant de l'agence Belga) qui en achète les droits.

C'est comme cela qu’une série a été distribuée et qu'un des ouvriers en a donné une à un photographe de l'agence Belga, Guy Mossay. Il est venu emprunter l'original, l'effet boule-de-neige ne faisait que commencer.

Analyses et reproductions

SOBEPS

Dominique Demoulin (journaliste à RTL-TVi), tombe sur la photo à l'agence Belga et se rend à la SOBEPS pour avoir leur opinion à son sujet Ferryn, P.: "Retour à Petit-Rechain", chapitre 3 de Vague d'Ovnis sur la Belgique (VOB), vol. 2 (1994), SOBEPS, pp. 221-248.

Le , Patrick Ferryn et Guy Blesser (collaborateur-enquêteur de la SOBEPS couvrant la région de Verviers) rendent visite à Patrick et Sabine (entendue séparément, et au témoignage légèrement discordant), mais reviennent perplexes : Malgré leur bonne foi qui semblait manifeste, nous comprenions mal le compte-rendu sommaire et succint qu'ils firent de leur observation. Une photo aussi extraordinaire que celle qu'ils obtinrent, si elle était réelle, devait, nous paraissait-il, être soutenue par une relation plus étoffée. Les falsifications étant hélas ! légions dans le domaine qui nous occupe, une saine prudence était de mise, nous incitant à la circonspection. Pourtant, cet état d'âme pouvait aussi s'avérer fallacieux....

La SOBEPS tente de reproduire la photo en utilisant une plaquette de bois de découpe semblable, peinte en noir, percée de 4 trous garnis de petites ampoules de 1,5 V. La maquette est photographiée avec les même appareil photo et pellicule, suspendue à un fil devant un ciel nocturne. Malgré une centaine d'essais, ils ne parviennent pas à reproduire les effets lumineux des phares.

Patrick ayant accepté de laisser l'original "en dépôt" à la SOBEPS, Ferryn se met en quête d'un expert pour analyser la photo. La pellicule étant de Kodak, il se tourne vers la filiale locale de la firme, mais qui ne dispose pas des moyens nécessaires en Belgique. Puis vers l'INRACI de Bruxelles, qui l'oriente vers les laboratoires Agfa-Gevaert, qui répondent ne pas avoir de temps pour une telle analyse.

Archeroy

En septembre, Ferryn se rend avec Léon Brening à un rendez-vous avec de ses confrères 2 physiciens de l'Université Libre de Bruxelles. Ces derniers leur suggèrent de contacter le professeur Marc Acheroy, de l'École Royale Militaire de Bruxelles, pour procéder à une analyse informatique de la photo. Celui-ci les reçoit le 28, et accepte pour tester les capacités de ses ordinateurs et programmes Archeroy, M.: "Analyse de la diapositive de Petit-Rechain", VOB 2., pp. 234-240, 18 décembre 1993. Il en fait le sujet de thèse de son élève-officier Peter Hendrickx, qui sera intitulée "Détermination de la réponse impulsionnelle d'un système optique dans le but de restaurer les images produites" Hendrickx, P.: "Bepaling van de impulsresponsie van een optisch systeem met als doel de restauratie van gemaakte beelden", 5e studiejaar, academiejaar, 1991-1992, Koninklijke, Militaire School, 142e Polytechnische Promotie. Celle-ci, bien que stipulant ne pas chercher à identifier l'objet, conclut à sa matérialité. Elle sera cependant contestée par certains enquêteurs comme Marc Hallet, ou des astrophysiciens comme Pierre Magain (de Lièges) ou R. Blomme (Observatoire de Bruxelles) "Petit-Rechain, Verviers (province de Liège), le 4 ou 7 avril 1990 : une diapositive couleur 24x36mm, 200 ASA", Vague d'Ovnis sur la Belgique (VOB), vol. 1 (1991), SOBEPS, pp. 413-418. Cette même année, Anne-Marie Delangue (autre élève-officier) rédige un mémoire intitulé "Observation et détection de phénomènes originaux et non-identifiés dans l'espace aérien belge" Delangue, A.-M.: "Waarneming en detectie van originele en niet-geidentificeerde verschijnselen in het belgische luchtruim", 2nde licentie, akademiejaar 1991-1992, Koninklijke Militaire School, 128e Promotie "Alle Wapens" sous la houlette du professeur Emile Schweicher (directeur de la chaire d'opto-électronique et micro-ondes), traitant, entre autres, de ce cas.

