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Le Prodigiorum Libellus, ou De prodigiis a connu diverses éditions, commentées ou non, recopiées et parfois adaptées les unes des autres. Les mêmes événements ont parfois également été relatés, parfois différemment, par Tite-Live par exemple. Il fut redécouvert au début du 16ème siècle mais incomplet, ne comprenant que la période allant de -249 à 12 ap. J.C., alors que l'ouvrage d'origine commençait à la fondation de Rome (-753).

En 1552, Conrad Lycosthènes élabore une nouvelle version Conrad Lycosthenes: Julii Obsequentis prodigiorum liber, Lyon 1553 (1ère éd 1552) complétée de passages manquants (-753 à -250) à partir d'extraits tirés d'autres auteurs, dont principalement Tite-Live. On appelle cette version le pseudo-Obsequens car sa 1ère partie, artificielle car reconstruite, n'est donc pas de la main d'Obsequens. Le travail de Lycosthènes n'est cependant pas fantaisiste puisqu'Obsequens puisait lui-même dans les auteurs utilisés par Lycosthènes. La reconstruction de Lycosthènes est donc tout-à-fait valable et n'est certainement pas très éloignée de la version perdue d'Obsequens Deliyannis, Y.: courrier à l'auteur, 12 janvier 2012.

Par la suite, le pseudo-Obsequens sera traduit en français Obsequens-Lycosthène (traduction Victor Verger), Les prodiges de Juliens Obsequens, Panckoucke 1842.

Interprétation

La lecture de l'intégralité des récits repris par Obsequens/Lycosthènes amène à les relativiser. Si les phrases comme le ciel s'embrasa pendant la nuit ou on vit des armes voler dans le ciel peuvent par exemple paraître stupéfiantes, il convient de les replacer dans leur contexte, où elles aparaissent évoquer des épisodes de foudre (ces phrases sont par exemple respectivement suivies de beaucoup d'objets furent détruits par la foudre et et beaucoup d'objets furent renversés par la foudre). De même, les lances ardentes vues la nuit peuvent être interprétées comme les traits tracés par des étoiles filantes. Il faut enfin comparer certains événements rapportés avec d'autres auquels la plupart d'entre nous n'accorderions aucun crédit (des billets de loterie qui diminuent, etc.). Enfin, il est difficile de savoir si la description d'un disque ou d'un bouclier (toujours décrits ronds) ne représente pas simplement un corps astronomique (Lune, Soleil, météore, comète, éclipses) et leur multiplication (à 2 ou 3) des cas de parhélie.

Les traductions peuvent varier également, fax ardens étant traduit par météore igné ou torche ardente, selon les moments. Dans l'hypothèse d'un authentique météore, il n'est pas étonnant que l'on entende parfois des tonnements, indépendemment de l'état de la météo.

Restent quelques passages réellement intriguants, comme de la "chair" tombant du ciel et ne décomposant pas, des navires ou des chants dans le ciel, mais qui restent, hélas, bien difficiles à interpréter sans équivoque. Les passages souvent interprétés dans le cadre ufologique sont signalés en gras. Les notes sont de Victor Verger, auteur d'une traduction française Verger, Victor (Bibliothèque Royale): Les prodiges de Julius Obsequens, traduction nouvelle, Paris, C. L. F. Panckouke, 1842.

Date Latin Traduction
-749

Romulo regnante.

Parens conditorque Urbis Romulus, quum iam Fidenas oppidum cepisset, coloniamque Romanorum fecisset, guttæ sanguinis e cœlo magna omnium admiratione ceciderunt. Statim pestis Urbem invasit, quæ hominibus absque ulla aegrotatione mortem inferret subitam; sterilitas quoque agrorum et frumentorum omnium, praecipue tamen annonæ summa inopia sequuta est. In quæ mala posteaquam Laurentes incidissent, omnino visum est, Tatii et legatorum caede uiolato iure gentium, utrique ciuitati iram numinis expiandam esse. Quare, deditis caedis auctoribus et ab utrisque supplicio affectis, ab iis malis manifeste se receperunt. Romulus expiationibus ciuitates expurgauit, quas longo deinceps tempore ad portam Ferentinam obseruatas, memoriæ traditum est. Verum editis iam immortalibus operibus, quum ad Capream paludem concionem ad milites haberet, subita coorta tempestas cum magno fragore, tonitribusque, tam denso regem operuit nimbo, ut conspectum ejus concioni abstulerit, nec deinceps unquam in terris apparuerit. Romani autem milites a Julio Proculo edocti, ad deos regem raptum esse, diuinos statim illi honores exhibuerunt. [Lycosthenes < Verger 1]

Sous le règne de Romulus [An de Rome 16]

Après que Romulus, père et fondateur de la ville de Rome, eut pris la ville de Fidènes, et en eut fait une colonie des Romains, des gouttes de sang tombèrent du ciel, au grand étonnement de tous. Aussitôt il se répandit dans Rome une peste qui frappait de mort subite les hommes, sans qu'ils se sentissent atteints d'aucun mal. Ensuite la stérilité s'étendit sur toutes les campagnes ; les moissons périrent, et la rareté des denrées devint excessive. Les Laurentins étant aussi tombés en proie à ces maux, on fut unanimement d'avis que l'une et l'autre ville devaient se mettre en devoir d'apaiser la colère des dieux, irrités de ce qu'on avait violé le droit des gens par le meurtre de Tatius et des ambassadeurs. Les auteurs du meurtre ayant donc été, de part et d'autre, livrés et punis, ce fut évidemment à leur supplice qu'on dut la fin de ces calamités. Romulus purifia les villes voisines, au moyen de certaines cérémonies expiatoires, qui, s'il faut en croire la tradition, furent encore pratiquées longtemps après, à la porte Férentine. Un jour que ce roi, déjà couvert de gloire par une foule d'actions immortelles, haranguait ses troupes aux environs du marais de Caprée, il s'éleva tout à coup une bruyante tempête, mêlée de tonnerres, pendant laquelle il se trouva enveloppé d'un nuage si épais, que tous ceux qui étaient présents le perdirent de vue ; et de ce moment il ne reparut plus sur la terre. Or, les soldats romains, ayant appris de Julius Proculus que leur roi avait été enlevé au séjour des dieux, s'empressèrent de lui décerner les honneurs divins.

-735

Numa Pompilio regnante.

Annum iam octavum regnante Numa, morbus pestifer Italiam occupans, Romam quoque invasit ; mœrentibus vero cunctis, peltam æneam e cœlo in Numæ manus decidisse, memoriæ proditum est ; quæ in Urbis salutem a superis missa credebatur. Ad cujus figuram quum Numæ instinctu undecim a Veturio Mamurio insigni artifice fabricatæ essent, Salii Martis sacerdotes ad earum custodiam a rege instituti sunt. [Lycosthenes < Verger 2]

Sous le règne de Numa Pompilius [An de Rome 19]

La 8ème année du règne de Numa, une maladie pestilentielle, qui désolait l'Italie, exerça aussi ses ravages dans Rome. Pendant que chacun était plongé dans la douleur, le bruit se répandit qu'un bouclier d'airain était tombé du ciel entre les mains de Numa ; on s'imagina que les dieux avaient envoyé ce bouclier pour le salut de la ville. Numa, profitant de cette croyance, en fit fabriquer par Veturius Mamurius, ouvrier très-habile, 11 de même forme ; et ce roi institua, pour les garder, les Saliens, prêtres de Mars.

-643

Tullo Hostilio regnante.

In monte Albano lapidibus pluit, quod quum credi uix posset, missis ad id uisendum prodigium, in conspectu haud aliter, quam quum grandinem uenti glomeratam in terras agunt, crebri cecidere de cœlo lapides. Vox ex summi cacuminis luco audita est, quæ monebat, ut patrio ritu sacra Albani facerent. novemdiale igitur sacrum publice susceptum est, et solemne mansit, ut quandocunque idem prodigium nuntiaretur, feriæ per novem dies agerentur. Haud ita multo post graui pestilentia laboratum est. Hostilius dum Numam sacrificiis imitatur, Joui litare non potuit, sed fulmine ictus, cum regia conflagravit. [Lycosthenes < Verger 3]

Sous le règne de Tullus Hostilius [An de Rome 111]

Il plut des pierres sur le mont Albain. Cet événement parut si extraordinaire, qu'on envoya des hommes pour constater la réalité d'un tel prodige. Ceux-ci virent, en effet, les pierres tomber du ciel en aussi grande quantité que la grêle agglomérée, lorsque les vents la poussent vers la terre. On entendit sortir, d'un bois sacré situé au sommet de la montagne, une voix qui avertissait les Albains d'offrir des sacrifices d'après les rites observés par leurs ancêtres. On célébra donc publiquement un sacrifice novemdial, qui, dès lors, demeura solennel, afin que, toutes les fois qu'il surviendrait un pareil prodige, on eût soin d'observer 9 jours de féries. Peu de temps après, une peste désastreuse exerça ses ravages. Hostilius, ayant voulu offrir des sacrifices à la manière de Numa, ne put sacrifier à Jupiter, et fut frappé de la foudre, qui le consuma dans son palais.

-626

Anco Martio regnante.

Lucumo Graeci Demarati filius, ac Aruntis frater, generosus adolescens, quum parente apud Tarquinios defuncto, diuenditis bonis omnibus Romam migraret, Ianiculoque iam appropinquaret, in carpento cum uxore sedenti, aquila e sublimi dimissa pileum sustulit; atque mox super carpentum cum magno clangore uolitans, rursus uelut ministerio diuinitus missa, capiti apte reposuit. Quo viso, Tanaquil auguriorum perita, eo prodigio regnum ei portendi intellexit. Pecunia igitur et industria dignitatem, atque etiam Anci regis familiaritatem consequutus, atque ab eodem tutor liberis relictus, dum Tarquinii Prisci nomen sibi uindicaret, post Anci mortem regnum intercepit, atque ita administrauit, quasi iure adeptus fuisset. [Lycosthenes < Verger 4]

Sous le règne d'Ancus Martius [An de Rome 128]

Lucumon, fils du Grec Démarate, et frère d'Aruns, était un jeune homme capable des plus nobles résolutions. Ne voulant pas rester à Tarquinies, où la mort venait de lui ravir son père, il avait vendu tous ses biens, et allait à Rome pour s'y fixer. Alors qu'il approchait du mont Janicule, assis dans un char avec son épouse, un aigle descendu d'en haut lui enleva son bonnet. Bientôt après, le même aigle revint voltiger avec grand bruit au-dessus du char, et, comme s'il eût été envoyé exprès par les dieux, il remit adroitement le bonnet sur la tête de Lucumon. Tanaquil, habile dans la science des augures, crut apercevoir dans cet événement un présage de royauté en faveur de son époux. En effet, Lucumon, après s'être acquis beaucoup de crédit par sa fortune et son habileté dans les affaires, parvint à s'insinuer dans les bonnes grâces du roi Ancus. Choisi par lui pour tuteur de ses enfants, il s'empara du trône à la mort de ce roi, sous le nom de Tarquin l'Ancien, et il exerça l'autorité souveraine avec aussi peu d'obstacle que s'il eût été un successeur légitime.

-596

Tarquinio Prisco regnante.

Finito bello Sabino, quum Tarquinius Priscus in monte Tarpeio aedem Jovis, quam in eodem bello uouerat, aedificare uellet, et iam exaugurare fana sacellaque alia iuberet, ut libera a ceteris religionibus area esset, iamque omnium sacellorum exaugurationes admitterent aues, in Termini tantum fano nequaquam addixere. Quod prodigium firma stabiliaque cuncta portendere, Romanis visum est. Sequutum est et aliud prodigium, magnitudinem imperii portendens. Nam posteaquam futuri aedificii fundamenta aperiret, caput hominis integra facie, recenti tamen tabo et sanguine aspersum, in imo repertum est. Cuius prodigii gratia aruspices interrogati, responderunt, hunc locum non imperii tantum Romani, sed totius etiam mundi caput fore. [Lycosthenes < Verger 5]

Sous le règne de Tarquin l'Ancien [An de Rome 158]

Après la guerre contre les Sabins, Tarquin l'Ancien voulant, conformément à un voeu qu'il avait fait pendant cette guerre, élever un temple à Jupiter sur le mont Tarpéien, commanda que les autres temples et édifices sacrés fussent rendus profanes, afin d'affranchir celui de Jupiter de la concurrence des autres cultes ; mais le vol des oiseaux, qui s'était montré favorable à ces profanations de tous les autels, s'y trouva tout à fait opposé à l'égard d'un seul temple, celui du dieu Terme. Ce prodige parut annoncer aux Romains que tout ce qu'ils feraient serait ferme et stable. Il fut suivi d'un autre qui annonçait la grandeur de leur empire ; car, comme on creusait des fondements pour la construction du temple, on trouva, fort avant clans la terre, une tête d'homme dont les traits étaient parfaitement conservés, et couverte d'une sanie et d'un sang qui semblaient récemment sortis. Or, les aruspices, après avoir été interrogés au sujet de ce prodige, déclarèrent que ce lieu ne serait pas seulement le siége de l'empire romain, mais qu'il le deviendrait aussi du monde entier.

-553

Seruio Tullio regnante.

Bos in Sabinis, Androno Coratio Latino, miranda magnitudine ac specie nata est: cujus gratia quum aruspices interrogarentur, responsum est, eum populum summam imperii habiturum, qui prius bovem illam immolasset. Latinus igitur bovem in Auentinum egit, et causam sacerdoti Romano exposuit. Ille vero astutus, dixit prius eum uiuo flumine manus purgare debere. At Latinus dum ad Tyberis profluenta descendit, Romanus illo absente bovem immolauit, et sic imperium ciuibus, sibi vero gloriam facto consilioque uindicauit. [Lycosthenes < Verger 6]

Sous le règne de Servius Tullius [An de Rome 201]

Au territoire des Sabins, une vache d'une grandeur et d'une grosseur monstrueuses étant née dans les étables d'Andronus Coratius Latinus, les aruspices, interrogés, répondirent que le peuple qui immolerait le premier cette vache, obtiendrait la souveraine autorité. Latinus conduisit donc sa vache au mont Aventin, et expliqua au prêtre romain la cause qui la lui faisait amener. Mais le prêtre rusé, après avoir dit à Latinus qu'il devait d'abord purifier ses mains par l'eau vive, saisit le moment où celui-ci descendait vers le courant du Tibre, immole la vache pendant son absence, assure, de cette manière, l'empire à ses concitoyens, et se couvre de gloire par son action et son heureux stratagème.

-510

Tarquinio Superbo regnante.

Tarquinius quum iam Signiam, Cerceiosque colonos misisset, praesidia Urbi terra marique futura, prodigium horribile visum est. Anguis enim ex columna lignea elapsus, non tantum terrorem fugamque in regia fecit, sed ipsius etiam regis animum subito pauore perculit, anxiisque curis uniuersos impleuit. Aquilæ enim, quæ regiæ incumbebant, nidum fecerunt, in quo pulli subito uulturum incursu discerpti sunt: quod mali imminentis prodigium esse putabant. Mox cum Rutulis bellatum, Ardea obsessa; et post nefandum Tarquinii cum Lucretia facinus, reges sunt exacti. Tarquinius autem dum Gabios, tanquam in regnum suum proficisceretur, canis et serpens etiam uerbis expressis sunt loquutae. [Lycosthenes < Verger 7]

Sous le règne de Tarquin le Superbe [An de Rome 244]

Après que Tarquin eut envoyé à Signie et à Cercéie des colons, pour concourir à la défense de la ville, tant par mer que par terre, il arriva un prodige effroyable. Un serpent, sorti d'une colonne de bois, non-seulement causa dans le palais du roi l'épouvante et la fuite, mais frappa l'esprit du roi lui-même d'une terreur soudaine, et jeta tout le monde dans la consternation. Le comble du palais servait de retraite à des aigles, qui y firent leur nid : des vautours fondirent tout à coup sur les aiglons, et les mirent en pièces ; ce qui fut regardé encore comme le présage d'un désastre imminent. En effet, une guerre éclata bientôt contre les Rutules, Ardée fut assiégée; et les rois furent chassés de Rome, après l'attentat de Tarquin sur la personne de Lucrèce; enfin, pendant que Tarquin se retirait à Gabie, comme dans son royaume, on entendit un chien et un serpent proférer des paroles.

-509

L. Junio Bruto, L. Tarquinio Collatino, coss.

Silentio noctis, ex sylua Arsia, ingens vox audita est, quæ Syluani credia est fuisse. proclamavit autem, in acie Romanorum contra Veientes, uno plus Hetruscorum cecidisse, et uicisse bello Romanum. Lycosthenes < Verger 8

Sous les consuls L. Junius Brutus et L. Tarquin Collatin An de Rome 245

Dans le silence de la nuit, on entendit sortir de la forêt Arsie une voix forte, que l'on crut être celle d'un sylvain. Cette voix criait que, dans le combat des Romains contre les Véiens, une moitié de plus avait péri du côté des étrusques, et que la victoire était demeurée aux Romains.

-503

P. Posthumio Tuberto II, Agrippa Menenio Lanato, coss.

Hastæ militares ad multam noctem in cœlo ardentes visæ. Sequuta est tertia Sabinorum in Romanorum agros irruptio, qua Posthumius consul magnam accepit ex sua indiligentia cladem ; quam ejus collega nisi mox vindicasset, male de republica Romana actum esset. Duæ Romanorum coloniæ, Pometia et Cora, ad Aruncos defecerunt, et contra Aruncos bellatum. Lycosthenes < Verger 9

Sous les consuls P. Posthumius Tubertus II, et Agrippa Menenius Lanatus An de Rome 251

Au plus épais de la nuit, on vit dans le ciel des lances ardentes. Immédiatement après, les Sabins firent sur le territoire de Rome une 3ème irruption, pendant laquelle le consul Posthumius éprouva une grande défaite par sa négligence : si cette défaite n'avait pas été bientôt vengée par son collègue, c'en était fait de la république romaine. 2 colonies des Romains, Pométie et Core, passèrent du côté des Arunces, ce qui donna lieu à une guerre contre ceux-ci.

-499

T. Ebutio, C. Vetusio, coss.

Aulus Posthumius dictator, quum contra Latinos, qui in Romanos coniurauerant, ad lacum Regillum pugnaret, ac victoria iam nutaret, duo iuuenes candidis equis insigni uirtute apparuerunt, pro Romanorum salute fortissime dimicantes; quos dictator post victoriam quaesitos, ut dignis muneribus honoraret, non invenit, Castorem et Pollucem ratus. [Lycosthenes < Verger 10]

Sous les consuls T. Ebutius et C. Vetusius [An de Rome 255]

Pendant que le dictateur Aulus Posthumius combattait près du lac Régine, les Latins conjurés contre les Romains, lorsque déjà la victoire était chancelante, 2 jeunes gens pleins de vigueur, montés sur des chevaux blancs, parurent tout à coup, combattant avec intrépidité pour le salut des Romains. Le dictateur, après la victoire, les fit chercher ; il voulait honorer leur courage par des récompenses qui en fussent dignes. Comme on ne les trouva point, il crut que ces 2 guerriers étaient Castor et Pollux.

-483

M. Fabio Vibulano, L. Valerio Potito, coss.

Quotidie coelestia prodigia in Urbe et agris visa sunt, minas ostentantia. Mox Oppia, virgo uestalis, quam tamen alii Popiniam, alii Popiliam vocant, incesti damnata, poenas dedit. Anno sequenti, non segnior discordia domi et bellum foris atrocius fuit: ab Aequis arma sumpta, et Veientes in agros Romanorum incursiones fecerunt. [Lycosthenes < Verger 11]

Sous les consuls M. Fabius Vibulanus et L. Valerius Potitus [An de Rome 271]

Tous les jours, à la ville et à la campagne, on aperçut dans le ciel des prodiges menaçants. Peu de temps après, la vestale Oppia, appelée Popinia par les uns, et par d'autres Popilia, fut punie de mort, pour avoir manqué à son voeu de chasteté. L'année suivante, pendant qu'art dehors la guerre se poursuivait avec acharnement, une violente discorde éclata dans l'intérieur ; les èques prirent les armes, et les Véiens firent des incursions sur le territoire des Romains.

-480

M. Fabio II, Ca. Manlio Cincinnato, coss.

In bello contra Veientes, Manlii praetorium de cœlo tactum, laceratum fulmine tentorium, euersus foculus, arma foedata, ambusta, ac in totum contrita; occisus eximius equus, quo in proeliis uti consueuerat. Interrogati igitur interpretes prodigiorum, responderunt, significare castrorum oppugnationem, et clarissimorum virorum interitum. Cum Hetruscis cruento proelio pugnatum. Q- Fabius, Marci frater, bis consul, et tunc legatus, lancea per pectus ictus interiit. Manlius consul in clade occubuit, et uallum Romanorum captum est. [Lycosthenes < Verger 12]

Sous les consuls M. Fabius II et Cn. Manlius Cincinnatus [An de Rome 274]

Dans la guerre contre les Véiens, la foudre tomba sur la tente de Manlius ; la toile en fut déchirée, et le foyer démoli : il eut ses armes souillées, brûlées et brisées entièrement. Le même coup tua le superbe cheval qu'il avait coutume de monter les jours de bataille. Les interprètes des prodiges, interrogés à ce sujet, répondirent que cet événement annonçait l'attaque du camp et la mort de très-illustres personnages. Il se livra contre les étrusques un combat sanglant : Q. Fabius, frère de Marcus, 2 fois consul et alors lieutenant, fut tué d'un coup de lance dans la poitrine ; le consul Manlius périt dans la défaite, et les retranchements des Romains furent emportés.

-466

Q. Seruilio Prisco II, Sp. Posthumio Lauinio Regillensi, coss.

Cœlum ardere visum, et annus tam hominibus, quam pecori longe fuit pestilentissimus. æqui Antiatum suscipientes exsules, contra fœdera cum Romanis facta, excursiones in Lationrum agros fecerunt. Contra quos anno sequenti missus Q. Fabius Vibulanus, qui prius pacem cum iis fecerat, strenue pugnavit. Verum quum se ad Volscos attraxissent, et fides Antiatum laboraret, cum ingenti exercitu iterum in Romanorum agros populandi gratia ingressi, a Posthumio victi atque fugati sunt. [Lycosthenes < Verger 13]

Sous les consuls Q. Servilius Priscus II et Sp. Posthumius Lavinius Regillensis [An de Rome 288]

Le ciel parut embrasé, et l'année fut extrêmement funeste à la santé des hommes et des bestiaux. Les èques, en recevant les exilés des Antiates, violèrent leur traité avec les Romains, et firent des excursions sur le territoire des Latins. Q. Fabius Vibulanus, qui avait fait avec eux un 1er traité de paix, fut envoyé contre eux l'année suivante, et les combattit vigoureusement ; mais, réunis aux Volsques, et forts des mauvaises dispositions des Antiates, ils entrèrent de nouveau, avec une grande armée, sur le territoire des Romains, pour y commettre des ravages. Posthumius les vainquit et les mit en fuite.

-464

A. Posthumio ALbino Regillensi, Sp. Furio Medullino Fusco, coss.

Cœlum iterum ardere visum plurimo igni, portentaque alia aut obseruata oculis, aut vanas exterritis ostentavere species. Quibus avertendis terroribus, in triduum feriæ indictæ : per quas omnia delubra, pacem Deum exposcentium virorum, mulierumque turba implebantur. Bellum gestum est cum æquis, contra quos Furius primum parum feliciter, Posthumius vero prospere pugnavit. Antiates milites, propter serum auxilium, cum ignominia sunt dimissi. Anno vero sequenti, pestis crudelissima Romæ grassata est. [Lycosthenes < Verger 14]

Sous les consuls A. Posthumius Albinus Regillensis et Sp. Furius Medullinus Fuscus [An de Rome 290]

Le ciel parut de nouveau embrasé d'un grand nombre de feux, et l'on vit d'autres prodiges réels, sans parler des vains fantômes que crurent apercevoir des esprits épouvantés. Pour détourner de pareilles terreurs, on ordonna 3 jours de féries, pendant lesquels tous les temples furent remplis d'hommes et de femmes venant en foule demander la paix aux dieux. On eut, contre les èques, une guerre que Furius conduisit d'abord assez malheureusement, mais que Posthumius termina avec avantage. Les troupes antiates, pour être venues trop tard au secours, furent ignominieusement congédiées. L'année suivante, la peste exerça dans Rome les plus cruels ravages.

-462

T. Lucretio Tricipitino, T. Veturio Gemino, coss.

Iterum cœlum ardere visum, et bos loquuta. Aequi omissis Latinis, Hernicisque, properato itinere Romam properarunt, ut ob iuuentutis absentiam urbem caperent, qui tamen a Lucretio mox circumventi, ac magna strage fugati sunt. Volscorum agri a Veturio uastati sunt, quorum etm nomen fere eo anno deletum est. [Lycosthenes < Verger 15]

Sous les consuls T. Lucretius Tricipitinus et T. Veturius Gensinus [An de Rome 292]

On vit encore le ciel embrasé comme auparavant, et une vache proféra des paroles. Les èques, sans attendre les Latins et les Herniques, marchèrent à grandes journées vers Rome, dans l'espoir de s'en emparer pendant que la jeunesse en était absente ; mais bientôt ils furent cernés par Lucretius, qui en fit un grand carnage, et les mit en déroute. Veturius ravagea le territoire des Volsques, dont, cette année, le nom même fut presque anéanti.

-461

P. Volumnio Amentino, Seruio Sulpitio Camerino, coss.

Terra ingenti motu concussa, bos loquuta, et cœlum iterum ardere visum, cui rei priore anno fides non fuerat data. Variæ spectrorum facies, horrendæque voces oculis et auribus hominum obseruatæ sunt. Carne pluit, quæ nivis instar e cœlo, frustis majoribus et minoribus demissa, ab omni genere avium intervolantium direpta, priusquam terram attingeret ; reliquum vero quod intercidit, in Urbe agrisque sparsum jacuit multo tempore, nec colore mutato, nec odore, contra morem veterascentium carnium. Id vates indigenæ interpretari non potuerunt. Libri autem Sibyllini monuerunt, cavendum ab externo hoste, et civium seditionibus. Hoc autem anno lex Ternetilla maximo conatu, de decemviris creandis tentata est, maximæque subortæ inter patricios et plebeios dissensiones. Proximo autem anno exsules Romani ac serui numero MMMM, duce Appio Herdonio Sabino, Capitolium occuparunt, unde non absque magna civium strage sunt expulsi. [Lycosthenes < Verger 16]

Sous les consuls P.Volumnius Arnentiuus et Servius Suipitius Camerinus [An de Rome 293]

La terre fut agitée par de violentes secousses, une vache parla, et, ce que, l'année précédente, on n'avait pas voulu croire, le ciel parut de nouveau tout en feu. Des spectres de formes diverses et des voix épouvantables frappèrent à la fois les oreilles et les yeux ; il plut de la chair, qui, tombant du ciel en manière de neige, et en fragments plus ou moins gros, était dévorée par toutes sortes d'oiseaux volant parmi, avant de tomber jusqu'à terre : le peu qui atteignit le sol, soit dans les champs, soit dans la ville, y demeura longtemps épars, sans altération de couleur et sans odeur, contrairement à ce qui arrive d'ordinaire à de vieilles chairs. Les devins du pays ne purent donner l'explication de ce prodige ; mais les livres Sibyllins avertirent qu'on eût à se garder des ennemis du dehors et des séditions du dedans. Or, cette année, on tenta les plus grands efforts pour faire passer la loi Terentilla, concernant la création des décemvirs ; et il en résulta de très-grandes dissensions entre les patriciens et les plébéiens. L'année d'après, les Romains bannis et les esclaves, au nombre de 4000, sous la conduite d'Appius Herdonius Sabinus, se rendirent maîtres du Capitole, d'où l'on ne parvint à les chasser qu'après avoir perdu un grand nombre de citoyens.

-458

L. Minutio Carbeto, C. Nautio Rutilio, coss.

Lupi in Capitolio visi, qui a canibus fugati sunt. Cuius prodigii causa totum Capitolium est lustratum. Aequi, quibus superiore anno pax data erat, fracto foedere, duce Graccho Choelio Latinum agrum ac Tusculanum poplati, in Algido castra locarunt: contra quos L- Minutius profectus, infeliciter in castris obsessus, ac demum a Quintio Cincinnato liberatus est. Aequi victi, ac sub iugum missi sunt. [Lycosthenes < Verger 17]

Sous les consuls L. Minuties Carbetus et C. Nautius Rutilius [An de Rome 296]

On vit dans le Capitole des loups, qui furent mis en fuite par les chiens. Ce prodige fut cause que l'on procéda à la purification de tout le Capitole. Les èques, à qui, l'année précédente, on avait accordé la paix, rompant le pacte contracté, dévastèrent, sous le commandement de Gracchus Chélius, le territoire du Latium et de Tusculum, et vinrent établir leur camp au mont Algide. L. Minutius, qui avait marché contre eux, eut le malheur de rester assiégé dans son camp, jusqu'au moment où Quintius Cincinnatus vint enfin le délivrer. Les èques furent alors vaincus et réduits à passer sous le joug.

