M. D.
Membre du STET ayant fourni des informations à propos de l'affaire de Cergy-Pontoise.
Un enquêteur, collaborateur de Jacques
Vallée, réussit à obtenir un rendez-vous le 14 novembre 1980 avec cet homme travaillant au ministère de l'Armée de l'Air,
qu'il décrira comme de petite taille, avec un début de calvitie
et aucun sens de l'humour. Son identité leur est connue.
La rencontre eut lieu dans un appartement très ordinaire du quartier
de la Goutte d'Or à Paris. C'était une "planque" typique, 2
pièces peintes en blanc et sobrement meublées : un bureau et deux
chaises, une table au-dessus de verre fumé.
Le collaborateur de Vallée avait apporté avec lui son dossier
complet sur l'affaire, car la rencontre avait été organisée
dans l'intention de fournir aux deux participants l'occasion de comparer discrètement
leurs notes.
- Je peux deviner de qu'il y a dans votre dossier, vous n'avez pas besoin
de me le montrer.
- Alors, me direz-vous la vérité sur la disparition de
Frank Fontaine ?
- Nous considérons l'opération de Cergy comme un "exercice
de synthèse générale". Un projet élaboré
par un personnage haut placé.
Il mentionna le nom d'un ancien ministre qui avait de nombreuses relations
dans le monde de la haute technologie.
- Combien de personnes étaient au courant ?
- Pas plus de dix ou quinze, toutes à un niveau suffisamment
élevé pour déterminer quelle sorte de manifestation était
justifiée sous le sceau de secret d'Etat.
- Quels étaient vos objectifs ?
- L'opération était ordonnée autour d'objectifs
militaires, scientifiques et politiques. Elle était purement nationale
et n'avait aucun prolongement au-delà de nos frontières.
- Qu'est-il arrivé à Fontaine
?
- Nous l'avons endormi et maintenu dans un état de haute suggestibilité.
- La police et la gendarmerie savaient-elles que l'opération
était un vaste canular dirigé par une agence ministérielle
?
- Certainement pas. Leur comportement, dans les conditions du test,
était une des choses que nous voulions observer.
- Quel était votre propre rôle ?
- Mon intérêt dans l'affaire est purement personnel. Il
n'y a aucun rapport avec ma position dans l'armée de l'air.
- Serait-il exact de dire que vous avez délibérément
créé un événement ufologique majeur dans le but
de déterminer si vous pouviez compter sur les réactions et les
qualités d'enquêteurs des forces de police ?
- Ce serait une bonne manière de décrire les choses.
- Et le GEPAN ?
- Nous avions naturellement les mêmes raisons de découvrir
comment les milieux scientifiques réagiraient.
- Avez-vous aussi manipulé les médias ? Aviez-vous des
objectifs plus vastes ?
- Je ne peux pas répondre à votre question. Cependant,
je peux vous dire que, si l'opération avait été menée
à bien, la phase suivante aurait été bien pire.
- Pourquoi me dites-vous tout cela ?
- J'ai mes raisons.
- Ne craignez-vous pas que je publie cette interview ?
- Allez-y. Tout ce que vous publierez sera nié officiellement.
L'homme se leva pour indiquer que l'entrevue était terminée.