En , la photo paraît le N° 6 de Science et Nature, légendée : Cette photo prise en , en Belgique, montre les "lumières", dont font état tous les témoins de ce type de phénomène, mais les contours de l'engin, pourtant observés à l'oeil nu, sont invisibles : un mystère à résoudre...

Louange

Le , lors d'une importante réunion à la SOBEPS, Jean-Jacques Velasco et Pierre Lagrange encouragent cette dernière à consulter François Louange, qu'ils rencontrent à Paris en avril pour lui soumettre la diapositive originale Louange, F.: "Impressions sur la photographie d'ovni", 1993-10-27.

Haines

En , à l'occasion d'une rencontre internationale, Ferryn remet un jeu de copies de la diapositive à Richard Haines qui malgré son intérêt doute de faire mieux que Archeroy. Il discutera toutefois du cas avec certains des collaborateurs scientifiques Haines, R. F.: "Quelques remarques à propos de la grande 'aile volante' qui a survolé la Belgique", 1993-11-30.

IRPA

Suite à une suggestion de M. Surdej de soumettre la diapositive à un examen permettant de déceler une double exposition, Ferryn contacte l'IRPA, dont le chef de département photographique accepte d'examiner la photo bien que, encore une fois, doutant de faire mieux que Archeroy Soumeryn-Schmit, Daniel: "SOBEPS, examen d'une diapositive prise à Petit-Rechain, en 1990", 1994-01-30. Il pense que la photographie montre un objet réel, mais n'exclut pas un trucage, notamment en raison de l'attitude désinvolte du photographe.

Van Utrecht

En , Wim Van Utrecht tente une reproduction via un triangle de papier noir collé sur un morceau de carton bleu, pourvu de petites perforations et placé devant quelques lampes "Lettre de Wim Van Utrecht", SOBEPS. Archeroy indiquera que cette reproductionne reproduit pas un mouvement de "phares" semblable à la photo d'origine VSD Hors série N°6, 2003-11, p. 39.

Magain

En , Pierre Magain (Institut d'Astrophysique de Liège) et Marc Rémy réussissent enfin à créer une reproduction des effets des "phares".

Meessen

En , Auguste Meessen publie une analyse Meessen, A.: "Analyse et implications physiques de 2 photos de la vague belge", Inforespace n° 100, 2000, 5-40. 2001-02.

Marion

Le , Ferryn confie la diapositive à André Marion afin qu'il l'analyse à son tour à l'aide des dernières techniques de traitement numérique des images utilisées à l'Institut d'optique théorique et appliquée d'Orsay. Il publie le résultat en 2002 VSD HS N°6 novembre 2003, pp. 37-39, allant dans le sens de Meessen.

Révélation

Patrick lors de sa confession
Patrick M. lors de sa confession

En , à une époque où l'en entend à nouveau parler d'observations de "triangles" en Belgique, Patrick relit des articles sur le net, et se dit qu'il était grand temps de dévoiler la vérité. Il contacte RTL pour leur expliquer comment et pourquoi il a fait la photo, sans prendre parti. Il accepte d'être filmé à visage découvert, mais sans que soient dévoilés son nom de famille ni son adresse "La photographie de l'O.V.N.I. du Petit-Rechain ou quand la réalité dérange...", OVNI Languedoc, 2 août 2011. Samuel Ledoux interroge Patrick à son domicile, qui lui annonce qu'il s'agit d'une maquette fabriquée avec des amis de son travail pour s'amuser "Le mystère du célèbre OVNI des années 90 élucidé : 'Une supercherie'", RTL Info (Belgique), 2011-07-26 :

A cette époque-là (...) c'était le moment où on en parlait beaucoup ; y'avait tout le monde qui était derrière ça, tout le monde voyait que ça. (...)

On a construit la maquette en frigolite, on l'a peint, et puis on a commencé à l'accrocher avec les moyens du bord — c'était l'escabeau, le morceau de bois — et on l'a suspendu juste dans le vide comme ça. Plein de fils qui allaient un peu dans tous les sens pour la maintenir dans un sens où voulait la faire photographier — l'appareil sur pied — et puis on a fait la photo.