-398

L. Val. Potito, M. Furio Camillo, etc., tribb. il. cons. pot.

Lacus in Albano nemore sine ullis coelestibus aquis, causaue alia, quæ rem miraculo eximeret, in altitudinem insolitam creuit. Quum autem ab oraculo sciscitaretur, quid ea res portenderet? responsum est, ut aquam ejus lacus emissam per agros diffunderent sic enim Veios, quos acri ac diutino bello uexabant, in potestatem populi Romani uenturos. Quod ubi factum est, hostium urbe potiti sunt. Tarquinienses noui hostes exorti, Romanorum agros, quos multis simul bellis, Volscorum ad Anxur, Aequorum ad Lauicos, et ad hoc Veienti quoque, Falisco, Capenatique bello occupatos uidebant, depopulabantur: contra quos tamen Aulus Posthumiius, et L. Iulius uoluntariorum manu profecti, turpitur fugarunt. [Lycosthenes < Verger 18]

Sous L. Val. Potitus, M. Valerius, M. Furius Camillus et autres, tribuns militaires revêtus du pouvoir consulaire [An de Rome 356]

Un lac situé dans la forêt d'Albe éleva ses eaux à une hauteur extraordinaire, sans qu'il y eut eu de pluies, ni d'autre cause qui pût empêcher de considérer cet effet comme surnaturel. L'oracle, interrogé sur ce qu'un pareil événement pouvait présager, répondit qu'on eût à répandre dans les champs les eaux de ce lac, parce qu'alors les Véiens, auxquels on faisait une guerre opiniâtre et continuelle, seraient forcés de se soumettre au pouvoir du peuple romain. Immédiatement après que cela eut été exécuté, la capitale des ennemis fut prise par les Romains. Cependant de nouveaux ennemis, les Tarquiniens, voyant les Romains occupés à Anxur contre les Volsques, à Lavice contre les èques, et, de plus, obligés de résister aux Véiens, aux Falisques et aux Capénates, se mirent à ravager leur territoire. Mais Aulus Posthumius et L. Julius, s'étant avancés contre eux à la tête d'une troupe de volontaires, leur firent prendre honteusement la fuite.

-396

P. Licinio, L. Ticinio, P. Menenio, Cn. Genutio, tribb. mil.

Veiis iam post longam obsidionem expugnatis, quum Romani milites in urbis direptione, deorum etiam statuas Romam transferre conarentur, ac quidam, seu spiritu diuino tactus, seu iuuenili ioco ad statuam Junonis diceret, Visne Romam, ire Iuno? posteaquam capite annuisset, se libenter ituram, magna omnium admiratione respondit. Unde rrn in Auentinum aeternam sedem suam ducta est, quo uota dictatoris uocauerant, templumque ei a Camillo dedicatum est. [Lycosthenes < Verger 19]

Sous P. Licinius, L. Ticinius, P. Menenius, Cn. Genutius, trio. milit. [An de Rome 358]

Les Véiens ayant été forcés de se rendre à la suite d'un long siége, les soldats romains, pendant le pillage de la ville, se mirent en devoir de transporter à Rome jusqu'aux statues des dieux. Or, comme un d'entre eux, soit par l'effet d'une inspiration divine, soit par un mouvement de gaîté juvénile, disait à la statue de Junon : Veux-tu aller à Rome, Junon ? l'image de la déesse, après avoir fait de la tête un signe d'affirmation, répondit, au grand étonnement de tous, qu'elle irait volontiers. On la transporta donc à Rome, sur le mont Aventin, lieu où le dictateur avait manifesté le désir qu'elle fût placée, pour y demeurer à perpétuité, et Camille lui éleva un temple.

-362

Q. Seruilio Hala, L. Genutio II, coss.

Romæ in medio foro, siue motu terrae, siue qua vi alia, terra specu uastissimo collapsa est, quam terræ uoraginem nemo neque terræ coniectu, neque ulla quauis alia materia explere potuit. Inficiebantur autem ex editis inde uaporibus pestilentissimis multorum hominum corpora: quæ quum remedia omnia respuerent, rebus iam desperatis, deorum monitu, Marci Curtii strenui demum equitis animoso facinore liberati sunt. Posteaquam enim se pro salute patriæ in specum armatus praecipitasset, pestis statim post multorum funera sedata est. [Lycosthenes < Verger 20]

Sous les consuls Q. Servilius Hala et L. Genutius II [An de Rome 392]

A Rome, au milieu de la place publique, soit par l'effet d'un tremblement de terre, soit par toute autre cause, le sol s'affaissa et se convertit en un immense abîme, que chacun tenta, mais vainement, de combler avec de la terre et toutes sortes d'autres matières. Or il en sortait des vapeurs extrêmement pestilentielles, qui attaquaient une infinité de personnes. Comme tous les remèdes devenaient impuissants, et qu'il ne restait plus d'espoir contre un pareil mal, le brave chevalier Marcus Curtius, dans un mouvement d'inspiration divine, sauva, par un trait de courage, le peuple réduit au désespoir. Car après qu'il se fut précipité tout armé dans l'abîme, pour le salut de la patrie, la peste, qui avait déjà moissonné un grand nombre de victimes, cessa aussitôt.

-349

L. Furio Camillo, Appio Claudio Crasso, coss.

In eo bello, quod Romani, due Camillo, contra Gallos gesserunt, Valerio tribuno militum adversus Gallum prouocatorem pugnanti, coruus galeæ insedit: qui non tu sedem seml captam tenuit, sed quotiescunque certamen initum est, leuans sese alis, os oculosque hostis rostro et unguibus appetiit, donec territum prodigio Gallorum, ac oculis simul et mente turbatis, Valerius obtruncasset. [Lycosthenes < Verger 21]

Sous les consuls L. Furius Camillus et Appius Claudius Crassus [An de Rome 405]

Dans la guerre que les Romains firent contre les Gaulois, sous le commandement de Camille, un corbeau s'abattit sur le casque de Valerius, tribun des soldats, pendant qu'il combattait contre un Gaulois qui l'avait provoqué. L'oiseau ne se borna pas à demeurer au poste qu'il s'était assigné ; mais, toutes les fois que le combat recommença, se soutenant dans l'air ait moyen de ses ailes, il assaillit de son bec et de ses ongles le visage et les yeux de l'ennemi, jusqu'à ce que Valerius fût parvenu à trancher la tête du Gaulois, qu'un pareil prodige avait rempli d'effroi, et dont la vue et l'esprit étaient troublés.

-338

C. Martio III, T. Manlio Torquato II, coss.

Quum Junoni Monetæ in eo Urbis loco, ubi Manlii domus fuit, ædes dedicaretur, prodigium extemplo dedicationem sequutum, simile uetusto montis Albani prodigio. Lapidibus enim pluit, et nox interdum visa est intendi. Feriæ proinde sunt indictae, nec tantum a Romanis tribubus supplicatum, sed a finitimis etiam populis. Iudicia eo anno populi in foeneratores facta, quibus est ab aedilibus dicta dies. Proximo vero anno bellum cum Samnitibus ortum est, gente tum opibus et armis ualidissima: quod bellum mox aliud cum Pyrrho rege et cum Poenis grauissimum peperit. [Lycosthenes < Verger 22]

Sous les consuls C. Martius III et T. Manlius Torquatus II [An de Rome 416]

Alors que l'on consacrait un temple à Junon Moneta, à l'endroit de la ville où avait été la maison de Manlius, il survint tout à coup, après la dédicace, un prodige semblable à celui qui était arrivé, longtemps auparavant, sur le mont Albain. Il tomba une pluie de pierres, et il fit nuit au milieu du jour. Des féries furent indiquées à cette occasion, et des prières publiques furent faites, non-seulement par les tribus romaines, mais encore par les populations voisines. Des jugements du peuple furent rendus cette année contre les usuriers, auxquels les édiles assignèrent un jour pour comparaître. L'année suivante, on eut la guerre avec les Samnites, nation alors très-puissante par ses richesses et par ses armes. Cette guerre en suscita bientôt une autre des plus dangereuses contre le roi Pyrrhus et les Carthaginois.

-297

Q. Fabio Maximo Rutiliano V, P. Decio Mure IV, coss.

Terra de cœlo pluit, et in exercitu Appii Claudii plerique fulminibus icti sunt. Infestis eo anno armis cum Samnitibus pugnatum est. Pestis mirum in modum per totam Italiam, et in urbe potissimum, grassata est. galli a Fabio victi ac in fugam uersi sunt. Fuluius in Hetruria feliciter contra Thuscos pugnavit. [Lycosthenes < Verger 23]

Sous les consuls Q. Fabius Maximus Rutilianus V et P. Decius Mus IV [An de Rome 457]

Il tomba du ciel une pluie de terre, et, dans l'armée d'Appius Claudius, beaucoup de soldats furent frappés de la foudre. Cette année, on eut contre les Samnites une guerre malheureuse. La peste fit des ravages extraordinaires dans toute l'Italie, et principalement à Rome. Les Gaulois furent vaincus et mis en fuite par Fabius. Fulvius combattit avec succès dans l'étrurie contre les Thusciens.

-275

M. Curio Dentato II, L. Cornelio Lentulo, coss.

Inter alia prodigia, fulmine est etiam dejectum Jovis in Capitolio signum, cujus caput per aruspices inventum est. Pyrrhus contra Romanos bellum suscepit, qui a Curio victus, et Tarentum fugatus est. Mox Tarentini iterum nova adversus Romanos arma mouerunt, Carthaginiensium auxilia per legatos poscentes: quos tamen iterum uicerunt Romani. [Lycosthenes < Verger 24]

Sous les consuls M. Curius Dentatus II et L. Cornelius Lentulus [An de Rome 479]

Entre autres prodiges, la statue de Jupiter, placée dans le Capitole, fut renversée par la foudre ; sa tête fut retrouvée par les aruspices. Pyrrhus entreprit la guerre contre les Romains, fut vaincu par Curius, et repoussé jusqu'à Tarente. Bientôt après, les Tarentins, ayant envoyé des ambassadeurs aux Carthaginois, pour leur demander du secours, recommencèrent la guerre contre les Romains, qui les vainquirent de nouveau.

-269

Q. Fabio Maximo Pictore, L. Quintio Gulone, coss.

Obscena prodigia, et dira Romæ visa sunt. Aedes enim Salutis ictu fulminis dissoluta, ars muri sub eodem loco de cœlo tacta. Lupi tres ante lucem ingreei Urbem, semesum cadauer intulerunt: sparsumque membratim in foro, ipsi strepitu hominum exterriti, reliquerunt. Apud Formias multis ictibus fulminum moenia undique ambusta et dissoluta sunt. Apud agrum Calenum repente flamma, scisso hiatu terræ eructa, tribus diebus et tribus noctibus exaestuants, quinque agri iugera, exhausto penitus succo ubertatis, in cinerem extorruit, ita ut non fruges solum, sed etiam arbores cum imis stipitibus absumpserit. Hoc anno Picentes, noui hostes facti, Romana in se arma exciuere. [Lycosthenes < Verger 25]

Sous les consuls Q. Fabius Maximus Pictor et L. Quintius Gulo [An de Rome 485]

On vit à Rome des prodiges effrayants et de sinistre augure. Le temple de la déesse Salus fut démoli par la foudre, qui frappa dans le même endroit une partie du mur. 3 loups entrèrent avant le jour dans la ville, portant un cadavre à moitié dévoré, dont ils dispersèrent, au milieu de la place publique, les membres qu'ils abandonnèrent, effrayés par le bruit du peuple. A Formies, la foudre frappa de coups nombreux les murs qu'elle brûla et fit crouler de toutes parts. Dans le territoire de Calès, la terre s'étant entr'ouverte, il en sortit tout à coup une flamme qui dura 3 jours et 3 nuits, dessécha entièrement et convertit en cendres 5 arpens de terrain, de telle sorte que les fruits y furent consumés, et même les arbres jusqu'à leurs plus profondes racines. Cette année, Rome trouva de nouveaux ennemis dans les Picentins, contre lesquels elle se vit obligée de prendre les armes.

-268

P. Sempronio Sopho, Appio Claudio Rufo, coss.

Sempronius consul quum adversus Picentes exercitum duxisset, et iam directe intra iactum teli utraq acies consisteret, repente cum horrendo fragore terra ita contremuit, ut stupore miraculi utrumque pauefactum agmen hebesceret. Verum mox in certamen progressi, bellum adeo atrox fuit, ut merito dicatur, humanum tantorum hominum sanguinem suscepturam, etiam cum gemitu horrisono tunc terram tremuisse: in quo tamen proelio Romani, quorum pauci euaserant, uicerunt. [Lycosthenes < Verger 26]

Sous les consuls P. Sempronius Sophus et Appius Claudius Rufus [An de Rome 486]

Le consul Sempronius s'étant mis en marche avec ses légions pour attaquer les Picentins, au moment où les 2 armées étaient déjà en présence, à la portée du trait, il survint tout à coup un tremblement de terre si violent et accompagné d'un si horrible fracas, que les soldats des 2 armées demeurèrent stupéfaits d'un tel prodige. Toutefois on en vint bientôt aux mains, et le carnage fut tellement affreux, qu'on a dit, non sans raison, que la terre, sur le point d'être arrosée du sang d'un si grand nombre d'hommes, trembla, en faisant entendre un horrible bruit de gémissements. Les Romains pourtant sortirent vainqueurs de ce combat, mais après y avoir perdu la plus grande partie de leur monde.

-265

M. Valerio Maximo, Q. Mamilio Vitulo, coss.

Inter multa alia prodigia, sanguis e terra, et lac de cœlo manare visum est: nam et pluribus locis scaturiens e ftb cruor fluxit, et de nubibus guttatim in speciem pluuiæ lacte demisso, diri terram imbres irrigauerunt. Eo tempore Carthaginienes, dato aduersum Romanos auxilio Tarentinis, quum a senatu per legatos arguerentur, turpissimam rupti foederis labem praesumptam, accumulauere periurio. Sequutum est quoque libertinorum Volsciensium adversus dominos conspirantium, nefandum scleus, qui tamen mox duce Fabio Gurgite poenas dederunt. Pestilentia etiam crudelissima hoc anno Urbem invasit. [Lycosthenes < Verger 27]

Sous les consuls M. Valerius Maximus et Q. Mamilius Vitulus [An de Rome 489]

Entre autres prodiges nombreux, on vit du sang sortir de terre et du lait tomber du ciel : en plusieurs endroits, du sang coula des fontaines, et des pluies de lait mouillèrent la terre d'une rosée qui annonçait la colère des dieux. Dans le même temps, les Carthaginois, auxquels le sénat avait adressé des reproches, par l'organe de ses ambassadeurs, pour avoir fourni du secours aux Tarentins contre les Romains, ajoutèrent le parjure à leur ignominieuse violation de la foi des traités. Eclata ensuite la conspiration des affranchis volsques contre leurs maîtres, crime horrible dont Fabius Gurgès leur fit bientôt subir le châtiment. Cette année encore, la ville de Rome fut désolée par une épidémie des plus affreuses.

-261

L. Valerio Flacco, L. Octacilio Crasso, coss.

Romæ columna ante Jovis aedem, vi turbinis est decussa, cum aureo signo. Quo viso, ex aruspicum responso omnes magistratus se primo quoque die autoritate abdicarunt. Eo anno exercitus Romanorum ingens in Siciliam missus, multos ad defectionem compulit. Vastata est interea et Italiæ ora ab altera Carthaginiensium classe, quum interim Africa ab omni hostili iniuria immunis esset. [Lycosthenes < Verger 28]

Sous les consuls L. Valerius Flaccus et L. Octacilius Crassus [An de Rome 493]

A Rome, devant le temple de Jupiter, un violent tourbillon de vent renversa une colonne, avec une statue d'or. Après cet événement, tous les magistrats, sur la réponse des aruspices, se démirent incontinent de leur autorité. Cette année, une grande armée romaine fut envoyée en Sicile, où sa présence détermina une partie considérable de la population à se soumettre volontairement. Cependant les Carthaginois, qui n'avaient alors à craindre, en Afrique, aucune espèce d'hostilités, envoyèrent une seconde flotte dévaster les côtes de l'Italie.

-257

M. Attilio Regulo Serrano II, Cn. Corneio Bleso, coss.

Serpens in Africa portentosæ magnitudinis apparuit, quem Attilius Regulus cum maxima militum clade difficulter catapultis et balistis, veluti molem quamdam expugnauit : qui quum aliquoties iam adversus Carthaginienses pugnasset, eo anno ab hostibus captus est. Huius autem serpentis exuviæ centum viginti pedum longitudine fuisse feruntur, et ejus maxillæ usque ad Numantinum bellum in publico pependisse dicuntur. [Lycosthenes < Verger 29]

Sous les consuls M. Attilius Regulus Serranus II et Cn. Cornelius Blesus [An de Rome 497]

En Afrique, apparut un serpent d'une grandeur monstrueuse, qu'Attilius Regulus attaqua comme une forteresse, avec des catapultes et des balistes, et qu'il ne vainquit qu'avec peine, en perdant un grand nombre de soldats. Attilius, après plusieurs combats livrés aux Carthaginois, fut pris par eux cette année même. La dépouille de ce serpent avait, dit-on, 120 pieds de longueur, et l'on assure que ses mâchoires restèrent suspendues en un lieu public jusqu'à l'époque de la guerre de Numance.

-223

C. Quintio Flaminio, P. Furio Philone, coss.

In Piceno flumen sanguine affluxit; apud Thuscos colum ardere visum ; Arimini nocte multa lux clara effulsit, tres lunæ distantibus cœli regionibus exortae ; magno terræ motu Caria et Rhodus insula adeo concussæ sunt, ut labentibus uulgo tectis, ingens quoque Colossus coruerit. Eodem anno Flaminius adversus Gallos conflixit, et vicit ; anno vero proximo Claudius Marcellus iterum profligavit, capto Viridomaro rege ; et inter multa Insubrium, quos ad deditionem coegerat oppida, Mediolanum quoque urbem florentissimam cepit. [Lycosthenes < Verger 30]

Sous les consuls C. Quintius Flaminius et P. Furius Philon [An de Rome 531]

Dans le Picenum, les eaux d'un fleuve se changèrent en sang ; chez les Thusciens, le ciel parut embrasé ; à Ariminum, il fit grand jour au milieu de la nuit, 3 lunes avant paru à 3 endroits du ciel, distants les uns des autres ; un violent tremblement de terre occasionna une telle secousse en Carie et dans l'île de Rhodes, que la plupart des maisons s'écroulèrent, et que l'énorme colosse fut renversé. La même année, Flaminius combattit contre les Gaulois, et fut vainqueur; l'année suivante, Claudius Marcellus les défit de nouveau, prit leur roi Viridomare, et s'empara de la très-florissante ville de Mediolanum, après avoir déjà soumis un grand nombre d'autres places de l'Insubrie.

-217

Cn. Seruilio Gemino. C. Quintio Flaminio II, coss.

Romae, in foro Olitorio, infans semestris triumphum exclamauit; in foro Boario bos in tertiam contignationem sua sponte ascendit, atque inde habitatorum tumultu territus, sese deiicit. Navium species in cœlo visa ; Spei templum in foro Olitorio fulmine ictum ; Lanuvii hasta se commouit; coruus in aedem Junonis deuolauit, atque in ipso puluinario consedit ; in agro Amiternino multis locis hominum specis procul candida veste visæ ; in Piceno lapidibus pluit; in Sardinia, in muro circumeunti uigilias equiti, scipio, quem manu tenebat, et in Sicilia aliquot militibus spicula arserunt, litora crebris fulserunt ignibus ; milites fulminibus citi ; solis circulus minui visus est ; Praeneste ardentes lampades de cœlo ceciderunt ; Arpis parma in cœlo ; luna cum sole certare, et interdum etiam duæ lunæ visæ; Caerete aquæ sanguine mixtæ fluerunt; fons Herculis sparsis hinc inde maculis cruentis manavit; Antii metentibus cruentæ in corbem spicæ ceciderunt. Faleriis coelum findi visum; sortes sua sponte attenuatae ; Mauors telum suum quassauit ; signum Martis in Appia via ad simulacra luporum sudavit; Capuæ coelum ardere visum, navium species in cœlo visæ ; Spei templum de cœlo tactum, terra horrendo motu concussa est, capræ lanatæ quibusdam factae, galina in marem, gallus vero in gallinam uersus. Eodem anno Hannibal Hetruriam invasit, Romani ad Thrasimenum lacum cruente proelio victi sunt. [Lycosthenes < Verger 31]

Sous les consuls Cn. Servilius Geminus et C. Quintius Flaminius II An de Rome 537

A Rome, dans le marché aux légumes, un enfant de 6 mois cria à haute voix : Triomphe ! Au marché aux boeufs, un boeuf monta de lui-même à un 3ème étage, d'où il se précipita, effrayé par le bruit des personnes qui y étaient logées. On aperçut au ciel des espèces de navires. Au marché aux légumes, le temple de l'Espérance fut frappé par la foudre. A Lanuvium, une lance s'agita d'elle-même ; un corbeau vola dans le temple de Junon, et alla se placer sur le pulvinaire même. En divers endroits du territoire d'Amiterne, on aperçut au loin des spectres vêtus de blanc. Dans le Picenum, il plut des pierres. En Sardaigne, alors qu'un chevalier faisait sa ronde pour inspecter les postes qui gardaient les remparts, le bâton qu'il tenait à la main s'enflamma ; et, en Sicile, les javelots de plusieurs soldats brûlèrent pareillement : les rivages brillèrent d'une multitude de feux ; des soldats furent frappés de la foudre ; le disque du soleil parut diminué. A Préneste, des lampes ardentes tombèrent du ciel. A Arpi, apparut au ciel un bouclier rond. On vit la lune combattre avec le Soleil, et l'on remarqua même 2 lunes en plein jour. A Cérète, coulèrent des eaux mêlées de sang, la fontaine d'Hercule offrit aux yeux des taches de sang éparses çà et là parmi ses eaux. A Antium, des épis ensanglantés tombèrent dans une des corbeilles des moissonneurs. A Falérie, on vit le ciel se fendre en 2 parties. Des billets servant à tirer au sort diminuèrent d'eux-mêmes. Mars agita sa lance ; sur la voie Appienne, la statue de ce dieu se couvrit de sueur à l'aspect de simulacres de loups. A Capoue, on vit le ciel embrasé ; on aperçut au ciel des figures de navires. Le temple de l'Espérance fut frappé de la foudre ; il y eut un horrible tremblement de terre ; chez quelques-uns, des chèvres devinrent couvertes de laine ; une poule se trouva changée en coq, et un coq changé en poule. La même année, Annibal envahit l'Etrurie, et les Romains furent vaincus dans un combat sanglant, sur les bords du lac Thrasimène.

-216

C. Terentio Varrone, L. Aemilio Paulo II, coss.

In Aventino Romæ, et Ariciæ, simul lapidibus pluit, et multo cruore ex frigidissimo fonte calidæ aquæ manarunt ; in via Fornicata, quæ ad templum erat, homines aliquot de cœlo tacti, atque exanimati. Sequuta est momorabilis illa clades ad Cannas, Apuliæ vicum, in qua Paulus æmilius occisus est, et quadraginta millia peditum, cum duobus millibus equitum et septingentis, et plus quam tria Romanorum millia capta, et Hannibal Campaniam occupavit. [Lycosthenes < Verger 32]

Sous les consuls C. Terentins Varron et L. émilius Paulus II An de Rome 538

A Rome, sur le mont Aventin, et à Aricie, il plut en même temps des pierres et beaucoup de sang ; il coula de l'eau chaude d'une fontaine très-froide. Dans la rue Voûtée, qui était auprès du temple, plusieurs hommes furent atteints de la foudre et frappés de mort. Ensuite arriva cette mémorable défaite près de Cannes, village d'Apulie, dans laquelle Paul Emile périt avec 40 000 fantassins et 2700 cavaliers, où furent faits prisonniers plus de 3000 Romains, et qui mit Annibal en possession de la Campanie.

-215

L. Posthumio Albino III, P. Sempronio Graccho, coss.

Mare arsit, ad Sinuessam Bessus equuleum peperit; signa Lanuvii Junonis Sospitæ cruore manauere, lapidibus circa id templum pluit; ob quem imbrem, novemdiale sacrum fuit, ceteraque prodigia cum cura expiata. Eo anno in Galliis Posthumius cum omni exercitu deletus est. Bellum Macedonicum inchoatum; res in Hispania feliciter a Romanis gestae. In Italia Campani caesi ad Cumas; Poeni in Lucania fusi ac fugati, caedes Poenorum quoque ad Nolam facta est; Sardi a Manlio caesi. Lycosthenes < Verger 33

Sous les consuls L. Posthumius Albinos III et P. Semhronius Gracchus An de Rome 539

La mer jeta des flammes ; près de Sinuesse, une vache mit bas un poulain. A Lanuvium, les statues de Junon Sospita suèrent du sang, et il plut des pierres aux environs de son temple : cette pluie donna lieu à un sacrifice novemdial, et l'on ne négligea aucune expiation à l'égard des autres prodiges. Cette année, Posthumius fut défait dans les Gaules avec son armée. La guerre de Macédoine commença; les Romains obtinrent des succès en Espagne. Les Campaniens furent taillés en pièces, en Italie, près de Cumes. Les Carthaginois, battus et mis en fuite dans la Lucanie, éprouvèrent aussi une défaite près de Nole. Manlius extermina les Sardes.

-214

Q. Fabio Maximo Verrucoso IV, M. Claudio Marcelo III, coss.

Lanuvii in æde Junonis Sospitae, corvi nidum fecerunt; in Apulia palma viridis arsti; Mantuæ stagnum effusum Mincio amni, cruentum visum; Calibus creta, et Romæ in foro Boario sanguine pluit; in uico Istrico fons sub terra, tanta vi aquarum fluxit, ut serias doliaque, quæ in eo loco erant, prouoluta, uelut impetus torrentis tulerit. Tacta de cœlo, atrium publicum in Capitolio, templum in campo Vulcani, nux in Sabinis, publicaque via, murus ac porta Gabiis; hasta Martis in Praeneste sua sponte mota; bos in Sicilia loquutus; infans in utero matris, in Marrucinis, Io triumphe clamauit ; ex muliere Spoleti uir factus; Hadriæ ara in cœlo, speciesque hominum ca eam candida veste visæ ; quin et Romæ quoque in ipsa urbe secundum apum examen in foro visum; legiones armatæ in Ianiculo visæ etiam, quæ tamen mox, quum ad arma concursum est, euanuerunt. Eodem anno Hannibal, magna militum copia, ad Nolam profectus est; a cujus expugnatione a Marcello prohibitus, magnam suorum stragem uidit, et ex Campania fugatus est; Cassilinum oppidum captum; Fabius Samnium depopulatus est, et multa oppida vi cepit; Syracusæ obsessae; contra Philippum bel susceptum, qui ad Apolloniam castris exutus est; res in Hispania prospere a Scipionibus gestae, et Saguntum recuperatum. [Lycosthenes < Verger 34]

Sous les consuls Q. Fabius Maximus Verrucosus IV et M. Claudius Marcellus An de Rome 540

A Lanuvium, des corbeaux firent leur nid dans le temple de Junon Sospita. Dans l'Apulie, un rameau vert s'enflamma de lui-même. A Mantoue, un étang, qui avait débordé dans le fleuve Mincio, parut rempli de sang. A Calès, il plut de la craie, et du sang à Rome, dans le marché aux boeufs. Dans un village de l'Istrie, une fontaine coula sous terre avec une telle force, que, semblable à un impétueux torrent, elle emportait les vaisseaux et les tonneaux qui se trouvaient en ce lieu. L'entrée publique du Capitole fut frappée de la foudre, de même qu'un temple dans le champ de Vulcain, un noyer et une route chez les Sabins, un mur et une porte à Gabies. A Préneste, la lance de Mars s'agita d'elle-même ; en Sicile, un boeuf parla. Chez les Marruciniens, un enfant dans le sein de sa mère cria : Triomphe ! A Spolète, une femme se trouva changée en homme. A Hadrie, on vit au ciel un autel autour duquel étaient des spectres vêtus de blanc. Bien plus, dans la ville de Rome même, on vit, pour la seconde fois, dans le Forum, un essaim d'abeilles. On aperçut aussi, sur le Janicule, des légions armées, qui toutefois disparurent bientôt, quand on se mit en devoir de les attaquer. La même année, Annibal, à la tête d'une puissante armée, s'avança vers Nole ; mais Marcellus l'empêcha d'en faire le siége, tailla en pièces une partie de ses troupes, et le chassa de la Campanie. On prit la ville de Cassilinum ; Fabius ravagea le Samnium et s'empara de plusieurs villes. Syracuse fut assiégée; on entreprit la guerre contre Philippe, qui laissa surprendre et enlever son camp près d'Apollonie. Les Scipion remportèrent de grands avantages en Espagne, et l'on recouvra Sagonte.

-213

Q. Fabio Maximo, T. Sempronio Graccho II, coss.

Murus ac portæ tactae; Ariciæ Jovis edes de cœlo icto fulmine; navium longarum species in flumine Tarracinae, quæ tamen nullæ erant, visæ; in Jovis Vicillinio templo, quod in Cossano agro est, arma concrepuerunt, et flumen Amiterni cruentum fluxit. Syphax, Numidarum rex, contra Masinissam regem pro Karthaginiensibus pugnans, victus est; in Brutiis ex duodecim populis, qui anno priore ad Poenos desciuerant, Consentini et Thurini, in fidem populi Romani redierunt; Sempronius consul, in Lucanis aliquot oppida expugnauit; is quum in Lucanis sacrficasset, angues duo, ex occulto prolapsi, repente hostiae, quam immolauerat, adeso jocinore, in easdem latebras se retulerunt: ob id deinde factum instaurato sacrificio, idem prodigii euenit; tertia quoque caesa victima, diligentiusque asseruatis extis, neque allapsus serpentum arceri, neque fuga impediri potuit: quod quamuis aruspices ad salutem imperatoris pertinere dixissent, Gracchus tamen uitare non potuit, quin Flauii Lucani hospitis sui insidiis seductus, intermis a Poenorum militibus occideretur. [Lycosthenes < Verger 35]

Sous les consuls Q. Fabius Maximus et Sempronius Gracchus II [An de Rome 541]

Une muraille et des portes furent frappées de la foudre ; à Aricie, le temple de Jupiter en fut également atteint. On vit sur l'eau, près de Terracine, des espèces de grands navires, qui cependant n'existaient pas. Dans le temple de Jupiter Vicillin, qui est au territoire de Cosse, des armes firent entendre un son éclatant ; et à Amiterne le fleuve coula mêlé de sang. Syphax, roi des Numides, fut vaincu en combattant pour les Carthaginois contre le roi Masinissa. Chez les Bruttiens, de 12 peuples qui, l'année précédente, s'étaient rangés du côté des Carthaginois, les Consentiniens et les Thuriniens rentrèrent sous l'obéissance du peuple romain. Le consul Sempronius prit d'assaut quelques villes chez les Lucaniens. Comme il venait d'offrir chez eux un sacrifice, 2 serpents, sortis d'un endroit caché, dévorèrent subitement le foie de la victime qu'il avait immolée, et retournèrent dans leur même repaire. Cet événement ayant donné lieu à renouveler le sacrifice, le même prodige arriva. Une troisième victime ayant encore été immolée, on eut beau redoubler de vigilance pour en garder les entrailles, il fut impossible d'empêcher les serpents d'approcher et de s'enfuir ensuite. Bien que les aruspices eussent déclaré que cela promettait sûreté au général, Gracchus ne put cependant pas éviter les artifices du Lucanien Flavius, son hôte, et de tomber désarmé entre les mains des soldats carthaginois, qui le massacrèrent.

-212

Appio Claudio Pulchro, Q. Fuluio Flacco III, coss.

Tempestates foedæ exortae; in Albano monte biduum continenter lapidibus pluit; tacta de caelo municipia, duæ in Capitolio ædes, uallum in castris, multisque locis supra Suessulam, et duo uigiles exanimati; murus turresque, et quaedam alia, Cumis fulminibus icta, et penitus decussa; Reate saxum ingens uolitare visum : sol rubere solito magis, sanguineoque colore similis apparuit. Hannibal proditioen Tarentum cepit, excepta race; Samniorum agri a Romanis depopulati sunt; Romani bis cruentas clades acceperunt ab Hannibale; Capua a Romanis obsessa, et capta; Publius et Cneus Scipiones in Hispania ab hostibus circumventi, et occisi sunt. L. Martius, eques Romanus, quum in Hispania militaret, orationemque ad milites haberet, felicis euentus flamma concionanti a capite, sine ipsius sensu, cum magno circumstantium pauore, fusa est; cujus aspectu milites pristinam hostium millibus caesis, magnoque numero in potestatem redacto, bina castra, Punicis opibus referta, ceperunt; Hispania aliquandiu quieta reddita; Marcellus, captis Syracusis, magna cum gloria Romam reversus est. [Lycosthenes < Verger 36]

Sous les consuls Appius Claudius Pulcher et Q. Fulvius Flaccus III [An de Rome 542]

D'affreuses tempêtes s'élevèrent; il plut des pierres sur le mont Albain pendant 2 jours consécutifs. Divers endroits furent frappés de la foudre, 2 maisons an Capitole, le retranchement d'un camp, plusieurs lieux au-dessus de Suessule, et 2 sentinelles en furent tuées. A Cumes aussi, une muraille, des tours et autres constructions furent foudroyées et renversées entièrement. A Réate, on vit une grosse pierre voler ; le soleil devint plus rouge que de coutume, et sa couleur ressembla à du sang. Annibal prit par trahison Tarente, excepté la citadelle. Les terres des Samnites furent ravagées par les Romains, auxquels Annibal fit éprouver 2 sanglantes défaites. Ceux-ci assiégèrent et prirent Capoue. Publius et Cnéus Scipion reçurent la mort en Espagne, où l'ennemi les avait cernés. Pendant que L. Martius, chevalier romain, servait en Espagne, comme il adressait une harangue à ses soldats, une flamme d'heureux présage sortit de sa tête sans qu'il en sentît rien, et remplit de frayeur ceux qui l'environnaient; les soldats, avertis par là de reprendre courage, taillèrent en pièces 37 000 ennemis, firent un grand nombre de prisonniers et s'emparèrent de 2 camps remplis d'effets précieux appartenant aux Carthaginois. Ce succès rendit quelque temps le repos à l'Espagne. Marcellus, après avoir pris Syracuse, revint à Rome couvert de gloire.

-210

M. Valerio Leuino II, M. Claudio Marcello IV, coss.

In æde Concordiæ Victoria quæ in culmine erat, fulmine icta, decussaque ad Victorias, quæ in æde fixæ erant, haesit, neq inde procidit; Anagniæ et Fregellis murus portaeque urbis de cœlo tactæ ; in foro Sudernato sanguinis rivi per totum diem fluxere ; Ereti lapidibus pluit; Reate mula peperit; eodem anno incendium perniciosum Romae, Campanorum malitia ortum. Marcellus in Campania Salapiam recuperavit ; Romana classis ad Sacriportum infeliciter pugnavit ; Scipio in Hispania Nouam Karthaginem expugnavit ; Marcellus Hannibalis exercitum fudit, et magna pars Siciliæ capta est. Tusculi agnus cum ubere lactanti natus ; Jovis ædis culmen fulmine ictum, ac prope omni tecto nudatum; iisdem ferme diebus Anagniæ terra ante portam icta, diem noctemque sine ullo ignis alimento arsit ; aues ad compitum Anagninum in luco Dianæ nidos in arboribus reliquerunt ; Tarracinæ in mari, haud procul portu, angues miræ magnitudinis, lasciuientium piscium more exsultarunt. Tarquiniis porcus cum ore humano genitus ; in agro Capenate, ad lucum Feroniae, quatuor signa sanguine multo diem ac noctem sudarunt. Mox Valerius Messala agrum Uticensem depopulatus est; et lex, post longas contentiones, de reficiendis consulibus lata est. [Lycosthenes < Verger 37]

Sous les consuls M.Valerius Levinus II et M. Claudius Marcellus IV [An de Rome 544]

La statue de la Victoire, placée au haut du temple de la Concorde, ayant été frappée de la foudre, tomba sur d'autres statues de la Victoire fixées dans le temple, puis s'arrêta sans descendre plus bas. A Anagnie et à Frégelles, la foudre frappa aussi le mur et les portes de la ville. Sur la place de Suderne, des ruisseaux de sang coulèrent pendant tout un jour. A érète, il plut des pierres. A Réate, une mule mit bas. Cette même année, un funeste incendie éclata dans Rome, par la malveillance des soldats originaires de la Campanie. Marcellus recouvra dans ce pays Salapie. La flotte romaine éprouva un échec près de Sacriport. En Espagne, Scipion prit d'assaut Carthage la Neuve. Marcellus défit l'armée d'Annibal, et une grande partie de la Sicile fut conquise. A Tusculum, naquit un agneau avec des mamelles pleines de lait. La foudre brisa le faîte du temple de Jupiter, et enleva le toit presque tout entier. A quelques jours de là, devant une porte d'Anagnie, elle frappa la terre, qui brûla, un jour et une nuit, d'un feu que rien n'alimentait. Dans un bois consacré à Diane, au carrefour dit Anagnien, des oiseaux abandonnèrent leurs nids sur les arbres. A Terracine, on vit dans la mer, à peu de distance du port, des serpents d'une énorme grandeur sauter en jouant comme des poissons. A Tarquinie, un porc naquit avec une face humaine. Au territoire de Capène, dans un bois consacré à Féronie, 4 statues suèrent du sang en abondance pendant un jour et une nuit. Bientôt après, Valerius Messaia ravagea le territoire d'Utique ; et la loi portant le rétablissement des consuls fut promulguée à la suite de longs débats.

-209

Q. Fabio Maximo Verrucoso V, Q. Fulvio Flacco IV, coss.

In Albano monte tacta de cœlo sunt, signum Jovis, arborque templo propinqua; Hostiæ lacus, Capuæ murus, Fortunæ ædes, et Sinuessæ murus cum porta; Albana aqua cruore fluxit. Romæ intra cellam aedis Fortis Fortunæ de capite signum, quod in corno erat, in manus sponte sua prolapsum; Priuerno bos loquutus, uultur frequenti foro in tabernam devolavit; Sinuessæ natus infans ambiguo inter marem ac feminam sexu; lacte pluit; puer cum elephanti capite natus. Marcellus cum Hannibale congressus, primo infeliciter, dehinc secunda pugna dimicavit, hostemque in fugam vertit; Fabius Tarentum recuperauit; Scipio in Hispania res prospere gessit. [Lycosthenes < Verger 38]

Sous les consuls Q. Fabius Maximus Verrucosus V et Q. Fulvius Flaceus IV [An de Rome 545]

La foudre tomba, au mont Albain, sur la statue de Jupiter et sur un arbre voisin du temple ; à Ostie, dans le lac ; à Capoue, sur les murs et le temple de la Fortune ; à Sinuesse, sur la porte et sur les murs. A Albe, il coula de l'eau mêlée de sang. A Rome, dans le sanctuaire du temple de la Fortune virile, une statuette, qui ornait la couronne de la déesse, tomba d'elle-même dans ses mains. A Priverne, un boeuf parla, et un vautour s'abattit en plein marché dans une boutique. A Sinuesse, il naquit un enfant d'un sexe douteux ; un autre vint au monde avec une tête d'éléphant, et il plut du lait. Marcellus s'étant mesuré avec Annibal, fut d'abord battu mais il rétablit le combat, et força l'ennemi à prendre la fuite. Fabius recouvra Tarente ; Scipion obtint des succès en Espagne.

-208

M. Claudio Marcello V, T. Quintio Crispino, coss.

Capuæ duæ ædes, Fortunæ scilicet et Martis, sepulcraque aliquot de caelo tacta; mures in æde Jovis aurum roserunt ; Cassini examen apum ingens in foro consedit; Hostiæ murus, portaque de cœlo icta; Caere uultur in aedem Jovis uolauit; Vulsiniis sanguine lacus manavit. Pestilentia grauis incidit Urbem, agrosque; quæ tamen magis in longos morbos quam in perniciales euasit Marcellus quum studio niteretur, ut Poenorum exercitum aut in Italia pelleret, in solemni sacrificio, quo uoluntates deorum explorare cupiebat, in prima hostia, quæ ante foculum decidit, jecur sine capite inventum est: proxima jocinoris duplex caput habuit: quibus inspectis, aruspex non placere sibi exta respondit, quoniam prima trunca, secunda nimis laeta apparuissent. Ita monitus Marcellus, ne quid temere niteretur, insequenti nocte speculandi gratia cum paucis ingressus, ab hostibus in Brutiis circumuentus, dum improuide contra Hannibalem pugnaret, lancea transfixus occubuit; Crispinus graviter uulneratus, etiam interiit: id quod nunquam antea acciderat, ut duo consules, sine memorando proelio interfecti, uelut orbam rempublicam reliquerint. [Lycosthenes < Verger 39]

Sous les consuls M. Claudius Marcellus et T. Quintius Crispinus [An de Rome 546]

A Capoue, la foudre frappa 2 temples, celui de la Fortune et celui de Mars, ainsi que plusieurs tombeaux. Des rats rongèrent de l'or dans le temple de Jupiter. A Cassine, un gros essaim d'abeilles vint s'abattre au milieu de la place. A Ostie, la foudre frappa une muraille et une porte. A Géré, un vautour vola dans le temple de Jupiter. A Vulsinies, il coula du sang d'un lac. Une terrible contagion se manifesta dans Rome et dans les campagnes voisines ; toutefois, elle y causa plus de maladies opiniâtres que de cas mortels. Marcellus, qui faisait alors tous ses efforts pour anéantir l'armée des Carthaginois, ou tout au moins pour la chasser de l'Italie, ayant offert un sacrifice solennel, dans l'intention de connaître la volonté des dieux, il se trouva que le foie de la 1ère victime immolée n'avait pas de lobe, et que celui de la 2nde en présentait 2. L'aruspice, examen fait des entrailles, répondit qu'il n'en était pas content, celles de la 1ère victime étant incomplètes, et celles de la 2nde d'un augure par trop favorable. Ainsi, averti de ne rien entreprendre témérairement, Marcellus sortit la nuit suivante pour faire une reconnaissance, n'ayant avec lui qu'une faible escorte : enveloppé par les ennemis chez les Bruttiens, il mourut percé d'un coup de lance, en combattant imprudemment contre Annibal. Crispinus, blessé grièvement, perdit également la vie ainsi, ce qui n'était jamais arrivé jusqu'alors, la république resta veuve de ses 2 consuls, tués sans combat mémorable.

-207

C. Claudio Nerone, M. Liuio Salinatore II, coss.

Veiis de cœlo lapidavit; Minturnis sanguinis rivus in porta fluxit; Jovis templum et lucus Maricae, item Atellæ murus, et porta de cœlo tacta; Capuæ lupus nocte, portam ingressus vigilem laniavit; in Armilustro lapidibus pluit; Frusinone infans natus quadrimo par; in Aventino Junonis Reginæ ædes de cœlo tacta. Apud Metaurum fluuium Hasdrubal cum omni exercitu a Romanis deletus est, in qua clade quinquaginta sex hostium millia a Romanis caesa sunt, capta quinque millia et quadringenti; civium Romanorum, qui capti erant apud hostes, quatuor millia recepta. [Lycosthenes < Verger 40]

Sous les consuls C. Claudius Néron et M. Livius Salinator II [An de Rome 547]

A Véies, des pierres tombèrent du ciel ; à Minturnes, un ruisseau de sang coula par une porte. La foudre tomba sur le temple de Jupiter et dans le bois de Marica ; elle tomba aussi à Atelle, sur une muraille et sur une porte. A Capoue, un loup, étant entré la nuit par une porte, déchira une sentinelle. Il plut des pierres dans l'Armilustre. A Frusinone, naquit un enfant qui paraissait avoir 4 ans. Au mont Aventin, le temple de Junon la Reine fut frappé de la foudre. Les Romains défirent Asdrubal, avec toute son armée, sur les bords du fleuve Métaure. Dans cette affaire, ils tuèrent à l'ennemi cinquante-6 mille hommes, lui en prirent 5 mille 4 cents, et recouvrèrent 4 mille des leurs qu'il retenait prisonniers.

-206

L. Veturio Philone, Q. Caecilio Metello, coss.

Tarracinæ Jovis, et Satrici matris Matutæ templum de cœlo tactum; in æde Jovis ex foribus duo angues prolapsi; spicæ cruentæ a metentibus visæ; Caere porcus biceps, et agnus mas, idemque femina natus; Albæ duo soles visi; Fregellis nocturno tempore lux oborta; bos in agro Romano loquutus; in circo Flaminio ara Neptuni multo sudore manavit; ædes Cereris, Salutis et Quirini, de cœlo tactae. Lucani, in ditionem populi Romani, sine certamine redierunt; Brutiorum urbes sese Romanis dediderunt; Masinissa rex a Romanis in amicitiam recpetus est; Astapa urbis a Romanis oppugnata; Scipio rebellantes Hispanos in deditionem coëgit. [Lycosthenes < Verger 41]

Sous les consuls L. Veturius Philon et L. Cecilius Metellus [An de Rome 548]

A Terracine, la foudre frappa le temple de Jupiter, et à Satricum celui de la mère Matuta. Des portes du temple de Jupiter sortirent 2 serpents. Des moissonneurs virent des épis ensanglantés. A Céré, naquit un porc à 2 têtes, et un agneau mâle et femelle. A Albe, on vit 2 soleils. A Frégelles, il fit jour pendant la nuit. Dans la campagne de Rome, un boeuf parla ; dans le cirque Flaminien, l'autel de Neptune se couvrit d'une sueur abondante. Les temples de Cérès, de Salus et de Quirinus firent frappés de la foudre. Les Lucaniens rentrèrent sous l'obéissance du peuple romain, sans y être contraints par les armes. Les villes des Bruttiens se rendirent aux Romains, qui reçurent aussi dans leur alliance le roi Masinissa, et assiégèrent la ville d'Astape. Scipion détruisit les Espagnols révoltés.

-205

P. Cornelio Scipione, P. Licinio Crasso, coss.

Crebro de cœlo lapidatum est: lectis igitur Sibyllinis, inventum est, tunc demum hostem alienigenam, qui terræ Italiæ bellum intulisset, pelli Italia posse, si Idaea mater ex Pessinunte Romam adueheretur. Eodem anno cum Hannibale in Brutiis frustra bellatum est, pestilentia utrumque exercitum molestante; in Hispania noui motus exorti; in Italia Locri a Romanis recipiuntur. [Lycosthenes < Verger 42]

Sous les consuls P. Cornelius Scipiou et P. Licinius Crassus [An de Rome 549]

Des pluies de pierres tombèrent fréquemment du ciel : les livres Sibyllins ayant été consultés à ce sujet, l'on y trouva que l'ennemi du dehors, qui avait apporté la guerre en Italie, pourrait en être enfin chassé, si l'on transportait la mère Idéenne de Pessinunte à Rome. Cette même année, on combattit contre Annibal, chez les Bruttiens, sans résultats, à cause de la peste qui ravageait l'une et l'autre armée. De nouveaux troubles s'élevèrent en Espagne. En Italie, les Locriens furent admis dans l'alliance des Romains.

-204

M. Cornelio Cethego, P. Sempronio Tuditano, coss.

Duo soles visi, et nocte interluxit ; fax Setiæ ab ortu solis in occidentem porrigi visa ; Tarracinæ porta, Anagniæ vero porta et murus multis locis de cœlo tactus ; in æde Junonis Sospitæ Lanuvii, cum horrendo fragore strepitus editus. Scipio ex Sicilia in Africam traiecit, et euastatis agris Hannonem iuniorem occidit ; Sempronius adversus Hannibalem, primo infeliciter, deinde vero prospere pugnavit, caesis quatuor Poenorum millibus. [Lycosthenes < Verger 43]

Sous les consuls M. Cornelius Cethegus et P. Sempronius Tuditanus [An de Rome 550]

On vit 2 soleils, et il fit jour pendant la nuit. A Sétie, on remarqua un météore igné, se dirigeant de l'orient à l'occident. A Terracine, une porte ; à Anagnie, une porte et une muraille furent en plusieurs endroits frappées de la foudre. A Lanuvium, dans le temple de Junon Sospita, on entendit un bruit accompagné d'un fracas horrible. Scipion passa de la Sicile en Afrique, où, après avoir ravagé le plat pays, il tua le jeune Hannon. Sempronius combattit contre Annibal, d'abord malheureusement, mais ensuite avec un succès qui coûta la vieà 4 mille Carthaginois.

-203

Gn. Seruilio Cepione, Gn. Seruilio Gemino, coss.

Aurum in Capitolio corvi non rostris tantum lacerunt, sed comederunt etiam; mures Antii coronam auream arroserunt; circa Capuam locustarum vis ingens omnem agrum compleuit ; equuleus Reate quinque pedibus natus ; Anagniæ sparsi primum ignes in cœlo, deinde fax ardens in cœlo visa ; Frusinone arcus solem tenui linea amplexus est ; Arpini terra campestri agro in ingentem sinum consedit; consulum alteri primam hostiam immolanti, caput iocinori deuit. In Africa per Scipionem iuxta Uticam Poenorum castra sunt combusta; Romani multas in Brutiis ad se deficientes ciuitates receperunt, Hannibalemque in agro Crotoniensi ceciderunt; Magonem, Hannibalis fratrem, cruento proelio uicerunt; Syphacis regis foedifragi castra; incendio ac flammis expugnarunt, ipsumque regem ceperunt; Cirta, regia urbs, a Masinissa rege capta est. [Lycosthenes < Verger 44]

Sous les consuls Gu. Servilius Cépion et Gu. Servilius Geniiuus [An de Rome 551]

Dans le Capitole, des corbeaux brisèrent de l'or avec leur bec, et même ils en mangèrent. A Antium, des rats rongèrent une couronne d'or. Aux alentours de Capoue, une multitude innombrable de sauterelles couvrit toute la campagne. A Réate, un poulain naquit avec 5 pieds. A Anagnie, on vit d'abord, dans le ciel, des feux épars, puis une flamme ardente. A Frusinone, on remarqua le soleil entouré d'un cercle délié. Près d'Arpinum, la terre, s'affaissant au milieu d'un champ, ouvrit un gouffre profond. Comme l'un des 2 consuls immolait la première victime, le foie se trouva dépourvu de lobe. En Afrique Scipion incendia, près d'Utique, le camp des Carthaginois. Plusieurs villes des Bruttiens se rendirent volontairement aux Romains, qui reçurent leur soumission, défirent Annibal dans le territoire de Crotone , et vainquirent aussi Magon, son frère, dans un sanglant combat. Le roi Syphax ayant violé la foi des traités, ils livrèrent son camp à la fureur des flammes, et le prirent lui-même. Cirte, sa capitale, fut prise par le roi Masinissa.

-202

M. Seruilio Gemino, T. Claudio Nerone, coss.

Cumis solis minui visus, lapidibus pluit ; in Veliterno agro terra ingentibus cauernis consedit, arboresque in profundum haustae; Ariciæ forum, et circa tabernae, Frusinone item murus aliquot locis, et porta urbis de cœlo tacta ; in Palatio lapidibus pluit; magna Tyberis facta inundatio. Claudius eo anno consul, perniciosa tempestate ingruente naufragium passus est; insignis fuit hic quoque annus incendio ingenti, annonæ uilitate, et morte Q- Fabii Maximi, qui XXII annos augur fuit: Hannibal magno exercitu Africam ingressus; Vermina, Syphacis regis filius, clade a Romanis profligatus est. [Lycosthenes < Verger 45]

Sous les consuls M. Servilius Genjinus et T. Claudius Néron [An de Rome 552]

A Cumes, le disque du soleil parut diminué, et il plut des pierres. Dans le territoire de Vélitre, la terre, en s'affaissant, forma des profondeurs considérables, où des arbres furent engloutis. A Aricie, le feu du ciel tomba sur la place et sur les boutiques environnantes ; à Frusinone, plusieurs endroits de la muraille et une porte de la ville en furent pareillement atteints. Il plut des pierres sur le mont Palatin ; il y eut une grande inondation du Tibre. Claudius, cette année consul, essuya une affreuse tempête et fit naufrage. Cette même année fut remarquable par un grand incendie, par le bas prix des vivres, et par la mort de Q. Fabius Maximus, qui avait été 22 ans augure. Annibal entra en Afrique avec une grande armée. Vermina, fils du roi Syphax, fut défait par les Romains.

-200

Seru. Sulpicio Galba, C. Aurelio Cotta, coss.

In Lucanis coelum ardere visum ; Priverni sereno per diem sol sanguineus fuit ; Lanuvii in templo Junonis Ssospitae, nocte strepitus ingens exortus ; animalium obsceni foetus pluribus locis nuntiati; in Sabinis incertus infans natus, masculus an femina esset ; alter sexdecim annorum iam, item ambiguo sexu inventus; Frusinone agnus cum suillo capite ; Sinuessæ porcus cum cpn humano; in Lucanis, in agro publico equuleus cum quinque pedibus: foeda omnia, et deformia, errantisque in alienos foetus naturæ visa : ante omnia tamen abominati semimares, iussique in mare extemplo deportari. Bellum Macedonicum cum Philippo exortum ; Galli, Insubres, Cenomani et Boii, duce Hamilcare Poeno, irruptiones in agros proximos fecerunt, et oppida flammis ac incendio diripuerunt. [Lycosthenes < Verger 46]

Sous les consuls Serv. Sulpitius Galba et C. Aurelius Cotta [An de Rome 554]

En Lucanie, le ciel parut embrasé. A Priverne, dans un beau jour et par un temps serein, le soleil devint couleur de sang. A Lanuvium, dans le temple de Junon Sospita, un grand bruit se fit entendre pendant la nuit. On annonça, en plusieurs endroits, que des animaux avaient mis bas des petits d'une forme hideuse. Chez les Sabins, il vint au monde un enfant d'un sexe douteux ; un autre était déjà parvenu à l'âge de 16 ans sans qu'on pût discerner à quel sexe il appartenait. A Frusinone naquit un agneau avec une tête de porc ; à Sinuesse, un porc avec une tête humaine ; en Lucanie, dans un champ public, un poulain ayant 5 pieds ; enfin, on vit toutes sortes de monstres difformes, étranges productions de la nature égarée. Il y eut surtout des demi-mâles qui inspiraient tant d'horreur, qu'on ordonna de les jeter sur-le-champ à la mer. Alors s'alluma la guerre macédonique contre Philippe. Les Gaulois, Insubres, Cénomanes et Boïens, sous la conduite du Carthaginois Amilcar, firent des irruptions dans les pays voisins, et détruisirent les villes par la flamme et l'incendie.

-199

L. Cornelio Lentulo, P. Villio Tappulo, coss.

Suessæ duæ portae, quodque inter eas muri erat, de cœlo tactum; Formiani Jovis, apud Ostienses Jovis, Veliterni vero Apollinis et Sangi templa fulmine tacta ; in Herculis æde capillus enatus, in Brutiis equuleus cum quinque pedibus, pulli gallinacei cum ternis pedibus nati ; in Macedonia laurea in puppi navis longæ enata. Orta est hoc anno in Macedonia atrox militum Romanorum seditio; C- Bebius Pamphilus apud Gallos et Insubres infeliciter pugnavit; Karthaginienses argentum in stipendium impositum, primum Romam aduexerunt. [Lycosthenes < Verger 47]

Sous les consuls L. Cornelius Lentulus et P. Villius Tappulus [An de Rome 555]

A Suesse, la foudre frappa 2 portes et la partie de muraille qui les séparait; à Formies et à Ostie, le temple de Jupiter ; à Vélitre, celui d'Apollon et celui du dieu Sangus en furent pareillement frappés. Il vint un cheveu à une statue, dans le temple d'Hercule. Chez les Bruttiens, naquirent un poulain avec 5 pieds, et des poulets avec 3 pattes. En Macédoine, une couronne de lauriers parut d'elle-même sur la poupe d'une galère. Cette année, il s'éleva en Macédoine une cruelle sédition parmi les soldats romains. C. Bebius Pamphilus combattit avec désavantage contre les Gaulois et les Insubres. Les Carthaginois apportèrent, pour la 1ère fois, à Rome, l'argent du tribut qui leur avait été imposé.

-198

Sex. Aelio Paeto, T. Quintio Flaminio, coss.

De cœlo tacta sunt via publica Veiis, forum et ædes Jovis Lanuvii, Herculis Ardeae, Capuæ murus, turres, et ædes, quæ Alba dicitur; coelum Aretii ardere visum; terra Velitris trium jugerum spatio cauerna ingenti desedit; Suessæ agnus cum duobus capitibus natus; Sinuessæ porcus cum humano capite ; solis orbis diminui visus : quorum prodigiorum causa supplicatio unum diem habita, et consules rebus diuinis operam dederunt. Eo autem anno Flaminius feliciter, in faucibus Epiri contra Philippum Macedoniæ regem pugnavit; Thessalia, quæ est uicina Macedoniae, sociis Aetolis et Athamanibus, a Romanis uexata est; L- Quiintius Flaminius, consulis frater, nauali proelio Euboeam ac maritimam oram omnem cepit; Achaei a Romanis in amicitiam recepti sunt; et conjuratio servorum de soluendis Karthaginiensibus obsidibus, detecta atque oppressa est. [Lycosthenes < Verger 48]

Sous les consuls Sex. élius Pétus et T. Quintius Flaminius [An de Rome 556]

La foudre tomba sur une route près de Véies ; à Lanuvium, sur la place publique et le temple de Jupiter; à Ardée, sur celui d'Hercule ; à Capoue, sur les murs, les tours et le temple appelé Albe ; à Arétie, le ciel parut embrasé. Près de Velitre, un espace de terre de 3 arpents s'affaissa, et forma une profonde caverne. A Suesse naquit un agneau à 2 têtes, et dans Sinuesse un porc ayant une tête d'homme. Le disque du soleil parut diminué. On fit, à l'occasion de ces divers prodiges, des prières publiques pendant un jour, et les consuls donnèrent leurs soins aux choses divines. Cette année, Flaminius combattit avec succès, dans les défilés de l'épire, contre Philippe, roi de Macédoine. La Thessalie, voisine de la Macédoine, fut maltraitée par les Romains, quoiqu'elle eût pour alliés les étoliens et les Athamanes. L. Quintius Flaminius, frère du consul, s'empara, par suite d'un combat naval, de l'île d'Eubée et de toute la côte maritime. Les Achéens furent admis dans l'amitié des Romains, et l'on découvrit et étouffa la conjuration des esclaves, tendant à mettre en liberté les otages carthaginois.

-197

Cn. Cornelio Cethego, Q. Minutio Rufo, coss.

Aedes Vulcani Summanique Romae, et Fregellis murus ac porta de cœlo icta ; Frusinone inter noctem lux orta; Asculi agnus biceps cum quinque pedibus natus ; Formiis duo lupi oppidum ingressi, obuios aliquot laniauerunt ; Romæ non in urbem modo, sed in Capitolium penetauit lupus. In Galliis pospere est pugnatum; Insubres, qui in armis contra Romanos erant, a Cornelio sunt debellati ; Minutius, Genuam exercitu abducto, ab Liguribus orsus bellum, oppida Clastidium, Litubium, item Celelates, Cerdiceatesque in deditionem accepit, atque omnia cis Padum, praeter Gallorum Boios, Iluates Ligurum, Romano imperio adiecit. [Lycosthenes < Verger 49]

Sous les consuls Cn. Cornelius Cethegus et Q. Minutius Rufus [An de Rome 557]

A Rome, la foudre frappa le temple de Vulcain et celui de Pluton, et à Fregelles, un mur et une porte. A Frusinone, il fit jour pendant la nuit. Asculum vit naître un agneau ayant 2 têtes et 5 pieds. A Formies, 2 loups, entrés dans la ville, déchirèrent quelques individus qui s'offrirent à leur rencontre. A Rome, un loup pénétra non-seulement dans la ville, mais même dans le Capitole. La guerre fut heureuse dans les Gaules ; Cornelius défit les Insubres, qui avaient pris les armes contre les Romains. Minutius s'approcha de Gênes avec son armée, commença la guerre contre les Liguriens, soumit les villes de Clastidie et de Litubie, les Célélates et les Cerdicéates ; et, à l'exception des Boïens Gaulois et des Iluates Liguriens, il accrut l'empire romain de tout le pays en deçà du Pô.