Plus précisément "Les ficelles de Patrick pour truquer 'sa' photo d'ovni !", L'Avenir, 2011-07-27 :

Il s’agissait d'un morceau [découpé] de frigolite, de 60 à 80 cm de côté, que j'avais peint avec une vielle bombe acrylique bleue, celle qui me restait [La couleur faisait fondre la frigolite, ce qui a donné une multitude de bosses]. J'avais mis 3 ampoules blanches [de lampe de poche] dedans aux angles et une 4ème au centre coloriée en rouge avec un marqueur indélébile [le tout raccordé à une pile de 9 V].

À l'époque, j'habitais Petit-Rechain, rue Nicolas Arnold, à 2 jardins du ministre Melchior Wathelet. Avant le jardin, il y avait une petite cour et c'est là que la photo, en fait une dia, a été prise. J'avais posé un manche de brosse à l'horizontale entre le dessus d’un mur et une escabelle. Et avec un fil nylon de pêche, j'y ai attaché au manche de brosse ma maquette d'ovni [à une hauteur de 2 m du sol, plus ou moins]. Mais comme il me fallait voir les lumières sous la maquette et que mon appareil était sur un pied posé dans ma cour, j’ai dû encore utiliser une série de fils pour la mettre en biais, de sorte que comme cela, dans l’angle de vue, on ne voyait plus que la maquette et le ciel. [J'ai pris les photos à des heures différentes, en fait, des diapositives. Après développement, j'en ai choisi une qui me semblait bien]. C'est "la" dia que tout le monde connaît, qui a fait la une de tant de publications. Sur les autres que j'avais prises à l'époque et que je montrerais aux media dès que je les aurais retrouvées — j'ai plusieurs fois déménagé — on voit bien que c’est une supercherie !

Peu après, il détruit la maquette.

Mais le canular prend des proportions qu'il ne soupçonnait pas :

On ne pensait pas que ça sortirait de l'usine où on travaillait. Ca été beaucoup plus loin, puis on a laissé aller.

(...) Au départ, ça ne devait être qu’une blague que je voulais faire à mes collègues de l'usine de Petit-Rechain où je travaillais comme tourneur-ajusteur, le sujet des ovnis étant sur toutes les lèvres puisqu’on était en pleine vague d'ovnis sur la Belgique.

(...) Au début, je ne me suis je ne me suis pas occupé de la photo, j'ai juste regardé ce qui se passait quand on en parlait. J'ai bien évidemment eu plusieurs fois l'envie de tout dire.

Sa réaction lorsque les enquêteurs de la SOBEPS sont venus le voir :

Quand à l'époque cela a dépassé toute espérance et que je ne pouvais avouer le mensonge, j'ai juste dit une invention, la plus courte possible sans trop de détails.

Sa morale de cette histoire :

Mon sentiment c'est qu'il y a beaucoup de personnes qui se trompent pas mal et on peut faire beaucoup de choses avec peu de choses, et on arrive à tromper tout le monde avec une belle maquette en frigolite. A la limite, c'était trop beau, quoi, c'était chouette.

(...) C’était beau, j'étais jeune à l’époque, l’histoire était belle, j'ai profité un peu des media, je n'aurais jamais imaginé un tel emballement. Mais aujourd’hui, après 20 ans, je me suis dit ça suffit et j’ai décidé de révéler la vérité après avoir récemment vu réapparaître mon ovni dans l'actualité. Il fallait bien que je le fasse un jour. Soulagé de ce secret libéré ? Non, j'ai eu le mérite de faire un truc que personne d’autre n'a sans doute jamais fait. Je l'ai fait, c’est fini !

A refaire ?

A refaire ? Oui, pourquoi pas, mais non, maintenant, ça marcherait plus.

Retour des experts

Le lendemain, Messe, décide de rencontrer le farceur pour l'interroger Supercherie OVNI: rencontre du 3e type entre l'expert et le blagueur", RTL Info (Belgique), 2011-07-27.

Meessen : Votre maquette mesurait 80 cm et vous avez mis 3 ampoules de lampe de poche. Donc, c'est très petit par rapport à la maquette. Et donc, je vous demande, comment vous expliquez ce qui apparaît sur la dia ?