-196

L. Furio Purpureone, M. Claudio Marcello, coss.

L. Julius equestris in Sabinos proficiscens, fulmine una cum equo exanimatus est; ædes Feroniæ in Capenate de cœlo tacta; ad Monetæ templum duarum hastarum spicula arserunt; lupus Esquilina porta ingressus, frequentissima parte Urbis, quum in forum decurrisset, Thusco uico, atque inde Melio per portam Capenam prope intactus euasit: haec prodigia majoribus hostiis sunt procurata. Hannibal frustra in Africa bellum molitus, ob metum Romanorum profugus, ad Antiochum Syriæ regem, bellum contra Romanos gerentem fugit. Marcellus in Hetruria a Boiis est oppressus. Boii et Insubres a Romanis igni ferroque uastati; Philippus in Thessalia fusus et fugatus est. [Lycosthenes < Verger 50]

Sous les consuls L. Furius Purpuréon et M. Claudius Marcellus [An de Rome 558]

L. Julius, chevalier, allant chez les Sabins, fitt tué par la foudre avec son cheval ; à Capène, la foudre tomba sur le temple de Féronie ; et, près de celui de Monéta, les fers de 2 lances jetèrent des flammes. Un loup, entré par la porte Esquiline, quartier le plus fréquenté de la ville, parvint jusqu'au Forum, parcourut les rues Thuscie et Méfie, et se sauva, sans presque avoir été touché, par la porte Capène. Pour détourner l'effet de ces prodiges, on immola de grandes victimes. Annibal, après de vains efforts pour entraîner l'Afrique à de nouvelles hostilités, s'éloigna par crainte des Romains, et s'enfuit chez le roi de Syrie, Antiochus, qui leur faisait la guerre. Les Boïens battirent Marcellus dans l'Etrurie. Les Romains ravagèrent par le fer et par le feu le pays des Boïens et celui des Insubres. Philippe fut battu et mis en fuite dans la Thessalie.

-194

P. Cornelio Scipione Africano II, T. Sempronio Longo, coss.

Romæ in foro, comitio, et Capitolio, snaguinis guttæ visæ sunt; terra aliquoties pluit; caput Vulcani arsit; Interamnæ lac fluxit; pueri ingenui Arimini sine oculis et naso nati; in Piceno infans absque manibus ac pedibus natus; in Adrianorum agro lapidibus pluit: ea prodigia ex pontificum decreto procurata, et sacrificium novemdiale factum. In Gallia Lucius Valerius Flaccus proconsul, circa Mediolanum, cum Gallis, Insubribus et Boiis, qui Dorulaco duce ad concitandos Insubres Padum transgressi erant, signis collatis depugnauit; Marcus Porcius Cato ex Hispania triumphauit; T. Sempronius Boios primum ancipiti Marte, tandem vero insigni strage cecidit; in Macedonia T. Quintus Romanorum praesidia e Graecia Brundusium deduxit. [Lycosthenes < Verger 51]

Sous les consuls P. Cornelius Scipion l'Africain H et T. Sempronius Longus [An de Rome 560]

A Rome, on vit des gouttes de sang dans le Forum, dans le comice et au Capitole ; il plut de la terre de temps en temps ; la tête de Vulcain s'embrasa. A Intéramne, il coula du lait ; à Ariminurn, des enfants de condition libre vinrent au monde sans yeux et sans nez ; dans le Picénum, il en naquit un sans pieds ni mains. Au territoire des Adrianes, il plut des pierres. Un décret des pontifes ordonna un sacrifice novemdial pour détourner les malheurs que présageaient ces prodiges. Dans la Gaule, le proconsul Lucius Valerius Flaccus combattit de pied ferme, aux environs de Mediolanum, les Gaulois, les Insubres et les Boïens, qui, sous la conduite de Dorulacus, avaient passé le Pô pour soulever les Insubres. Marcus Porcins Caton triompha de l'Espagne. T. Sempronius, qui avait d'abord soutenu la guerre contre les Boïens avec des succès mêlés de revers, les battit enfin et en fit un grand carnage. En Macédoine, T. Quintius ramena de la Grèce les garnisons romaines, et les conduisit à Brindes.

-193

L. Cornelio Merula, Q. Minutio Thermo, coss.

Maximi et grauissimi terræ motus fuerunt, et aquæ ingentes; unde et Tyberis loca Urbis plana inundavit; circa portam Flumentanam quaedam ruinis sunt collapsa; porta Caelimontana fulmine icta, murusque cca multis locis de cœlo tactus; Ariciae, Lanuvii, et in Aventino lapidibus pluit; Capuæ uesparum ingens multitudo in forum advolavit, et in Martis æde consedit; quæ cum cura collecta, et igni cremata est: horum prodigiorum causa novemdiale sacrum factum, et urbs lustrata est. Minutius a Liguribus in extremum periculi adductus, uix Numidarum industria liberatus est; Antiochus Hannibale sollicitante, bellum contra Romanos suscepit, et in Hispania res feliciter gestæ sunt. [Lycosthenes < Verger 52]

Sous les consuls L. Cornelius Merula et Q. Minuties Thermos [An de Rome 561]

Il y eut de très-grands et très-violents tremblements de terre, et de grandes inondations; le Tibre couvrit de ses eaux les lieux bas de la ville. Quelques bâtiments s'écroulèrent près de la porte Flumentane ; la foudre frappa la porte Célimontane, et aux environs plusieurs endroits de la muraille. Il plut des pierres à Aricie, à Lanuvium et sur le mont Aventin. A Capoue, des essaims innombrables de guêpes volèrent sur la place et s'abattirent dans le temple de Mars : on les recueillit avec soin, et on les brûla. Ces prodiges donnèrent lieu à un sacrifice novemdial, et la ville fut purifiée. Minutius fut attiré par les Liguriens dans un très-grand péril, dont il ne fut délivré qu'avec peine par l'adresse des Numides. Antiochus, à la sollicitation d'Annibal, entreprit la guerre contre les Romains, et l'on obtint des succès en Espagne.

-192

L. Quintio Flaminio, Gn. Domitio Aenobarbo, coss.

Capra sex hoedos uno fœtu edidit in Piceno ; Aretii puer natus unimanus ; Amiterni terra pluit ; Formis porta murusque de cœlo tacta ; bos loquutus, "Roma tibi cave;" ceterorum prodigiorum supplicatum est, bovem autem cum cura servari, alique aruspices jusserunt ; Tyberis infestiore quam prius impetu illatus Urbi, duos pontes, ædificia multa, et maxime circa portam Flumentanam evertit ; saxum ingens siue imbribus, siue terræ motu leviore, quam alioqui sentiretur, labefactatum, in vicum Jugarium ex Capitolio procidit, et multos oppressit ; in agris passim inundatis pecua ablata, villarum strages facta est. Q. Minutius in agro Pisano signum Liguribus signis collatis pugnavit, et novem hostium milia occidit, ceteros fusos fugatosque in castra compulit ; Boiorum regio longe lateque a Romanis vastata est ; in utraque Hispania res feliciter gestæ ; contra Vectones et Toletanos prospere pugnatum. Antiochus rex in Hellespontum cum magno exercitu irrupit. [Lycosthenes < Verger 53]

Sous les consuls L. Q. Flaminius et Gn. Domitius énobarbus [An de Rome 562]

Dans le Picénum, une chèvre mit bas 6 chevreaux d'une seule portée. A Arétiutn, il naquit un enfant n'ayant qu'une seule main. A Amiterne, il plut de la terre. A Formies, la foudre frappa une porte et une muraille. Un boeuf prononça : "Rome, prends garde à toi !" Ces prodiges, et d'autres encore, furent l'occasion de prières publiques ; mais les aruspices ordonnèrent de conserver le boeuf, et de le nourrir avec soin. Le Tibre déborda dans la ville avec une impétuosité dont on n'avait point encore eu d'exemple, entraîna 2 ponts, et renversa un grand nombre d'édifices, principalement aux environs de la porte Flumentane. Une pierre énorme, détachée soit par les pluies, soit par un tremblement de terre trop faible pour être remarqué, roula du Capitole dans la rue Jugare [rue de Rome ou était un autel de Junon, surnommée Juga, comme divinité tutélaire du mariage], et écrasa plusieurs personnes. Partout où s'étendit l'inondation dans la campagne, elle entraîna les bestiaux et détruisit les habitations. Q. Minutius, s'étant mesuré avec les Liguriens dans la plaine de Pise, leur tua 9000 hommes, mit le reste en déroute, et poursuivit les fuyards jusqu'à l'entrée de leur camp. Le pays des Boïens fut ravagé dans toute son étendue par les Romains. On obtint des succès dans les 2 Espagnes. On combattit avec avantage les Vectones et les Tolétains. Le roi Antiochus traversa brusquement l'Hellespont avec une grande armée.

-191

P. Cornelio Scipione Nasica, M. Attilio Glabrione, coss.

Boues duo domiti in Carinis per scalas peruenerunt in tegulas aedificii, quos aruspices uiuos comburi, cineremque eorum in Tyberim deiici jusserunt; Tarracinæ et Amiterni aliquoties lapidibus pluit; Minturnis Jovis templum et tabernæ circa forum de cœlo tactae; Vulturni in ostio fluminis, duæ naves fulmine ictæ conflagrarunt: eorum prodigiorum causa ieiunium Cereri est institutum, item novemdiale sacrum, et in unum diem supplicatio facta. Eo anno contra Ligures, acerrimos hostes, prospere a Q- Minutio est pugnatum, interfectis aliquot hostium millibus; duobus fere post mensibus, P- Cornelius cum Boiorum exercitu signis collatis, duodetriginta hostium illia occidit, III millia et quadraginta cepit, signa militaria CXXIV, equos MCCXXX; Attilius Naupactum expugnauit; nauali proelio cum Eumene et Antiochi regis praefectis prospere est pugnatum. [Lycosthenes < Verger 54]

Sous les consuls P. Cornelius Scipiou Nasica et M. Attilius Glabrion [An de Rome 563]

Dans le quartier des Carènes, 2 boeufs domestiques montèrent par l'escalier jusqu'au toit d'une maison ; les aruspices ordonnèrent qu'on les brûlât vifs, et qu'on jetât leurs cendres dans le Tibre. Des pluies de pierres tombèrent de temps en temps à Terracine et à Amiterne. Le temple de Jupiter à Minturnes, et quelques boutiques autour de la place, furent atteints par la foudre, qui, dans Vulturne, à l'embouchure du fleuve, frappa aussi 2 vaisseaux et les incendia. A cause de ces prodiges, on institua un jeûne en l'honneur de Cérès, on célébra le sacré novemdial, et on fit des prières publiques pendant un jour. Cette année, Q. Minutius combattit avec succès contre les Liguriens, et détruisit quelques milliers de ces ennemis acharnés. Environ 2 mois après, P. Cornelius combattit de pied ferme l'armée des Boïens ; leur tua 28 000 hommes et en fit prisonniers 3040, s'empara de 124 étendards, et de 1230 chevaux. Attilius prit Naupacte. On combattit heureusement sur mer avec Eumène et les lieutenants du roi Antiochus.

(Sequentia sunt Obsequentis, exceptis iis, quæ sunt uncis inserta) (Ce qui suit est d'Obsequens, excepté les passages places entre crochets)
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L. Scipione, C. Laelio, coss.

Junonis Lucinæ templum fulmine ictum, ita ut fastigium, ualuaeque deformarentur ; in finitimis pleraque de cœlo icta ; Nursiæ sereno [sous entendu die] nimbi orti, et homines duo exanimati ; Tusculi terra pluit ; mula Reate peperit : supplicatio per decem pueros patrimos matrimos, totidemque virgines habita. [Obsequens < Verger 55] [1]

Sous les consuls L. Scipiou et C. Lélius [An de Rome 564]

La foudre frappa de telle sorte le temple de Junon-Lucine, que le comble et les fenêtres en éprouvèrent de grands dommages ; elle frappa encore beaucoup d'autres choses dans les environs. A Nursie, pendant un temps serein, il survint tout à coup un orage violent, et 2 hommes en perdirent la vie. A Tusctdum, il plut de la terre. A Réate, une mule mit bas. On fit adresser des prières aux dieux par 10 enfants et autant de jeunes filles, tous ayant père et mère.

Aemilius Regillus eo anno feliciter contra Antiochum pugnavit, et Antiochus ipse a Scipione captus est. [Lycosthenes < Verger 55] Cette année, Emilius Regillus combattit avec succès contre Antiochus, et ce roi tomba lui-même entre les mains de Scipion.
-188

M. Messala, C. Liuio, coss.

Luce, inter horam tertiam et quartam, tenebræ ortæ ; in Aventino lapidum pluuiæ novemdiali [sous-entendu sacro] expiatæ. In Hispania prospere militatum. [Verger 56] [2]

Sous les consuls M. Messala et C. Livius [An de Rome 566]

Pendant le jour, entre 3 et 4 h, survinrent des ténèbres. Des pluies de pierres étant tombées sur le mont Aventin, on célébra en expiation le sacré novemdial. On fit la guerre avec succès en Espagne.

-186

Sp. Postumio Albino Q. Marcio Philippo coss.

Sacrum novemdiale factum, quod in Piceno lapidibus pluit [c'est pluerit qu'il faudrait lire] ; ignesque cœlestes multifariam orti, levi afflatu complurium vestimenta adusserunt ; ædes Jovis [dans Tite-Live (liv. 39, ch. 22), on trouve oedes Opis] in Capitolio fulmine icta ; in Umbria semimas duodecim ferme annorum natus, aruspicumque jussu necatus. Galli, qui Alpes transierunt in Italiam, sine prœlio ejecti. [Obsequens < Verger 56] [3]

Le sacré novemdial fut encore célébré, à cause d'une pluie de pierres tombée clans le Picénum, ainsi qu'à l'occasion de l'apparition, en divers endroits, de feux célestes qui avaient effleuré et brûlé les vêtements de plusieurs personnes. La foudre frappa le temple de Jupiter au Capitole. En Ombrie, il se trouva un enfant de 12 ans demi-mâle, dont les aruspices ordonnèrent la mort. Les Gaulois ayant franchi les Alpes pour entrer en Italie, en furent chassés sans combat.
Fœdus est cum Antiocho conscriptum, et a Thracibus Romani vexati sunt. [Verger 56] [3] Antiochus signa un traité d'alliance avec les Romains, et ceux-ci furent inquiétés par les Thraces.
-187

M. Aemilio Lepido, C. Quintio Flaminio, coss.

In Sicilia Vulcani insula saxosa, deserta, quæ ex ternis crateribus flammas eructabat, magna hominum admiratione nata est. Eodem anno Q. Fuluius Flaccus praetor in Citeriore Hispania XXIII millia hominum fudit : Gracchus in Hispania Ulteriore infinita oppida in deditionem accepit; Posthumius in Citeriore Hispania feliciter etiam contra hostes pugnavit, ibidemque multa oppida expugnauit etiam Gracchus. [Lycosthenes < Verger 57]

Sous les consuls M. émilius Lépidus et C. Quintius Flaminius [An de Rome 567]

En Sicile, on vit avec une grande surprise apparaître l'île de Vulcain, île pierreuse, déserte, et qui vomissant des flammes par 3 ouvertures. La même année, dans l'Espagne Citérieure, le préteur Q. Fulvius Flaccus défit 23 000 hommes ; et, dans l'Espagne Ultérieure. Gracchus reçut la soumission d'une infinité de villes. Posthumius combattit avec bonheur contre les ennemis dans l'Espagne Citérieure, et Gracchus prit un grand nombre de villes dans la même contrée.

-186

Sp. Posthumio Albino, Q. Martio Philippo, coss.

Ludis Romanis quos P- Cornelius Cethegus et A. Posthumius Albinus faciebant, malus in Circo instabilis in signum Pollentiæ procidit, atque id dejecit : qua religione moti patres, et diem unum adiiciendum ludorum celebritati, et signa duo pro uno reponenda, nouumque auratum faciendum censuerunt. Gn. Manlius de Gallograecis triumphauit, Asiaticas illecebras inuexit ; in Hispania Lusitanorum et Celtiberorum caedes sub idem fere tempus facta est. [Lycosthenes < Verger 58]

Sous les consuls Sp. Posthumius Albinus et Q. Martius Philippus [An de Rome 568]

Pendant les jeux que P. Cornelius Cethegus et A. Posthumius Albinus donnaient à Rome, un mtât de navire, mal fixé, qui se trouvait dans le Cirque, tomba sur la statue de la déesse Pollentie, et la renversa. Les sénateurs, émus de cet événement qui intéressait la religion, arrêtèrent que l'on ajouterait un jour à la solennité des jeux, que l'on replacerait 2 statues au lieu d'une, et que l'on ferait dorer la nouvelle. Gn. Manlius triompha des Gallogrecs, et introduisit à Rome les moeurs efféminées des Asiatiques. Presqu'en même temps, les Lusitaniens et les Celtibériens éprouvèrent en Espagne une sanglante défaite.

-183

M. Claudio, Q. Fabio Labeone, coss.

In area [In ara. Pour être d'accord avec Tite-Live, il faudrait lire in area] Vulcani per biduum, in area Concordiæ totidem diebus sanguinem pluit; in Sicilia, insula nova maritima [que peut signifier maritima, puisqu'il n'existe par d'île terrestre ? Il faut, sans nul doute, lire : insula nova mari edita]. Hannibal in Bithynia veneno periit ; Celtiberi subjecti. [Obsequens < Verger 59] [4]

Sous les consuls M. Claudius et Q. Fabius Labéou [An de Rome 571]

Dans la partie découverte du temple de Vulcain et de celui de la Concorde, il plut du sang pendant 2 jours. En Sicile, une île nouvelle parut dans la mer. Annibal périt par le poison en Bithynie. Les Celtibériens furent subjugués.

Obierunt clarissimi imperatores, Scipio et Philippemenes [Lycosthenes < Verger 59] [4]. La mort enleva 2 généraux fort illustres, Scipion et Philippemen.
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L. Aemilio Paulo, Cn. Bebio Pamphilo, coss.

Procellosa tempestate strages in Urbe facta : signa ænea in Capitolio dejecit ; signa in Circo maximo cum columnis [Tite-Live (liv. 40, ch. 2), ajoute quibus superstabant] evertit ; fastigia templorum aliquot a culmine abrupta dissipavit : mulus tripes Reate natus ; ædes Apollinis Caietæ fulmine ictæ [pourquoi ictæ, et non pas icta ? Il manque sans doute ici Formiis, qui se trouve dans Tite-Live, et l'on devrait lire : Aedes Apollinis Formiis et Caietæ fulmine ictæ. Ceci appartient à l'an de Rome 572] ; [Verger 60] [5]

Sous les consuls L. émilius Paulus et Cu. Bebius Pamphilus [An de Rome 572]

Une violente tempête fit dans Rome des dégâts considérables, abattit vies statues d'airain dans le Capitole, renversa d'autres statues avec leurs colonnes dans le Brand Cirque, brisa le comble de quelques temples et en fit voler au loin les débris. A Réate, il naquit un mulet n'ayant que 3 pieds. A Caiète, le temple d'Apollon fut frappé de la foudre.

In area Vulcani et Concordiæ sanguinem pluit ; hastæ Martis motæ ; Lanuvii simulacrum Junonis Sospitæ lacrymauit ; pestilentiæ Libitina non sufficit [ces mots désignent que les ornements dont on se servait dans les pompes funèbres, et dont le dépôt était dans le temple de la déesse Libitine, devenaient insuffisants, vu la multitude des morts] : ex Sibyllinis [sous-entendu libris] supplicatum, quum sex mensibus non pluisset. Ligures prœlio victi, deletique. [Verger 60] [6] Il plut du sang sur les places de Vulcain et de la Concorde. Les lances de Mars s'agitèrent d'elles-mêmes. A Lanuvium, la statue de Junon Sospita versa des larmes. Il survint une si grande peste, qu'on ne pouvait suffire à enterrer les morts. 6 mois s'étant écoulés sans pluie, d'après les livres Sibyllins, on adressa des prières aux dieux. Les Liguriens furent vaincus dans un combat, et taillés en pièces.
Pestis Urbem et uillas invasit, quæ adeo urbem exhausit, ut uix in Sardiniam contra defectionem Corsorum exercitus conscribi potuerit. Sex mensibus nunquam pluit. [Lycosthenes < Verger 60] [6] La peste se répandit dans la ville et dans la campagne ; elle épuisa Rome de citoyens, et ce n'est qu'avec peine qu'on parvint à lever une armée en Sardaigne pour arrêter la défection des Corses. 6 mois entiers se passèrent sans pluie.
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Q. Fuluio, Cn. Manlio, coss.

Nimbis continuis in Capitolio signa aliquot dejecta [Voyez Tite-Live, liv. XL, ch. 45] ; fulmine Romæ et circa plurima decussa. In lectisternio Jovis, terræ motu deorum capita se converterunt ; lana cum integumentis, quæ Joui erant apposita, decidit ; de mensa oleas mures præroserunt. [Verger 61] [7]

Sous les consuls Q. Fulvius et Cn. Manlius [An de Rome 575]

Durant des pluies continuelles, quelques statues se trouvèrent renversées au Capitole. A Rome et aux environs, beaucoup d'objets furent frappés par la foudre. Au lieu où était le lectisterne de Jupiter, les têtes des dieux se tournèrent par l'effet d'un tremblement de terre, qui fit tomber les tissus de laine couvrant la statue de ce dieu. Des rats rongèrent des olives sur une table.

De Celtiberis triumphatum ; res in Hispania feliciter gestae ; et cum Liguribus prospere pugnatum. [Lycosthenes < Verger 61] [7] On triompha des Celtibériens. Les affaires prirent en Espagne une tournure favorable, et l'on obtint des succès contre les Liguriens.
-178

M. Junio, Gn. Manlio, coss.

Incendio circa forum quum plurima essent deusta, ædes Veneris sine ullo uestigio cremata ; Vestæ penetralis ignis exstinctus ; virgo, jussu M. æmilii pontificiis maximi flagro cæsa, negavit ulterius interiturum [Interire pour exstinctum iri]. Supplicationibus habitis, in Hispania et Histria bella prospere administrata. [Nisard 1] [Verger 62] [8]

Sous les consuls M. Sunius et Gn. Manlius [An de Rome 576]

Un incendie, qui brûla plusieurs bâtiments autour du Forum, consuma le temple de Vénus, sans qu'il en restât aucun vestige. Le feu du sanctuaire de Vesta s'éteignit ; la prêtresse, après avoir été fustigée par ordre de M. Emilius , grand pontife, promit qu'il ne s'éteindrait plus à l'avenir. On fit des prières publiques, et la guerre fut heureusement conduite en Espagne et en Istrie.

-177

C. Claudio Pulchro, T. Sempronio Graccho, coss.

Lapis ingensi ne agro Crustumino in lacum Martis de cœlo cecidit ; puer trucis corporis in agro Romano natus ; anguis quadrupes visus ; Capuæ multa in foro ædificia de cœlo tacta. Puteolis duæ naves fulminis ictu concrematæ ; lupus Romæ interdum quum Collina porta intrasset, per Esquilinam magno consectantium tumultu euasit ; eorum prodigiorum causa, consules majores hostias immolarunt, et diem unum circa omnia pulvinaria supplicatio fuit. Histrorum agri a Romanis depopulati sunt ; Nesatium oppidum a Junio et Manlio oppugnatum ; Mutila et Faveria vi captæ, et deletæ ; in Sardinia res prospere gestæ ; Ilienses et Ligures sunt deuicit. In Crustumino avis, quam sanqualem vocant, sacrum lapidem rostro portavit ; bos in Campania loquutus ; vacca aenea Syracusis ab agresti tauro intia, ac semine aspersa: in Crustumino diem unum in ipso loco supplicatio fuit, et in Campania bos alenda publice data; Syracusanumque prodigium expiatum, editis ab aruspicibus diis, quibus supplicaretur ; pontifex eo anno etiam mortuus est. [Nisard 2] [Lycosthenes < Verger 63]

Sous les consuls C. Claudius Pulcher et T. Sempronius Gracchus [An de Rome 577]

Au territoire de Crustumine, une grosse pierre tomba du ciel dans le lac de Mars. Il naquit dans la campagne de Rome un enfant d'une conformation affreuse. On vit un serpent qui avait 4 pattes. La foudre tomba sur plusieurs édifices du forum de Capoue ; elle frappa à Putéoles 2 navires qui furent brûlés. Un loup entré dans Rome, en plein jour, par la porte Colline, s'échappa par la porte Esquiline, au milieu de tout le tumulte de ceux qui le poursuivaient. A l'occasion de ces prodiges, les consuls immolèrent de grandes victimes, et l'on fit des prières publiques pendant un jour dans tous les lieux consacrés au culte divin. Les Romains ravagèrent le territoire des Istriens. Julius et Manlius assiégèrent la ville de Nésatie. On prit de vive force et on démolit entièrement Mutile et Favérie. On eut des succès en Sardaigne ; les Ilienses et les Liguriens furent vaincus. A Crustumine, un oiseau appelé sanquale emporta dans son bec une pierre sacrée. En Campanie, un boeuf parla. A Syracuse, une vache d'airain fut couverte et aspergée de semence par un taureau sauvage; à Crustumine, on fit des prières publiques pendant un jour, au lieu même où le prodige était arrivé; et en Campanie, le boeuf fut nourri aux dépens du trésor public. Le prodige de Syracuse fut aussi expié, les aruspices ayant fait connaître à quels dieux on devait adresser les prières. Cette année, mourut aussi le grand pontife.

-176

C. Claudio, L. Petilio, coss.

Quum immolassent victimas consules, jecur extabuit ; Cornelius ex monte Albano rediens, membris captus [c'est-à-dire usu membrorum privatus] ad aquas Cumanas mortuus ; Petellius contra Ligures dimicans occisus est. [Nisard 3] [Verger 64] [9]

Sous les consuls C. Claudius et L. Petilius [An de Rome 578]

Les consuls ayant immolé des victimes, le foie se gâta. Cornelius, revenant du mont Albain, fut atteint d'apoplexie, et mourut aux eaux de Cumes. Petellius reçut la mort dans un combat contre les Liguriens.

Fax in cœlo visa ; Gabiis Apollinis templum et priuata aedificia plura, Grauiscis murus portaque de cœlo tacta ; ea patres procurari, uti pontifices censuissent, jusserunt. Ligures victi, et Sempronius Sardos perdomuit. [Nisard 3] [Lycosthenes < Verger 64] [9] On aperçut un météore dans le ciel. A Gabies, le temple d'Apollon et plusieurs édifices particuliers, à Gravisque, un mur et une porte furent frappés de la foudre. Les sénateurs ordonnèrent des expiations à cette occasion, conformément à l'avis des pontifes. Les Liguriens furent vaincus, et Sempronius subjugua les Sardes.
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M. Lepido, Q. Mucio, coss.

Gravi pestilentia hominum, boumque cadauera, non sufficiente Libitina [Voyez précédemment le paragraphe 60], quum iacerent, vulturius non apparuit. Celtiberi deleti. [Nisard 4] [Verger 65] [10]

Sous les consuls M. Lepidus et Q. Mucius [An de Rome 579]

La peste exerça de tels ravages sur les hommes et sur les boeufs, que beaucoup de cadavres restèrent sans sépulture, et il ne parut pas un seul vautour. Les Celtibériens furent taillés en pièces.

Et Basternarum genus ferocissima, auctore Pers Philippi filio, sine ulla pugna, uel aliquo hoste, eversa est. [Nisard 4] [Lycosthenes < Verger 65] [10] La nation des Basternes, si redoutable, fut ruinée sans combat et sans hostilité, par Persès, fils de Philippe.
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Sp. Posthumio Paulo, P. Mutio Sceuola, coss.

In Veienti agro biceps puer natus, et Sinuessæ unimanus. Oxini puella cum dentibus ; arcus interdum sereno cœlo super aedem Saturni in foro Romano intentus : tres simul soles effulserunt ; faces eadem nocte plures per coelum lapsæ sunt in Lanuuino ; apud Caerites anguis in oppido iubatus, aureis maculis sparsus apparuit ; in agro Campano bos loquutus, et in Sabinis terræ motus ingens factus est. Karthaginienses eodem anno cum Graeciæ urbibus adversus Romanos, Perseo sollicitante, conspirauerunt. [Nisard 5] [Lycosthenes < Verger 66]

Sous les consuls Sp. Posthurnius Paulus et P. Mutins Seévola [An de Rome 580]

Vinrent au monde, au territoire (les Véiens, un enfant à 2 têtes; a Sinuesse, un autre enfant n'ayant qu'une seule main, et à Oxine, une fille avec des dents. En plein jour, par un ciel pur et serein, on vit en l'air, dans la place publique de Rome, un arc tendu au-dessus du temple de Saturne. 3 soleils brillèrent en même temps. La nuit suivante, aux environs de Lanuvie, plusieurs météores sillonnèrent le ciel. Dans la ville des Cérites, ou vit un serpent ayant une crinière, et dont le corps était parsemé de taches couleur d'or. Dans la Campanie, un boeuf parla ; et, chez les Sabins, il y eut un violent tremblement de terre. La même année, les Carthaginois, à la sollicitation de Persée, se coalisèrent avec les villes de la Grèce contre les Romains.

-173

L. Posthumio Albino, M. Popilio Lenate, coss.

Lanuvii classis magnæ species in cœlo visæ ; Priverni lana pulla terra enata; in Veienti apud Rementem lapidatum; Pomptinum omne uelut nubibus locustarum cooperturm; in Gallico agro, qua induceretur aratrum, sub existentibus glebis pisces emerserunt: ob haec prodigia libri fatales inspecti, et supplicatio prodigiis expiandis facta. In Aetolia perniciosæ seditiones propter ingentem aeris alieni vim ortae. Perseus bellum in Romanos parauit; in Liguribus, in agro Stellati pugnatum, ad oppidum Carystum, ubi decem millia hominum caesa sunt, uincentibus Romanis. [Nisard 6] [Lycosthenes < Verger 67]

Sous les consuls L. Posthumius Albinus et M. Popilius Lenas [An de Rome 581]

A Lanuvium, on aperçut dans le ciel l'image d'une grande flotte. A Priverne, la terre produisit une sorte de laine brune. Dans le pays des Véiens, près de Remente, il plut des pierres. Tout le Pomptin fut couvert d'une nuée de sauterelles. Dans un champ de la Gaule, plusieurs poissons sortirent de dessous les mottes de terre, à l'endroit où passait la charrue. On consulta les livres Sibyllins, à l'occasion de ces prodiges, et l'on fit des prières pour détourner les malheurs qu'ils pouvaient annoncer. En étolie, il s'éleva de dangereuses séditions, parce que la dette publique était devenue considérable. Persée fit des préparatifs de guerre contre les Romains. Chez les Liguriens, dans la plaine de Stellate, près de la ville de Caryste, on livra une bataille dans laquelle 10 000 hommes périrent, et dont l'avantage demeura aux Romains.

-172

C. Popilio Lenate, P. Aelio Ligo, coss.

Saturniæ sanguine per triduum in oppido pluit; Calatiæ asinus tripes natus ; taurus cum quinque uaccis uno ictu fulminis exanimati ; Oxini terra pluit: horum prodigiorum causa supplicatio in unum diem instituta, et habitæ feriæ sunt. Issensium agri hoc anno misere depopulati sunt : ac nihil memoratu dignum apud Romanos eo tempore gestum est. [Nisard 7] [Lycosthenes < Verger 68]

Sous les consuls C. Popilius Lenas et P. élius Ligus [An de Rome 582]

A Saturnie, il plut du sang dans la ville pendant 3 jours. A Calatie, naquit un âne n'ayant que 3 pieds. Un taureau et 5 vaches furent tués d'un même coup de foudre. A Oxine, il plut de la terre. A l'occasion de ces prodiges, on ordonna des prières publiques pendant un jour, et les travaux furent suspendus. Cette année, les terres des Issenses éprouvèrent (les dégâts très-affligeants; et il ne se passa rien alors de remarquable chez les Romains.

-169

Q. Martio Philippo II, Q. Seruilio Caepione, coss.

Anagniæ fax in cœlo conspecta ; bos femina loquuta ; Minturnis per eos dies cœli ardentis species affulsæ ; Reate pluit lapidibus ; Cumis in arce Apollo triduum ac tres noctes integras lacrymauit. Romæ in æde Fortunæ anguis iubatus a compluribus visus ; palma in area enata ; sanguine interdum pluit : Fregillis in domo L. Atrei, hasta, quam filio militi emerat, interdum plus horas duas arsit, ita tamen, ut nihil ejus ambureret ignis : horum prodigiorum causa, post supplicationem, victimis majoribus circa omnia pulvinaria facta sacrificia. Perseus rex in Thracia feliciter pugnavit, victis Dardanis, et subactis Illyriis. [Nisard 8] [Lycosthenes < Verger 69]

Sous les consuls Q. Martius Philippus II et Q. Servilius Cépion [An de Rome 585]

A Anagnie, on aperçut dans le ciel un météore igné, et une vache proféra des paroles; à Minturnes, durant les mêmes jours, le ciel parut embrasé. A Réate, il plut des pierres. A Cumes, dans la citadelle, la statue d'Apollon pleura continuellement pendant pendant 3 jours et 3 nuits. A Rome, dans le temple de la Fortune, plusieurs personnes virent un serpent à crinière. Un rameau sortit du sol dans une place publique. Il plut du sang pendant le jour. A Frégelles, dans la maison de L. Atréus, une lance qu'il avait achetée pour son fils, alors soldat, jeta des flammes en plein jour pendant plus de 2 h, sans que le feu lui fît éprouver aucun dommage. Ces prodiges donnèrent lieu à des prières publiques ; ensuite on fit, autour de tous les endroits consacrés au culte divin, des sacrifices dans lesquels on immola de grandes victimes. Le roi Persée combattit avec succès dans la Thrace, après avoir vaincu les Dardaniens et subjugué les Illyriens.

-167

Q. æemilio Peto, M. Julio, coss.

Romæ aliquot loca sacra, profanaque cœlo tacta [Il faudrait e cœlo ou de cœlo]. Anagniæ terra pluit ; Lavinii fax ardens in cœlo visa [Tite-Live dit simplement : Fax in cœlo visa erat] ; Calatiæ in agro publico per triduum et duas noctes sanguis manavit [Sous-entendu e terra]. Rex Illyrici Gentius, et Macedoniæ Perses, devicti. [Nisard 9] [Verger 70] [11]

Sous les consuls Q. émilius Petus et M. Julius [An de Rome 587]

A Rome, plusieurs lieux sacrés et profanes furent frappés de la foudre. A Anagnie, il plut de la terre. A Lanuvie, on vit dans le ciel une torche ardente. A Calatie, dans un champ public, il sortit du sang de la terre pendant 3 jours et 2 nuits. Gentius, roi d'Illyrie, et Persée, roi de Macédoine, firent vaincus.

-166

M. Marcello, P. Sulpitio, coss.

In Campania multis locis terra pluit ; in Prænestino [sous-entendu agro] cruenti ceciderunt imbres ; Veienti lana ex arboribus nata ; Terracinæ in æde Mineruæ mulieres tres, quæ operatæ sedebant, fulmine exanimatæ. Ad lucum Libitinæ in statua equestri ænea, ex ore et pede [de qui ? Est-ce du cavalier ou du cheval ? voilà ce que l'auteur ne nous dit pas. Des commentateurs pensent qu'il faudrait lire ex ore et pede equi, et que ce dernier mot existant primitivement, aura été omis par les copistes] aqua manavit diu. Galli Ligures deleti. Comitia quum ambitiosissime [c'est-à-dire cum magno ambitu] fierent, et ob hoc senatus in Capitolio haberetur, milvus volans, mustelam raptam de cella Jovis, in medio consessu patrum misit ; sub idem tempus, ædes Salutis de cœlo tacta ; in colle Quirinali sanguis terra manavit ; Lanuvii fax in cœlo nocte conspecta ; fulmine pleraque discussa [peut-être faudrait-il lire decussa, expression fréquemment employée par l'auteur en pareil cas] ; Cassini et sol per aliquot horas noctis visus. Theani Sidicini puer cum quatuor manibus, et totidem pedibus natus. Urbe lustrata, pax domi forisque fuit. [Nisard 10] [Verger 71] [12]

Sous les consuls M. Marcellus et P. Sulpitius [An de Rome 588]

Il plut de la terre en divers endroits de la Campanie. Au territoire de Préneste, il tomba des pluies de sang. Chez les Véiens, il vint de la laine à des arbres. Dans le temple de Minerve, à Terracine, 3 femmes, qui se tenaient assises après avoir sacrifié, furent tuées par la foudre. Dans le bois de la déesse Libitine, une statue équestre en airain jeta longtemps de l'eau par la bouche et par les pieds. Les Gaulois Liguriens furent taillés en pièces. Pendant qu'on tenait les comices, qu'on y briguait les honneurs avec une extrême avidité, et qu'à cette occasion le sénat était réuni au Capitole, un milan, en volant, laissa tomber, au milieu de l'assemblée des sénateurs, une belette qu'il avait prise dans le sanctuaire de Jupiter. Vers le même temps, la foudre frappa le temple de la déesse Sakis. Sur le mont Quirinal, on vit du sang sourdre de la terre. A Lanuvium, pendant la nuit, on aperçut, dans le ciel, un météore igné, et la foudre fracassa plusieurs objets. A Cassine, on aperçut le soleil, pendant la nuit, l'espace de quelques heures. A Théane Sidicin, un enfant vint au monde avec 4 mains et autant de pieds. On purifia la ville, et la paix se maintint au dedans et au dehors.

-165

Cn. Octavio, T. Manlio, coss.

Pestilentia fameque ita laboratum, ut ex Sibyllinis populus circa compita, sacellaque operaturus sederit ; in æde Penatium valuæ nocte sua sponte adapertae, et lupi Exquiliis, et in Colle Quirinali meridie apparuerunt, exagitatique fuerunt : Urbe lustrata, nihil triste accidit. [Nisard 11] [Verger 72] [13]

Sous les consuls Cn. Octavius et T. Manlius [An de Rome 589]

La peste et la famine causèrent une telle désolation, que, d'après le conseil des livres Sibyllins, le peuple se mit en station dans les carrefours et autour des sacellums, pour offrir des sacrifices. Les portes du temple des dieux Pénates s'ouvrirent d'elles-mêmes pendant la nuit. Sur le mont Esquilin et sur le mont Quirinal, apparurent, en plein midi, plusieurs loups, qui furent poursuivis. La ville ayant oté purifiée, on n'eut à déplorer aucun accident fâcheux.

-163

T. Graccho, M. Juventio, coss.

Capuæ noctæ sol visus ; in agro Stellati fulgure ueruecum de grege pars exanimata; Terracinæ pueri trigemini nati ; Formiis duo soles interdiu visi ; coelum arsit ; Concii homo ex speculo acie orta [Endroit corrompu. Lisez face orta] combustus ; Gabiis lacte pluit ; fulmine pleraque decussa in Palatio ; in templum Victoriæ cygnus illapsus, per manus capientium effugit ; Priverni puella sine manu nata ; in Cephalenia turba in cœlo cantare visa [Comment voir cela, dans le ciel surtout ? Il est probable qu'il faut lire constare visa] ; terra pluit ; procellosa tempestate tecta diruta, stragesque agrorum facta ; crebro fulminavit ; nocte species solis Pisauri adfulsit ; Caere porcus humanis manibus et pedibus natus; et pueri quadrupedes, et quadrumanes nati ; ad forum Esii [Il faudrait : In foro Esii] bovem flamma ex ipsius ore nata non laesit. [Nisard 12] [Verger 73] [14]

Sous les consuls T. Gracchus et M. Juventius [An de Rome 591]

A Capoue, on vit le soleil pendant la nuit. Au territoire de Stellate, une partie d'un troupeau de moutons fut tuée par la foudre. A Terracine, 3 enfants naquirent d'une même couche [Il n'y a rien de bien prodigieux à ce qu'une femme ait eu 3 enfants à la fois. Les 3 Horaces étaient nés d'une même couche, ainsi que les 3 Curiaces ; et cependant personne, chez les romains, ne songea, en aucun temps, à citer cela comme un événement extraordinaire. Il faut croire qu'ici le texte est altéré]. A Formies, on vit 2 soleils pendant le jour. Le ciel parut en feu. A Conce [on ignore où était cette ville. Quelques-uns la croient la même que Consa, dont il est fait mention au paragraphe 76], un homme fut brûlé par un rayon sorti d'un miroir. A Gahies, il plut du lait. La foudre fit beaucoup de ravages sur le mont Palatin. Un cygne, tombé dans le temple de la Victoire, s'échappa des mains de ceux qui le prenaient. A Priverne, une fille naquit sans mains. Dans l'île de Céphalénie, on vit au ciel une troupe qui chantait en choeur. Il plut de la terre. Plusieurs toits furent renversés par une violente tempête, qui causa aussi beaucoup de dégâts dans les campagnes. La foudre tomba fréquemment. A Pisaure, une espèce de soleil brilla pendant la nuit. A Géré, il naquit un porc ayant des pieds et des mains d'homme ; il naquit aussi des enfants ayant 4 pieds et 4 mains. Sur la place d'Esium, un boeuf jeta de la flamme par la bouche, sans que son corps en fût atteint.

-162

P. Scipione Nasica, Gn. Martio, coss.

Anagniæ coelum nocte arsit ; fulmine pleraque decussa. Frusinone bos loquutus; Reate mulus tripes natus. Gn. Octauius legatus in Syria per Lysiam, tutorem Antiochi pueri [c'est-à-dire Antiochi regis, tunc adhuc pueri], in gymnasio occisus. [Nisard 13] [74] [15]

Sous les consuls P. Scipion Nasica et Gn. Martius [An de Rome 592]

A Anagnie, le ciel s'embrasa pendant la nuit ; beaucoup d'objets furent détruits par la foudre. A Frusinone, un boeuf parla. A Réate, il naquit un mulet n'ayant que 3 pieds. Gn. Octavius, ambassadeur en Syrie, fut tué dans un gymnase par Lysias, tuteur du jeune Antiochus.

-156

L. Lentulo, Q. Martio, coss.

Procellosa tempestate in Capitolio ædes Jovis, et circa quassata ; pontis maximi tectum cum columnis in Tyberim dejectum ; in circo Flaminio porticus inter aedem Junonis Reginæ, et Fortunæ tacta [sous-entendu fulmine], et circa aedificia pleraque dissipata ; taurus ad immolationem quum duceretur, ob hæc ipsa [ces mots sont forts obscurs. Des commentateurs proposent adhuc ipse] corruit. Dalmatæ Scordis [Il faudrait : Dalmatae Scordisci] superati. [Nisard 14] [Verger 75] [16]

Sous les consuls L. Lentulus et Q. Martius [An de Rome 598]

Au Capitole, une tempête violente ravagea le temple de Jupiter et ce qui l'entourait. La couverture du grand pont [On ignore quel était ce pont. Publius Victor, dans son énumération des ponts du Tibre, n'en fait point mention] fut renversée dans le Tibre, ainsi que ses colonnes. Dans le cirque Flaminien, le portique qui se trouvait entre le temple de Junon la Reine et celui de la Fortune, fut frappé de la foudre, qui fracassa la plupart des édifices situés aux environs. Dans cette circonstance, un taureau, que l'on conduisait pour être immolé, tomba en chemin. On défit les Dalmates Scordisques.

-154

L. Opimio, Q. Posthumio, coss.

In provinciam proficiscens [c'est-à-dire profecturus] Posthumius consul, quum immolaret, in plurimis victimis caput in jocinore non invenit, profectusque, post diem septimum aeger Romam relatus, exspiravit ; Consæ arma in cœlo volare visa ; fulmine pleraque decussa. A Gallis, et a Lusitanis Romani per arma graviter vexati. [Nisard 15] [Verger 76] [17]

Sous les consuls L. Opimius et Q. Posthumius [An de Rome 600]

Comme le consul Posthumius, avant son départ pour sa province, offrait un sacrifice, il ne trouva point de lobe au foie de plusieurs victimes. Sept jours après qu'il se fut mis en route, on le rapporta malade à Rome, et il mourut. A Consa, on vit des armes voler dans le ciel, et beaucoup d'objets furent renversés par la foudre. Les Gaulois et les Lusitaniens firent éprouver aux Romains
des pertes considérables.

-152

M. Cl. Marcello, L. Valerio Flacco, coss.

Turbinis vi in Campo [sous-entendu Martio] columna ante aedem Jovis decussa, cum signo aurato; quumque aruspices respondissent, magistratuum et sacerdotum interitum fore, omnes magistratus se protinus abdicaverunt [sous-entendu magistratu suo]. Quod Ariciæ lapidibus pluerat, ita supplicatio habita [Le mot ita ne convient nullement ici. Il y a lieu de supposer que la phrase existait primitivement de la manière suivante : Quod Ariciæ lapidibus pluerat, supplicatio habita, item, quod Romæ] ; quod Romæ multis locis species togarum [Au lieu de togarum, il faut évidemment lire togatorum, c'est-à-dire hominium cum togis ambulantium] visæ, appropinquantium oculos eludebant. In Lusitania varie, in Gallia prospere pugnatum. [Nisard 16] [Verger 77] [18]

Sous les consuls M. Cl. Marcellus et L. Valerius Flaccus [An de Rome 602]

Au Champ de Mars, devant le temple de Jupiter, une colonne et une statue dorée furent renversées par un violent coup de vent. Les aruspices ayant répondu que les magistrats et les prêtres devaient périr dans peu de temps, tous les magistrats se démirent incontinent de leurs charges. On fit des prières publiques, tant parce qu'il avait plu des pierres à Aricie, que parce qu'en plusieurs endroits de Rome on avait vu des simulacres de toges qui disparaissaient aussitôt qu'on en approchait. On combattit en Lusitanie avec des chances diverses, et en Gaule avec succès.

-148

Spurio Posthumio, L. Pisone, coss.

Vasto incendio Romæ quum regia quoque ureretur, sacrarium, et ex duabus altera laurus, ex medis ignibus inuiolatæ steterunt. Pseudophilippus devictus. [Nisard 17] [Verger 78] [19]

Sous les consuls Spurius Posthumius et L. Pison [An de Rome 606]

Au milieu d'un vaste incendie qui exerça ses ravages dans Rome, le palais [Quel palais ? Publius Victor en cite 3 : celui de Tullus Hostilius, dans la 2ème région de Rome ; celui de Servius Tullius, dans la 4ème, et celui de Numa, dans la 8ème. Il est présumable toutefois qu'il s'agit ici de celui de Tullus Hostilius, parce qu'il était le seul qui renfermât un temple] étant devenu la proie du feu, le sacrarium et un des 2 lauriers qui étaient auprès demeurèrent entiers au milieu des flammes. Le faux Philippe fut vaincu.

-147

P. Africano, et Laelio, coss.

Amiterni puer tribus pedibus, una manu natus ; Romæ et circa fulmine plerique icta; Caere sanguinis rivi terra fluxerunt [pour e terra fluxerunt], et nocte coelum ac terra ardere visum [cet endroit est vicieux. Il faudrait visa, et non pas visum, à moins qu'on ne suppose que les mots ac terra ne soient ici de trop] ; Frusinone aurum sacrum mures adroserunt ; Lanuvii inter horam tertiam et quintam duo discolores circuli solem cinxerunt, rubente alter, alter candida linea ; stella arsit per dies triginta duos. Et quum Carthago obsideretur, in captiuos Romanorum per Hasdrubalem barbaro more saeuitum. Mox Carthago per Aemilianum diruta. [Nisard 18] [Verger 79] [20]

Sous les consuls P. Scipion l'Africain et Laits [An de Rome 607]

A Amiterne, un enfant naquit avec 3 pieds et une seule main. A Rome et aux environs, beaucoup d'objets furent frappés de la foudre. A Géré, des ruisseaux de sang sortirent du sol, et, pendant la nuit, le ciel et la terre parurent embrasés. A Frusinone, des rats rongèrent de l'or consacré aux dieux. A Lanuvium, entre la 3ème et la 5ème h, 2 cercles d'une couleur différente, l'un rouge et l'autre blanc, entourèrent le Soleil. Une étoile brilla 32 jours de suite [il s'agit sans doute d'une comète]. Pendant le siége de Carthage, Asdrubal exerça une barbare cruauté envers les prisonniers romains. Bientôt après, Emilien détruisit Carthage.

-143

Appio Claudio, P. Metello, coss.

Amiterni puer tribus pedibus natus ; Cauræ sanguinis rivi e terra fluxerunt. Quum a Salassis illata clades esset Romanis, decemuiri pronuntiauerunt, se inuenisse in Sibyllinis, quoties bellum Gallis illaturi essent, sacrificari in eorum finibus oportere. [Nisard 19] [Verger 80] [21]

Sous les consuls Appius Claudius et P. Metellus [An de Rome 611]

A Amiterne, un enfant naquit avec 3 pieds. A Caure, des ruisseaux de sang sortirent de terre. Les Salasses ayant fait éprouver une défaite aux Romains, les décemvirs déclarèrent avoir trouvé dans les livres Sibyllins que, toutes les fois qu'on serait sur le point de faire la guerre aux Gaulois, il fallait sacrifier sur leurs frontières.

-142

L. Metello, Q. Fabio Maximo, coss.

Fames et pestilentia quum essent, per decemviros supplicatum ; Lunæ androgynus natus, præcepto aruspicum in mare deportatus ; tanta fuit Lunensibus pestilentia, ut jacentibus in publicum [pour in publico] passim cadaveribus, qui funerarent, defuerint. In Macedonia exercitus Romanus proelio uexatus ; adversus Viriatum dubie dimicavit. [Nisard 20] [Verger 81] [22]

Sous les consuls L. Metellus et L. Fabius Maximus [An de Rome 612]

La famine et la peste régnant à la fois, des prières furent adressées aux dieux par les décemvirs. Un hermaphrodite naquit à Luna ; il fut précipité dans la mer par ordre des aruspices. Les habitants de cette ville furent attaqués d'une peste si affreuse, qu'il n'en resta pas assez pour donner la sépulture aux cadavres épars de tous côtés sur la voie publique. L'armée romaine, après avoir éprouvé un échec en Macédoine, combattit contre Viriate avec un succès douteux.

-140

Gn. Caepione, C. Laelio, coss.

Præneste et in Cephalenia signa de cœlo cecidisse visa ; mons ætna ignibus abundavit [c'est-à-dire ignem copiosum evomuit] ; prodigium majoribus hostiis quadraginta expiatum. Annus pacatus fuit, Viriato uicto. [Nisard 21] [Verger 82] [23]

Sous les consuls Gn. Cepion et C. Lelius [An de Rome 614]

A Préneste et dans l'île de Céphalénie, on vit des étendards tomber du ciel. Le mont Etna jeta des flammes en abondance. En expiation de ce prodige, on immola quarante grandes victimes. Viriate ayant été vaincu, on fut tranquille tout le reste de l'année.

-137

M. Aemilio, C. Hostilio Mancino, coss.

Quum anuuii auspicarentur, pulli e cavea in silvam Laurentinam evolarunt, neque inventi sunt. Præneste fax ardens in cœlo visa. Sereno intoniuit. Tarracinæ M. Claudiper prætor in nave fulmine [sous-entendu ictus] conflagravit. Lacus Fucinus per millia passuum quinque quoquoversum inundavit. In Græcostasi, et comitio, sanguine fluxit. Exquiliis equuleus cum quinque pedibus natus. Fulmine pleraque decussa. Hostiliius Mancinus consul in portu Herculis quum conscenderet navem, petens Numantiam, vox improviso audita : "Mane Mancine." Quumque egressus, postea navem Genuæ conscendisset, anguis in navi inventus, e manibus effugit ; ipse consul devictus, mox Numantinis deditus. [Nisard 22] [Verger 83] [24]

Sous les consuls M. émilius et C. Hostilius Mancinus [An de Rome 617]

A Lanuvium, pendant qu'on prenait les auspices, les poulets s'échappèrent de leur cage, s'envolèrent dans la forêt de Laurente, et il ne fut pas possible de les retrouver. A Préneste, on vit dans le ciel un météore igné. Il tonna par un temps serein. A Terracine, le préteur M. Claudius fut brûlé par la foudre sur un vaisseau. Le lac Fucin déborda de tous côtés à une distance de 5 milles. Du sang coula dans le Grécostase [lieu où séjournaient les ambassadeurs des nations étrangères, en attendant que le sénat leur donnât audience] et dans le comice. Au mont Esquilin, un poulain naquit avec 5 pieds. La foudre causa des dommages dans beaucoup d'endroits. Comme le consul Hostilius Mancinus s'embarquait au port d'Hercule pour aller à Numance, une voix se fit entendre tout à coup et dit : Demeure, Mancinus ! Etant alors sorti du navire, et étant allé à Gênes s'embarquer de nouveau, on trouva, dans le vaisseau, un serpent que l'on saisit, et qui parvint à s'échapper. Bientôt après, ce consul, ayant éprouvé une défaite, fut contraint de se rendre aux Numantins.

-136

L. Furio, Atilio Serrano, coss.

Rhegium paene totum incendio consumptum sine ullo humanæ fraudis, aut negligentiæ uestigio. Puer ex ancilla quatuor pedibus, manibus, oculis, auribus, et duplici obsceno natus. Puteolis in aquis calidis rivi manarunt sanguine. Fulmine pleraque dejecta. Puer aruspicum jussu crematus, cinisque ejus in mare dejectus. Ab Achaeis exercitus Romanus caesus. [Nisard 23] [Verger 84] [25]

Sous les consuls L. Furius et Atilius Serranus [An de Rome 618]

Rhège fut presque entièrement réduite en cendres par un incendie dont on ne put attribuer la cause à la malveillance ni à la négligence de personne. Une servante mit au monde un enfant ayant 4 pieds, 4 mains, 4 yeux, 4 oreilles, et les parties naturelles doubles. A Putéoles, il coula du sang parmi des ruisseaux d'eaux chaudes. La foudre exerça ses ravages en beaucoup d'endroits. On brûla l'enfant [L'enfant-monstre] par ordre des aruspices, et l'on jeta ses cendres dans la mer. L'armée romaine fut taillée en pièces par les Achéens.

-135

Seruio Flacco, Q. Calpurnius, coss.

Mons Aetna majoribus solito arsit ignibus. Romæ puer solidus posteriore naturæ parte genitus. Bononiæ fruges in arboribus natae. Bubonis vox primum in Capitolio, dein circa urbem audita. Quæ avis, praemio posito, ab aucupe capta, combustaque; cinis ejus in Tyberim dispersus [c'est-à-dire sparsus, conjectus]. Bos loquutus. In Numantia [l'auteur aurait dû écrire ad Numantiam] res male gestæ ; exercitus Romanus oppressus. [Nisard 24] [Verger 85] [26]

Sous les consuls Servius Flaccus et Q. Calpurnius [An de Rome 619]

Le mont Etna lança plus de flammes que de coutume. A Rome, un enfant naquit sans fondement. A Bononie, des arbres produisirent des épis de blé. On entendit la voix d'un hibou d'abord dans le Capitole, et ensuite aux environs de la ville. Une récompense ayant été promise, un oiseleur prit cet oiseau, que l'on brûla, et dont on dispersa les cendres dans le Tibre. Un boeuf parla. A Numance, les affaires allèrent mal ; l'armée romaine éprouva des revers.

-134

P. Africano, C. Fuluio, coss.

In Amiterno sol noctu visus, eiusque lux aliquanditerum fuit visa. Bos loquutus, et nutritus publice. Sanguine pluit. Anagniæ suo tunica arsit, et intermortuo [c'est-à-dire exstincto, cessante] igne, nullum flammæ apparuit vestigium. In Capitolio nocte avis [quel oiseau ? Il faut probablement lire nocte noctua avis] gemitus similes hominis dedit [pour edidit]. In æde Junonis Reginæ scutum Ligusticum fulmine tactum. Fugitivorum bellum in Sicilia exortum. Conjuratione servorum Italia oppressa. [Nisard 25] [Verger 86] [27]

Sous les consuls P. Africanus et C. Fulvius [An de Rome 620]

A Amiterne, le soleil parut au milieu de la nuit, et sa lumière brilla pendant quelque temps. Un boeuf parla, et fut nourri aux frais du trésor public. Il plut du sang. A Anagnie, la tunique d'un esclave brûla ; et, après l'entière extinction du feu, on ne découvrit aucune trace de la flamme. Au Capitole, pendant la nuit, un oiseau poussa des gémissements semblables à ceux d'un homme. Dans le temple de Junon la Reine, la foudre frappa un bouclier ligurien. Une guerre de fugitifs s'alluma dans la Sicile. L'Italie souffrit beaucoup de la conjuration des esclaves.

-133

P. Mucio L. Pisone coss.

Tiberius Gracchus legibus ferendis occisus. Proditum est memoriæ, Tiberium Gracchum, quo die periit, tristia neglexisse omina, quum domi, et in Capitolio sacrificanti dira portenderetur, domoque exiens, sinistro ad limen offenso pede, decusserit [c'est-à-dire luxaverit] pollicem, et corvi fragmentum tegulæ ante pedes ejus projecerunt ex stillicido. In lacu Romano lacte rivi manarunt. Lunæ terra quatuor jugerum spatio in profundum abiit, et mox de cauerna lacum reddidit. Ardeæ terra pluit. Minturnis lupus vigilem laniavit, et inter tumultum effugit. Romæ bubo et alia avis ignota visa. In æde Junonis Reginae, clausis per biduum valvis, infantis vox audita. Scuta novo sanguine maculata. Puella quadrupes nata. In agro Ferentino androgynus natus, et in flumen dejectus. Virgines ter novenæ canentes, Urbem lustraverunt. [Nisard 25] [Verger 86] [27a]

Tiberius Gracchus fut tué en promulguant des lois. On rapporte de lui, que, le jour, de sa mort, il n'avait pas fait attention à ces présages sinistres : il avait offert, tant chez lui qu'au Capitole, des sacrifices accompagnés de funestes pronostics ; en sortant de sa maison, il avait heurté du pied gauche le seuil de la porte, et s'était foulé le pouce ; enfin, des corbeaux avaient jeté, de l'extrémité d'un toit, un fragment de tuile devant ses pieds. Des ruisseaux de lait coulèrent dans le lac Romain [on pense qu'il n'est autre que celui que Sextus Rufus appelle lacus Publicus, et qui se trouvait dans la 1ère région de Rome]. A Luna, un espace de terre de 4 arpents s'abîma, et un lac remplit incontinent le gouffre. Il plut de la terre à Ardée. A Minturnes, un loup déchira une sentinelle, et s'enfuit au milieu du tumulte. A Rome, on vit un hibou et un oiseau inconnu. Dans le temple de Junon la Reine, quoique les portes fussent fermées, on entendit pendant 2 jours la voix d'un enfant. On trouva des boucliers tachés d'un sang fraîchement versé [du sang autre que celui dont ces boucliers avaient été couverts dans les combats]. Une fille naquit avec 4 pieds. Au territoire de Ferentinum, naquit un androgyne qu'on jeta dans la rivière. 27 jeunes filles parcoururent la ville en chantant des chants expiatoires.
-132

P. Popillio P. Rupilio coss.

In Italia multa millia servorum, quæ conjuraverunt, aegre comprehensa, et supplicio consumpta. In Sicilia fugitivi Romanos exercitus necauerunt. Numantia diruta. [Nisard 25] [Verger 86] [27b]

En Italie, plusieurs milliers d'esclaves, qui avaient conjuré, furent arrêtés, non sans peine, et punis du dernier supplice. En Sicile, les fugitifs taillèrent en pièces les armées romaines. On détruisit Numance.
-130

Appio Claudio, M. Perpenna, coss.