Patrick M. : Je ne sais pas.

Meessen : D'une part, les taches de lumière sont assez grandes. D''autre part elles sont différentes, ça ne correspond pas du tout à une petite ampoule...

Patrick M. : Ben oui sais pas, je ne sais pas l'expliquer. Je n'ai aucune idée, aucune.

Meessen : Alors, deuxièmement, dans la dia couleur, il y a 3 couches et on a pu séparer ce qu'il y avait dans les 3 couches et c'est très différent ce qu'il y avait dans les 3 couches. Dans la couche rouge, l'objet n'apparaît pas. Dans la couche bleue, il apparaît. Comment vous expliquez ça ? La réponse est probablement dans l'emploi d'un filtre lumières du ciel Cokin 1A, dixit les déclarations d'époque du faussaire.

Patrick M. : J'en sais rien non plus.

Meessen : Parce que si vous avez des ampoules de lampe de poche qui donnent de la lumière blanche, ça doit donner le même résultat...

Patrick M. : Je ne sais pas, je ne saurais vous dire...

Meessen : Alors, maintenant autre chose : ça, c'est les détails des structures des lumières (il montre des images) Ceci correspond à la lumière supérieure et on voit qu'il y a une répartition des intensités. On ne pourrait pas obtenir ça avec un mouvement de la raquette, vous êtes d'accord ?

Patrick M. : Je ne sais pas, si vous me le dites...

Patrick M. est à nouveau surpris par l'ampleur que prend l'affaire une fois révélée : Mais moi j’ai fait ça par hasard, je ne me souviens pas. Je ne retombe même plus sur les anciennes dias. Je n’ai donc que ma parole pour prouver que c’est un faux ovni.

Afin de le convaincre, Patrick M. lui donne les coordonnées de l'ami avec lequel il avait monté, dans la confidence, la supercherie il y a 20 ans de cela. [Je n'ai plus de contacts avec lui depuis plus ou moins 15 ans. Il a bien confirmé que j'avais fait une maquette ainsi que tout ce que je disais, mais] il veut rester anonyme, je le respecte. Mais le professeur voulait juste avoir quelques éclaircissements. D'ailleurs, hier, il m'a téléphoné pour me dire qu'il comprenait un peu mieux la situation. Selon lui, cela reste, du coup, un problème technique. ""Je n'ai que ma parole pour prouver que c'est un faux ovni", L'Avenir.

Concernant les réactions scandalisées de certains passionnés d'ovnis, il répond :

Je n'ai jamais voulu décevoir qui que ce soit et je m'en excuse. Et surtout pas la SOBEPS qui a fait beaucoup de travail, pas sur ma photo mais dans toute la Belgique. Cette photo n'est rien à côté de tous les témoignages recueillis à cette époque. Moi, j'ai juste mis une image sur ce que des milliers de personnes avaient vu et auprès d'eux je m'en excuse. Eux ont eu la chance de voir et moi j'ai profité de ce qu'ils ont vu. Cela ne remet sûrement pas en cause la vague belge. Elle est là et le restera. Mille excuses à la SOBEPS. Et tout particulièrement à Patrick Ferryn, Michel Bougard, Lucien Clerebaut, Auguste Meessen et au monde entier.

Patrick précise qu'il n'a pas gagné d'argent avec cette histoire :

Je n'ai jamais touché quoique ce soit à cette époque ni maintenant. Il y a sûrement le photographe de l'époque, M. Mossay, à qui j'avais prêté la diapo qui, lui, a peut-être touché quelque chose mais moi non. Hormis l'échange de mon appareil photo que l'on m'avait demandé de prêter pour analyse et que, pas mal de temps après, quand j'ai voulu le récupérer, on m'a proposé d'échanger contre un autre qui était un peu mieux. J'ai accepté. Sur ce, par simple curiosité, j'aimerais bien savoir si quelqu'un a touché de l'argent avec ma photo et combien.

A propos des ovnis :

Je crois aux ovnis, enfin, je crois que si nous sommes là, il n'y a pas de raison pour qu'il n'y ait pas une autre planète habitée. De là à dire s'ils seraient capables de venir jusqu'ici... Si cela se trouve, ils sont bien moins évolués que nous, allez savoir.

Cashman, Mark