Reate mulus cum quinque pedibus natus. Romæ in Græcostasi lacte pluit. Lupus et canis Ostiæ pugnantes, fulmine exanimati. Grex ovium in Apulia ; prætor populi Romani [que faisait là le préteur du peuple romain, avec un troupeau de moutons ? Comme il existait des troupeaux appartenant à la République, il est probable qu'on doit lire pastor populi Romani] uno ictu fulmine exanimatus. Terracinæ sereno navis velum fulmine tactum, in aquas dejectum ; et impensas omnes [ces mots n'ont aucun sens. Un commentateur propose de leur substituer res impositas omnes], quæ ibi erant, ignis absumpsit. Publius Crassus adversus Aristonicum dimicans, occisus. Apollinis simulacrum lacrymauit per quatriduum. Vates portenderunt, Graeciæ fore exitium, unde deductum esset. Sacrificatum tum a Romanis, donaque in templo posita. Phrygia recepta. Asia Attali testamento legata Romanis. Antiocho, regi Syriae, ingenti exercitu dimicanti [pour dimicaturo], hirundines in tabernaculo nidum fecerunt : quo prodigio neglecto, proelium commisit, et a Parthis occisus est. [Nisard 26] [Verger 87] [28]

Sous les consuls Appius Claudius et M. Perpenna [An de Rome 624]

A Réate, il naquit un mulet avec 5 pieds. A Rome, il plut du lait dans le Grécostase. A Ostie, un loup et un chien, aux prises ensemble, furent tous 2 tués par la foudre, qui tua aussi d'un même coup, dans l'Apulie, un troupeau de moutons et le préteur du peuple romain. A Terracine, par un temps serein, la foudre toucha la voile d'un navire, qui fut jetée dans l'eau, et tout ce qu'il y avait dans le navire fut consumé par le feu. Publius Crassus périt dans un combat contre Aristonicus. La statue d'Apollon répandit des larmes pendant 4 jours : les devins en tirèrent le présage de la destruction de la Grèce, d'où cette statue avait été apportée. Les Romains offrirent alors des sacrifices, et des offrandes furent déposées dans le temple. On recouvra la Phrygie. Attale, par son testament, légua l'Asie aux Romains [Attale avait légué ses états aux romains 4 ans auparavant ; mais ce fut cette année qu'ils en prirent possession, après la défaite d'Aristonicus]. Tandis qu'Antiochus, roi de Syrie, était sur le point de combattre à la tête d'une grande armée, des hirondelles firent leur nid dans sa tente : n'ayant tenu aucun compte de ce prodige, il livra bataille et fut tué par les Parthes.

-129

C. Sempronio M'. Aquilio coss.

M. Fuluii Flacci triumviri dissensione in legibus ferendis, angues duo nigri in cella Mineruæ allapsi, civilem cædem portenderunt. [Nisard 25] [Verger 87] [28a]

Pendant la dissension que fit naître la proposition de certaines lois par le triumvir M. Fulvius Flaccus, 2 serpents noirs sortirent du sanctuaire de Minerve, et présagèrent la guerre civile.

Cn. Octavio, T. Annio Rufo, coss.

Multa intra et extra Urbem de cœlo tacta. Reate mula peperit. Frusinone ex ancilla puer biceps natus, fax ardens in cœlo visa, et bubonis vox in urbe audita. Caere sanguine pluit, ac gallus gallinaceus quinque pedibus inventus. Bella inter Antiochum, Syriæ regem, et Phraartem, Parthorum rmm, gesta sunt. Et res turbidæ Aegypitorum: Ptolemaeus enim Euergetes, ob nimiam crudelitatem suis inuisus, incensa a populo Rom. regia, clam in Cyprum profugit. Et, quum sorori ejus Cleopatrae, quam ejus filia virgine per vim compressa, et in matrimonium ducta, repudiauerat, regnum a populo datum esset, infensus, filium, quem ex ea habebat, in Cypro occidit, caputque ejus, manus item et pedes, matri misit. [Nisard 27] [Lycosthènes < Verger 88]

Sous les consuls Cu. Octavius et T. Annius Rufus [An de Rome 626]

La foudre frappa une foule d'objets, tant au dedans qu'au dehors de Rome. A Réate, une mule mit bas. A Frusinone, une servante mit au monde un enfant ayant 2 têtes ; on vit dans le ciel un météore igné, et, dans la ville, on entendit la voix d'un hibou. A Géré, il plut du sang, et l'on trouva un coq qui avait 5 pattes. Des guerres eurent lieu entre Antiochus, roi de Syrie, et Phraarte, roi des Parthes. Des troubles s'élevèrent chez les égyptiens : Ptolémée évergète, devenu odieux à ses sujets à cause de son excessive cruauté, eut son palais incendié par les Romains, et s'enfuit secrètement en Cypre. Irrité de ce que le peuple avait donné la couronne à sa soeur Cléopâtre, qu'il avait répudiée pour épouser sa fille, dont il avait joui par violence, il tua en Cypre le fils qu'il avait eu d'elle, et envoya à la mère la tête, les mains et les pieds de l'enfant.

-126

M. Aemilio, Lucio Aurelio, coss.

Nocturna tempestate in Capitolio aliquot templa concussa sunt. Romæ et circa, fulmine pleraque dejecta sunt. Aetna mons terræ motu ignes super verticem late diffudit, et ad insulam Liparas [Liparam serait préférable] mare efferbuit, et quibusdam adustis navibus vapore plerosque navales exanimavit : piscium vim magnam exanimem dispersit, quos Liparenses avidius epulis appetentes, contaminatione ventris consumpti, ita ut nova pestilentia vastarentur insulae [Quelles îles autres que celle Lipare, puisque les Lipariens seuls avaient mangé de ces poissons corrompu ? Nous sommes donc de l'avis de ceux qui proposent vastaretur insula]. Quod prodigium aruspicum responso, seditionem, quæ post tempora patuit, portendit. [Nisard 28] [Verger 89] [29]

Sous les consuls M. Emilius et Lucius Aurelius [An de Rome 628]

Pendant la nuit, une tempête ébranla plusieurs temples au Capitole. A Rome et dans les environs, la foudre renversa divers objets. Le mont Etna, par l'effet d'un tremblement de terre, couvrit de ses feux toute sa cime ; et, aux environs de l'île de Lipare, la mer bouillonna si fort que plusieurs navires furent brûlés, et la plupart des matelots étouffés par la vapeur : elle déposa, en divers endroits du rivage, une grande quantité de poissons morts ; et comme les Lipariens en mangèrent avec avidité, ils furent atteints d'une dysenterie mortelle, en sorte qu'un nouveau genre de peste ravagea les îles. D'après la réponse des aruspices, ce prodige présageait une sédition, qui éclata en effet quelque temps après.

-125

P. Plautio, M. Fuluio, coss.

In arboribus fruges natæ sunt. Oleo et lacte in Veiente [sous-entendu agro] pluit. Bubo in Capitolio visus. Arpis lapideus imber triduo apparuit. Locustarum ingentia agmina [phrase obscure, irrégulière, et sans doute altérée] in Africa, quæ a vento in mare dejectae, fluctibusque ejectae, odore intolerabili Cyrenis mortifero vapore grauem pestilentiam fecerunt pecori ; hominumque DCCC millia consumpta tabe, proditum est. Fregellae, quæ adversus Romanos conjuraverunt, dirutae. Ligures Sallyes trucidati. [Nisard 29] [Verger 90] [30]

Sous les consuls P. Plautius et M. Fulvius [An de Rome 629]

Des arbres produisirent des épis de blé. Au territoire de Véies, il plut du lait et de l'huile. Un hibou fut aperçu dans le Capitole. A Arpi, il plut des pierres pendant 3 jours. En Afrique, parut une prodigieuse quantité de sauterelles qui, poussées dans la mer par les vents et rejetées ensuite par les flots, répandirent à Cyrène une odeur insupportable et une vapeur mortifère dont il résulta une grave épizootie ; et l'on rapporte que 800 000 personnes en périrent aussi. On rasa entièrement Frégelles, qui avait conjuré contre les Romains. Les Liguriens Sallyes furent taillés en pièces.

-124

C. Cassio Longino, C. Sextilio, coss.

In Græcostasi lacte pluit ; fulmine Crotonæ grex ovium cum cane [sous-entendu pastorio], et tribus pastoribus exanimatus ; Saturæ vitulus biceps natus. Tumultus in Urbe fuit, Graccho leges ferente. [Nisard 30] [Verger 91] [31]

Sous les consuls C. Cassius Longinus et C. Sextilius [An de Rome 630]

Dans le Grécostase, il plut du lait. A Crotone, un troupeau de moutons, un chien et 3 bergers furent tués par la foudre. A Sature, un veau naquit avec 2 têtes. Il y eut du trouble dans Rome, à l'occasion des lois que Gracchus voulait faire promulguer.

-122

Gn. Domitio, C. Fannio, coss.

In foro Vessano [Vessa était une petite ville peu connue de la Sicile. Ce n'est probablement pas d'elle qu'il s'agit ici. Il faudrait peut-être lire in foro Suessano] androgynus natus, in mare delatus est ; in Gallia tres soles, et tres lunæ visæ ; vitulus biceps natus ; Bubo in Capitolio visus, et ex incendio Catena consumpta. Sallyes et Allobroges devicti. [Nisard 31] [Verger 92] [32]

Sous les consuls Gn. Domitius et C. Fannius [An de Rome 632]

Sur la place de Vessa, naquit un androgyne qu'on jeta à la mer. En Gaule, on vit 3 soleils et 3 lunes. Il naquit un veau à 2 têtes. Un hibou se fit voir dans le Capitole, et une chaîne [l'auteur ne dit pas si cette chaîne était de fer] fut consumée dans un incendie. Les Sallyes et les Allobroges furent vaincus.

-121

L. Opimio, Q. Fabio Maximo, coss.

Grex luporum limites, qui in agrorum divisione per C. Gracchum depositi [pour positi, locati] erant, dissipavit. Ipse Gracchus in Aventino occisus. [Nisard 32] [Verger 93] [33]

Sous les consuls L. Opimius et Q. Fabius Maximus [An de Rome 633]

Un troupeau de loups dispersa les bornes qui avaient été placées par C. Gracchus, lors du partage des terres. Gracchus lui-même fut tué sur le mont Aventin.

-119

L. Aurelio, et L. Caecilio, coss.

Androgynus in agro Romano annorum octo inventus, et in mare deportatus ; virgines ter novenæ in Urbe cantarunt. [Nisard 33] [Verger 94] [34]

Sous les consuls L. Aurelius et L. Cécilius [An de Rome 635]

Dans le territoire de Rome, on trouva un androgyne âgé de 8 ans, et on le jeta à la mer. 27 jeunes filles parcoururent la ville en chantant des chants expiatoires.

-118

M. Catone, Q. Martio, coss.

Catone consule immolante exta tabuerunt; caput jocinoris inventum non est; lacte pluit; terra cum mugitu tremuuit; examen apum in foro consedit. Sacrificium ex Sibyllinis [Cette phrase renferme 2 ellipses. Après sacrificium, il faut sous-entendre decretum ou oblatum ; après sibylinnis, il faut sous-entendre libris. Peut-être, au lieu de sacrificium, serait-il mieux de lire sacrificatum]. [Nisard 34] [Verger 95] [35]

Sous les consuls M. Caton et Q. Martius [An de Rome 636]

Pendant un sacrifice qu'offrait le consul Caton, les entrailles de la victime se putréfièrent, et il ne se trouva point de lobe au foie. Il plut du lait. Il y eut un tremblement de terre, accompagné d'un mugissement. Un essaim d'abeilles vint s'abattre dans le Forum. On offrit un sacrifice d'après l'avis qu'en donnèrent les livres Sibyllins.

-117

L. Caecilio, L. Aurelio, coss.

Fulmine Romæ et circa pleraque tacta ; Praeneste lacte pluit; hastæ Martis in regia motae ; Priverni [c'est-à-dire aux environs de cette ville] terra septem jugerum spatio in cauerna desedit ; Saturniæ androgynus annorum decem inventus, et mari demersus : virgines viginti septem urbem carmine lustraverunt. Reliquum anni in pace fuit. [Nisard 35] [Verger 96] [36]

Sons les consuls L. Cécilius et L. Aurelius [An de Rome 637]

La foudre frappa quantité d'objets, tant à Rome que dans les environs. A Préneste, il plut du lait. Au palais [Voir la note de Verger 78. Quant aux lances de Mars, dont l'auteur a déjà fait mention dans Verger 60, elles étaient placées dans des temples et ailleurs, où elles étaient censées tenir lieu de statue du dieu], les lances de Mars s'agitèrent d'elles-mêmes. A Priverne, un espace de terre de 7 arpents s'abîma et forma un gouffre. A Saturnie, on trouva un androgyne âgé de 10 ans, et on le précipita dans la mer. 27 jeunes filles parcoururent la ville en chantant des chants expiatoires. Le reste de l'année se passa tranquillement.

-114

M. Acilio, C. Portio, coss.

Pompeius Elvius, eques Romanus, a ludis Romanis, quum in Apulia [il faut certainement lire ici in Apuliam] reverteretur, in agro Stellati filia ejus virgo, equo insidens, fulmine icta, exanimataque. Vestimento deducto [pour sublato], in inguinibus exerta lingua per inferiores locos, ut ignis ad os emicuerit [ces mots n'offrent pas un sens clair. Il faudrait ut ignis ab ore emicuerit] : responsum, infamiam uirginibus et equestri ordini portendi, quia equi ornamenta dispersa erant : tres uno tempore virgines vestales nobilissimæ cum aliquot equitibus Romanis incesti poenas subierunt : ædes Veneri Verticordiæ [mot composé de vertere corda, changer les coeurs. Les romains élevèrent à Vénus un temple sous ce nom, afin qu'elle inspirât aux femmes des penchants vertueux] facta. [Nisard 36] [Verger 97] [37]

Sous les consuls M. Acilius et C. Portius [An de Rome 640]

Pompeius Elvius, chevalier romain, revenant des jeux célébrés à Rome, s'en retournait en Apulie, et il arrivait dans le territoire de Stellate, lorsque sa fille, qui était à cheval, fut atteinte et tuée d'un coup de foudre. Quand on l'eut déshabillée, on trouva sa langue sortant par les parties naturelles, comme si le feu eût pénétré par la bouche. Les aruspices déclarèrent que cet événement présageait un grand déshonneur aux jeunes filles et à l'ordre équestre, attendu que les ornements qui couvraient le cheval avaient été dispersés. 3 vestales [æmilia, Licinia et Marcia] de familles fort illustres se rendirent en même temps coupables de fornication avec des chevaliers romains, et subirent, ainsi qu'eux, la punition de leur crime. Un temple fut construit à Vénus Verticordie.

-113

C. Caecilio, Gn. Papyrio, coss.

Albanus mons nocte ardere visus ; ædicula et signum de cœlo tacta ; ara Salutis interrupta ; terra in Lucanis et Priuernati late hiavit ; in Gallia coelum ardere visum. Cimbri, Teutonique Alpes transgressi, foedam stragem Romanorum sociorumque fecerunt. [Nisard 37] [Verger 98] [38]

Sous les consuls C. Cécilius et Gn. Papyrius [An de Rome 641]

Pendant la nuit, le mont Albain parut tout en feu. Plusieurs petits temples et une statue furent frappés de la foudre. L'autel de la déesse Salus se sépara en 2 parties égales. Dans la Lucanie et dans le territoire de Priverne, la terre présenta tout à coup de larges abîmes. Dans la Gaule, le ciel parut embrasé. Les Cimbres et les Teutons, ayant passé les Alpes, firent un affreux carnage des Romains et de leurs alliés.

-111

P. Scipione, L. Calpurnio, coss.

Maxima pars Urbis exusta cum æde Matris Magnæ ; lacte per triduum pluit, hostiisque expiatum majoribus. Jugurthinum bellum exortum. [Nisard 38] [Verger 99] [39]

Sous les consuls P. Scipion et L. Calpurnius [An de Rome 643]

Un incendie consuma la plus grande partie de la ville et le temple de la Mère des Dieux. Il plut du lait pendant 3 jours, et de grandes victimes furent immolées à cette occasion. Alors commença la guerre contre Jugurtha.

-108

C. Sergio Galba, M. Scauro, coss.

Avis incendiaria [les commentateurs ne sont pas fixés sur la signification de ces mots ; quelques-uns croient qu'on appelait ainsi un oiseau qui emportait des charbons de dessus un autel pendant un sacrifice], et bubo, in Urbe visæ ; in latomiis homo ab homine adesus ; ex Sibyllinis in insula Cimolia sacrificatum per triginta ingenuos patrimos et matrimos [sous-entendu pueros], totidemque virgines ; multa millia hominum, intumescente Pado, et stagno Arretino obruta ; bis lacte pluit ; Nursiæ gemini ex muliere ingenua nati, puella integris omnibus membris, puer a parte priore, alvo aperto, ita ut nudum intestinum conspiceretur, idem posteriore natura solidus natus, qui voce missa exspiravit. Contra Jugurtham prospere dimicatum. [Nisard 39] [Verger 100] [40]

Sous les consuls C. Sergius Galba et M. Scellais [An de Rome 646]

On vit dans Rome un oiseau incendiaire et un hibou. Dans les carrières, un homme fut dévoré par un autre homme. D'après l'avertissement des livres Sibyllins, trente jeunes garçons de condition libre, ayant tous père et mère, et autant de jeunes filles, sacrifièrent dans l'île de Cimolie. Plusieurs milliers d'hommes furent noyés par un débordement du Pô et de l'étang Arretin. Il plut 2 fois du lait. A Nursie, une femme de condition libre mit au monde 2 jumeaux : une fille, qui avait tous ses membres sains et entiers ; un garçon, dont le bas du ventre était tellement ouvert, qu'on lui voyait les intestins : cet enfant, qui n'avait point de fondement, expira après avoir poussé un cri. L'on combattit avec succès contre Jugurtha.

-106

Q. Seruilio Caepione, Atilio Serrano, coss.

Amiterni quum ex ancilla puer nasceretur, Aue dixit. In agro Perusino, et Romæ locis aliquot, lacte pluit ; inter multa fulmine icta, Atellis digiti hominis quatuor tanquam ferro [pour cultro] præcisi ; argentum signatum afflatu fulminis diffluxit ; in agro Trebulano mulier nupta ciui Romano, fulmine icta, nec exanimata ; fremitus coelestis auditus, et pila cœlo cadere visa ; sanguine pluit ; Romæ interdum fax sublime volans conspecta ; in æde Larum flamma a fastigio ad summum columen penetrauit innoxia. Per Caepionem consulem senatorum et equitum iudicia communicata. Cetera in pace fuerunt. [Nisard 40] [Verger 101] [41]

Sous les consuls Q. Servilius Cépion et Atilins Serranus [An de Rome 648]

A Amiterne, l'enfant d'une servante, au moment où il sortait du sein de sa mère, dit : Je vous salue. Au territoire de Péruse, et en quelques endroits de Rome, il plut du lait. Entre autres objets frappés de la foudre, à Atella, 4 doigts d'un homme furent coupés comme par un instrument tranchant. La seule vapeur de la foudre fondit des pièces d'argent. Dans le territoire de Trébule, une femme mariée à un citoyen romain fut frappée de la foudre et n'en mourut point. Un grand bruit se fit entendre dans les airs, et l'on vit un globe tomber du ciel ; il plut du sang. A Rome, pendant le jour, on aperçut un météore volant dans les airs. Dans le temple des Lares, une flamme pénétra du bas de la couverture jusqu'au faîte, sans causer le moindre dommage. Le consul Cépion fit connaître les décisions des sénateurs et des chevaliers. On ne fut inquiété par aucun autre prodige.

-105

P. Atilio, et Corn. Manlio, coss.

Trebulæ Mutuscæ ante quam ludi committerentur, canente tibicine, angues nigri aram circumdederunt ; desinente cantare, dilapsi ; postero die exorti, a populo lapidibus enecati ; foribus templegati adapertis, simulacrum Martis ligneum capite stans [sous-entendu in] inventum. A Lusitanis exercitus Romanus caesus. [Nisard 41] [Verger 102] [42]

Sous les consuls P. Atilius et Corn. Manilius [An de Rome 649]

A Trébule Mutusce, avant le commencement des jeux, pendant que le joueur de flûte préludait avec son instrument, des serpents noirs environnèrent l'autel ; quand il cessa de jouer, ils disparurent. S'étant montrés de nouveau le lendemain, ils furent tués à coups de pierres par le peuple. Quand on ouvrit les portes du temple, on trouva la statue en bois du dieu Mars la tête en bas. L'armée romaine fut taillée en pièces par les Lusitaniens.

-104

C. Mario, C. Flacco, coss.

Bubo extra Urbem visus ; bos loquuta : Trebulæ Mutuscæ simulacrum in templo, quod capite adoperto fuit, opertum inventum ; Nuceriæ ulmus vento eversa, sua sponte erecta in radicem, convaluit ; in Lucanis lacte, Lunæ sanguine pluit ; Arimini canis loquutus ; arma cœlestia, tempore utroque [Savoir : diurno et nocturno, peut-être matutino et vespertino] ab ortu et occasu visa pugnare, et ab occasu vinci ; aruspicum responso, populus stipem Cereri et Proserpinæ tulit : virgines viginti septem dona canentes tulerunt ; luna interdiu cum stella, ab hora tertia usque horam septimam, apparuit. A fugitivis et desertoribus in Thurinis regiones vastatae ; Cimbri Alpes transgressi per Hispaniam vastatam, junxerunt se Teutonis. Lupus Urbem intravit ; fulminis ictu vultures super turrem exanimati; hora diei tertia, solis defectus lucem obscuravit ; examen apum ante aedem Salutis consedit ; in Comitio lacte pluit ; in Piceno tres soles visi ; in agro flamma e terra orta, coelumque visa contingere ; in Lucanis duo agni equinis pedibus nati, alter siminino capite ; in tarquiniensi lactis rivi terra scaturienti exorta [le texte est évidemment corrompu en cet endroit. Il faudrait terra scaturiente exorti] : aruspicum responso signa oleaginea duo armata statuta ; supplicatumque. In Macedonia Thraces subacti. [Nisard 42] [Verger 103] [43]

Sous les consuls C. Marius et C. Placcus [An de Rome 650]

On vit un hibou hors de la ville ; un boeuf parla. A Trébule Mutusce, dans le temple, une statue [quelle statue ? Probablement celle de Mars, la même qui, dans le chapitre précédent, est signalée comme ayant été trouvée la tête en bas] fut trouvée la tête couverte, bien qu'elle l'eût découverte auparavant. A Nucérie, un orme, renversé par le vent, se releva de lui-même et reprit racine. En Lucanie, il plut du lait ; à Luna, du sang. A Ariminium, un chien parla. On vit au ciel, pendant le jour et pendant la nuit, des armes en orient et en occident les unes se battre contre les autres, et celles de l'occident céder la victoire. D'après la réponse des aruspices, le peuple offrit de la petite monnaie à Cérès et à Proserpine. 27 jeunes filles portèrent des offrandes aux dieux, en chantant des hymnes. La lune parut en plein jour, avec une étoile, depuis la 3ème heure jusqu'à la 7ème. La contrée des Tburiniens fut ravagée par les fugitifs et les déserteurs. Les Cimbres, ayant passé les Alpes, traversèrent l'Espagne en la ravageant, et se joignirent aux Teutons. Un loup pénétra dans la ville. Des vautours furent tués sur une tour d'un coup de foudre. Vers la 3ème heure, une éclipse de soleil changea le jour en ténèbres. Un essaim d'abeilles vint s'abattre devant le temple de Salus. Dans le comice, il plut du lait. Dans le Picénum, on vit 3 soleils. Au territoire de Vulsine, une flamme sortit de terre, et on la vit ensuite s'élancer jusqu'au ciel. En Lucanie, 2 agneaux naquirent avec des pieds de cheval, et l'un des 2 avait une tête de singe. Dans le territoire de Tarquinia, des sources de lait jaillirent de terre. D'après la réponse des aruspices, on fit sculpter en bois d'olivier 2 statues armées, et l'on adressa aux dieux des prières publiques. Les Thraces furent vaincus dans la Macédoine.

-102

C. Mario. Q. Luctatio, coss.

Novemdiale sacrum fuit, quod in Thuscis lapidibus pluerat ; Urbs aruspicum jussu lustrata ; hostiarum cinis per decemviros in mare dispersus, et per dies novem circa omnia templa per magistratus, et municipia, pompa ducta supplicatum ; hastæ Martis in regia, sua sponte motæ sanguine circa amnem Anienem pluit ; examen apum in foro Boario, in sacello consedit ; in Gallia, in castris lux nocte fulsit ; puer ingenuus Ariciæ flamma comprehensus, nec ambustus ; ædes Jovis clausa fulmine icta, cujus expiationem, quia prius [endroit corrompu. Il faut lire primus] monstraverat æmilius Potensis aruspex, præmium tulit, ceteris celantibus, quod ipsis liberisque exitium portenderetur. Piratæ in Sicilia a Romanis deleti ; Teutoni a Mario trucidati. [Nisard 43] [Verger 104] [44]

Sous les consuls C. Marius et Q. Luctatius [An de Rome 652]

L'on offrit un sacrifice novemdial à l'occasion d'une pluie (le pierres tombée chez les Thusciens. La ville fut purifiée par ordre des aruspices ; la cendre des victimes fut semée dans la mer par les décemvirs, et, pendant 9 jours, des processions générales, à la tête desquelles marchaient les magistrats, furent faites autour de tous les temples pour fléchir la colère des dieux, ce qui fut pratiqué également dans les villes municipales. Les lances de Mars s'agitèrent d'elles-mêmes dans le palais. Il plut du sang sur les bords du fleuve Anio. Au marché aux boeufs, un essaim d'abeilles vint s'abattre dans un sacellum. En Gaule, une lumière brilla pendant la nuit dans le camp romain. A Aricic, un enfant de condition libre fut enveloppé d'une flamme qui ne le brûla point. Le temple de Jupiter fut frappé de la foudre étant fermé : on décerna une récompense à l'aruspice Emilius Potensis, pour avoir proposé le premier l'expiation de cet événement, que ses collègues avaient soin de tenir caché, parce qu'il présageait leur perte et celle de leurs enfants. Les pirates furent détruits en Sicile par les Romains. Marius tailla en pièces les Teutons.

-101

Mario M'. Aquilio coss.

Ancilia cum crepitu sua sponte mota, seruusque Seruilii Caepionis Matri Idaeæ se praecidit, et trans mare exportatus, ne unquam Romæ reverteretur. Urbs lustrata, capra cornibus ardentibus per urbem ducta, porta Naeuia emissa, relictaque; in Aventino luto pluit. Lusitanis deuictis, Hispania Ulterior pacata; Cimbri deleti. [Nisard 43] [Verger 104] [44a]

Des boucliers s'agitèrent d'eux-mêmes avec grand bruit, et un esclave (le Servilius Cépion s'étant mutilé en l'honneur de la mère Idéenne, on le transporta au delà des mers, afin qu'il ne revint jamais à Rome. On purifia la ville, par laquelle on promena une chèvre aux cornes ardentes, que l'on fit sortir par la porte Névie, et qu'on abandonna. Il plut de la boue sur le mont Aventin. Les Lusitaniens ayant été vaincus, l'Espagne Ultérieure fut pacifiée. Les Cimbres furent complètement défaits.
-100

C. Mario, L. Valerio, coss.

Fax ardens Tarquiniis late visa, subito lapsu cadens ; sub occasu solis, orbis clypei similis ab occidente ad orientem visus praeferri ; in Piceno terræ motu domicilia ruinis prostrata; quaedam conuulsa sede sua, inclinata manserunt; fremitus armorum ex inferno [c'est-à-dire e locis subterraneis] auditus ; quadrigæ auratæ in foro a pedibus sudauerunt. Fugitiui in Sicilia proeliis trucidati. [Nisard 44] [Verger 105] [45]

Sous les consuls C. Marius et L. Valerius [An de Rome 654]

Dans le territoire de Tarquinies, on vit de divers endroits une torche ardente tomber tout à coup. Vers le le coucher du soleil, on aperçut un corps rond, de la forme d'un bouclier, prenant sa direction de l'occident vers l'orient. Dans le Picenum, un tremblement de terre renversa plusieurs habitations; quelques-unes, ébranlées dans leurs fondements, restèrent inclinées. On entendit un grand bruit d'armes qui semblait partir (le dessous terre. Les 4 chevaux dorés placés dans le Forum suèrent aux pieds. On fit un grand carnage des fugitifs en Sicile dans plusieurs combats.

-99

M. Antonio, A. Posthumio, coss.

Bubone in urbe viso, Urbs lustrata : nimbis et procella plurima dissipata, fulmine pleraque tacta ; Lanuvii in æde Junonis Sospitae, in cubiculo deæ sanguinis guttæ visæ ; Nursiæ ædes sacra terræ motu disjecta. Lusitani rebellantes subacti. Sextius [ce tribun ne s'appelait pas Sextius, mais Sextus Titius. Le texte portait primitivement Sex. Tititus, on confondit les 2 mots en 1, et l'on écrivit Sextitius. Ensuite, la syllabe it ayant paru répétée mal à propos, on écrivit Sextius], tribunus plebis, de agris diuidendis populo quum, repugnantibus dollegis, pertinaciter legem ferret, corvi duo numero in alto uolantes, ita pugnauerunt supra concionem, ut rostris unguibusque lacerarentur. Aruspices sacra Apollinis litanda, et de lege, quæ ferebatur, supersedendum, pronuntiarunt. Fremitus ab inferno ad coelum ferri visus inopiam famemque portendit ; populus stipem [Le mot stips, qui désigne communément la plus petite monnaie des romains, originairement du poids d'une once de cuivre, renferme dans Obsequens une acceptation plus étendue, à la source de laquelle il faut remonter pour en sentir toute la valeur. Les prêtres romains avaient 5 sortes de revenus destinés à leur subsistance. Le 1er consistait en rentes, héritages et possessions, provenant des fondateurs des temples et sacellums, comme on le voit dans Blondus Flavius, au 2nd livre de sa Rome triomphante : "Sacra enim construentes fundantesque loca, varias fundorum possessiones stipendiaque adjungebant, a quibus sacerdotum alimonia proveniret." Ces sortes de bénéfices étaient très courus ; mais ils ne s'accordaient guère qu'aux individus issus de familles patriciennes, et il n'était pas rare de voir des hommes en crédit en cumuler un certain nombre. Le 2ème revenu, appelé stips, consistait dans le produit des quêtes qu'on allait faire de maison en maison pour les prêtres. On appliquait spécialement cette dénomination de stips aux pièces de monnaie provenant de ces quêtes, et l'on donnait aussi ce nom aux pièces de monnaie de même espèce que les 1ères, qu'il était d'usage d'offrir dans les temples, selon le témoignage de Blondus : "Stips secunda proventus sacerdotium pars dicta erat, quod nostri oblationes eleemosynasque appellant." Le 3ème revenu était résultait des sommes qu'étaient obligés de payer aux pontifes et autres grands prêtres ceux à qui l'on conférait des bénéfices ; témoin le même Blondus : "Tertia sacerdotium opulentia a solutionibus proveniebat, quas inferiores impetrari superioribus impendebant : quade apub nos est, quum pontifici Romano fructus primos antistites, et his minores ac subditi sacerdotes pro habitorum modo beneficiorum pecuniam dissolvunt." Le 4ème revenu consistait en donations et legs ; témoin toujours le même auteur : "Nam viventes, ut deos haberent propitios, multa sacerdotibus largiebantur ; felicitati autem, ut appellabant, animarum consultari, etsi multa alia testamento legabant, epulum raro aut fere numquam praetermittebant." Le 5ème revenu, enfin, provenait des confiscations des biens de ceux que l'on condamnait à l'exil ; témoin le discours de Cicéron pro Domo sua ad pontifices, dans lequel on voit qu'après qu'il eut été banni, à l'instigation du tribun Claudius, sa maison fut confisquée et annexée au temple de la Liberté. Il résulte donc de ce qu'on vient de lire, que le mot stips, employé pour désigner la 2ème espèce de revenu des prêtres romains, signifiait aussi les pièces de monnaie que l'on offrait dans les temples, à peu près de la même manière que cela se pratique encore de nos jours en allant à l'offrande], matronæ thesaurum et virgines dona Cereri et Proserpinæ tulerunt ; per virgines viginti septem cantiatum. Signa cupressea duo Junoni Reginæ posita. In Lusitania prospere a Romanis pugnatum. [Nisard 45] [Verger 106] [46]

Sous les consuls M. Antoine et A. Posthumius [An de Rome 655]

Un hibou ayant été aperçu dans la ville, on la purifia. La pluie et la tempête causèrent de grands dégâts, et la foudre tomba en beaucoup d'endroits. A Lanuvium, dans le temple de Junon Sospita, on remarqua des gouttes de sang sur le lit de la déesse. A Nursie, un édifice sacré fut détruit par un tremblement de terre. Les Lusitaniens s'étant révoltés, on les subjugua. Pendant que Sextius, tribun du peuple, s'obstinait, malgré la répugnance de ses collègues, à proposer la loi agraire, 2 corbeaux, volant en l'air, combattirent avec un tel acharnement au-dessus de l'assemblée, qu'ils se déchirèrent à coups d'ongles et de bec. Les aruspices déclarèrent, qu'il fallait offrir des sacrifices à Apollon, et surseoir à la promulgation de la loi proposée. Un grand bruit, qui semblait partir de dessous terre et monter jusqu'au ciel, présagea la disette et la famine. Le peuple porta de la petite monnaie, les matrones des pièces d'or et d'argent, et les jeunes filles diverses offrandes à Cérès et à Proserpine. 27 jeunes filles chantèrent des hymnes en l'honneur des dieux. On éleva 2 statues de cyprès à Junon la Reine. Les Romains combattirent avec succès en Lusitanie.

-98

Q. Metello, Tullio Didio, coss.

Bubone in Capitolio supra deorum simulacra viso, quum piaretur, taurus victima exanimis concidit. Fulmine pleraque decussa. Hastæ Martis in regia motae. Ludis [c'est-à-dire quum ludi celebrarentur] in theatro, creta candida pluit : fruges et tempestates portendit bonas. Sereno tonuit. Apud aedem Apollinis decemviris immolantibus, caput jocinoris non fuit : sacrificantibus anguis ad aram inventus. Item androgynus in mare deportatus. In Circo inter pila militum ignis fusus. Hispani pluribus proeliis devicit. [Nisard 46] [Verger 107] [47]

Sous les consuls Q. Metellus et Tullius Didius [An de Rome 656]

Alors qu'on allait immoler un taureau en expiation de ce qu'on avait vu dans le Capitole un hibou sur les statues [celles de Jupiter, de Junon et de Mars] des dieux, la victime tomba morte. Beaucoup d'objets furent renversés par la foudre. Les lances de Mars s'agitèrent d'elles-mêmes dans le palais. Au théâtre, pendant les jeux, il plut de la craie blanche ; ce qui fut regardé comme le présage d'une récolte abondante et de saisons favorables. Il tonna par un temps serein. Comme les décemvirs offraient un sacrifice dans le temple d'Apollon, le foie de la victime se trouva dépourvu de lobe. Pendant le sacrifice, ils trouvèrent un serpent près de l'autel. De plus, un androgyne fut jeté à la nier. Au Cirque, des flammes voltigèrent entre les javelots des soldats. Les Espagnols furent vaincus dans plusieurs combats.

-97

Cn. Cornelio Lentulo, P. Licinio, coss.

Supplicatum in Urbe, quod androgynus inventus, et in mare deportatus erat. Pisauri terræ fremitus auditus. Muri pinnæ sine terræ motu, passim dejectae, civiles portendere discordias. Nursiæ simulacrum Jovis in partem sinistram conversum. Cupressea simulacra Junonis Reginæ postia per virgines viginti septem, quæ Urbem lustraverunt. Celtiberi, Medi, Dardani subacti. [Nisard 47] [Verger 108] [48]

Sous les consuls Cn. Cornelius Lentulus et P. Licinius [An de Rome 657]

On fit à Rome des prières publiques à l'occasion d'un androgyne qu'on avait trouvé et précipité dans la mer. A Pisaure, on entendit un grand bruit sortir de la terre. Les créneaux des murailles [de quel mur ? de Pisaure ou de Rome ? Probablement de cette dernière ville] tombèrent de tous côtés, sans qu'on pût attribuer leur écroulement à aucun tremblement de terre, ce qui fut regardé comme un présage de discordes civiles. A Nursie, la statue de Jupiter se tourna du côté gauche. 27 jeunes filles, après avoir dressé des statues de cyprès à Junon la Reine, parcoururent processionnellement la ville. Les Celtibères, les Mèdes et les Dardaniens fuient vaincus.

-96

Cneo Domitio, Caio Cassio, coss.

Lupus Urbem ingressus, in domo priuata occisus. Bubo in Capitolio occisus. Fulmine pleraque decussa. Signa aurata Jovis cum capite [phrase obscure, dans laquelle le texte est visiblement altéré] columnaque disjecta. Faesulis sanguine terra manavit. Arretii mulieri e naso spica farris natae : eadem farris grana uomuit. Urbe lustrata, Ptolemaeus, rex Aegypti, Cyrenis mortuus, S. P. Q. Romanum haeredem reliquit. [Nisard 48] [Verger 109] [49]

Sous les consuls Cnéus Domitius et Caïus Cassius [An de Rome 658]

Un loup, entré dans la ville, fut tué dans une maison particulière. Un hibou fut tué dans le Capitole. Beaucoup d'objets furent renversés par la foudre. Les statues dorées de Jupiter eurent la tête séparée du tronc et furent disjointes de leurs colonnes. A Fésules, il sortit du sang de la terre. A Arretium, des épis de blé prirent naissance dans le nez d'une femme : la même femme vomit des grains de froment, et la ville fut purifiée. Ptolémée, roi d'Egypte, mourut à Cyrène, après avoir institué ses héritiers le sénat et le peuple romain.

-95

P. Crasso, Q. Scaeuola, coss.

Caere lacte pluit. Lebadiæ Eutychides in templum Jovis Trophonii digressus, tabulam aeneam extulit, in qua scripta erant, quæ ad res Romanas pertinerent. Fulminis afflatu pleraque animalia exanimata. Venafri hiatu terra alte subsedit. Vultures canem mortuum laniantes, occisi ab aliis et comesi uulturibus. Agnus biceps, puer tribus manibus, totidemque pedibus natus ; ac hastæ Martis in regia motae. Androgynus Urbino natus, in mare deportatus. Pax domi forisque fuit. [Nisard 49] [Verger 119] [50]

Sous les consuls P. Crassus et Q. Scévola [An de Rome 659]

A Céré, il plut du lait. A. Lébadie, Eutychide, étant entré dans le temple de Jupiter Trophonius, enleva une table d'airain sur laquelle étaient des inscriptions qui tenaient à l'histoire de Rome. Beaucoup d'animaux furent tués par la seule vapeur-de la foudre. A Venafre, la terre s'enfonça, et forma un gouffre profond. Des vautours qui déchiraient un chien mort, furent tués et dévorés par d'autres vautours. Il naquit un agneau à 2 têtes, un enfant qui avait 3 mains et autant de pieds, et les lances de Mars s'agitèrent d'elles-mêmes dans le palais. A Urbinuin, naquit un androgyne, qui fut jeté à la mer. La paix régna au dedans et au dehors.

-94

C. Laelio, L. Domitio, coss.

Novemdiale sacrum fuit, quod in Volsca gente lapidibus pluit. Vulsiniis luna nova decidit [ceci n'a rien de fort extraordinaire, puisque la nouvelle Lune est presque entièrement dépourvue de lumière. Il faudrait peut-être lire luna nona, la lune à son 9ème jour], et non nisi postero die ora tertia comparuit. Puella biceps, quadripes, quadrimana, gemina feminea natura, mortua nata. Avis incendiaria visa, occisaque. In Vestinis, in villa lapidibus pluit. Fax in cœlo apparuit, et totum coelum ardere visum. Terra sanguine manavit, et concreuit. Canes saxa, tegulas uulgo roserunt. Faesulis ingens multitudo inter sepulcra lugubri veste, pallida facie, interdum ambulare gregatim visa. Per Nasicam Hispaniæ principes, qui rebellabant, supplicio consumpti, urbibus dirutis. [Nisard 50] [Verger 111] [51]

Sous les consuls C. Lélius et L, Domitius [An de Rome 660]

On offrit un sacrifice novemdial à l'occasion d'une pluie de pierres tombée chez les Volsques. A Vulsinies, la Lune, alors nouvelle, disparut tout à coup, et ne reparut que le lendemain à la 3ème h. Il naquit une fille morte, ayant 2 têtes, 4 pieds, 4 mains, et dont les parties sexuelles étaient doubles. Un oiseau incendiaire fut aperçu et tué. Chez les Vestiniens, il plut des pierres dans une métairie. Un météore igné apparut dans le ciel, et le ciel lui-même sembla embrasé. Du sang sortit de terre, et se coagula. Des chiens rongèrent publiquement des pierres et des tuiles. A Fésules, on vit en plein jour une grande multitude de fantômes en vêtements de deuil, le visage pâle, se promener par troupes au milieu des sépulcres. Les princes d'Espagne, en état de révolte, furent punis, par Nasica, du dernier supplice, et l'on détruisit leurs villes.

-93

C. Valerio, M. Herennio, coss.

Romæ et circa, fulmine plearaque decussa. Ancilla puerum unimanum peperit. Fregellis ædes Neptuni nocte patefacta. Maris vituli quum exta demerentur, gemini vitelli in alvo ejus inventi. Arretii signum aeneum Mercurii sudavit. In Lucanis gregem ueruecum, quum pasceretur, et nocte in stabulo flamma circumdata nihil adussit. Carseolis torrens sanguinis fluxit. Lupi urbem ingressi. Præneste lana volitavit. In Apulia mula peperit. Milvus in æde Apollinis Romæ comprehensus. Herennio consuli bis immolanti, caput jocinoris defuit. In sacro novemdiali cœna deæ [Junon] posita, a cane adesa ante quam delibaretur. Vulsiniis prima luce flamma cœlo emicare visa, quum in unum coisset, os flammæ ferrugineum ostendit. Coelum visum descendre, cujus hiatu vertices flammæ apparuerunt. Lustrationibus prospere expiatum : nam totus annus domi forisque tranquillus fuit. [Nisard 51] [Verger 112] [52]

Sous les consuls C. Valerius et M. Herennius [An de Rome 661]

A Rome et dans les environs, divers objets furent renversés par la foudre. Une servante mit au monde un enfant qui n'avait que 1 main. A Frégelles, le temple de Neptune s'ouvrit de lui-même pendant la nuit. En enlevant les entrailles d'un veau mâle, on lui trouva dans le ventre 2 autres petits veaux. A Arretium, la statue d'airain de Mercure se couvrit de sueur. En Lucanie, un troupeau de moutons se trouva au pâturage enveloppé d'une flamme qui l'accompagna dans la bergerie, où elle dura toute la nuit sans lui causer le moindre mal. A Carséoles, il coula un torrent de sang. Des loups entrèrent dans la ville. A Préneste, de la laine voltigea dans les airs [par flocons, sans doute, comme de la neige]. Dans l'Apulie, une mule mit bas. On prit à Rome un milan dans le temple d'Apollon. Dans 2 sacrifices qu'offrit le consul Herennius, le foie de la victime se trouva dépourvu de lobe. Pendant le sacré novemdial, le repas servi devant la déesse fut mangé par un chien avant qu'on y eût touché. A Vulsinies, vers le point du jour, on vit briller au ciel une flamme qui, après s'être concentrée, présenta une bouche de feu de couleur ferrugineuse. On vit le ciel descendre, et de son ouverture sortirent des tourbillons de flammes. On détourna, par des lustrations, les malheurs annoncés par ces prodiges ; en sorte que toute l'année fut tranquille au dedans et au dehors.

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C. Claudio, M. Perpenna, coss.

Bubo in æde Fortunæ equestris comprehensus, inter manus [sous-entendu comprehendentium] exspiravit. Fæsulis fremitus terræ auditus. Puer ex ancilla natus sine foramine naturæ, qua humor [pour urina] emittitur. Mulier duplici natura inuidia. Fax in cœlo visa. Bos loquuta. Examen apum in culmine privatæ domus consedit. Volaterris sanguinis rivus manavit. Romæ lacte pluit. Arreti duo androgyni inventi. Pullus gallinaceus quadripes [pour quadrupes] natus. Fulmine pleraque icta. Supplicatio fuit. Populus Cereri et Proserpinæ stipem tulit. Virgines viginti septem carmen canentes Urbem lustraverunt. Medorum in Macedonia genus provinciam cruente vastavit. [Nisard 52] [Verger 113] [53]

Sous les consuls C. Claudius et M. Perpenna [An de Rome 662]

Un hibou, que l'on avait pris dans le temple de la Fortune équestre, mourut entre les mains de ceux qui le tenaient. A Fésules, un grand bruit souterrain se fit entendre. Une servante mit au monde un enfant sans conduit urinaire. On trouva une femme ayant les parties sexuelles doubles. On vit au ciel un météore igné. Un boeuf parla. Un essaim d'abeilles vint s'abattre sur le toit d'une maison particulière. A Volaterre, on vit couler un ruisseau de sang. A Rome, il plut du lait. A Arretium, on trouva 2 androgynes. Un poulet naquit avec 4 pattes. Beaucoup d'objets furent frappés de la foudre. On fit des prières publiques. Le peuple porta le denier d'offrande à Cérès et à Proserpine. 27 jeunes filles parcoururent la ville en chantant des hymnes. En Macédoine, les Mèdes exercèrent de cruels ravages par toute la province.

-91

L. Martio, Sexto Julio, coss.

Libius Troso [Livius Drusus, selon Tite-Live], P. Tarquinius, leges ferentes, quum bellum Italicum [autrement dite guerre sociale] consurgeret, prodigia multa apparuerunt Urbi. Sub ortu solis, globus ignis a septentrionali regione cum ingenti sono cœli emicuit. Arreti frangentibus panes cruor e mediis [sous-entendu panibus fractis] fluxit. In Vestinis per dies septem lapidibus testisque pluit. ænariæ terræ hiatu flamma exorta in coelum emicuit. Circa Rhegium terræ motu, pars urbis murique diruta. In Spoletino colore aureo globus ignis ad terram devolutus, majorque factus, e terra ad orientem ferri visus, magnitudinem solis obtexit. Cumis in arce simulacrum Apollinis sudavit. ædes Pietatis in circo Flaminio clausa fulmine icta. Asculo per ludos Romani trucidati. Quum ex agris in urbem pecora [toute cette phrase, jusqu'à la fin du paragraphe, est de la plus grande obscurité ; mais la dernière partie surtout est presque inintelligible], armentaque Latini agerent, strages hominum passim facta, armenta in tantam rabiem concitata sunt, ut vastando suos hostile imaginarentur eblu ; lacrymantesque multis affectibus calamitatem præsagirent suis. [Nisard 53] [Verger 114] [54]

Sous les consuls L. Martius et Sextus Julius [An de Rome 663]

Tandis que Libius Troso et P. Tarquinius proposaient des lois, au commencement de la guerre d'Italie, plusieurs prodiges apparurent dans Rome [ceci n'est pas exact, puisqu'une grande partie des prodiges cités plus bas n'eurent pas lieu à Rome]. Au lever du soleil, un globe de feu, accompagné d'un bruit éclatant du ciel, brilla au septentrion. A Arretium, du sang sortit du milieu de quelques pains qu'on venait de rompre. Chez les Vestiniens, il plut pendant 7 jours des pierres et des tessons. A ænarie, sortit de la terre entr'ouverte une flamme qui s'élança vers le ciel. Auprès de Rhegium, il y eut un tremblement de terre qui détruisit une partie de la ville et de ses murs. Au territoire de Spolète, un globe de feu, de couleur d'or, tomba jusqu'à terre en tournoyant, puis, devenu plus grand, il s'enleva de terre, se dirigea vers l'orient, et couvrit le disque du soleil. A Cumes, dans la citadelle, la statue d'Apollon se couvrit de sueur. Au cirque Flaminien, le temple de la Piété fut frappé de la foudre étant fermé. A Asculum, des Romains furent tués dans les jeux. Les Latins ayant amené des champs dans la ville différents troupeaux, il se fit de tous côtés un grand carnage d'hommes, et les troupeaux de boeufs parvinrent à un tel degré de fureur, que, s'élançant les uns sur les autres, ils offraient l'image d'une véritable guerre ; et les lamentations causées par mille émotions douloureuses annonçaient un désastre à chacun.

-90

L. Julio Cæsare, P. Rutilio, coss.

Metella Cæcilia somnio [phrase non moins obscure et non moins altérée que celle qui termine le paragraphe précédent] Junonem Sospitam profugientem, quod immunde sua templa foedarentur, quum suis precibus aegre reuocatam diceret, gregem matronarum sordidid obscenisque corporis coinquinatum ministeriis, in quo etiam sub simulacro deæ cubile canis confoetuerat, commundatum supplicationibus habitis, pristino splendori restituit. A Picentibus [dans la guerre sociale] Romani barbaro more excruciati : ubique in Lati clades accensa [il faut certainement lire ici accepta]. Lucilius Lupus [ce n'est pas Lucilius Lupus, mais Rutilius Lupus ; ce qui, entre autres témoignages, est confirmé par le titre même de ce paragraphe], spretis religionibus, quum in extis caput non inuenisset jocinoris, amisso exercitu in proelio occisus. [Nisard 54] [Verger 115] [55]

Sous les consuls L. Julius César et P. Rutilius [An de Rome 664]

Metella Cécilia ayant déclaré qu'en songe elle avait rappelé avec peine, par ses prières, Junon Sospita, qui s'enfuyait à cause de l'immonde profanation de ses temples, expia par des supplications les honteuses obscénités dont s'était souillé par ses prostitutions le corps des matrones, obscénités au milieu desquelles une chienne avait mis bas sur le lit de la déesse, au pied de sa statue, et rendit ce corps à sa première splendeur. Des Romains furent barbarement torturés par les Picentins ; on essuya des revers de toutes parts dans le Latium. Lucilius Lupus n'ayant pas trouvé de lobe au foie en examinant les entrailles d'une victime, et n'ayant tenu compte de cet avertissement des dieux, perdit son armée et fut tué dans le combat.

-88

L. Sulla, Q. Pompeio, coss.

Pompeius Sylo [nom altéré. On doit lire Pompedius Sylo, comme le porte l'épitome 76 de Tite-Live] in oppidum Bovianum, quod ceperat, triumphans inuectus, omen victoriæ hostibus ostendit : quia triumphus in urbem victricem, non victam, induci solet. Proximo proelio, amisso exercitu occisus. Mithridati, adversus socios bellum paranti, prodigia apparuerunt. Stratopedo, ubi senatus haberi solet, corvi uulturem tundendo rostris occiderunt. In eumdem locum sidus ingens cœlo demissum. Isidis species via fulmine petere. Lucum Furiarum quum Mithridates succenderet, risus exauditus ingens, sine auctore. Quum aruspicum jussu virginem Furiis immolaret, e iugulo puellæ risus ortus turbavit sacrificium. Classis Mithridatis in Thessalia [comment en Thessalie ? contrée qui n'est pas voisine de la mer. Il faut croire qu'il y a une lacune après le mot Mithridate] a Romanis in proelio amissa [ce mot est ici un non-sens. Il faut probablement lire accisa]. [Nisard 55] [Verger 116] [56]

Sous les consuls L. Sylla et Q. Pompeius [An de Rome 666]

Pompeius Sylo étant entré sur un char de triomphe dans la ville de Bovianum, qu'il avait prise, fournit par là aux ennemis un présage de victoire, parce qu'une entrée triomphale a coutume de se faire dans une ville victorieuse, et non dans une ville vaincue. A la première bataille, son armée fut anéantie, et lui-même tué. Pendant que Mithridate se préparait à la guerre contre les alliés, des prodiges apparurent. Au Stratopédon, lieu où le sénat tient ordinairement ses assemblées, des corbeaux tuèrent un vautour à coups de bec. Au même endroit, un grand astre étant tombé du ciel, on vit l'image de la déesse Isis lui lancer la foudre. Au moment où Mithridate faisait brûler un bois consacré aux Furies, on entendit un éclat de rire dont il fut impossible de découvrir l'auteur ; et tandis que, d'après l'ordre des aruspices, ce prince immolait une jeune fille aux mêmes Furies, il s'échappa du gosier de la jeune fille un rire qui troubla le sacrifice. La flotte de Mithridate fut détruite par les Romains dans un combat livré en Thessalie.

Cinna et Mario per bella civilia crudeliter saevientibus Romae, in castris Gnei Pompeii cœlum ruere visum, arma signaque tacta, milites exanimati. Ipse Pompeius afflatus sidere interiit. Lectum ejus [sous-entendu funebrem] populus diripuit, corpus unco traxit, quod discrimine ciuili perseuerasset periclitanti patria non succurrere; quum et imperium et maximos haberet exercitus. [Nisard 55] [Verger 116] [56a] Pendant que Cinna et Marius, par leurs guerres civiles, commettaient d'épouvantables cruautés à Rome, le ciel sembla fondre sur le camp de Gnéus Pompée ; la foudre frappa des armes et des enseignes, et tua des soldats. Pompée lui-même mourut asphyxié par elle. Le peuple mit son lit en pièces et traîna son cadavre à la voirie, parce qu'il s'était obstiné à ne point secourir la patrie prête à succomber sous le poids des guerres civiles, quoiqu'il fût revêtu d'un grand pouvoir, et qu'il eût à sa disposition de nombreuses armées.
Peiraeum Sulla quum oppugnaret, unus miles ejus aggerem ferens, exanimatus fulmine. Aruspex respondit, diuturno labore, quod caput iacentis in oppidum versum esset, introitum et victoriam Romanis significare. Post breve tempus [ces mots offrent quelque contradiction avec la réponse de l'aruspice, réponse d'après laquelle on devrait s'attendre à un long siège. Il est présumable que, plus haut, il y a quelque omission, et qu'au lieu de diuturno labore, il faudrait lire haud diuturno labore] Athenæ et Peiraeum a Sulla capta. Ilio a C. Fimbria incenso, quum ædes quoque Mineruæ deflagrasset, inter ruinas simulacrum antiquissimum inviolatum stetit, spemque restitutionis oppido portendit. [Nisard 55] [Verger 116] [56b] Tandis que Sylla assiégeait le Pirée, un de ses soldats, qui portait des matériaux destinés aux travaux de siége, fut tué par la foudre. Un aruspice répondit que le soldat étant tombé la tête vers la ville, cela présageait que les Romains, après de longs travaux, y entreraient en vainqueurs. Peu de temps après, Sylla prit Athènes et le Pirée. Ilium ayant été brûlée par C. Fiinbria, et le temple de Minerve étant aussi devenu la proie des flammes, la statue antique de la déesse demeura intacte parmi les décombres ; ce qui fut, pour les habitants, le présage de la restauration de leur ville.
In agro Mutinensi duo montes inter sese concurrerunt, crepitu maximo assultantes, recedentesque, inter eos flamma fumoque in cœlum exeunte. Eo concursu villæ omnes elisæ, animaliaque multis, quæ intra fuerant, exanimata sunt. Exarsit eo anno sociale bellum, quod haud scio an funestius terræ Italiæ fuerit, quam ciuile. In eo autem bello L. Cornelius Sulla quum in agro Nolano ante praetorium immolaret, subito ab una parte aræ anguis prospexit : qua visa, Posthumi aruspicis hortatu, continuo exercitum in expeditionem eduxit, ac fortissima Samnitum castra cepit, quæ victoria futuræ ejus amplissimæ potentia exstitit. [Nisard 55] [Lycosthènes < Verger 116] Au territoire de Mutine, 2 montagnes se jetèrent l'une sur l'autre, et se heurtèrent avec un épouvantable fracas ; puis, comme elles se retiraient, des flammes et de la fumée sortirent d'entre elles, et s'élevèrent au ciel. Toutes les habitations qui se trouvèrent sur leur passage furent broyées et un grand nombre d'animaux furent tués. Cette année vit éclater la guerre sociale [il y a une erreur de la part de Lycosthènes, puisque cette guerre avait commencé 3 ans auparavant], qui ne fut guère moins funeste à l'Italie que la guerre civile. Pendant cette guerre, comme L. Cornelius Sylla, au territoire de Nole, offrait un sacrifice devant sa tente, il vit tout à coup un serpent se montrer à l'un des côtés de l'autel ; et, sur les exhortations de l'aruspice Posthumius, il s'empressa de conduire sur-le-champ ses troupes à l'ennemi, et s'empara du camp retranché des Samnites ; victoire qui fut pour lui le commencement de la puissance sans bornes à laquelle il parvint plus tard.

Cn. Octavio, L. Cornelio Cinna, coss.

Simulacro Apollinis caput sine ulla euidenti causa decidit : quod inventum est humi adeo infixum, ut summis etiam uiribus auelli non potuerit. Quod uidens Octauius, licet exitium suum significari intellexit, uitare tamen non potuit. Quo tamen crudeliter interfecto, dei caput immobile terra demum refigi potuit. [Nisard 56] [Lycosthènes < Verger 117] [57]

Sous les consuls Cu. Octavius et L. Cornelius Cinna [An de Rome 667]

La tête de la statue d'Apollon tomba sans aucune cause évidente : on la trouva tellement fixée en terre, qu'on fit vainement les plus grands efforts pour l'en arracher. Octavius, témoin de ce prodige, comprit qu'il présageait sa perte, et ne put cependant l'éviter. Il fut, en effet, cruellement massacré, et la tête immobile du dieu put enfin être arrachée de terre.

-83

L. Scipione, C. Norbano, coss.

Per Sullana tempora, inter Capuam et Vulturnum, ingens signorum sonus armorumque horrendo clamore auditus Endroit doublement vicieux. Pour la régularité de la phrase, il faudrait armorumque horrendus clamor ; mais si l'exigence grammaticale est satisfaite par ce changement, le sens ne l'est pas. Car que peut signifier armorum clamor ? Il faut armorumque horrendus clangor, ou bien armatorumque horrendus clamor. Les mots per pluries dies, qui terminent la phrase, présentent aussi quelque chose d'irrégulier, et se joignent mal à ce qui précède, ita ut viderentur duæ acies concurrere per plures dies. Rei miraculo intus considerantibus Je pense, avec Oudendorp, qu'il faut interdire intentius considerantibus, vestigia equorum hominumque, et recentes protritæ herbae, et virgulta visa molem ingentis belli portendere. In Hetruria Clusii, mater familiæ vivum serpentem peperit, qui jussu aruspicum in profluentem dejectus, aversa aqua natavit. Lucius Sulla, post quintum annum victor in Italiam reuersus, magno terrori fuit inimicis. æditui Capitolium Il manque ici quelque chose. Il devrait y avoir : Aeditui culpa Capitolium, ou bien Aeditui incuria Capitolium una nocte conflagravit. Sullæ crudelitate foeda proscriptio principum fuit. Centena millia hominum consumpta Italico civilique bello relata sunt. [Nisard 56] [Verger 118] [57]

Sous les consuls L. Scipion et C. Norbanus [An de Rome 671]

Du temps de Sylla, entre Capoue et Vulturne, on entendit un grand bruit de trompettes et d'armes, accompagné d'effroyables cris, en sorte qu'on eût cru que 2 armées en venaient aux mains, ce qui dura plusieurs jours. Ceux qui examinèrent ce prodige à fond, aperçurent des traces d'hommes et de chevaux, de l'herbe récemment foulée et des débris d'arbustes, présage infaillible d'une très-grande guerre. En étrurie, à Clusium, une mère de famille enfanta un serpent vivant, qui, ayant été jeté dans la rivière par ordre des aruspices, nagea contre le courant. Lucius Sylla, de retour en Italie après 5 années de victoires, devint la terreur et l'épouvante de ses ennemis. Pendant une nuit, le feu prit au Capitole par la faute d'un des officiers commis à la garde des temples. La cruauté de Sylla exerça contre les grands d'horribles proscriptions. Des rapports prouvèrent que 100 000 hommes avaient péri dans la guerre italique et dans la guerre civile.

-77

M. Aemilio, De. Bruto, coss.

Didius Laelius, legatus Pompeii (cui prodigium Romæ erat factum, in lecto uxoris duo angues conspecti, in diversumque lapsi : pxe Pompeio in castris sedenti, accipiter super caput accesserat), in Hispania adversus Sertorium, inter pabulatores, occisus. [Nisard 57] [Verger 119] [58]

Sous les consuls M. émilius et D. Brutus M. [An de Rome 677]

Didius Lélius, lieutenant de Pompée, à qui déjà était arrivé un prodige à Rome, 2 serpents ayant paru dans le lit de son épouse et ayant fui chacun d'un côté différent ; puis sur la tête duquel était venu s'abattre un épervier, comme il était assis dans le camp à côté de Pompée même, fut tué en Espagne, au milieu des fourrageurs, dans la guerre contre Sertorius.

-76

Cneo Octavio, C. Scribonio, coss.

Reate terræ motu ædes sacræ in oppido, agrisque commotae. Saxa, quibus forum [sous-entendu reanitum] stratum erat, discussa [c'est-à-dire huc illucque jacta]. Pontes interrupti. Ripæ labentis fluminis in aquam prouolutae. Fremitus inferni exauditi. Et post paucos dies, quæ concussa erant, corruerunt. Saxum vivum quum prouolueretur, in praecipiti rupe immobile stetit. A Sertorio in Hispania exercitus Romani caesi. Aduersum Medos varie dimicatum. [Nisard 58] [Verger 120] [59]

Sous les consuls Guéris Octavius et C. Scribonius [An de Rome 678]

A Réate, un tremblement de terre ébranla tous les édifices sacrés dans la ville et dans la campagne. Les pierres dont la place publique était pavée furent dispersées. Les ponts furent rompus, et les rives du fleuve entraînées dans le courant. On entendit un grand bruit souterrain ; et, peu de jours après, tout ce qui avait été ébranlé tomba en ruines. Un caillou, qui roulait d'une roche escarpée, s'arrêta tout à coup au milieu de sa chute. Les armées romaines furent défaites en Espagne par Sertorius. On combattit contre les Mèdes avec des chances diverses.

-75

L. Aurelio, L. Octavio, coss.

Sertorio in Hispania exercitum ducenti tale prodigium est factum. Scuta equitum parte exteriore, iaculaque, et pectora equorum cruenta visa : quod prosperum sibi interpretatus est Sertorius, quia exteriora hostili sanguine maculari solent. Continua ei proelia cum successu fuerunt. [Nisard 59] [Verger 121] [60]

Sous les consuls L. Aurelius et L. Octavius [An de Rome 679]

Tandis que Sertorius conduisait son armée en Espagne, on fut témoin du prodige suivant : la partie extérieure des boucliers et les javelines des cavaliers, ainsi que le poitrail de leurs chevaux, parurent ensanglantés ; ce que Sertorius interpréta en sa faveur, parce que l'extérieur a coutume d'être teint du sang de l'ennemi. En effet, tous les combats qu'il livra furent une suite continuelle de succès.

-73

M. Varrone C. Cassio coss.

Cyzicum Mithridates quum oppugnaret, Aristagorae, qui in summo magistratu erat, Proserpina in quiete visa est dicere, adversus tibicines, se tibicinem comparasse. Postero die turres hostium vento disiectæ sunt. Ad immolandum bos sacra injussa Malgré le genre de ces épithètes, j'ai cru devoir me servir du mot boeuf. Les anciens avaient coutume de consacrer aux dieux des animaux domestiques. Alors il les laissaient errer librement, on les mettait dans les bois sacrés de montibus per hostium classem adnatavit, seque ad aras percutiendam obtulit Ce qui était regardé comme d'un très heureux présage [Nisard 59] [Verger 121] [60a]

Pendant que Mithridate assiégeait Cyzique, Proserpine apparut en songe à Aristagoras, qui était revêtu de la première magistrature, et lui dit qu'elle avait un joueur de flûte à opposer aux autres joueurs de flûte. Le lendemain, les tours des ennemis furent renversées par le vent. Un boeuf sacré quitta de son propre mouvement les montagnes, passa à la nage à travers la flotte ennemie, et vint se présenter devant l'autel pour être immolé.

-63

M. Cesone, Gaio Antonio, coss.

Fulmine pleraque decussa. Sereno Sous-entendu die ou cœlo Vargunteius Pompeius Il y a une erreur, attendu que les familles Vargunteia et Pompeia étaient tout à fait distinctes. Il faut sans doute lire Vargunteius Pompeiis de cœlo exanimatus. Trabes ardens ab occasu ad cœlum extenta. Terræ motu Spoletum totum concussum, et quaedam corruerunt. Inter alia relatum, biennio ante Par qui ces choses furent-elles rapportées ? et pourquoi n'avoir pas placé le récit à l'année où elles eurent lieu ? On pourrait supposer dans cet endroit quelque mutilation dans le texte in Capitolio lupam Remi et Romuli fulmine ictam, signumque Jovis cum columna disjectum, aruspicum responso in foro repositum Pour pouvoir être replacée dans le Forum, il eût fallu que cette statue y eût déjà été auparavant. Au lieu de in foro, ne faudrait-il pas lire in Capitolio ? car on ne peut supposer qu'il s'agisse d'une autre statue que celle du Capitole. Tabulæ legum aenæ litteris liquefactis [il y a ici un renversement de mots qui rend la phrase à peu près inintelligible. Il faudrait : Tabulis legum aeneis litterae liquefactæ. Ab his prodigiis Catilinæ nefaria conspiratio cœpta [Nisard 60] [Verger 122] [61]

Sous les consuls M. Ceso et Gants Antonius [An de Rome 691]

Beaucoup d'objets furent renversés par la foudre. Elle tua, pendant un temps serein, Vargunteius Pompeius. Un météore igné brilla au ciel du côté de l'occident. Toute la ville de Spolète fut ébranlée par un tremblement de terre, et plusieurs bâtiments s'écroulèrent. On rapporte, entre autres choses, que, 2 ans auparavant, la foudre avait frappé au Capitole la louve de Remus et de Romulus, et renversé avec sa colonne la statue de Jupiter La statue de Jupiter Capitolin était placée sur un siège et non sur une colonne, qui, sur la réponse des aruspices, fut replacée dans le Forum. Les tables des lois, en airain, eurent leurs lettres fondues. Après ces prodiges eut lieu la criminelle conspiration de Catilina.

-60

Quinto Metello, L. Afranio, coss.

Die toto ante sereno, circa horam undecimam nox se intendit, deinde restitutus fulgor. Turbinis vi tecta dejecta: ponte sublapso, homines in Tiberim praecipitati. In agris pleraeque arbores euersæ radicitus. Lusitani, Gallaeque deuicti. [Nisard 61] [Verger 123] [62]

Sous les consuls Quiutus Metellus et L. Afranius [An de Rome 694]

Tout le jour ayant été serein jusqu'alors, vers la onzième heure, la nuit étendit ses ténèbres, puis la clarté reparut. Un violent tourbillon abattit des toits, renversa un pont, précipita des hommes dans le Tibre. Dans la campagne, beaucoup d'arbres furent déracinés et renversés. Les Lusitaniens et les Galliciens furent vaincus.

M. Cicerone, Gaio Antonio, coss.

Quum in agro Pistoriensi Catilinam devicisset Le vainqueur de Catilina n'étant pas nommé, il est évident que le commencement de la phrase est perdu, et qu'il faut lire : Caius Antonius quum in agro Pistoriensi Catalinam devicisset, laureatos fasces in provinciam tulit : ibi a Dardanes oppressus, amisso exercitu profugit. Apparuit eum hostibus portendisse victoriam, quum ad eos laurum victricem tulerit, quam in Capitolio debuerat deponere. [Nisard 61] [Verger 123] [62]

Sous les consuls M. Cicéron et Caïus Antonius [An de Rome 691]

Après qu'Antoine eut vaincu Catilina dans le territoire de Pistore, il porta au travers de la province ses faisceaux ornés de lauriers, fut surpris par les Dardaniens, et réduit à prendre la fuite, après avoir perdu son armée. On jugea qu'il avait présagé la victoire aux ennemis, en portant de leur c6té des lauriers victorieux qu'il aurait dû venir déposer au Capitole.

-53

Cn. Domitio M. Messala coss.

Lupi in Urbe visi ; nocturni ululatus flebiles canum auditi ; simulacrum Martis sudavit ; fulmen tota Urbe peruagatum, pleraque deorum simulacra decussit, homines exanimavit. Urbs lustrata. Propter dictaturam Pompeii ingens seditio in Urbe fuit. [Nisard 60] [Verger 123] [63]

On vit des loups clans la ville, et l'on entendit pendant la nuit de lugubres hurlements de chiens. La statue de Mars se couvrit de sueur. La foudre, ayant erré par toute la ville, renversa plusieurs statues des dieux et tua des hommes. On purifia la ville. Une grande sédition s'éleva dans Rome, au sujet de la dictature de Pompée [la dictature fut offerte à Pompée, mais il ne voulut pas l'accepter].
-54

Gn. Domitio, Appio Claudio, coss.

M. Crassus ad Parthos profectus, quum Euphratem transiret, multa prodigia neglexit. Quum etiam coorta tempestas, signifero signum arreptum mersisset gurgiti, et offendente nimborum caligine prohiberentur transire, pertinaciter perseuerans, cum filio et exercitu interiit. [Nisard 61] [Verger 124] [64]

Sous les consuls Gn. Domitius et Appius Clandius [An de Rome 700]

M. Crassus, marchant contre les Parthes, ne fit pas attention à divers prodiges comme il traversait l'Euphrate. Bien qu'il se fût élevé une tempête qui arracha une enseigne des mains de celui qui la portait, et la précipita dans le fleuve, bien qu'il fût survenu un brouillard dont l'obscurité s'opposait au passage, il persévéra obstinément, et périt avec son fils et son armée.

-50

L. Paulo, C. Marcello, coss.

Mula pariens, discordiam civium, bonorum interitum, mutationem legum, turpes matronarum partus significauit. Incendium, quo maxima pars Urbis deleta est, prodigii loco habitum. Inter Cæsarem et Pompeium bella civilia exorta. [Nisard 61] [Verger 125] [65]

Sous les consuls L. Paulus et C. Marcellus [An de Rome 704]

Une mule ayant mis bas, fut un présage de discordes civiles, de mort de gens de bien, de changement de lois, et d'accouchements honteux de matrones. Un incendie, qui détruisit la plus grande partie de la ville, fut regardé comme un prodige. La guerre civile s'alluma entre César et Pompée.

-48

C. Cæsare P. Servilio coss.

Adversus Cæsarem Pompeius Macedonia Le besoin de la préposition in se fait sentir ici. il faut donc lire : Pompeius in Macedonia quum invitatis gentibus amicis Ceci est inexact. A. Burmann rétablit ce passage de la manière suivante : Incitatus a gentibus amicis instrueret aciem, a Dyrrachio venientibus, aduersa fuerunt fulmina ; examen apum in signis portendit. Nocturni terrores in exercitu fuere. Ipse Pompeius pridie pugnæ die visus Nous partageons l'avis de plusieurs commentateurs qui pensent qu'il faudrait lire : Sibi visus in theatro suo ingenti plausu excipi ; mox acies victus, in Aegypto occisus. Eo ipso die plerisque locis signa Sous-entendu deorum sua sponte conversa. Clamorem crepitumque Phase incorrecte, puisqu'on ne voit pas ce qui régit ces mots à l'accusatif armorum Antiochiæ bis, ut curreretur in muros, auditum, indeque Je lis itemque, avec Oudendorp sonum tympanorum Pergami. Palma viridis Trallibus in æde Victoriae, sub Cæsaris statua inter coagmenta lapidum magnitudine mature enata. C. Cornelius augur Patauii eo die, quum aues admitterent, proclamavit, rem geri, et vincere Cæsarem. [Nisard 61] [Verger 125] [65a]

Tandis que celui-ci rassemblait en Macédoine une armée contre César, à l'instigation des nations alliées, la foudre se montra contraire à ceux qui venaient de Dyrrachium ; et un essaim d'abeilles, qui vint s'abattre sur les enseignes, fut pareillement d'un funeste présage. L'armée fut agitée de terreurs nocturnes. Pompée lui-même, la veille du combat, s'imagina en songe être reçu dans son théâtre avec de grands applaudissements ; bientôt il fut vaincu, et tué en Egypte. Et le jour de sa perte, les statues se tournèrent d'elles-mêmes en beaucoup d'endroits. A Antioche, on entendit des cris et des cliquetis d'armes, qui firent accourir le peuple 2 fois sur les murailles ; on entendit aussi un son d'instruments de guerre à Pergame. A Tralles, dans le temple de la Victoire, un grand rameau vert poussa tout à coup entre des jointures de pierres, sous la statue de César. Le même jour, à Patavie, l'augure C. Cornelius, voyant le vol des oiseaux favorable, s'écria que la bataille se livrait, et que César serait vainqueur.
-46

C. Cæsare, M. Lepido, coss.

Decimæ legionis aquilae, Gn. Pompeii filio, quæ fulmina tenebant, visæ dimittere, et in sublime avolare : ipse adolescens Pompeius victus, et fugiens occisus. [Nisard 62] [Verger 126] [66]

Sous les consuls C. César et M. Lepidus [An de Rome 708]

On crut voir les aigles de la dixième légion laisser tomber devant le fils de Gn. Pompée les foudres qu'elles tenaient, et s'élancer dans les airs. Ce jeune Pompée Il s'agit du jeune Cnéus. Son frère Sextus parvint à s'échapper fut vaincu, et tué dans sa fuite.

-44

C. Cæsare, M. Antonio, coss.

Cæsari dictatori exta sine corde inuenta. Calpurnia uxor somniavit, fastigium domus, quod sicut Ce mot n'offre ici aucun sens. Freinshemius lui substitue avec assez de vraissemblance seto, c'est-à-dire senatus consulto. En effet, des embellissements furent ajoutés à la maison de César par suite d'un sénatus-consulte. Ces embellissements consistaient en statues et autres ornements du même genre que l'on plaça sur la partie la plus élevée de cette maison. Voilà ce qu'il faut entendre par le mot fastigium, ce qui ne signifie point ici proprement le faîte ou le toit de la maison de César, mais bien les choses nouvellement placées sur ce toit. L'usage de placer des statues sur les temples et sur les maisons des hommes illustres était consacré depuis longtemps à l'époque où vivait César erat adiectum, ruisse. Nocte, quum valuæ cubili Lisez valuae cubiculi clausæ essent, sua sponte apertæ sunt, ita ut lunæ fulgore, qui intorvenerat, Calpurniæ excitaretur. Ipse Cæsar viginti tribus vulneribus in curia Pompeiana a conjuratis confossus. [Nisard 62] [Verger 127] [67]

Sous les consuls C. César et M. Antoine [An de Rome 710]

Le dictateur César, offrant un sacrifice, trouva les entrailles de la victime dépourvues de coeur. Son épouse Calpurnie crut en songe que le faîte ajouté à sa maison était renversé. Pendant la nuit, les portes de sa chambre à coucher, soigneusement fermées, s'ouvrirent d'elles-mêmes, en sorte que la clarté de la lune, en y pénétrant, interrompit son sommeil. Bientôt, César lui-même fut percé de 23 coups de poignard par les conjurés, au milieu du sénat assemblé dans le palais de Pompée.

M. Antonio, P. Dolabella, coss.

C. Octavius testamento Cæsaris patris Brundusii se in Juliam gentem adsciuit : quumque hora diei tertia ingenti circumfusa multitudine Romam intraret, sol puri ac sereni cœli orbe modico inclusus, extremæ lineæ circulo, qualis tendi arcus in nubibus solet, eum circumscripsit. Ludis Veneris Genetricis, quos pro collegio fecit, stella, hora undecima, crinita, sub septentrionis sidere exorta, conuertit omnium oculos [sous-entendu in se]. Quod sidus quia ludis Veneris apparuit, diuo Julio insigne capitis consecrari placuit. Ipsi Cæsari monstrosa malignitate Antonii consulis multa perpesso, generosa fuit ad resistendum constantia. Terræ motus crebri fuerunt, fulmine naualia pleraque tacta. Turbinis vi simulacrum, quod M. Cicero plebiscito ante cellam Mineruæ pridie, quam in exsilium iret, posuerat, dissipatum membris Pour mutilatum pronum jacuit, fractis humeris, brachiis, capite, dirum ipsi Ciceroni portendit. Tabulæ aeneæ ex æde Fidei turbine euulsae. ædis Opis valuæ fractæ. Arbores radicitus, et pleraque tecta eversa. Fax cœlo ad occidentem visa ferri. Stella per dies septem insignis arsit. Soles tres fulserunt, circaque solem imum corona spiceæ similis in orbem emicuit ; et postea in unum circulum sole redacto, multis mensibus languida lux fuit. In æde Castoris nominum litteræ quaedam Antonii et Dolabellæ consulum excussæ sunt, quibus utrisque alienatio a patria significata. Canum ululatus nocte ante pontifici maximi domum Lepidi auditi: ex his maximus a ceteris laniatus, turpem infamiam Lepido portendit. Hostiæ grex piscium in sicco reciproco maris fluxu relictus. Padus inundavit, et intra ripam refluens, ingentem uiperarum vim reliquit [sous-entendu in sicco]. Inter Cæsarem et Antonium civilia bella exorta. [Nisard 63] [Verger 128] [68]

Sous les consuls M. Antoine et P. Dolabella [An de Rome 710]

A Brindes, C. Octavius, conformément au testament de César son père, se proclama de la famille Julia ; et comme, à la 3ème heure du jour, il faisait son entrée dans Rome au milieu d'une foule immense, le soleil, environné d'un petit cercle dans un ciel pur et serein, se trouva entouré d'un très-grand cercle semblable à un arc-en-ciel dans les nuages. Pendant les jeux en l'honneur de Vénus Genitrix, qu'Octavius fit célébrer par le collége institué à cet effet, une comète, qui apparut à la 11ème h dans la constellation du Chariot, fixa les regards de tous. Cet astre s'étant montré pendant les jeux en l'honneur de Vénus, on s'empressa de le consacrer comme ornement de la tête du divin Jules C'est-à-dire, qu'il fut décidé que cette étoile serait ajoutée à l'image de César Auguste comme ornement de tête. César lui-même, s'étant trouvé violemment en butte à l'atroce méchanceté du consul Antoine, fit preuve d'une constance généreuse dans la résistance qu'il lui opposa. Il y eut de fréquents tremblements de terre, et beaucoup de vaisseaux furent frappés de la foudre. La statue que M. Cicéron, d'après un plébiscite, avait fait placer devant le sanctuaire de Minerve, la veille de son départ pour l'exil, fut renversée par un coup de vent, et trouvée couchée sur le ventre, les membres fracassés, les épaules, les bras et la tête brisés ; ce qui fut regardé comme un affreux présage pour Cicéron. Des tables d'airain furent aussi arrachées du temple de la Foi par un tourbillon qui rompit les portes du temple de la déesse Ops, déracina des arbres, les renversa, et enleva la plus grande partie des toits. On vit au ciel un météore se dirigeant vers l'occident. Une étoile d'une grandeur extraordinaire brilla pendant 7 jours. 3 soleils resplendirent en même temps, et autour du plus bas des 3 brilla une couronne qui paraissait formée d'épis : revenu ensuite à un seul disque, le soleil rendit pendant plusieurs mois une lumière pâle. Dans le temple de Castor, quelques lettres des noms des consuls Antoine et Dolabella se trouvèrent enlevées, ce qui signifiait que ces 2 consuls seraient contre la patrie. Des chiens firent entendre des hurlements pendant la nuit, devant la maison du grand pontife Lepidus. Le plus grand de ces chiens ayant été déchiré par les autres, ce fut pour Lepidus le présage d'un grand déshonneur. A Ostie, la mer en se retirant laissa à sec une multitude de poissons. Le Pô se déborda, et, en rentrant dans son lit, laissa sur ses rives une grande quantité de vipères. La guerre civile commença entre César et Antoine.

-43

Caio Pansa, Hirtio, coss.

Cæsari quum honores decreti essent, et imperium adversus Antonium, immolanti duplicia exta apparuerunt. Sequutæ sunt eum res prosperæ Pour habuit res prosperas. C. Pansa csle statua equestris Antonii domi corruit. Equus phaleratus in ipsius conspectu festinans concidit. Quidam e populus sanguine uictimarum prolapsus, respersam cruore palmam proficiscenti dedit. Funesta haec ipsi prodigia fuerunt. Qui mox adversus Anotnium dimicans, in mortem uulneratus est. Armorum telorumque sepcies a terra visa cum fragore ad coelum ferri. Signa legionis, quæ relicta a Panas ad Urbis praesidium erat, veluti longo situ inductis araneis Pour telis aranearumvenire visa. Fulmine pleraque icta. In castris Cæsaris luce prima, in culmine praetorii super linteum consedit aquila: inde circumuolantibus minoribus auibus excita, de conspectu abiit. Oraculo Apollinis vox audita. Lupis rabies hieme, aestate frumentum non demessum. Veteranis Cæsari consulatum flagitantibus, terribilis tumultus Romæ fuit. Cæsar quum in campum Martium exercitum deduceret, sex vultures apparuerunt. Conscendenti deinde rostra creato consuli C'est-à-dire quum deinde creatus esset consul, et ex more rostra conscenderet, iterum sex vultures conspecti, veluti Romuli auspiciis nouam Uem condituro signum dederunt. reconciliatione inter Cæsarem, Antonium, Lepidum facta, foeda principum fuit proscriptio. [Nisard 64] [Verger 129] [69]

Sous les consuls Caïus Pansa et Hirtius [An de Rome 711]

Les honneurs du pouvoir ayant été décernés à César, avec le commandement contre Antoine, comme il offrait un sacrifice, la victime présenta des entrailles doubles : il obtint ensuite de nombreux succès. La statue équestre du consul C. Pansa se renversa d'elle-même devant la maison d'Antoine. Un cheval caparaçonné, allant au galop, tomba en sa présence. Quelqu'un du peuple, tombé dans le sang des victimes, lui présenta à son départ une palme ensanglantée : ces présages lui devinrent funestes. Bientôt il fut blessé à mort en combattant contre Antoine. On vit des espèces d'armes et de traits s'élever avec grand bruit de la terre vers le ciel. Les enseignes de la légion que Pansa avait laissée pour la garde de la ville, se trouvèrent couvertes de toiles d'araignées, comme si elles fussent sorties d'un lieu où elles eussent été longtemps déposées. Plusieurs objets furent frappés de la fondre. Dans le camp de César, vers le point du jour, un aigle vint se placer sur la toile au haut du prétoire ; ensuite, s'y trouvant entouré d'oiseaux plus petits qui l'agaçaient, il s'envola et disparut. L'oracle d'Apollon prononça ces mots : La rage aux loups pendant l'hiver ; point de récolte de froment pendant l'été. Les vétérans réclamant le consulat pour César, il s'ensuivit un terrible tumulte dans Rome. Pendant que César conduisait l'armée au Champ-de-Mars, 6 vautours apparurent ; ensuite, au moment où il montait à la tribune après avoir été créé consul, 6 vautours apparurent de nouveau, comme pour annoncer que, sous les auspices de Romulus, il allait fonder une nouvelle Rome. César, Antoine et Lepidus s'étant réconciliés, il s'ensuivit une affreuse proscription des grands.

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M. Lepido, Munatio Planco, coss.

Mula Romæ ad duodecim portas Il n'est fait mention de ce mot nulle part ailleurs. Par ces mots, Obsequens désigne sans doute un endroit ou une maison où étaient représentés 12 portes ; et il dit ad duodecim portas, comme on dirait ad simulacra luporum, ad capita bubula, ad malum Punicum, ad scutum Cimbricum, ad sigillaria, etc. peperit. Canis æditui mortua a cane tracta Sous-entendu ad sepulturam. Lux ita fulsit Le mot nocte a vraisemblablement été omis par les copistes, et la phrase doit se lire ainsi : Nocte lux ita fulsit, ut, tanquam die orto, ad opus C'est-à-dire labores, ad negotia quisque suasurgeretur. In Mutinensi Sous-entendu bello Victoriæ Marianæ signum C'est-à-dire signum Victoriae positum a Mariomeridiem spectans, sua sponte conversum in septentrionem hora quarta. Quum hæc victimis expiarentur, soles tres circiter hora tertia diei visi, mox in unum orbem contracti. Latinis Sous-entendu feriis in Albano monte quum sacrificaretur, ex humero et pollice Jovis cruor manavit. Per Cassium et Brutum in provinciis, direptionibus sociorum, bella gesta. Notatum est prodigii loco fuisse, quod P. Titius prætor propter dissensiones, collegæ magistratum abrogavit, et ante annum est mortuus. Constat neminem, qui magistratum collegæ abstulerat, annum vixisse. Abrogaverunt autem hi : Lucius Junius Brutus consul, Tarquinio Collatino : Tib. Gracchus, M. Octavio Caecinnæ ; P. Tarquinius, P. Marullo : Tullius, Bruto et Cassio, pugnam adversus Cæsarem et Antonium molientibus. In castris Cassii examen apum consedit. Locus aruspicum jussu interclusus, interius ducto uallo. Vulturum, et aliarum alitum, quibus strages cadaverum pabulo est, ingens vis exercitum advolavit. Puer in pompa Victoriæ cultur quum ferretur, ferculo decidit. Lustratione lictor perversis fascibus Pour inversis fascibus lauream imposuit. Brutianis in prœlium egredientibus, æthiops in porta Sous-entendu castrorum occurrit, et a militibus confossus : Cassius et Brutus interierunt. [Nisard 65] [Verger 130] [70]

Sous les consuls M. Lepidus et Munatius Plancus [An de Rome 712]

A Rome, une mule mit bas à l'endroit appelé les Douze-Portes. La chienne du gardien d'un temple, étant morte, fut entraînée par un chien. Une si vive clarté brilla pendant la nuit, que chacun se leva pour se mettre au travail, croyant le jour arrivé. Au territoire de Mutine, la statue de la Victoire Mariane, qui avait la face vers le midi, se tourna d'elle-même vers le septentrion à la 4ème heure. Tandis que l'on offrait des sacrifices en expiation de ces événements, parurent, vers la 3ème heure du jour, 3 soleils, qui bientôt ne présentèrent plus qu'un seul disque. Pendant les féries latines, comme on offrait un sacrifice sur le mont Albain, du sang coula de l'épaule et du pouce de Jupiter. Cassius et Brutus soutinrent la guerre dans les provinces par le pillage des alliés. Le préteur P. Titius ayant destitué son collègue par suite de quelques dissensions, et étant mort avant la fin de l'année, cela fut considéré comme un prodige. Il est constant qu'aucun magistrat, après avoir destitué son collègue, n'a jamais vécu ensuite un an. Or, ceux qui en usèrent ainsi furent : le consul Lucius Junius Brutus, envers Tarquin Collatin ; Tib. Gracchus, envers M. Octavius Cécinna ; P. Tarquinius, envers P. Marullus ; Tullius, envers Brutus et Cassius, qui se préparaient à combattre contre César et Antoine. Un essaim d'abeilles étant venu s'abattre dans le camp de Cassius, ce lieu fut clos par ordre des aruspices, et séparé du camp par une tranchée. Une grande troupe de vautours et d'autres oiseaux vivant de carnage, accourut vers l'armée. Un jeune homme qui, dans une pompe religieuse, représentait la Victoire, tomba de la litière sur laquelle il était porté. Pendant une lustration, un licteur mit une couronne de lauriers sur ses faisceaux renversés. Comme les Brutiens sortaient pour combattre, un Ethiopien se présenta devant la porte de leur camp, et fut tué par les soldats. Cassius et Brutus périrent.

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Caio Furnio, Caio Syllano, coss.

Sub Apennino, in villa Liviæ, uxoris Cæsaris, ingenti motu terra intremuit. Fax cœlestis a meridiano ad septentrionem extenta, luci diurnæ similem in nocte fecit Sous-entendu lucem. Turris hortorum Cæsaris ad portam Collinam de cœlo tacta. Insidiis Romanorum Germani circumventi Ce fut le contraire qui arriva. Aussi faut-il lire Insidiis Germanorum Romani circumventi, sub M. Lollio legato graviter vexati. [Nisard 66] [Verger 131] [71]

Sous les consuls Caïus Furnius et Caïus Syllanus [An de Rome 737]

Au pied de l'Apennin, à la maison de campagne de Livie, femme de César, il y eut un violent tremblement de terre. Un météore igné, dans la direction du midi au septentrion, répandit pendant la nuit une lumière semblable à celle du jour. La tour des jardins de César, vers la porte Colline, fut frappée de la foudre. Les Germains, ayant donné dans les embûches que leur avaient tendues les Romains, furent cruellement maltraités sous le lieutenant Lollius.

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Paulo Fabio, Quinto Aelio, coss.

In Germania, in castris Drusi examen apum in tabernaculo Hostilii Rutilii, praefecti castrorum, consedit, ita ut funem praetendentem, praefixamque tentorio lanceam amplecteretur. Multitudo Romanorum per insidias subjecta Oudendorp pense qu'il faut lire subacta. On trouve, en effet, dans notre auteur, plusieurs exemples de ce verbe employé dans des cas semblables, et notamment dans Verger 59, 103, 106 et 108est. [Nisard 65] [Verger 132] [72]

Sous les consuls Paulus Fabius et Quintus élius [An de Rome 743]

En Germanie, dans le camp de Drusus, un essaim d'abeilles vint s'abattre sur la tente d'Hostilius Rutilius, préfet du camp, de façon qu'il couvrit la corde tendue, et la lance plantée devant la tente. Un grand nombre de Romains furent défaits par surprise.